“ « Maudits nuages ! » s’écria Mme Le Tellier. « Sans eux... » — « Sans eux, » répliqua l’astronome, « on verrait encore moins de choses qu’on n’en voit, puisque les Sarvants n’agiraient que la nuit. » Robert se promenait de long en large et gardait un silence farouche. En vain M. Le Tellier cherchait-il une approbation sur la physionomie de son secrétaire, — il n’y trouvait que le souci. — « Mais pourquoi ? pourquoi ces enlèvements ? » faisait Mme Le Tellier en se prenant la tête. — « Et quel est le sort des prisonniers ? » — C’était Maxime, aujourd’hui, qui gémissait cela ! ”
M. Le Tellier
Définition et enjeux
Citations sur “M. Le Tellier”
“ Et si l’on veut savoir pourquoi M. Le Tellier reçoit à Paris le Lyon républicain, je le dirai. C’est qu’il s’intéresse beaucoup à la région de l’Ain et particulièrement au Bugey, qui est le pays de Mme Le Tellier. La mère de celle-ci, Mme Arquedouve, y possède le château de Mirastel, où l’astronome et sa famille passent les vacances, et la sœur aînée de Mme Le Tellier, Mme Monbardeau, habite toute l’année le village d’Artemare, près de Mirastel, où son mari exerce la profession de médecin. ”
“ Suzanne et Henri Monbardeau, Maxime et Marie-Thérèse Le Tellier avaient vécu le meilleur de leur enfance à Mirastel et à Artemare, en été. Là, Fabienne d’Arvière s’était mêlée à leurs jeux d’adolescents ; là aussi un pauvre petit orphelin, que M. Le Tellier faisait instruire, avait passé en leur compagnie beaucoup de belles vacances, avant de devenir le secrétaire fidèle de son protecteur. ”
“ M. Le Tellier s’aperçut qu’il décampait aussi pendant la nuit. Alors, il voulut le cloîtrer. Mais l’autre l’avertit respectueusement qu’à la première récidive, il se sauverait pour ne plus revenir. M. Le Tellier céda. Le pauvre homme en arrivait à douter de son propre jugement ; il ne savait plus, de lui et de Robert, lequel était raisonnable, et si le devoir ne commandait point de patrouiller sans cesse à la recherche du Sarvant, fût-ce au hasard et follement, avec mille excentricités ridicules, affligeantes et théâtrales, — en un mot : tiburcéennes. ”
“ M. Le Tellier lui-même s’opposait à la sortie des siens. Il subissait alors une seconde dépression morale et s’abandonnait à d’interminables penseries, moins occupé de percer le mystère que de considérer sa détresse. Une fois que Mme Arquedouve lui demandait s’il avait trouvé quelque chose, il répondit : — « J’ai trouvé qu’on devrait toujours aimer ses proches comme s’ils étaient destinés à mourir tout à l’heure. » Les extravagances de Robert allaient finir de l’accabler. ”
“ Ce n’est pas que le ciel eût gardé pour lui son charme d’autrefois, ni que l’astronome se crût obligé de travailler pour le moment aux ouvrages de sa profession ; le malheur avait rabattu son attention sur les affaires d’ici-bas, et depuis son départ de Paris, M. Le Tellier n’avait pas dirigé la moindre lunette vers la moindre planète. ”
“ « Voyez-vous quelque trace d’outils ? de pas ? » questionna M. Le Tellier. « Moi, non. » — « Rien ; comme toujours », répondit Robert. Et il ajouta : « Dites donc, monsieur Maxime, tout de même, réfléchissez : quand il s’agit d’animaux et d’êtres humains, les Sarvants ne sont pas très difficiles non plus sous le rapport de la qualité, voyons ? Ils raflent n’importe quelle femme, un homme quelconque, le premier chat venu et des tas de lapins sans valeur, sauf des exceptions qui semblent dues au hasard... Avouez-le. C’est bien cela que vous pensez, en y réfléchissant ? C’est bien cela ? » ”
Adolphe Chéruel,
Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV
(1865)
“ M. Le Tellier vit fort honnêtement en apparence, mais peut avoir jalousie et craindre que la faveur n'aille d'un autre côté. Si elle trouve bon qu'on lui rpnde compte de ce qu'on apprend, ou s'il y a quelque chose dont elle désire savoir la vérité, en s'ouvrant un peu, on tâchera de la satisfaire. ”
Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet…
“ J'écrirai à M. le Tellier de la manière dont Votre Éminence me commande, et même je vois que, depuis que la reine lui a parlé, il ne me revient plus aucune chose qu'il ait dite. Au contraire, il affecte de paraître sans crédit et dit qu'il ne se mêle de rien; il n'est pas malaisé de voir la cause du changement. ”
