“ Apprenez par ces registres avec quelle exactitude cet illustre citoyen rendit les comptes. Lis : COMPTE RENDU DE P. SERVILIUS. Vous voyez comme on a consigné ici non seulement le nombre des statues, mais encore la grandeur, l’attitude, l’extérieur de chacune. Certes ! les jouissances de la vertu et de la victoire sont bien supérieures à cette volupté que produisent les passions et la cupidité satisfaites ! Je puis affirmer que Servilius conserve avec plus de soin l’état et la description de toutes ces dépouilles dont il a enrichi le peuple romain, que vous la liste de vos rapines. ”
Servilius
Définition et enjeux
Citations sur “Servilius”
Charles Rollin,
Oeuvres Completes de Rollin Tome 1
(1845)
“ Servilius, fort sensible à cet affront, assembla le peuple dans le Champ-de-Mars, et après avoir fait le récit du combat et de la victoire qu'il venait de remporter, et s'être plaint de la jalousie de son collègue, et de l'injustice des sénateurs à son égard, il marcha en pompe, revêtu de l'habit triomphal, vers le Capitole, où tout le peuple le suivit avec de continuelles acclamations de joie. Il fut le premier qui triompha malgré l'opposition du sénat : ce qui, d'un côté, aigrit extrêmement contre lui les patriciens, et, d'un autre, le rendit plus agréable que jamais au peuple. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Servilia, mère de Brutus, rapportait son origine à Servilius Ahala, lequel, voyant Spurius Manlius aspirer à la tyrannie et fomenter des troubles parmi les citoyens, prit un poignard sous son aisselle, et se rendit au Forum : il s’approche de Spurius, comme pour lui parler et l’entretenir de quelque affaire, et, au moment où celui-ci baisse la tête pour l’écouter, il le frappe de son poignard et le tue. ”
“ Oui, je le répète, un citoyen romain est tombé à vos pieds sous les coups de vos licteurs. Et pour quelle raison, dieux immortels ! Mais je fais injure à la cause commune, aux droits de cité, en demandant pour quel motif Servilius a éprouvé un traitement si barbare, comme si quelque motif pouvait justifier un tel attentat contre un citoyen romain ! Pardonnez-le-moi, juges ; ce sera le seul attentat de cette espèce dont je rechercherai le motif. Qu’avait donc fait Servilius ? Il s’était expliqué un peu librement sur la perversité de Verres et sur sa vie infâme. ”
Antoine de La Fosse, Oeuvres choisies de La Fosse et de Duché… (1830)
“ C'est à Servilius que cette grâce est dûe : Car enfin, puisqu'ici vous souhaitez sa vue, J'ose vous en parler; et loin d'être offensé. MANLIUS, Odieux! à le haïr faut-il qu'il m'ait farce? ALBIN. Quoi! parlez-vous encor de haine et de oolerc , Après tout ce qu'a fait son repentir sincere ? Vous le voyez. Quel autre osant parler pour vous, D'un senat tout poissant craint si peu le courroux? ”
“ Eh bien ! un citoyen illustre par d’éclatants exploits, P. Servilius (92) , est ici présent, il va vous juger : il a, par son habileté, par sa valeur, par celle de ses troupes, emporté de vive force Olympe, ville ancienne, florissante, et riche en monuments. Car cet exemple, emprunté à la vie d’un noble guerrier, est assez récent. P. Servilius n’est entré, en général victorieux, dans Olympe, ville ennemie, que depuis que vous, Verrès, simple lieutenant après votre questure, vous vous êtes avisé en pleine paix de piller et d’opprimer des villes alliées et amies du peuple romain. ”
Charles Rollin,
Oeuvres Completes de Rollin Tome 1
(1845)
“ Dès que Servilius fut sorti de charge , il fut ajourné par deux tribuns pour se justifier devant le peuple de la déroute de l'armée, dont il avait été cause. Les sénateurs entrèrent dans une véritable alarme , regardant le danger de Servilius comme le leur propre. Ils se donnèrent beaucoup de mouvement, firent agir tous leurs amis et tous leurs clients, et conjurèrent le peuple de ne point condamner un homme dont tout le crime était d'avoir été malheureux ”
Jean-Jacques Ampère,
L’Histoire romaine à Rome
“ Les sentiments de Servilius et d’Appius furent conformes à leur origine. Servilius proposait des concessions. L’inflexibilité superbe d’Appius n’en voulait admettre aucune. Tout à coup on annonce que les Volsques s’avancent et viennent assiéger la ville. La plebs est transportée de joie à cette nouvelle. On s’exhorte à refuser le service militaire ; on s’écrie : « Que les patriciens aillent combattre ; à eux les périls de la guerre, puisqu’ils en ont tout le profit ! » Cependant la curie est consternée. On y craint autant les citoyens que les ennemis. ”
