Roi de Syrie

Définition et enjeux

non signé Revue des Deux Mondes

Sa population actuelle n’atteint pas deux millions d’ames, et ne saurait conséquemment pourvoir à l’existence et à l’entretien d’une armée considérable. Pour qu’elle pût former un état de quelque valeur politique et accomplir dans la Méditerranée et en Orient une mission de force et de civilisation, il lui fallait absolument la Syrie. Sans la Syrie, elle descend des hauteurs où avait voulu la placer le génie du vice-roi, à l’obscure destinée d’un pachalik, et ne peut plus être d’aucune influence dans les destinées futures de l’Orient.
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Xavier Raymond Revue des Deux Mondes

Or, s’il est des points qu’il ne possède pas et sur lesquels il ne puisse plus étendre son bras affaibli, c’est à coup sûr la Syrie et l’Arabie. Il n’y est pas beaucoup plus sérieusement le maître que les princes qui ont encore conservé parmi leurs titres ceux de roi de Chypre et de Jérusalem. La Syrie est une cause de dépenses bien plutôt qu’une ressource pour son trésor épuisé ; la Syrie ne lui fournit pas d’hommes, ou ce qu’elle lui fournit, il vaudrait mieux pour lui ne le point avoir.
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Portrait de Léon Faucher Léon Faucher Revue des Deux Mondes

Ainsi, les Anglais ont pratiqué en Syrie une politique tellement humaine et tellement habile, qu’ils font regretter la domination de Méhémet-Ali. Eux les alliés du sultan, eux les ministres de sa volonté et les protecteurs de ses droits, ils sont devenus odieux à la population musulmane. Au lieu d’affermir l’autorité de la Porte, ils l’ont compromise. Ils ont allumé, soudoyé peut-être la guerre civile. Enfin, c’est un Anglais, c’est le Morning-Chronicle, c’est le partisan le plus déterminé de lord Palmerston qui le dit : « Il ne reste plus qu’à rendre la Syrie au vice-roi. »
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