“ — Si le modèle a jamais existé, dis-je à M. de Peyrehorade, et je doute que le Ciel ait jamais produit une telle femme, que je plains ses amants ! Elle a dû se complaire à les faire mourir de désespoir. Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n’ai jamais vu rien de si beau. — C’est Vénus tout entière à sa proie attachée ! ”
Peyrehorade
Définition et enjeux
Citations sur “Peyrehorade”
“ Peyrehorade, comment peux-tu dire cela ! Heureusement que l’homme va mieux... Et encore je ne peux pas prendre sur moi de regarder la statue qui fait des malheurs comme celui-là. Pauvre Jean Coll ! — Blessé par Vénus, monsieur, dit M. de Peyrehorade riant d’un gros rire, blessé par Vénus, le maraud se plaint. ”
Prosper Mérimée,
Colomba et autres contes et nouvelles
“ Ah çà ! mon cher hôte, me dit M. de Peyrehorade, le souper tirant à sa fin, vous m’appartenez, vous êtes chez moi. Je ne vous lâche plus, sinon quand vous aurez vu tout ce que nous avons de curieux dans nos montagnes. Il faut que vous appreniez à connaître notre Roussillon, et que vous lui rendiez justice. Vous ne vous doutez pas de tout ce que nous allons vous montrer. Monuments phéniciens, celtiques, romains, arabes, byzantins, vous verrez tout, depuis le cèdre jusqu’à l’hysope. Je vous mènerai partout et ne vous ferai pas grâce d’une brique. ”
“ — Et enfin que trouvâtes-vous ? — Une grande femme noire plus qu’à moitié nue, révérence parler, monsieur, toute en cuivre ; et M. de Peyrehorade nous a dit que c’était une idole du temps des païens... du temps de Charlemagne, quoi ! — Je vois ce que c’est... Quelque bonne-vierge en bronze d’un couvent détruit. — Une bonne-vierge ! ah bien oui !... Je l’aurais bien reconnue, si ç’avait été une bonne-vierge. C’est une idole, vous dis-je ; on le voit bien à son air. Elle vous fixe avec ses grands yeux blancs... On dirait qu’elle vous dévisage. On baisse les yeux, oui, en la regardant. — Des yeux blancs ? ”
Adrien Peladan, Maximin, peint par lui-même : triomphe de Notre-Dame de La Salette dans l'un des témoins de son… (1881)
“ Ses condisciples l'auraient voulu posséder tour à tour, l'abbé Duffau, l'abbé Brettes, l'abbé Gassiat. Nous avons vu déjà que les plus favorisés furent MM. Darzac et Lagarde. Il fit une trop courte Apparition dans une fervente et généreuse famille de Peyrehorade. Il en parlait encore quinze ans plus tard avec délices. Il se figurait encore revoir son doux Peyrehorade et Bidache et l'Ermitage de Saint-Martin, et Seignans, et SaintAndré, et bien d'autres endroits visités par le grand séminariste. ”
Conrad de Gourcy, Notes extraites d'un voyage agricole dans l'ouest… (1851)
“ Les terres entre Peyrehorade et Bayonne valent 1,000 fr. les 2 hectares, dont 1 sur 2 est en fougères ou bruyères ; il s'y trouve d'excellente marne et de la pierre à chaux; c'est un très-beau pays qui est sain, ni trop chaud ni trop froid, mais où il pleut souvent. ”
Bernard-Augustin-Henri-Timothée de Cabannes Cauna, Armorial des Landes. Tome 2 (1863-1869)
“ De l'est à l'ouest Gaves réunis de Peyrehorade a Lanne. Bec du Gave : du midi au nord-nord-est l'Adour et le Luy entre Siest et Tercis; du nord au sud est une ligne courbe formée par le Luy et le Bassec, de Saint-Lon à Cazorditte et Caignotte; au sud de Caignotte la limite longe le bois d'Orthe et descend vers la ligne séparative de Cauneille et Peyrehorade pour tomber au midi dans le terroir du Ghef-lieu au-dessous du confluent des Gaves d'Oloron et Pau. 2° Parmi les abbés de Notre-Dame de la Caignotte, l'histoire cite Jean de Cauna, avant sa nomination à l'évêché de Dax, 1190-1200. ”
Dr Ducasse, Bayonne, vues historiques et descriptives… (1836)
“ A leur arrivée en France, les Juifs s'établirent tout d'abord à Saint-Esprit, à Biarritz, à SaintJean-de-Luz, au Boucau-Vieux et à Peyrehorade. Les hommes jeunes, les femmes, les vieillards et les enfans marchaient par bandes nombreuses, et à leur bâton de voyage, à leurs traits toujours marqués au type indélébile de leur race, on eût dit ces caravanes de l'Orient, cherchant à travers les Oasis du désert la fontaine et le gazon où sera pris le frugal repas des pèlerins. ”
Baron Rignon, Bayonne et Saint-Esprit, étude historique… (1856)
