“ Il faut bien dire une chose à l’armée d’aujourd’hui, c’est qu’elle se tromperait de croire qu’elle ressemble à l’armée d’autrefois. Je parle de cette grande armée d’il y a soixante ans, qui s’est d’abord appelée armée de la république, puis armée de l’empire, et qui était à proprement parler, à travers l’Europe, l’armée de la révolution. ”
Armée de la République
Définition et enjeux
Citations sur “Armée de la République”
École militaire de l'artillerie et du génie… (1904-1905)
“ « Voilà ce qu'ont fait les armées de cette époque, avec « le courage et la persévérance qu'inspire l'amour de la « patrie. » (G-S-C. Rhin-IV. Conclusion) . Nous voyons donc, dans les armées de la première République, se former suceessivement les soldats, les officiers, les généraux. De 1794 à 1796, elles offrent le plus bel exemple de ce que doit être une armée républicaine. Elles sont l'expression historique la plus pure et la plus forte de la « Nation Armée ». A aucune époque, dans aucune nation, on n'en trouve de comparable. ”
Emperor of the French Napoleon I, Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III
“ Un objet que vous jugerez non moins important, c'est la loi qu'on va vous présenter pour la conscription militaire: une armée nationale peut seule assurer à la république la tranquillité intérieure, et la considération à l'extérieur. Un état voisin qui n'avait ni la population, ni la richesse de la république, était parvenu à former une armée qui s'est souvent acquis de la gloire et qui l'a placé pendant long-temps au rang des puissances considérables. ”
Camille Leynadier, République française ! ! !. Histoire des mémorables journées de février 1848… (1848)
“ Vous sentirez que les nouvelles et fortes institutions populaires qui vont émaner de l'Assemblée Nationale ouvrent à l'armée une carrière de dévoûment et de services que la Nation, libre, appréciera autant et mieux que les rois. Il faut rétablir l'unité de l'arme et du peuple un moment altérée. ”
République française... Qu'est-ce que la république… (1871)
“ Il est vrai que le gouvernement de la défense nationale n'a pas réussi à ramener la victoire sous ses drapeaux. Et pourtant ce. sont les armées républicaines qui ont opposé une résistance énergique aux troupes allemandes victorieuses, bien organisées, bien approvisionnées, appuyées par une puissante artillerie et commandées par des généraux distingués; si elles ont été battues, elles n'en ont pas moins sauvé l'honneur de l'armée française; de plus, elles ont forcé l'ennemi à admirer leur courage. ”
Léon Gambetta,
Discours in-extenso de M. Léon Gambetta…
(1878)
“ Dans cette conception de l'Etat, je rencontre d'abord à l'état auxiliaire suprême, de moyen de protection nationale et d'indépendance personnelle pour la France, l'institution qui aujourd'hui, grâce au législateur et à l'esprit de sacrifice du pays, n'est plus une institution prétorienne et régalienne, mais la fleur et la force même de la France, de la France armée pour sa propre protection. Messieurs, je parle de l'armée que nous a faite le service obligatoire, de l'armée que nous a faite la Republique. (Double salve d'applaudissements et acclamations) . ”
Henri Entz, Delenda Germania (1871)
“ Ce qui sauva la France sous la première République et qui lui permit de. créer des armées sérieuses, ce fut le noyau de l'ancienne armée royale, la meilleure de l'Europe, ce furent les sous-officiers et les jeunes officiers d'alors qui furent la gloire du pays et qui firent des Généraux en chefs à 25 ans. ”
École militaire de l'artillerie et du génie… (1904-1905)
“ C'est dans les années 1894-95-96 que nous devons les admirer sans réserves. Avant 1794, en effet, l'armée républicaine, quoique formée de volontaires animés du plus pur patriotisme; n'était ni bien instruite, ni suffisamment disciplinée. Après 1796, l'esprit de l'armée change. A la politique de défense nationale succède la politique de conquête ; l'armée nationale tend à devenir une armée de métier. L'officier d'aujourd'hui doit donc prendre pour modèles ceux de la première République, qui surent mettre leur dévouement et leur patriotisme à la hauteur de toutes les circonstances. ”
Claudius Billon, Soirées de province ou La république sans épithète (1885)
“ Jusqu'à quel point sont fondées les défiances des républicains et les espérances de leurs ennemis ? Examinons : Qu'est-ce que l'armée? Un corps tiré des entrailles de la nation pour défendre l'indépendance contre les ennemis du dehors et maintenir l'ordre à l'intérieur ”
