Emprisonnement solitaire

Définition et enjeux

Charles Lucas De la réforme des prisons, ou De la théorie de l'emprisonnement… (1836-1838)

L'emprisonnement solitaire, nous le répétons, n'est qu'une quatrième invasion de la force matérielle ; qu'un quatrième moyen, de même nature et de même famille, que la détention perpétuelle, la déportation et la mort, car il se réduit a mettre, entre le détenu et la société, au lieu de l'intervalle des mers, de l'esclavage ou de la tombe, celui de la solitude.
Ainsi, le système d'éducation de l'emprisonnement solitaire, considéré par rapport à la loi de l'espece, est un contre-sens, et, par rapport au caractère du temps, un anachronisme.
Source : Gallica

Charles Lucas De la réforme des prisons, ou De la théorie de l'emprisonnement… (1836-1838)

Dans l'emprisonnement solitaire, le détenu est à l'état passif. Au dedans de lui, le détenu, dans la cellule solitaire, n'a à combattre que le souvenir de ses anciennes fautes dans l'horizon lointain du passé. En dehors de lui, il n'a rien à combattre, ni la tentation, ni la règle. Or, il ne faut pas se croire maître de ses mauvais penchans, quand on ne leur a commandé que dans l'isolement des causes qui peuvent les faire renaître, et il ne suffit pas même de s'aguerrir contre soi, il faut s'aguerrir contre autrui.
Source : Gallica

Prosper de Pietra Santa Études sur l'emprisonnement cellulaire et la folie pénitentiaire… (1858)

Mais si l'on passe à l'examen des deux fléaux que l'opinion attribue généralement à l'emprisonnement solitaire, l'aliénation mentale et le suicide, il est impossible de nier que, d'après les études de M. de Pietra Santa, la solitude n'ait en effet l'influence la plus désastreuse sur les individus qui s'y trouvent obligatoirement soumis.
Source : Gallica

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