“ Toujours à Mirastel. Il est agréable de se représenter M. Le Tellier pénétrant, ce matin-là, dans son cabinet de travail ; car c’est un beau spectacle que la rencontre d’un homme heureux avec un rayon de soleil, au centre d’une pièce noble et vaste. ”
Séraphin Gardais, Eloge funèbre de M. l'abbé Paul Le Tellier… (1876)
“ C'est le Maître qui choisit, elegi vos, et l'important, pour celui qui est choisi, est de bien entendre et de ne pas résister. Paul Le Tellier, à la parole de son Dieu, se leva aussitôt dans sa tendre et vaillante jeunesse, et s'écria : Seigneur, me voici, car vous m'avez appelé ! Et cet appel, accueilli sans doute plus d'une fois dans son enfance, puis médité pendant les années du collège, devint l'objet de toute son ambition, et la cause de son bonheur. Sa vocation fut absolue, sans hésitation, sans un seul jour de regret jusqu'à son dernier jour. ”
René de Voyer, Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson… (1860-1861)
“ Tout le monde considère cette grace comme trop considérable, à son age, etc. que c'estoit un effet de la bonne fortune de M. Le Tellier et de la puissance que les trois ministres l ont sur le roy, car ils font chacun tout ce qu'ils veulent pour leur intérest. Je vis M. Le Pelletier, qui me dit qu'on avoit eu grand peine à engager M. Le Tellier à faire cette demande au roy, à cause de sa modération; et c'est le discours que l'on fait à tout le monde, fort esloigné de la vérité ”
Napoléon Tellier, À bout portant
“ Était-ce le jus de tabac qui avait fait déguerpir M. Lemieux ? Était-ce la Doudou avec son mioche ou le gamin avec ses cartons ? Ou avait-il simplement fait le geste d’un galant homme ? Je ne sais, mais ce que je puis dire, c’est que l’ex-ministre poussa un long soupir de soulagement, puis il s’accrocha à une courroie. Il parut alors oublier les gens qui le côtoyaient ; son regard se perdit et il songea. Un second : Push in front ! lancé vigoureusement, rappela M. Lemieux à la réalité. Il jeta un coup d’œil autour de lui et je l’entendis murmurer : J’ai perdu mon milieu... ”
“ L’un d’eux remit à M. Le Tellier le brassard blanc des commissaires officiels. — « Dépêchons-nous, Monsieur, » lui dit-il d’un ton respectueux, « on va manquer le départ, il n’y a pas d’erreur. » Mais M. Le Tellier estimait à présent que la course était secondaire, et, pendant que la voiture démarrait avec un brio de 90-HP conduite par un mercenaire impitoyable aux pneus, il commença de lire à M. Monbardeau ce que Robert avait tracé pour lui, d’un crayon net et régulier, du moins aux premières pages. ”
Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV, entre le cabinet du roi… (1850-1855)
“ PELLETIER, honneste homme, a dé l'esprit, applicqué à la profession, affectant de la singularité et prenant quelquesfois des opinions bizarres ; aime le monde ; est sans intérest ; proche de M. le Tellier et frère de M. Pelletier, confident de M. le Tellier. Il y a quelque jalousie entre les frères, EMPROUX, a de l'esprit et de la capacité, se picque de chaleur pour les amis, est seur, et brouillé avec l'intendant son frère, quoyqu'il én puisse espérer beaucoup de bien. Est de la religion. ”
Jean Baptiste Horemans, Marie, ou Piété et résignation (1843)
“ M. Tellier, d'une main tremblante, repousse ses soins; « retire-toi, malheureux, lui dit-il, ne me touche pas, assassin, va au loin chercher une retraite qui te mette à couvert de la sévérité des lois. » Voyant que Joseph ne voulait pas s'éloigner : « Sauve-toi, je te pardonne, ajouta-t-il; oui, je te pardonne, mais hâte-toi, le temps presse. » Joseph se relève et s'éloigne lentement; il ne sait où aller, ni ce qu'il doit faire; il erre à l'aventure comme un homme privé de raison, jusqu'au lendemain matin ”
Napoléon Tellier, À bout portant
“ Graindcrge resta en extase devant la statuette, puis, tout à coup, son front se glissa et son visage prit un air de courroux : — Ah ! ces m... bleus ! Il n’y a qu’eux pour mal servir le public. Je vais leur conter ça à l’administration des postes... ”
Napoléon Tellier, À bout portant