Alexis Peyret,
Projet de constitution pour la République française…
(1871)
“ Ces agents commanderont sans intermédiaire la force armée, milices, gardes nationales, réserves, etc., et, en cas de commotion intérieure ou de guerre étrangère, obéiront à l'impulsion des autorités nationales. ”
Gustave Naquet, L'Europe délivrée, histoire prophétique de 1871 à 1892… (1871)
“ Une armée vraiment nationale et populaire fut reconstituée, car on prévoyait bien que les ennemis extérieurs de la République tenteraient de nouvelles agressions. Nous verrons plus loin comment tous les citoyens étant ou pouvant devenir soldats, il n'y en eut bientôt qu'un nombre très-restreint pour lequel le service militaire restât définitivement une carrière. ”
Alexis Peyret,
Projet de constitution pour la République française…
(1871)
“ L'autorité militaire sera toujours subordonnée à l'autorité civile. Il n'y aura pas de garnison dans l'intérieur du pays. L'armée permanente, en temps de paix, sera placée aux frontières et réduite au minimum. ”
Recueil des dépêches télégraphiques officielles publiées pendant la durée de la guerre 1870-1871 (1871)
“ L'élection des officiers de la Garde nationale se continue. Les armes sont distribuées au fur et à mesure de la formation des cadres. Sur toute l'étendue du territoire, la République a été acclamée avec enthousiasme. Paris, le 6 septembre 4870, 9 heure:; 52 du matin. Voici la proclamation adressée à l'armée par le Gouvernement et que le Journal officiel publie ce matin. A L'ARMÉE, Quand un général a compromis son commandement, on le lui enlève ; quand un gouvernement a mis en péril par ses fautes le salut de la patrie, on le destitue. — C'est ce que la France vient de faire. ”
Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850
“ La République perd un homme qui lui était très-attaché ; l’armée un de ses meilleurs généraux, et tous les soldats un camarade aussi intrépide que sévère pour la discipline. (Dépêche de Bonaparte au Directoire.) ”
Adolphe Granier de Cassagnac,
Récit authentique des événements de décembre 1851…
(1869)
“ Les décrets du Président de la République sont lus à la troupe, vers neuf heures du matin. Ils excitent partout une adhésion et un enthousiasme indescriptibles. L'armée comprend immédiatement que le salut du pays et dé la société entière est entre ses mains. — ses chefs s'encouragent! es uns les autres, pour accomplir la grande mission qui leur est confiée ; et tous se promettent de rivaliser de courage et de dévouement pour sauver le pays. Le ministre de la guerre passe rapidement, à huit heures et demie, devant toutes les troupes, et ne recueille sur son passage que des adhésions. ”
Jean-Louis de Lanessan,
La crise de la République
(1914)
“ Il n'est pas nécessaire de reviser la Constitution pour que la haute autorité du chef de l'État se fasse sentir, publiquement et en toute indépendance, dans le choix des ministres, dans celui des grands chefs de l'armée, de la marine, des administrations publiques, dans la direction générale de la politique intérieure et extérieure, partout où, depuis quarante ans, elle s'est exercée d'une manière occulte et sans qu'il en résultât aucune responsabilité pour ceux qui l'exerçaient. ”
Eugène Enfonce, Ephémérides des mobilisés de la Seine pendant le siège de Paris par les armées allemandes en… (1877)
“ Vous « êtes une armée constituée pour la défense de la « République française; pour rester soldats et « pour vaincre, il faut obéir aux ordres des chefs « et aux lois du pays. « Le décret rendu hier par le gouvernement de « la Défense nationale est la loi du Pays, la loi « de la garde nationale, la loi de Paris, la loi de « la France, » , Pour une proclamation flatteuse, celle que l'on vient de lire pourrait passer comme le modèle du genre; n'en déplaise au général Tamisier, qui, je crois, est aujourd'hui sénateur, elle avait cependant le grave inconvénient de manquer de jus- tesse. ”
Limoge, Le parfait sapeur-pompier, ou Traité sur les moyens de prévenir… (1851)
“ La garde nationale est instituée pour défendre la constitution, pour maintenir l'obéissance aux lois, conserver ou rétablir l'ordre et la paix publique, seconder l'armée de ligne dans la défense des frontières et des côtes, assurer l'indépendance de la France et l'intégrité de son territoire. ”
Eugène Pick, Les fastes de la guerre d'Orient… (1856)
