“ C’est un gaillard !Le gaillard fut, comme la plupart des gaillards de son espèce, à ce moment de leur carrière, confié aux bras d’une nourrice qu’il sembla parfaitement connaître depuis beau temps, car il se jeta immédiatement sur son corsage et avec une familiarité qui paraissait dénoter des relations antérieures, lui empoigna le sein, devant tout le monde.La semaine qui suivit fut une suite d’émerveillements quotidiens autour du berceau. Le gaillard n’était pas seulement un gaillard de par la vigueur de son organe. ”
Citations sur “gaillard d'avant”
Joseph Conrad,
Le Nègre du Narcisse
(1913)
“ A l’intérieur du gaillard d’avant, les nouveaux venus, mal assurés sur leurs jambes parmi les caisses cordées et les ballots de literie, liaient connaissance avec leurs anciens, qui s’étageaient, assis sur les deux rangs de couchettes, examinant leurs futurs camarades d’un œil critique, mais amical. Les deux lampes du gaillard d’avant, mèches hautes, jetaient un intense éclat ; des feutres durs terriens s’équilibraient en arrière sur des crânes ou roulaient sur le pont entre les câbles chaînes, des cols blancs défaits allongeaient leurs pointes empesées de part et d’autre de visages cramoisis ”
Richard Henry Dana, Une voix du gaillard d'avant (Two years before the mast… (1946)
“ Lorsqu'on piqua huit la bordée vint sur le pont, l'un de nous alla à la barre et un autre s'en vint à la cuisine pour prendre la gamelle du déjeuner. J'allai alors sur le gaillard pour voir les vagues, elles roulaient en élevant très haut leur sommet couvert d'écume, les creux d'un bleu indigo profond reflétaient les rayons du soleil. ”
Paul Arène,
Paris ingénu
(1882)
“ Aussi s'en est-il donné, le gaillard! De l'aube à huit heures, en chapeau de paille et en sabots, il pioche, il plante, éprouvant du plaisir, paraît-il, à faire des trous dans la terre ; puis il va à son bureau, rentre, se couche à l'heure des poules, puis s'éveille avec les coqs pour prendre la pioche et recommencer. ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ Mais pour faire comprendre comment, un des premiers, vous avez répondu à cet appel parti des rives du Sacramento, de l'or 1 de l'or! je répéterai vos paroles, lorsque je vous en témoignais mon étonnement : — Je ne pouvais me résoudre à subir les conséquences des folies de ma jeunesse, me disiez-vous, je n'avais plus d'or à offrir à mes amis, mon pays n'avait que faire de mon sang que j'aurais été si heureux de verser pour lui : il ne me restait rien, rien que la conscience de mes sottises. Dans la vie civilisée je n'étais qu'une négation, je me suis fait sauvage. ”
Émile Daullia, La Vie à Évian-les-Bains (1890)
“ C'est un vigoureux gaillard, bien découplé, d'une taille au-dessus de la moyenne, dont les traits fins et distingués sont empreints d'une grande douceur. Tout dans sa physionomie respire la force et la santé. ”
Claude Vignon, Château-Gaillard (1874)
“ Pour attacher Château-Gaillard d'abord, puis, pour s'en défaire, elle avait excité ses sens et développé ses vices. Avec les années et avec la fatigue de la volupté, avec l'abondance de l'or et l'inaction de l'homme arrivé, d'ailleurs, les vices s'étaient développés d'eux-mêmes. La lubricité de Château-Gaillard devenait comme une sorte de minotaure, auquel il fallait sans cesse de nouvelles victimes. Sarah d'abord s'en était réjouie; soit qu'elle espérât d'être délivrée de l'homme, par la mort ou quelque maladie, soit qu'elle espérât être délivrée de l'amant, par quelque fille de bas étage. ”
Loÿs Delteil,
Catalogue raisonné de l'oeuvre lithographié de Honoré Daumier
(1904)