“ L’avis du sénat fut de livrer bataille ; mais on écrivit à Servilius de suspendre encore, et l’on envoya Émilius pour la donner. Tout le monde jeta les yeux sur ce consul ; personne ne parut plus capable d’exécuter avec succès une si grande entreprise. Une vie constamment vertueuse, et les grands services qu’il avait rendus à la république quelques années auparavant dans la guerre contre les Illyriens, réunirent tous les suffrages en sa faveur. On fit même dans cette occasion ce qui ne s’était pas encore fait, on composa l’armée de huit légions, chacune de cinq mille hommes, sans les alliés. ”
Augustin Théry, "Conciones" français, ou Choix de discours français à l'imitation du "Conciones" latin en usage dans les rhétoriques… (1825)
“ Une singulière énergie règne dans tout ce discours. Servilius se fait accusateur , d'accusé qu'il était. On sent qu'il est révolté de l'injustice, et qu'il ne voit plus rien à ménager. ARGUMENT. Le consul Spurius Servilius, après plusieurs succès contre les Toscans, perdit en partie le fruit d'une ; dernière victoire en poursuivant-les ennemis avec plus de ; courage que de prudence. ”
Antoine de La Fosse, Oeuvres choisies de La Fosse et de Duché… (1830)
“ Enfin d'un tel trépas l'infamie assurée, C'est toi, Servilius, qui me l'as procurée. Je dois de cet affront être sauvé par toi. Observé, désarmé, je ne puis rien pour moi. Mes gardes en entrant t'ont désarmé toi-même : Mais il faut pour tromper leur vigilance extrême. SERVILIUS. Je t'entends. Mais on vient. SCENE III. MANLIUS, SERVILIUS, ALBIN. ALBIN. Un tribun empressé Vient vous entretenir sur ce qui s'est passé. Vous l'allez voir, seigneur. Il monte au Capitole. MAiftins. Lorsque tout est connu, que sert ce soin frivole? Tu vois bien qu'il est temps de prendre ton parti ”
Raymond Théodore Troplong, De la contrainte par corps en matière civile et de commerce… (1847)
“ Il entrait dans le mancipium du créancier avec sa famille et ses biens, ainsi que cela avait lieu dans l'adrogation et la conventio in manum. Il fallut une sédition populaire pour arracher l'édit en vertu duquel le consul Servilius défendit aux créanciers , pendant la campagne contre les Volsques, de retenir en gage les enfants et les petits-enfants du débiteur (2) . Par le même édit, Servilius garantit que les biens des soldats nexi ne seraient ni possédés ni vendus par les créanciers tant que durerait leur service contre les Volsques. ”
Charles Rollin,
Oeuvres Completes de Rollin Tome 1
(1845)
“ Les Etrusques rendaient alors aux Romains tout le mal qu'ils avaient souffert de la part des Fabius 5. Le Janicule était leur fort : de là ils ravageaient tout le pays. Servilius s'engagea mal à propos dans une bataille avec eux, et ne fut sauvé avec son armée que par le prompt secours que lui apporta son collègue. Les Etrusques furent entièrement défaits. La paix du dehors donnait toujours lieu à de nouveaux troubles au dedans. Quelques efforts que fissent les sénateurs, ils ne purent empêcher qu'on ne fît le procès à Ménénius, qui, l'année dernière, avait été consul. ”
Abel Quinton, Le Dieu Plutus, par M. A. Quinton… (1868)
“ Cependant Cnaeus Furius-Nomentanus s'était mis en possession de là demeure du dernier des Servilius, située dans la voie Nomentane, à laquelle elle donnait son nom, et il s'y épanouissait dans toute la satisfaction de sa liberté nouvelle et dans toute, la splendeur de son opulence préparée depuis longtemps. ”
Jean-Jacques Ampère,
L’Histoire romaine à Rome
“ Il produisit les citoyens romains qu’il avait arrachés à l’ennemi ; l’un d’eux, qu’il ne put présenter mais qu’il nomma, était Servilius Ahala, maître de la cavalerie et son ennemi acharné. Puis après avoir dit tout ce qu’il avait fait pour sa patrie, il découvrit sa poitrine couverte de cicatrices et se tournant vers le Capitole [68] , il invoqua Jupiter et les autres divinités qui y étaient honorées, leur demandant de venir en aide à sa fortune et de mettre dans l’âme des Romains les sentiments qu’ils avaient placés dans l’âme de Manlius quand il sauvait Rome ”