“ Vous êtes l'élite de nos compagnons d'armes, et vous justifierez la haute réputation de votre nom ; vos beaux antécédents sont, du reste, un sûr garant de l'avenir. Nous sommes ici pour défendre les intérêts de la France, soutenir l'indépendance de l'Europe et l'honneur de nos armes!. Vous supporterez encore, comme vous l'avez déjà fait, des fatigues et des privations, avec toute la discipline, le courage et le dévouement qui caractérisent l'homme de guerre, en un mot, l'armée française. Zouaves de la garde, au nom de l'empereur, je vous remets votre aigle ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ Ce n'est pas au moment de la crise que le commandant en chef peut être utilement désigné. Le général qui, dans l'angoisse de la dernière heure, acceptera le commandement de l'armée, va s'exposer à de cruels repentirs. L'outil qu'on lui donne n'est pas fait à sa main. Il a sous ses ordres une armée qu'il n'a pas organisée, des généraux qu'il n'aurait pas choisis. La mobilisation et la concentration se précipitent et lui imposent un plan qu'il n'a pas conçu. Il prend tout les yeux fermés et s'en remet au destin. Cependant les représentants du peuple et les ministres civils se seront effacés. ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ Il est difficile, en effet, d'obtenir du citoyen qu'il se plie sans réserve à une discipline honnie partout excepté dans l'armée. On ne laisse pas, à la porte de la caserne, les doctrines qu'on exalte dans la vie ordinaire : un tel renoncement suppose une hauteur de vues qui restera longtemps l'exception, au train dont on fait marcher l'éducation du peuple. Dans notre état républicain, l'armée devait avoir sa place en dehors de la vie nationale, à l'abri de la politique. ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ Car, si tout le monde fait bruyamment profession d'aimer l'Armée, combien peu osent la défendre ! Notre amour de l'Armée, dérogation hypocrite aux grands principes, n'est qu'une concession temporaire. Il est superficiel, et passe avec le régiment qui passe. Nous avons tout fait pour diminuer le prestige du militaire : l'omnipotence civile s'est affirmée partout. Dans les cérémonies officielles, nos officiers doivent prendre une singulière idée de l'estime où nous les tenons, quand ils attendent leur rang de préséance, après les pions et la police. ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ Nous expliquions volontiers nos défaites par l'écrasante supériorité numérique des Allemands. Conséquents à cette idée, nous avons pris à nos vainqueurs le système de la nation armée: Mais des institutions admissibles dans une monarchie qui travaille sans relâche, depuis un siècle, à l'éducation militaire systématique de la nation, s'adaptent mal à un peuple amoureux de liberté et d'égalité. ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ La discipline a toujours manqué dans les hautes sphères de notre Armée. Le premier Empire, à cet égard, fut encore plus mal servi que le second. Les rivalités des généraux, bien plutôt que leur insuffisance, sont la cause profonde de tous nos désastres. On aurait dû parer dès le principe à ce danger, le plus grand qu'un pays puisse affronter de gaîté de coeur, en créant un chef suprême, auquel l'Armée tout entière eût obéi en temps de paix comme en campagne, en subordonnant au généralissime le ministre de la guerre, cantonné dans son rôle administratif 1. ”
République française, Journal officiel de la République française…
“ Notre couverture moderne, ce que j’appellerai le premier échelon de la nation armée, doit pouvoir porter la guerre immédiatement sur le territoire de l’adversaire qui nous oblige à la subir, parce que nous évitons ainsi de revoir sur notre territoire ce que nous avons vu pendant quatre ans et demi et ce dont nous ne voulons pas. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 septembre 1875
“ Qu’ils laissent de côté la politique avec ses passions et ses divisions pour rester les hommes du pays, pour nous donner l’armée nationale qu’ils nous doivent, armée instruite, fidèle, obéissante aux lois, étrangère aux partis. ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ Nous avons mieux aimé réduire le temps de service pour donner à tous les citoyens une instruction militaire également mauvaise. En réalité, nous n'avons plus, en fait d'armée permanente, que les officiers et les sous-officiers engagés. Plus que jamais on peut dire : tels officiers, telle armée. Nos troupes, ralliées le jour de l'entrée en campagne, ne vaudront que par l'énergie des cadres. Il est donc intéressant de voir la situation faite aux officiers dans la nouvelle armée, et de chercher dans quelle mesure ils ont su résister aux coups de l'esprit démocratique. ”