“ Un solide gaillard costumé à l'antique, et coiffé d'un casque, se rejette complaisamment en arrière tout en se désignant du doigt à une femme plutôt mûre et qui, le front ceint d'un diadème, et les yeux pudiquement baissés, croise les bras comme pour cacher ses charmes. ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ André n'était pas de ces fous qui, le matin, usent imprudemment des forces dont l'exercice doit être longtemps soutenu, et qui très-souvent restent en deçà du but, ou y arrivent exténués; aussi, tandis que nous gravissions la pente rocheuse séparant notre vallée de la plaine, me donnait-il des conseils dont j'ai pu souvent constater la raison. — Monsieur Henry, me disait-il, une bonne habitude, parmi nous, qui passons notre vie à marcher, c'est de faire de manière à n'être jamais fatigués, et toujours prêts, le soir aussi bien que le matin, à pouvoir enjamber huit ou dix milles rapidement. ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ Pour le coup, le charme était rompu. — Ah! mon cher Louis, repris-je à mon tour, que j'ai bien dormi? Puis, une fois debout, et le voyant seul : — Mais où sont André et Charles? lui demandai-je. — Partis pour la chasse, après m'avoir bien fait promettre de vous laisser dormir en paix ; m'en voulez-vous d'avoir manqué à ma parole? — Non, certainement; et je n'ai qu'un regret, c'est que vous ne l'ayez pas fait plus tôt. Soyez sûr que désormais, si nous devons vivre ensemble, vous n'aurez pas souvent cette peine ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ Ni l'un ni l'autre n'éprouvons d'inquiétude; pour moi, je suis tout au dépit de ne pas avoir en main mon fusil ou ma carabine, pendant que M. William me dit en riant : — Quand je vous disais que les loups n'étaient pas rares ici, vous le voyez ; cependant il ne faut pas nous laisser mordre les jambes, qu'en dites vous? En avant! chargeons l'ennemi. En même temps, poussant un cri et agitant son sarape, il fonce sur eux; j'en fais autant, et jamais charge n'obtint pareil résultat; de l'ennemi, il ne reste rien ”
Richard Henry Dana, Une voix du gaillard d'avant (Two years before the mast… (1946)
“ Celui-ci nous mit en mouvement, tout le monde courut devant, on regarda par-dessus bord, au vent et sous le vent mais on ne vit rien. Qu'est-ce que ce pouvait bien être ? Mettre en panne et appeler le capitaine ? A ce moment en passant sur le gaillard l'un de nous vit une lumière en bas et regardant par la claire-voie on vit toute la bordée debout, tirant de sa couchette et essayant de réveiller un pauvre diable un peu fou qui faisait un cauchemar. ”
Alfred de Ronzières, Le Rameau d'or, par Alfred de Ronzières… (1843)
“ Un gaillard comme moi qui a de belles dents, des cheveux bouclés, une tournure élégante, des manières de bonne compagnie, la jambe et le pied parfaits, convole tant qu'il lui plaît en noces clandestines avec des femmes charmantes, qui ne le forcent pas à les trouver telles toute l'éternité. ”
Marie-Louise Néron,
Notes et impressions d’une parisienne
“ Un grand gaillard, un homme d’une quarantaine d’années, un colosse, un ouvrier pauvrement vêtu, conduit trois fillettes habillées de noir et dont l’aînée doit avoir dix ans, la seconde huit, l’autre cinq. ”
Henry Gaillard, Coups de fusil et coups de vent (1868)
“ Je suis bientôt parmi les pierres; je saute, j'escalade , écoutant déjà les cris de ces démons, dont la bande s'était divisée; une partie était sur ma trace, et l'autre suivait James. Je n'avais pas pensé à tourner la tête ou à regarder de côté, et devant je n'avais point vu un trou capable de servir d'abri à un écureuil; lorsque je suis arrêté par une enfilade de roches à pic unies qui me barrent le chemin. Impossible d'avancer; pour passer au-delà, il m'aurait fallu des ailes. Pourtant les Indiens arrivaient; je reprends donc ma course, en longeant la maudite muraille, mais quelle course ! ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ J'éprouvais la même impression, et, pour en finir, me tournant vers les joueurs, sans répondre à M. William : — Gentlemen, leur dis-je à mon tour, d'une voix forte, cet homme me demande pourquoi je suis venu ? C'est pour vous avertir que vous jouez avec un voleur !. Je n'avais pas fini, qu'un affreux tumulte éclatait, et sans l'empressement que les deux croupiers mirent à couvrir l'argent et l'or qui étaient sur la table, je crois bien que le revolver aurait parlé ”
