Joseph Bertrand

Définition et enjeux

Joseph Bertrand,  D’Alembert

“ Incapable de me rendre utile au roi, je me verrais forcé à aller finir mes jours loin de lui, et à reprendre dans ma patrie, ou ailleurs, mon ancien état qui aurait perdu ses premiers charmes : peut-être même n’aurais-je plus la consolation de retrouver en France les amis que j’y aurais laissés, et à qui je percerais le cœur par mon départ. Je vous avoue, monsieur, que cette dernière raison seule peut tout sur moi ; le roi est trop philosophe et trop grand pour ne pas en sentir le prix ; il connaît l’amitié ; il la ressent et il la mérite ; qu’il soit lui-même mon juge. ”
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Joseph Bertrand,  D’Alembert

“ En réalité, Mlle de Lespinasse, quand elle quitta Mme du Deffant, était depuis plusieurs années la maîtresse de d’Alembert. Le géomètre savait compter. Lorsqu’en 1776 il perdit son amie, son désespoir s’exhala dans des pages qu’il n’a pas détruites. Depuis huit ans au moins — elle lui en a légué la preuve — il n’était plus le premier objet de son cœur. « Qui peut me répondre, s’écrie-t-il après cette affligeante lecture, que pendant les huit ou dix autres années que je me suis cru tant aimé, vous n’avez pas trompé ma tendresse ! »
Il est impossible d’en douter.
”
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Joseph Bertrand,  D’Alembert

“ En prévenant d’Alembert des dangers qu’il connaissait bien, Voltaire n’avait aucun tort. La main gantée de velours que Frédéric tendait gracieusement à d’Alembert pouvait égratigner les imprudents et broyer les ingrats. L’amitié de Frédéric n’était pas banale, et s’il respectait les génies sublimes, c’étaient ceux que lui-même jugeait tels. Le bon et grand Euler ne rencontrait à la cour et à l’Académie ni les avantages offerts à d’Alembert avec tant d’empressement, ni les égards que sa naïve bonhomie ne savait pas imposer. ”
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