Nicolas Boileau,
Oeuvres poétiques de Boileau Despréaux
(1887)
“ A Malherbe, à Racan, préférer Théophile, Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile 1. Un clerc, pour quinze sous, sans crainde le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila2 ; Et, si le roi des Huns ne lui charme l'oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Corneille. Il n'est valet d'auteur, ni copiste à Paris, Qui, la balance en main, ne pèse les écrits. Dès que l'impression fait éclore un poète, Il est esclave-né de quiconque l'achète : Il se soumet lui-même aux caprices d'autrui, Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui. ”