“ La ville de Peyrehorade faisait partie de la vicomté d'Orte, laquelle n'était séparée que par l'Adour des trois baronnies comprises dans le projet d'annexion. C'était donc en qualité de voisins limitrophes que les gens de Peyrehorade devaient être consultés. On vit successivement comparaître dans l'enquête : MM. Adrien de Lastre, avocat en la cour du parlement de Bordeaux, juge ordinaire de la vicomté d'Orte ; Bertrand de Vivensan, procureur juridictionnel des terres du sieur vicomte d'Orte ”
“ « Oui, poursuivit M. de Peyrehorade, il y a deux Vénus sous mon toit. L’une, je l’ai trouvée dans la terre comme une truffe ; l’autre, descendue des cieux, vient de nous partager sa ceinture. ”
“ Là-bas, le bourreau attend un homme... — M. de Lagardère ?... interrompit Nocé. — Ou moi ! prononça froidement M. de Gonzague. — Vous !... vous ! monseigneur ! s’écria-t-on de toutes parts. Peyrolles se leva, épouvanté. — Ne tremblez pas ! reprit le prince qui mit plus de fierté dans son sourire ; — ce n’est pas le bourreau qui a le choix... mais avec un pareil démon... je parle de Lagardère, — qui a su se faire des alliés puissants du fond même de son cachot... je ne connais qu’une sécurité, c’est la terre, épaisse de six pieds, qui recouvrira son cadavre... ”
Camille Le Senne,
Train rapide
(1883)
“ Dans une intimité enlacée, au bord du canapé en velours de Gênes dont les cheveux dénoués de madame de Villeségure cachaient les fleurs pâles comme une gerbe d'épis mûrs voile à demi la tendre floraison des bleuets, Peyroral expliquait à la comtesse la nécessité d'un suprême effort, la mise au point et au premier plan de la campagne fusionniste. — L'œuvre actuelle n'est qu'un paravent. et très faible ! Un orage peut tout jeter à bas. ”
Monseigneur Peyramale, curé de Lourdes… (1877)
“ M. l'abbé Peyramale, alors âgé d'environ cinquante ans, était déjà depuis deux années curé-doyen de la ville et du canton de Lourdes. C'était un homme que la nature avait fait brusque, violent peut-être dans son amour du bien et que la grâce ayait adouci tout en laissant deviner par moments l'arbre primitif, l'arbre rugueux, mais foncièrement bon sur lequel la délicate et puissante main de Dieu avait greffé le chrétien et le prêtre. ”
Monseigneur Peyramale, curé de Lourdes… (1877)
“ Quand il embrassait l'un d'eux, atteint de maladies contagieuses, il répondait aux observations des médecins : — Qu'importent les souillures 'du corps si l'âme est pure ! C'est en 1854. nous l'avons dit, que l'abbé Peyramale fut nommé curé doyen à Lourdes. Tout d'abofd. il ne trouva pas auprès de la population de cette ville, — alors bien petite et qui devait, grâce à lui, devenir si prospère et si célèbre comme l'a dit si excellemment l'honorable M. Lapeyre, maire de Lourdes, aux obsèques de Mgr Peyramale — un accueil empressé et cordial. ”
Georges de Peyrebrune, Victoire la rouge (1883)
“ La Victoire s’en revenait seule, n’ayant point de galant. Mais des visions lui tenaient compagnie. Elle revoyait longtemps la Vierge toute brillante avec son petit sur le poing, et ça l’attendrissait. Elle s’attardait à marcher lourdement, les mains croisées sur son ventre, le visage triste et les yeux vagues. Et sa pensée obtuse faisait des efforts pour comprendre le rapprochement que le prêtre venait de faire entre la vie de la Sainte Vierge, dont il leur proposait l’exemple, et sa pauvre existence à elle, qui ressemblait mieux à celle d’une bête de somme. ”
Georges de Peyrebrune, Victoire la rouge (1883)
“ Il faut vous en aller avant la nuit, lui dit doucement la fermière. Et voilà le soleil qui tourne derrière les chaumes, là-haut. En effet, le coteau en face s’éteignait peu à peu, et le reflet rouge du couchant entrait maintenant par la fenêtre enfeuillée. Il allumait un à un, comme les cierges d’une chapelle, tous les points blancs de la salle assombrie. Il rosait en passant, d’une lueur nacrée, la joue pâle de la fermière, il tombait sur la chevelure fauve de Victoire, la coiffant comme d’un lambeau de pourpre flamboyante. Elle se leva pour aller chercher ses hardes. ”
Georges de Peyrebrune, Victoire la rouge (1883)
