“ Barkilphedro avait le corps obèse et le visage maigre. Torse gras et face osseuse. Il avait les ongles cannelés et courts, les doigts noueux, les pouces plats, les cheveux gros, beaucoup de distance d’une tempe à l’autre, et un front de meurtrier, large et bas. L’œil bridé cachait la petitesse de son regard sous une broussaille de sourcils. Le nez, long, pointu, bossu et mou, s’appliquait presque sur la bouche. Barkilphedro, convenablement vêtu en empereur, eût un peu ressemblé à Domitien. ”
Barkilphedro
Définition et enjeux
Citations sur “Barkilphedro”
“ —Que votre seigneurie daigne se souvenir de ceci: C’est moi qui me nomme Barkilphedro. Je suis clerc de l’amirauté. C’est moi qui ai ouvert la gourde de Hardquanonne et qui en ai fait sortir votre destinée. Ainsi, dans les contes arabes, un pêcheur fait sortir d’une bouteille un géant.Gwynplaine fixa ses yeux sur le visage souriant qui lui parlait.Barkilphedro continua:—Outre ce palais, milord. vous avez Hunkerville-house, qui est plus grand. Vous avez Clancharlie-castle, où est assise votre pairie, et qui est une forteresse du temps d’Édouard le Vieux. ”
“ De jour en jour, et de plus en plus, la reine Anne prenait en gré Barkilphedro. Sarah Jennings est célèbre ; Barkilphedro est inconnu ; sa faveur resta obscure. Ce nom, Barkilphedro, n’est pas arrivé jusqu’à l’histoire. Toutes les taupes ne sont pas prises par le taupier. Barkilphedro, ancien candidat clergyman, avait un peu étudié tout ; tout effleuré donne pour résultat rien. On peut être victime de l’omnis res scibilis. Avoir sous le crâne le tonneau des Danaïdes, c’est le malheur de toute une race de savants qu’on peut appeler les stériles. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ La reine aimait-elle sa sœur ? Un faux pas peut tout perdre. Barkilphedro observait. Avant d’entamer la partie, le joueur regarde ses cartes. Quels atouts a-t-il ? Barkilphedro commença par examiner l’âge des deux femmes : Josiane, vingt-trois ans ; Anne, quarante et un ans. C’était bien. Il avait du jeu. Le moment où la femme cesse de compter par printemps et commence à compter par hivers, est irritant. Sourde rancune contre le temps, qu’on a en soi. Les jeunes belles épanouies, parfums pour les autres, sont pour vous épines, et de toutes ces roses vous sentez la piqûre. ”
“ L’altière bête se sent piquée et dépense son énorme colère contre l’atome. Un tigre rencontré l’ennuierait moins. Et voilà les rôles changés. Le lion humilié a dans sa chair le dard de l’insecte, et la puce peut dire : j’ai en moi du sang de lion. Pourtant, ce n’étaient là pour l’orgueil de Barkilphedro que de demi-apaisements. Consolations. Palliatifs. Taquiner est quelque chose, torturer vaudrait mieux. Barkilphedro, pensée désagréable qui lui revenait sans cesse, n’aurait vraisemblablement pas d’autre succès que d’entamer chétivement l’épiderme de Josiane. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Être l’ombre d’une ombre, c’est là une maigreur extrême. Donc Barkilphedro devint famélique. Alors il prit la qualité d’homme de lettres. Mais on le repoussait même des cuisines. Quelquefois il ne savait où coucher. Qui me tirera de la belle étoile ? disait-il. Et il luttait. Tout ce que la patience dans la détresse a d’intéressant, il l’avait. Il avait de plus le talent du termite, savoir faire une trouée de bas en haut. En s’aidant du nom de Jacques II, des souvenirs, de la fidélité, de l’attendrissement, etc., il perça jusqu’à la duchesse Josiane. ”
Victor Hugo,
L'Homme qui rit
(1869)
“ L'officier spécial chargé de la fonction souhaitée et obtenue par Barkilphedro était habituellement un homme de confiance. Elisabeth l'avait voulu ainsi. A la cour, qui dit confiance dit intrigue, et qui dit intrigue dit croissance. Ce fonctionnaire avait fini par être un peu un personnage. Il était clerc, et prenait rang immédiatement après les deux grooms de l'aumônerie. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ La fonction que Barkilphedro occupait a été supprimée il y a plus d’un siècle, mais elle avait une véritable utilité. Le dernier titulaire fut William Hussey, de Doddington en Lincoln. L’homme qui tenait cet office était une sorte de rapporteur des choses de la mer. Tous les vases fermés et cachetés, bouteilles, fioles, jarres, etc., jetés au littoral anglais par le flux, lui étaient remis ; il avait seul droit de les ouvrir ; il était le premier dans le secret de leur contenu ; il les classait et les étiquetait dans son greffe ”