“ Rodolphe, en entendant ces mots, remplit ses soutes d’air et devient tout bouffi. — Quand le pays réclame un Lemieux, répond l’ami du Mikado, il est toujours prêt à se mettre à son service. — Voilà, continue M. Borden, je voulais savoir d’un homme qui, comme vous, a fréquenté toutes les cours d’Europe, d’Asie et d’Afrique comment il ferait un ministère... — Si ce n’est que cela, fait Rodolphe d’un geste dédaigneux, c’est un rien... Si j’étais à votre place, je choisirais comme premier ministre l’homme le plus capable : Moi. Aux finances, je mettrais mon frère, le Shérif ”
Guy de Maupassant,
La Maison Tellier
“ « Fais-nous danser, dis, tu veux ? » — Il se leva, et, s’asseyant devant l’épinette séculaire, endormie en un coin, fit sortir une valse, une valse enrouée, larmoyante, du ventre geignant de la machine. La grande fille enlaça le percepteur, Madame s’abandonna aux bras de M. Vasse ; et les deux couples tournèrent en échangeant des baisers. M. Vasse, qui avait jadis dansé dans le monde, faisait des grâces, et Madame le regardait d’un œil captivé, de cet œil qui répond « oui », un « oui » plus discret et plus délicieux qu’une parole ! ”
Ferdinand Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ D’Argenson aura beau dire, et Marais, et Barbier, ou tout autre ; je déclare qu’il m’est impossible de goûter dans ce triste quatrain le moindre grain de sel. Voici encore, un couplet sur la disgrâce du père Le Tellier ; Tellier, ta disgrâce T’attire du mépris Que la populace A trop bien appris. Chacun t’abandonne Comme on ferait un pendu, Lanturlu. C’est le chef-d’œuvre de la platitude. On ne chante rien aujourd’hui dans nos cafés-concerts qui ne soit immédiatement au-dessus d’un pareil couplet. ”
Guy de Maupassant,
La Maison Tellier
“ Les gens qu'on rencontrait souriaient; un souffle de bonheur flottait partout dans la lumière chaude du printemps revenu. On eût dit qu'il y avait sur la ville une brise d'amour épandue; et les jeunes femmes qui passaient en toilette du matin, portant dans les yeux comme une tendresse cachée et une grâce plus molle dans la démarche, m'emplissaient le coeur de trouble. ”
Jean-Baptiste Blain, La vie du bienheureux serviteur de Dieu Jean-Baptiste de La Salle… (1889)
“ Cette réplique arrêta Mgr le Tellier, et il abandonna le chanoine à sa pieuse liberté. Son frère n'y perdit rien, car le refus qu'avait fait le Bienheureux de la Salle de lui faire passer son canonicat, lui en mérita un autre que le prélat lui -donna de son pur mouvement et sans aucune sollicitation, comme pour le dédommager du préjudice prétendu qu'il avait reçu de la démission faite en faveur de M. Faubert. ”
Napoléon Tellier, À bout portant
“ Ici, j’ouvre une parenthèse pour m’ouvrir à vous et vous dire que l’opération consiste à s’ouvrir le ventre. Que voulez-vous ? C’est plus fort que moi : j’aime votre ministre des Poches à l’égal de Bouddha. ”
Napoléon Tellier, À bout portant
“ M. Chose, le journaliste, il fait dans les feuilles de chou, sa place est à l’Agriculture ; le poète Machin, le lettré, va tout naturellement aux Postes... pour ses lettres... et patati et patata. Seul, un homme reste perplexe et c’est celui-là même qui doit former un ministère pour de bon. ”
Charles Louis Abel Tellier, L'impôt unique et l'invasion de 1870 (1870)
“ Un timbre passé sur les lèvres, appliqué sur la facture, revêtu de la signature de l'imposé, voilà, je ne saurais trop le répéter, voilà tout le formalisme. Mais je vois poindre une objection qui m'a déjà été faite et que je ne veux pas fuir : c'est la difficulté de forcer le public à appliquer l'impôt. Il semble que rien ne sera plus facile que de l'éluder, et que, par conséquent, quelque bien qu'il faille attendre de cet état de choses, il y faudra renoncer devant la presque certitude de la fraude exercée sur une large échelle. ”
L. François, Diderot. Lettres à M. Bizot de Fonteny à propos de l'érection de la statue de Diderot… (1884)
“ La classe de philosophie qui coûte au moins annuellement de deux à trois mille francs à FKtat se compose cette année si je suis bien renseigné. juste d'un élève. L'amour, si j'en crois les romanciers, amène parfois avec lui des déboires. M. Tellier nous avoue que tout n'est pas rose dans son métier d'amant et qu'il a souvent des peines de cœur. Mais savez-vous quel remède il emploie pour s'en guérir? Un remède de poète, le même remède dont a fini par mourir Alfred de Musset. Ecoutez. ”
Constant Le Tellier, Grammaire françoise à l'usage des pensionnats… (1860)