Nicolas Lambert, Les amours et galanteries des grandes dames… (1871)
“ Le gaillard passe à juste titre pour laid, quoique assez grand et d'assez bonnes manières ; nous croyons de plus qu'il se gorge de thé, car sa face en a la couleur et son genre d'esprit l'arrière-gout, sans l'arôme. ”
Jeanne Marais,
La Carrière amoureuse
(1911)
“ Il marque mieux que sa femme, ce grand gaillard de trente-cinq ans, joyeux, robuste, avec un air de finesse malicieuse au fond des yeux bleu-gris. Il porte bien son frac, dessinant les épaules larges, son plastron tombe droit. ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ J'avais à peine eu le temps de les bien reconnaître, que le mâle fait un bond en avant, tombe, se relève et s'abat pour toujours, pendant qu'une puissante détonnation d'arme à feu résonne au loin, répétée par les échos de la montagne, je m'élance en courant vers la bête et j'arrive en même temps que le chasseur qui venait de la tuer. A sa chemise de laine, à la ceinture rouge qui ceignait son corps, j'avais de suite espéré avoir rencontré un compatriote ”
Édouard Demarchin, Les Callipyges
“ La vue d’un beau cul fouetté entretient le gaillard dans un état de vaillance permanente, qui lui permet de fournir plusieurs postes amoureuses de suite. Comme il est de grande taille, il peut me tenir en l’air pendant toute la durée de l’opération, sur sa quille tendue, sur laquelle je démène de telle façon, tout en fouettant à tour de bras, que j’amène bien vite une issue heureuse pour tous les deux. Seulement il ne recommence pas tout de suite cette posture un peu fatigante pour lui. ”
Claude Vignon, Château-Gaillard (1874)
“ Julie se sentit blessée de l'audace de Château-Gaillard, qui pénétrait, presque malgré elle, dans sa retraite la plus intime, dont la présence, en ce moment, était une sorte de bravade au respect humain, d'insuite à la justice divine. Et puis, bien des sentiments secrets, bien des douleurs refoulées et comprimées, venaient d'être remuées dans l'âme de la placide Julie. Une sorte d'écume de colère bouillonna en elle et, pour se contenir, elle eut besoin de se ressouvenir qu'après tout, Jean de Château-Gaillard était son hôte. — Que voulez-vous? demanda-t-elle. ”
Claude Vignon, Château-Gaillard (1874)
“ Mériot était devenu pâle comme la mort. Le nom de madame Hérouard jeté là, comme au hasard, par ChâteauGaillard, le foudroyait. Savait-il donc, Cet indigne?... mais comment le saurait-il ? un soupçon tout au plus ! Et... grand Dieu! si jamais elle allait savoir, elle, la mère, quelle voie prenait, dans la vie, ce fils adoré !.. CHATEAU-GAILLARD 75 Cette pensée lui tordit le coeur ; mais n'importe ! il ne fallait pas faiblir... certaines heures sont suprêmes, et celle de dompter Jean, de le frapper, de l'arracher violemment au mal... ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ La bête gisait, tenant encore entre ses dents un énorme lambeau de chair ; ses petits yeux ternes, demi-ouverts, exprimaient la rage féroce avec laquelle elle avait assouvi sa vengeance. L'Indien était littéralement en morceaux. Mais qu'était devenu mon rifle, la cause innocente de la mort du voleur? Je le trouvai là où j'avais vu l'Indien faire face à l'ours ; un coup de patte avait brisé la crosse. Je ramassai les débris et m'éloignai rapidement de l'endroit où venait de se passer la lutte. ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ J'arrivai à quelques enjambées, lorsqu'à ma vue il semble faire un dernier effort, et s'enfonce en se traînant dans le chamizal. Qu'importe, il est blessé à mort, ne peut aller loin, inutile de percer encore sa fourrure d'une autre balle : je jette à-terre tout ce qui m'embarrasse, ma couverture, mon carnier, dépose mon fusil, ma carabine, coupe une forte branche, et, guidé par le sang qu'il perd, me faufile à travers les broussailles que j'écarte pour me frayer un passage, tant bien que mal ”
Henry Gaillard, Coups de fusil et coups de vent (1868)