“ Empoisonner de temps en temps la piqûre, c’est le comble de l’art. Néron aime à voir travailler Locuste. Les palais royaux sont très pénétrables ; ces madrépores ont une voirie intérieure vite devinée, pratiquée, fouillée, et au besoin évidée, par ce rongeur qu’on nomme le courtisan. Un prétexte pour entrer suffit. Barkilphedro ayant ce prétexte, sa charge, fut en très peu de temps chez la reine ce qu’il était chez la duchesse Josiane, l’animal domestique indispensable. Un mot qu’il hasarda un jour le mit tout de suite au fait de la reine ; il sut à quoi s’en tenir sur la bonté de sa majesté. ”
Alfred Assollant,
Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran
(1867)
“ Au moment où Barclay allait rêver à l’avenir de ses autres fils, il fut tiré de son rêve par un grand bruit qui se faisait entendre à quelques pas de sa tente. « Seigneur, disait en hindoustani une voix suppliante, je veux parler au général. — Que lui veux-tu ? demanda l’aide de camp d’une voix brutale. — Seigneur, je ne puis m’expliquer qu’en présence du général. — Tu reviendras demain. — Demain ! dit l’Indou. Il sera trop tard. » Il essaya de nouveau d’entrer ; mais Barclay entendit le bruit d’une lutte nouvelle et d’un poing qui s’abattait sur une tête. ”
Les évasions célèbres : d'après les récits des historiens… (1907)
“ Barthélemy, infirme et moins agile que nous, se laisse tomber et s'enfonce dans la vase. Barrick le saisit d'un bras vigoureux, le retire, le met dans la pirogue; le câble est coupé. Barrick tient le gouvernail; immobiles, silencieux, nous nous laissons aller au fil de l'eau. Les courants et la marée entraînant le léger esquif, nous écoutons et n'entendons que le murmure des eaux et la brise de terre, qui bientôt enfle notre petite voile. Nous cessons de voir le tombeau de Sinnamary. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
(1869-1870)
“ Dans le royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Les yeux de Lucien faisaient la comparaison que madame de Bargeton avait faite la veille entre lui et Châtelet. De son côté, madame de Bargeton se permettait d'étranges réflexions sur son amant. Malgré son étrange beauté, le pauvre poëte n'avait point de tournure. Sa redingote, dont les manches étaient trop courtes, ses méchants gants de province, son gilet étriqué, le rendaient prodigieusement ridicule auprès des jeunes gens du balcon : madame de Bargeton lui trouvait un air piteux. ”
Alfred Assollant,
Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran
“ C'est bien! dit Barclay après l'avoir lue. Je vois que vous êtes un gentleman. Vous pouvez rassurer Holkar sur le sort de sa fille. Elle est dans mon camp. Rao l'y a conduite, il y a deux heures à peine. C'est un otage précieux pour nous; mais on ne lui a fait et on ne lui fera aucun mal. L'honneur de l'armée anglaise en répond, d'ailleurs, Rao lui-même la respecte, car il doit l'épouser, c'est le prix de son concours....—Dites plutôt de son infâme trahison. ”
Alfred Assollant,
Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran
(1867)
“ Si Barclay a laissé échapper la fille d’Holkar, c’est à lui de réparer sa faute et de la rattraper s’il peut... Nous sommes là cinquante, occupés à canarder un gentleman que nous ne connaissons pas, qui ne nous avait fait aucun mal et qui ne nous en ferait aucun si nous consentions à le laisser tranquille. ”
Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 22
“ La famille du bargello était très-aimée dans le peuple des boutiques et des places de Lucques, parce que, malgré ses fonctions, le bargello, chargé des prisons, était doux et équitable, et qu'il avait dans ses fonctions même de police mille occasions d'être agréable à celui-ci ou à celui-là. Qui est-ce qui n'a pas affaire, une fois ou l'autre dans sa vie, avec la justice ou la police d'un pays? Il faut avoir des amis partout, dit le peuple, même en prison; n'est-ce pas vrai, monsieur? Je l'ai bien vu moi-même plus tard, dans les galères de Livourne. ”