Thavenet-Bellevue, Histoire du peuple : luttes et triomphes de la démocratie chez tous les peuples et à tous les âges… (1851)
“ Là, sans égard pour mon âge et mes blessures, j'ai subi un infàme supplice, j'ai été flagellé, et je serais mort sous le bâton si je n'étais parvenu à m'échapper des mains de mon bourreau. En même temps, il découvre ses épaules meurtries et ensanglantées. A cette vue, des cris d'indignation font retentir le Forum ; le consul Servilius, ami et aimé du peuple, quoique patricien , accourt, réveille dans ces cœurs purs et faciles à émouvoir l'amour de la patrie et le culte de l'honneur. A sa voix, les citoyens s'earôleat, il les conduit à l'ennemi et revient couvert de lauriers. ”
Charles Batteux, Chefs-d'oeuvre d'éloquence poétique à l'usage des jeunes orateurs… (1821)
“ DEPUIS long-temps Manlius-Capitolinus tramoit la ruine de la république romaine. Déjà , sur des soupçons , le sénat s'étoit assuré de sa personne ; mais la faveur du peuple lui avoit fait rendre sa liberté. Il n'en profita qne pour travailler à se former de nouvelles créatures. Servilius,poursuivi par le consul Valeriua, trouve un refuge dans sa maison. Le consul vient réclamer sa proie. VALERIUS. Je viens savoir de vous, seigneur, ce qu'il faut croire D'un bruit qui se répand et blesse votre gloire ; Servilius, dit-on, dans ces lieux retiré ; Croit y jouir par vous d'un asile assuré ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Battu bientôt après par l'ennemi, il fut destitué, jeté en prison, puis exilé. — P. Servilius Vatia Isauricus, préteur l'an 83 av. J.-C., fut envoyé en Cilicie contre les pirates, força les passages du Taurus, pénétra jusqu'en Isaurie, et prit la ville d’Isaura, d'où son surnom. SERVIN (Louis) , avocat général au parlement de Paris et conseiller d'État sous Henri III, Henri IV et Louis XIII, montra dans ses fonctions autant de fermeté que d'attachement au roi et se retira à Tours avec les membres royalistes du parlement lors du triomphe des Seize à Paris. ”
Charles Rollin,
Oeuvres Completes de Rollin Tome 1
(1845)
“ Dissensions entre les tribuns et les consuls au sujet de la loi agraire. Victoire considérable, mais sanglante, remportée contre les Etrusques. Triste défaite des Fabius près de Crémère. Ménénius est condamné â une amende : Servilius absous. Génucius, tribun, excite de nouveaux troubles : il est trouvé mort dans son lit. Violents troubles. 128§ III. — Voléron fait passer une loi fort contraire à l'autorité du sénat. L'armée se laisse vaincre chez les Volsques, par haine contre Appius, qui la fait décimer. L'autre année sert avec zèle Quinlius contre les Èques.
”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ La rue du village, bordée de ronces et de chardons, grimpait entre des murs bas. Devant lui, les bois se perdaient dans un lointain bleui ; à ses pieds s’étendait la ville, avec son fleuve, ses toits, ses clochers et ses dômes, la ville énorme et fumeuse, qui avait allumé les désirs de Servien au gaz des théâtres et nourri ses fièvres dans la poussière des rues. Au couchant, une bande pourprée unissait le ciel à la terre. Une paix délicieuse descendait sur la campagne avec les lueurs tremblantes des premières étoiles. Mais ce n’était pas la paix que Jean Servien venait chercher. ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ « Non, non, marquis Tudesco, laissez, laissez cette pauvre Venise en proie à la barbarie tudesque. Les fers de la patrie, c’est le gagne-pain du proscrit. » Le menton dans sa cravate, il riait en lui-même et son gilet se soulevait par saccades. La Servien, qui assistait à la leçon en tricotant un bas et qui depuis quelques instants, ses lunettes relevées au milieu du front, observait le professeur d’un air stupéfait et défiant, s’écria comme en elle-même : — « Si ce n’est pas abominable de venir chez les gens quand on est ivre ! » ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ Et Jean les entendait qui lui disaient : « Si nous existons jamais, nous existerons par toi. Et quel bonheur ce sera pour toi, Jean Servien, de nous avoir créées. Comme tu nous aimeras ! » Jean Servien leur répondait : « Revenez, revenez, ou plutôt ne me quittez pas. Mais je ne sais comment vous rendre plus visibles ; vous vous effacez dès que je vous contemple, et je ne puis vous prendre dans le filet des beaux vers ! » ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ Mais je vois que vous promenez une pension, ma parole d’honneur ! une pension. Vous prenez des élèves. Tous mes compliments. Faites-en des hommes, chère amie, faites-en des hommes. » Mme Ewans, le sourcil froncé et les lèvres pincées, répondit : — « Je suis avec mon fils et un ami de mon fils. » Le monsieur considéra au hasard un des enfants qui se trouva être Jean Servien. — « Très bien, très bien, dit-il. Ce garçon-là est votre fils ? — « Ah ! non, par exemple ! » s’écria-t-elle avec vivacité. ”