“ Au bout des ormes, sur la place, en haut, se découpant sur le ciel, la croix de fer, tout écharpée de guirlandes de lys. Car on est très-royaliste dans le bourg de Chancelade, — on entend les seigneurs et bourgeois, — et c’est avec frénésie que l’on use de la fête de Madame la Vierge pour arborer toutes les bannières blanches et faire flamboyer les lys. La frairie en est tout éclairée et embaumée. Les petites boutiques qui s’échelonnent sous les arbres ont l’air d’être parées exprès par toutes ces guirlandes qui courent d’un arbre à l’autre en festonnant. ”
Georges de Peyrebrune, Victoire la rouge (1883)
“ Mon Dieu, c’est tout pareil, au bout du compte ; mais c’est parce qu’à Versailles il y a, il y a... — Votre amoureux, hein ? Victoire était pourpre, et ses yeux, qui avaient bonne envie de pleurer, clignotaient. Mais elle fit « oui » avec sa tête. — Et qu’est-ce qu’il fait, votre galant ? — Il est dragon. — Tiens ! tiens ! Et puis, tout à coup, le placier devint sévère. — Ce n’est pas propre du tout, ma fille, ce que vous voulez faire là. Suivre un amoureux, un soldat, un dragon !... Fi ! Ce n’est pas moi qui vous prêterai les mains. ”
Histoire de Notre-Dame de Lourdes… (1896)
“ CHAPITRE VI L'ABBÉ PEYRAMALE Le curé de Lourdes en ce temps-là se nommait M. Peyramale. Il était né dans un village des Hautes-Pyrénées d'une famille chrétienne et des plus honorables ; il avait reçu au baptême le nom de Marie-Dominique. Vous avez vu, mes enfants, que le père et la mère Soubirous inspirés très certainement de Dieu avaient donné pour patron à l'enfant qui devait être la privilégiée de la Reine du ciel avec le nom de Marie, qui la mettait sous sa protection, celui de ce grand saint Bernard, ce serviteur si dévoué à la mère de Dieu. ”
Joris-Karl Huysmans,
Les Foules de Lourdes
(1906)
“ Mgr Peyramale était un très brave homme et un très bon prêtre mais il était un rustre, d’un caractère entier et bourru et de plus, une sorte de mégalomane et de brouillon. Or, il fallait un homme entendu aux affaires, un esprit net et aussi une complexion plus souple que la sienne, pour mettre sur pieds la gigantesque entreprise de Lourdes. ”
Monseigneur Peyramale, curé de Lourdes… (1877)
“ F Les miracles se multipliaient, le Surnaturel se faisait palpable. On eut dit que la Divinité se matérialisait tant les faits extraordinaires dont les roches Massabielle devenaient le théâtre étaient indéniables. La Libre-Pensée criait au scandale. Dieu n'osait-il pas la braver ? En vérité c'était trop d'audace ! Il faut se reporter au beau livre, livre véritablement inspiré de M. Henri Lasserre, Notre-Dame de Lourdes, pour se bien rendre compte à distance de l'immense émotion qui s'empara des populations à cette époque. C'est alors que l'abbé Peyramale fut vraiment grand. ”
Jules Claretie,
Pierrille
(1879)
“ Il n'y a rien pourtant dans ce petit roman que le fantôme des jeunes années et peut-être un parfum de terroir qu'on retrouvera également dans le récit, plus dramatique et plus violent, que je donne à la suite. J'aurais voulu peindre plus vivement ce beau et fier Périgord qui représentait, pour mon enfance, la liberté, les jeux, le libre plaisir à travers les champs et les bois. Tous les ans, lorsque nous habitions Limoges et lorsque les mois des vacances étaient venus, mes parents m'envoyaient en Périgord, à Ratevoul, chez mon grand-père paternel. ”
Eugène Le Roy,
Le Moulin du Frau
“ Lou curet de Peiro-Bufiero, Per tua lou tems, Lou paradis de las Belas-Maïs, Lou chavau de Batistou, et tant d'autres jolies patoiseries que nous autres, paysans, devrions tous avoir dans notre tirette de cabinet. Oui, il y a encore chez nous de bons enfants du Périgord, qui ne méprisent pas la terre natale, et qui ont l'esprit alerte, la tête, le bras et l'estomac solides, toutes qualités qui font le vrai Périgordin, propre à tout, bon à penser et à agir ”
Georges de Peyrebrune, Victoire la rouge (1883)
“ L’homme regardait de haut, de loin, la main sur ses yeux. Et tant qu’il pouvait voir, la route était déserte, et les sentiers qui rampaient au flanc des coteaux n’avaient pas une ombre entre leur haie de genêts et d’ajoncs qui bordaient les champs de blé noir et d’avoine. — Elle est arrivée, pensait le Sauvage ; et il n’en pouvait plus de colère et de chagrin. À cette heure-ci, peut-être le village s’ameutait, et c’en était fait de la fille à Giraud et de ses trois mille écus. ”