Louis de Lyvron, Poèmes en prose
“ Il secoue ses cheveux et des étincelles en tombent, il parle et le vent hurle, il étend la main et les vagues se cabrent. Le vois-tu ? Les flots le bercent comme un cygne. Lorsque nous avons coulé une barque, quand nous avons brûlé une ville, nous jetons pour lui dans les flots une coupe d’argent et un anneau d’or. Vois-tu le renne de notre prairie ? Elfes aux mains pleines, fouette de tes ailes les flots gris ; ma barque est un saumon. Fouette de tes ailes le vent endormi ; mon dragon vert a des mâts de sapin qui chantent comme le Kantelé. ”
Émile Bergerat,
Contes de Caliban
“ L’homme brun avait chassé la barque d’un coup d’aviron, sur l’étang. Elle avançait entre les gramens flottants. La femme souriait à l’enfant et elle lui montrait des libellules posées sur les plateaux d’or des nénuphars. L’enfant extasié se penche pour en saisir une au vol... et la femme le pousse !... Oui, suis-je halluciné ?... la femme le pousse. Par un rétablissement de clown, le petit garçon s’est redressé dans la barque. Il est debout. Il tremble de la tête aux pieds. Il a compris. Il se jette aux genoux de sa tante. Il lui demande grâce... ”
J.-M. Gassier, Vie du général Pichegru par J.-M. Gassier… (1814)
“ La pirogue réparée , il fallut attendre la marée pour se remettre en mer : une inquiétude bien plus grande vint les saisir. Barrick , dont la force physique égalait le courage et la vertu, avait souffert un cruel supplice pendant les deux jours qu'il avait passés dans les bois de Synamary , pour attendre le moment de l'évasion des déportés. Son état empirait, cette nuit qu'il fallait passer encore au milieu des insectes pouvait. être la dernière pour Barrick. Il n'y avait pas un instant à perdre pour sauver ce brave homme , à qui ils devaient tout. ”
Honoré de Balzac,
Illusions perdues
(1843)
“ Depuis le départ de madame de Bargeton, la position de madame de Sénonches est bien changée : nous pourrons marier Françoise à quelque bon vieux gentilhomme campagnard. — Et elle se conduira mal, dit le papetier en prenant son air froid. Eh ! mariez-la donc à un jeune homme capable, ambitieux, que vous protégerez, et qui mettra sa femme dans une belle position. — Nous verrons, avait répété Francis ; la marraine doit être avant tout consultée. À la mort de monsieur de Bargeton, Louise de Nègrepelisse avait fait vendre l’hôtel de la rue du Minage. ”
Alfred Assollant,
Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran
(1867)
“ Pour comble de malheur, les sikhs et les gourkhas, éveillés par le bruit et par les détonations, atteints par les boulets, les balles et la mitraille, crurent que Barclay avait résolu de les exterminer, et firent feu à leur tour sur les régiments anglais, qui ripostèrent par une fusillade bien nourrie. En cinq minutes, plus de trois cents cadavres jonchèrent le sol. Barclay, persuadé qu’il avait affaire à des traîtres, ordonna d’en finir par une charge à la baïonnette. ”
Alfred Assollant,
Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran
(1867)
“ Personne aussi, il faut l’avouer, n’avait plus durement traité les vaincus. Il les pend aussi vite qu’il le peut, écrivait à lord Henri Braddock son chef d’état-major, et les arbres sur sa route ont moins de fruits que de pendus. En somme, c’était un brave, honnête et solide gentlemen, très-persuadé que le monde est fait pour les gentlemen, et que le reste de l’espèce humaine est fait pour cirer les bottes des gentlemen. Minuit venait de sonner. Barclay, resté seul dans sa tente, allait se coucher sur son lit de camp. Il était fort content de lui-même. ”
Marc Amanieux, Les Crucifiés. Préface d'Armand Silvestre… (1885)
“ Il est le penseur grave et le poète doux Incompris de la plèbe et la courbant quand même. Les chacals libyens et les tigres hindous N'arrêteront pas plus qu'un simoun son poème. Il poursuit la beauté rhythmique et la vertu ; Il sent qu'une victoire attend tous les grands zèles ; Il sent que le rempart de chair est abattu, Et qu'il entre, princier, dans le pays des ailes. Qu'importe que les vents, demain, flots après flots, Etendent sur ses os rongés la poudre immense! Il va vers. Barkahoum par des chemins non clos ; Il est la fin entrant dans ce qui recommence. ”