Émile Bousquet, Histoire de Servian
“ Une mêlée s’ensuivit, dans laquelle une centaine d’hommes faillirent laisser la vie : rixam fecit sive meles jeam in civitate Bitterrensi.. Ces agissements furent dénoncés au roi saint Louis. On ne sait le résultat de cette démarche, les collecteurs d’impôts ont, de tout temps, eu mauvaise presse. Quoiqu’il en soit, nous retrouvons, quelques années après, Guillaume d’Aiguesvives, à Servian, où il jouit en accapte du bien d’Estève, dévolu au roi. Les Archives de Servian ne cessent de répéter qu’il est sergent d’armes de notre roi, châtelain de Servian et tenancier des biens royaux. ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ Ce récit, soit qu’il rappelât emphatiquement quelque banale aventure de la jeunesse de l’Italien, soit plutôt qu’il fût imaginé d’après des lectures romanesques, fut accepté par le jeune Servien comme une vérité frappante. L’effet en fut foudroyant. Il vit aussitôt, avec la netteté de la plus miraculeuse apparition, au milieu des buveurs, la tragédienne qu’il aimait, les cheveux noués à l’antique, ses longs pendants d’or lui tombant de chaque oreille, les bras nus, toute blanche avec des lèvres rouges. Et il s’écria : — « Moi aussi, j’aime une actrice ! » ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ Le surlendemain, un fiacre, dont chaque portière laissait passer un canon de fusil, s’arrêta devant la boutique du relieur. Les deux gardes nationaux, qui en sortirent en trébuchant, demandèrent le citoyen Jean Servien, lui remirent un pli cacheté et lui firent signe d’ouvrir la porte toute grande et de les attendre. Ils reparurent bientôt avec un portrait en pied. C’était celui d’une femme de quarante ans environ, avec un visage jaune, très long et beaucoup trop grand pour surmonter le corps infirme et malingre que revêtait une robe noire de façon modeste. Elle avait l’air triste et soumis. ”
Paul Prat, Précis d'histoire ancienne (1882)
“ En faisant ses lois, Servius avait un autre dessein; il voulait affaiblir la famille. Dans les centuries, les clients étaient séparés des patrons, et s'habituaient à penser et à voter autrement. Servius soutint quelques guerres contre les peuples qui entouraient Rome ; les terres conquises furent distribuées aux pauvres. Sa mémoire fut si chère au peuple que, longtemps après sa mort, on continua à fêter la naissance de Servius Tullius. Cependant les patriciens étaient mécontents, une conspiration fut formée, et Servius trouva la mort. ”
Émile Bousquet, Histoire de Servian
“ Les impôts croissants avaient alarmé les populations. Déjà le 1er juillet 1347, les consuls de Servian avaient adressé une requête à Jean de Folleville, chevalier du roi, pour exposer leur misère (la réduction des feux à cause de la mortalité, des guerres et des pestes, font que les habitants ne peuvent supporter ni payer les charges, aussi la plus grande partie est convenue de laisser le lieu de Servian rendu inhabitable, à cause de la mortalité ; un grand nombre d’hommes sont dans l’indigence) . ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ Le canon gronde. Il gronde depuis un mois ; on ne l’entend plus. Servien et Garneret, portant le képi à passepoil rouge et la vareuse à boutons de cuivre, sont assis sur des sacs de terre et se penchent sur le même livre. C’était un Virgile, et Jean lisait tout haut les délicieux vers du Silène. Deux jeunes hommes ont surpris le vieillard divin, endormi dans cette ivresse dont il a l’habitude et qui le rend risible en le laissant vénérable ; ils l’ont lié avec des fleurs pour obtenir de lui des chants. Les joues teintes par Églé, la belle Naïade, du suc rouge des mûres, il chante. ”