Eugène Sue,
Le Commandeur de Malte, par Eugène Sue…
(1845)
“ Mais ce qui est bien étrange, maître Peyroü, c'est que monseigneur n'a jamais voulu se défaire de ce méchant petit cheval Mistraoü, qui a été la cause de tout le mal; il le monte de préférence à tout autre : dites, maître Peyroü, n'est-ce pas tenter Dieu? — Et ces étrangers sont partis de Marseille? — demanda le guetteur sans répondre à Stéphanette ? — Oui, maître Peyroü ; ils ont pris, dit-on, la route du Languedoc, après avoir été visiter monseigneur le maréchal de Vitry. On dit ce vieux duc si étrange et si méchant, qu'il est bien digne de connaître de pareils scélérats. Ah ! ”
Armand Silvestre,
Histoires belles et honnestes
“ Ai-je besoin d’ajouter que M. Peyrolade n’était plus joli, que sa femme Pauline ne l’était pas devenue, ne l’ayant jamais été, et que son chien Protêt était la plus hideuse bête du monde, éclatant de graisse et chauve des pattes au museau. II Ayant acquis sa petite fortune en faisant toutes sortes de cochonneries au reste de l’humanité, M. Peyrolade y tenait infiniment. Le prix extraordinaire attaché par les filous aux produits de leur fâcheuse industrie est un hommage indirect rendu à la vertu. Il indique, en effet, la valeur qu’ils attachent au sacrifice de leur conscience. ”
George Sand,
Le Marquis de Villemer
(1860)
“ D’abord il n’y a vraiment aucun danger pour moi sous la conduite de mon bon Peyraque. Les chemins, qui seraient vraiment horribles et je crois impossibles pour des voitures comme celles que nous connaissons, se trouvent justes assez larges pour les petits chars du pays. D’ailleurs Peyraque est très-prudent. Quand son œil ne lui dit pas bien au juste l’espace qu’il lui faut, il a pour s’en assurer un procédé qui m’a fait beaucoup rire la première fois que je le lui ai vu employer. ”
François-Georges Audierne, De l'origine et de l'enfance des arts en Périgord… (1863)
“ Le Périgord en est la preuve dans le sujet qui nous intéresse, puisque nous devons croire qu'il ne fut habité qu'après le déluge, comme nous le verrons. L'ignorance, dans ces hommes de la vie nomade, fruit de leur déchéance morale, les plongea dans la barbarie, et, ignorants et barbares, ils devinrent égoïstes et méchants. Par le besoin de se tenir en garde les uns contre les autres, ils se firent des armes pour pouvoir plus sûrement assouvir leur haine, venger des outrages, soutenir des combats, satisfaire leur convoitise et chercher à assurer leur repos. ”
Monseigneur Peyramale, curé de Lourdes… (1877)
“ Lorsque la Vierge avait apparu à Bernadette, c'était à l'abbé Peyramale tout d'abord que l'enfant alla naturellement demander le conseil et La force. Dieu l'avait créé de taille à les lui donner. Durant toutes les péripéties de ce drame de Lourdes, Mgr Peyramale avait été à la hauteur de la mission qu'il avait reçue et de ce que Dieu attendait de lui. ”
Eugène Le Roy,
Au pays des pierres
“ Le lendemain matin, ayant embrassé vingt fois ma Rosette en larmes, j’allai faire mes adieux à mon parrain, après quoi je fus à la maison commune quérir ma feuille de route. Les onze enrôlés de la veille, nous nous retrouvâmes là, et, ayant reçu nos papiers, nous prîmes le chemin de Périgueux, convoyés jusqu’à Sainte-Yolée par une grande troupe de monde. Arrivés que nous fûmes à ce petit bourg, Périgord, m’ayant tiré à part, me bailla un louis d’or et quelques assignats de cinq livres que je serrai dans une ceinture de cuir, puis nous rentrâmes à l’auberge. ”
Camille Le Senne,
Train rapide
(1883)
“ C'était bien sa figure un peu large, ses lèvres roses au dessin saillant, ses cils d'or transparaissant sous la voilette. Elle revenait de Versailles et traversait le bois pour rentrer dans le quartier François Ier. Rien de plus naturel. Mais quelle fatalité avait poussé Peyroral devant la calèche, presque sous les pieds des chevaux !.. Que le regard clair de la comtesse, ce regard qu'il devinait fixe et triomphant, se détournât un instant et reconnût Peyroral. Peyroral, avec une femme qui devait avoir l'air d'une grisette. Peyroral en bonne fortune. et tout s'écroulait à la fois. ”