R. Chantelauze, Revue des Deux Mondes
“ Comme on vient de le voir, le coadjuteur avait envoyé à Rome, bien avant de recevoir sa nomination au chapeau, un certain abbé de Barclay. C’était un homme avide, dangereux, compromettant, plus brouillon qu’habile. Barclay prit ombrage de l’arrivée à Rome de l’abbé Charrier, et lorsqu’il le vit nanti d’aussi grosses sommes, il s’imagina qu’il pourrait bien aussi avoir part à la curée. Il devint grondeur, chercha querelle à l’abbé Charrier et se répandit en sourdes menaces contre le coadjuteur, en vue de tirer de lui le plus d’argent possible. ”
Pierre Loti,
Revue des Deux Mondes
“ Ceux qui ne trouvent plus de place dans la longueur des cordes tendues envahissent le lac, éclaboussant tout ; dans l’eau jusqu’à la ceinture, ils pousseront la barque par derrière, la tireront par le côté, ou tout au moins marcheront dans son sillage. Une plus haute clameur, une frénésie des tam-tam et des musettes ; la barque est partie, la barque glisse aisément le long des granits du bord ! Le dieu et la déesse ont commencé leur promenade, vingt ou trente fois séculaire, que la lune ce soir enchante de sa plus pure blancheur. ”
Alfred Assollant,
Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran
(1867)
“ Barclay regarda l’Indou. Sa figure rusée, mais impassible, ne laissait rien deviner. « Nomme-moi les traîtres, dit Barclay. — Seigneur, s’écria Baber, je suis prêt à le faire. Mais vous n’avez que le temps de vous mettre sur vos gardes. Dans un instant la révolte éclatera. — Richardson, faites garder cet homme et éveiller sans bruit tous les régiments anglais. S’il y a trahison, nous surprendrons les traîtres et nous leur donnerons une leçon qui laissera dans l’Inde un souvenir ineffaçable. » ”
Gaston Maspero,
Les Contes populaires de l'Égypte ancienne…
(1882)
“ Arrivé le matin de notre cinquième jour , Noferképhath fit venir le grand-prêtre d' Isis de Coptos et les prêtres devant lui . Il fabriqua une barque ( 2 ) remplie de ses ouvriers ( 1 ) L' expression littérale pour se divertir est faire un jour heureux . ( 2 ) On trouve dans le roman d' Alexandre la description d' une barque magique analogue construite par le roi-sorcier Nectanébo . Les ouvriers et leurs outils sont des figurines magiques auxquelles la formule prononcée par Noferképhtah donne la vie et le souffle , comme faisait le chapitre VI aux figurines et de leurs outils ”
Alphonse de Lamartine,
Fior d'Aliza : mes confidences
(1879)
“ Le bargello et sa femme avaient un vilain métier, mais c'étaient de bonnes gens. CLV. La foule de leurs amis se pressait à la porte de la ville ; on sortait de toutes les maisons et de toutes les boutiques pour leur faire fête; les fenêtres étaient garnies de jeunes filles et de jeunes garçons qui jetaient des œillets rouges sur les pas des bœufs, sur le ménétrier et sur le char; nous en étions tout couverts; on battait des mains et on criait: Bravo! pifferaro. ”
Marcel Schwob,
Le roi au masque d'or
(1893)
“ Par les canaux gris et verts, froids et tièdes, elle leur tint compagnie sur la barge, attendant le pays des miracles. La barge longea les champs bruns avec leurs pousses délicates : et les arbrisseaux maigres commencèrent à remuer leurs feuilles ; et les moissons jaunirent, et les coquelicots se tendirent comme des coupelles rouges vers les nuages. Mais Bargette ne devint pas gaie avec l'été. Assise entre les auges de fleurs, tandis que l'Indien ou Mahot menaient la gaffe, elle pensait qu'on l'avait trompée. ”
Victor Bérard, Les phéniciens et l'Odyssée. Tome 1 (1902)
“ Pour les littérateurs et manieurs de Gradus, « canot, barque, embarcation, bateau, vaisseau et navire » sont termes synonymes que l'on emploie indifféremment suivant le besoin du vers. Mais la langue des marins est d'une autre précision : une barquette n'est jamais un navire. Ce nom de Barchetta est italien. ”
