“ Il y a un grand nombre d’ermitages, habités par des hommes pieux qui se sont voués au service de la divinité. Au bout de cet espace de temps, nous arrivâmes à la ville de Hérât, la plus grande des cités encore florissantes dans le Khorâçân. Il y a quatre grandes villes dans cette province : deux florissantes, Hérât et Neïçâboûr ; et deux en ruines, Balkh et Merve. Hérât est fort étendue et très-peuplée ; ses habitants sont vertueux, chastes et dévots ; ils professent la doctrine de l’imâm Abou Hanifah. ”
Herat
Définition et enjeux
Herat, ville historique du Khorasan, a fasciné les esprits à travers les siècles. Ibn Battuta la décrit comme une cité prospère, symbole de dévotion et de culture islamique, tandis qu'Alfred Jacobs souligne son importance stratégique, traversée par des conquérants depuis Alexandre jusqu'à Tamerlan.
Edward Gibbon évoque des conflits religieux, comme l'incendie d'un temple zoroastrien par des musulmans enthousiastes. Jules Verne, lui, met en valeur son urbanisme et ses jardins. Ces perspectives, combinant géographie, histoire et spiritualité, révèlent Herat comme un lieu de croisement de civilisations.
Citations sur “Herat”
Alfred Jacobs, Voyage en Asie et en Afrique, d'après les récits des derniers voyageurs (1855)
“ La tradition donne six mille ans d'existence à Caboul ; Candahar, Herat, furent fondées longtemps avant Alexandre. Lorsque le conquérant macédonien parcourut l'Orient, Hérat qu'on appelait Heri était la capitale d'une riche et vaste province, que tous les dominateurs de l'Asie semblent avoir possédée tour à tour. Dans le XIIIe siècle, elle tomba aux mains des hordes de Djengis-Khan; cent cinquante ans plus tardy Tamerlan fit de Herat l'une des capitales de son empire. Les sophis de Perse la possédèrent ensuite, puis les Douranis de l'Afghanistan s'en emparèrent. Nadir-Shah la reprit en 1731 ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ La loi musulmane avait assuré la liberté civile et religieuse des guèbres de Herat, à condition qu’ils payeraient un tribut ; mais l’humble mosquée qu’avaient nouvellement élevée les musulmans se trouvait éclipsée par l’antique splendeur d’un temple du Feu joignant à l’édifice musulman. Un iman fanatique se plaignit, dans ses sermons, de ce scandaleux voisinage, et accusa les fidèles de faiblesse ou d’indifférence. Le peuple, excité par sa voix, se rassembla en tumulte ; la mosquée et le temple furent livrés aux flammes ”