Jean-Louis de Lanessan,
La crise de la République
(1914)
“ Il dira, au contraire, qu'il entend que notre armée et notre marine, toujours plus fortement organisées, permettent à la nation de parler haut et ferme chaque fois que ses intérêts seront engagés et de contribuer avec ses alliés et ses amis au maintien de la paix du monde. ”
G Petitjacques, La République et l'armée (1893)
“ Et ce travail est ingrat : ils ne travaillent pas pour eux : ces gradés et ces soldats qu'ils s'épuisent à instruire ne reparaissent plus au régiment, puisqu'en décrétant la nation armée, nous avons écarté le recrutement régional, condition essentielle du système. Les officiers ne connaissent plus leurs hommes ; l'attachement mutuel, où ils trouvaient autrefois la récompense de leurs soins et le meilleur renfort d'autorité, n'a plus le temps de prendre racine. ”
Victor Hugo,
Actes et paroles
(1937-1940)
“ Soldats ! c'est un faux Napoléon. Un vrai Napoléon vous ferait recommencer Marengo ; lui, il vous fait recommencer Transnonain. Tournez vos yeux sur la vraie fonction de l'armée française. Protéger la patrie, propager la révolution, délivrer les peuples, soutenir les nationalités, affranchir le continent, briser les chaînes partout, défendre partout le droit, voilà votre rôle parmi les armées d'Europe ; vous êtes dignes des grands champs de bataille. Soldats ! l'armée française est l'avant-garde de l'humanité. ”
V. de Mars, Revue des Deux Mondes
“ Il n’y a aujourd’hui dans toute l’Europe qu’un cri d’admiration pour l’armée française. L’organisation de nos états-majors, de nos cadres, de nos services administratifs, notre mode d’avancement, de recrutement, toutes nos lois, toutes nos institutions militaires ont frappé les esprits par leur sagesse et leur harmonie, et tous les corps de notre armée ont noblement rempli leur tâche ”
République française, Journal officiel de la République française…
“ La troisième condition qu’il faut que notre armée moderne puisse réaliser, c’est le combat rapproché comme étant le seul, nous l avons vu, qui soit décisif. Il faut donc doter notre premier échelon des moyens modernes du combat corps à corps. Ce qui est périmé, monsieur le ministre, c’est le cheval et c’est la poitrine nue du fantassin. ”
Augustine Chambon de Montaux, Réflexions morales et politiques sur les avantages de la monarchie… (1819)
“ On appelle armée, ou troupes, des hommes soldés et armés par l'état pour sa défense. Ceux qui s'incorporent dans les divers corps de l'armée, depuis le général en chef jusqu'au soldat, doivent renoncer, selon l'esprit même de leur institution, tant qu'ils sont au service, à l'exercice des droits civils inhérents aux administrations , et sur-tout à ceux de la législation. ”
Léon Le Fort, Du Mouvement de la Population en France à propos de la nouvelle organisation de l'armée
“ Sans doute une telle armée faciliterait peu les lointaines aventures et les guerres de conquête, mais elle serait assez forte pour protéger l’indépendance nationale, et la liberté intérieure, le travail, la civilisation, n’y perdraient rien. ”
Julien-Marie Daniélo, La Révolution, l'Europe et la guerre… (1830)
“ L'armée , c'est la troupe légère, ce sont les éclaireurs de la garde nationale : c'est elle qui les paie, c'est d'elle qu'ils dépendent. La garde nationale , c'est la milice supérieure, la milice patricienne. ”
Albert Denis, Toul pendant la Révolution : de la convocation des États-généraux à l'abolition de la royauté… (1892)
“ Tandis que la garde-nationale s'organisait sur tout le territoire, par l'incorporation volontaire des citoyens en état de porter les armes, l'armée régulière semblait se désagréger sous l'influence de ses chefs, qui, presque tous, appartenaient à la noblesse. ”
Anatole France,
L’Église et la République
“ Elle augmente tous les jours son armée d’occupation ; elle étend tous les jours ses conquêtes. Elle vous a pris déjà le gros de votre bourgeoisie ; elle enlève des villes entières, assiège les usines; elle a des intelligences, vous le savez bien, dans vos administrations, dans vos ministères, dans vos tribunaux, dans le commandement de votre armée. ”