“ Servir à rien, signifie n'être utile, n'être propre à rien : Cela ne sert à rien; il ne sert à rien de s'emporter. On dit souvent dans le même sens, avec la préposition de : Cela ne sert de rien; surtout quand on veut exprimer la nullité absolue. Sortir. Ne dites pas: Fous ne me sortirez pas cela de l'esprit; dites : Fous ne m'ôterez pas cela de l'esprit. Sortir ne s'emploie comme verbe actif que dans quelques phrases du langage familier, où il signifie faire sortir, tirer: Il est temps de sortir les orangers de la serre; sortez ce cheval de l'écurie ”
Constant Le Tellier, Grammaire françoise à l'usage des pensionnats… (1860)
“ Mille, mesure itinéraire, dont l'étendue diffère selon les pays, prend s au pluriel. C'est alors un substantif commun : Deux milles d'Allemagne font à peu près quatre lieues de France. Un est adjectif numéral quand il marque la quantité : un entre mille, donnez-m'en un. C'est un adjectif indéfini quand il est mis pour certain, tout, quiconque: un philosophe a dit que; un chrétien doit faire cela; un homme peut-il raisonner ainsi? c'est-à-dire, certain philosophe, tout chrétien, quiconque est homme. ”
Charles Louis Abel Tellier, Installation frigorifique de la Morgue… (1880)
“ Le coût du froid, quand on arrive à une certaine puissance, est proportionnel à la force employée, et si la quantité à produire est doublée, la force employée devra être doublée aussi. En expliquant tout ceci, je n'ai l'intention d'exercer aucune critique à l'égard de M. le Dr Brouardel, j'ai déjà dit le respect que je professe pour lui, mais il a eu en mains des données erronées et je dois les rectifier. ”
Constant Le Tellier, Grammaire françoise à l'usage des pensionnats… (1860)
“ Les deux qui se mettent en apostrophe, sont toi et vous : ô toi! ô vous ! ou bien, sans interjection : Fous, que j'ai toujours chéri comme mon père! Les pronoms qui ne s'emploient qu'en complément sont me, te, se, leur, le, la, les, y et en. Ceux qui sont tantôt sujets et tantôt compléments sont nous, vous, moi, toi, lui, elle, eux, elles. Nous, employé pour moi, et vous, employé pour tu, veulent le verbe au pluriel ; mais l'adjectif suivant reste au singulier : Nous savons, dit le roi, combien nous sommas aimé de nos sujets ”
Napoléon Tellier, À bout portant
“ Je n’y comprenais rien ; le geste de beau-père était-il une invitation à déguerpir ? Machinalement je prononçai un bout de phrase, je pris mon chapeau et je me sauvai comme un malfaiteur. La nuit que je passai fut atroce ; pas un instant, je ne fermai l’œil. De bonne heure, ce matin, celui que je n’appellerai jamais plus beau-père m’a fait parvenir ce billet explicatif : Monsieur, « Veuillez cesser vos fréquentations. Nous sommes des gens respectables, sachez-le, et nous ne saurions donner notre enfant à un individu qui se délecte à la lecture de la Presse » X... Je compris. ”
Constant Le Tellier, Grammaire françoise à l'usage des pensionnats… (1860)
“ Le verbe s'accorde avec le collectif, quand celui-ci est général, et non avec le substantif qui suit ce collectif : L'armée des ennemis fut battue par les Français. La foule des humains est vouée au malheur. ”
Constant Le Tellier, Grammaire françoise à l'usage des pensionnats… (1860)
“ Le participe passé, accompagné de l'auxiliaire avoir, ne s'accorde jamais avec le sujet du verbe, mais il s'accorde avec le complément direct quand il en est précédé : Les succès que nous avons obtenus; les avis que je vous ai donnés; les sciences que les bons gouvernements ont toujours protégées. Quand le complément direct est placé après le participe, ou qu'il n'y a pas de complément de cette nature, le participe reste invariable : Nous avons obtenu des succès; je vous ai donné des avis; les bons gouvernements ont toujours protégé les sciences. ”
Constant Le Tellier, Grammaire françoise à l'usage des pensionnats… (1860)
“ L'orthographe ou la lexicographie est l'art d'écrire correctement tous les mots d'une langue, conformément à l'usage reçu et adopté par les meilleurs écrivains (1) . Rien n'est plus irrégulier que l'orthographe française. Nous sommes tour à tour fidèles et infidèles à l'étymologie. Par exemple, l'Académie et tous les bons auteurs écrivent philosophie, physique, euphonie, et en même temps fantaisie, fantôme, filtre. ”