“ Alors, vous n'oublierez pas ce que je vous dis à cette heure : chargez-le toujours de manière à conserver sa ligne de flottaison telle que vous la voyez aujourd'hui; avec un tirant d'eau plus fort, il perd beaucoup de sa marche; plus allége, il n'est plus, comme vous pouvez le voir, sensible au gouvernail, ainsi qu'une Dorade aux mouvements de ses nageoires. Vous n'oublierez pas ce conseil, n'est-ce pas? — D'autant moins que si j'ai le bonheur d'obtenir votre confiance, vos conseils, capitaine, seront pour moi des ordres. ”
André Gaillard, Dans un monde inconnu
“ Puis j’engagerai un peu partout des mercenaires. Il se trouve toujours par le monde des gens épris d’aventures guerrières qui s’enrôleront à notre secours. Ce seront les instructeurs de vos guerriers. — Votre plan n’est pas mauvais, dit l’inca. Je vais convoquer le Conseil des Anciens pour qu’ils me donnent leur avis là-dessus. Maintenant parlons de vous et de Linda. Comment comptez-vous vous unir ? Est-ce un mariage religieux que vous désirez, ou bien fort de mon pouvoir sur tous les sujets de mon empire voulez-vous que je vous unisse ? — Ce sera Linda qui décidera, répondit Lucien. ”
André Gaillard, Dans un monde inconnu
“ Peu après, la caravane se remettait en marche jusqu’à la tombée du jour. Dès que l’obscurité survint on arrêta. On se trouvait de nouveau à la lisière d’une forêt mais Lucien remarqua que celle-là devait être autrement considérable que les précédentes. On pouvait affirmer que peu d’hommes civilisés l’avaient foulée car nul sentier n’existait. Don Manuel prit dans sa valise une pastille ronde qu’il alluma : une flamme verte s’éleva. Quelques secondes après, les mêmes lumières jaillissaient de tous les coins de la forêt. Le cacique alluma simultanément deux pastilles. ”
Claude Vignon, Château-Gaillard (1874)
“ Château-Gaillard, en lisant la copie de sa lettre à Valdeuil, et le billet comminatoire qui l'accompagnait, passa bien le plus vilain quart d'heure qu'il eût jusqu'alors connu. D'abord, il se serait volontiers écrasé lui-même, pour avoir jamais récrit cela; ensuite il étouffait de rage en se voyant aux mains de Baudrillet. Lui! être à la merci d'un homme dont il se jouait! Lui! forcé d'obéir à l'injonction d'un subalterne, sous peiné d'être plus rudement précipité, du pinacle dans l'abîme, qu'il ne l'avait été la première fois par l'ahuri de Pézenas! ”
“ Il était seul, et, entrant dans une espèce de cabaret, il s’attable et demande qu’on lui fasse venir le bon drille de l’endroit pour causer avec lui. On lui amène un homme nommé Gaillard, que le Roi fait asseoir en face de lui. « Quelle est la différence d’un gaillard à un paillard ? » ”
Claude Vignon, Château-Gaillard (1874)
“ Que devint-elle un soir, quand Le Sourd lui ayant annoncé quelques convives, elle vit apparaître, parmi ceux-ci, Château-Gaillard? Château-Gaillard, avant le départ de Paris, avait eu soin de se renseigner sur les intérêts qu'y avait laissés l'entrepreneur, et de découvrir, parmi les travaux publics projetés, ceux qui pouvaient tenter son ambition. C'était à lui qu'il voulait aller; et non comme un indifférent ou un solliciteur, mais comme un homme utile, un associé possible, une puissance sociale, en un mot, qu'il fallait ménager. C'était par lui qu'il voulait être amené à Sarah Bertin. ”
Claude Vignon, Château-Gaillard (1874)
“ CHATEAU-GAILLARD 379 s'élever en lui un formidable besoin de maîtriser cet homme de rien, ce bourgeois bête, qui l'avait soumis, l'escopette au poing. Jamais peut-être, en dehors de son amour pour Sarah, rien d'aussi violent ne l'avait secoué. En redescendant les Champs-Elysées il se calma pourtant, comme si un plan et une résolution venaient de couper court à sa colère, et de rassurer ses angoisses. ”
André Gaillard, Dans un monde inconnu
“ Il remonta celui-ci pendant quatre jours sans difficulté, mais le cinquième il trouva sa route barrée par des troncs d’arbres et des rochers de chaque côté de la rive. Il en fit part à Don Manuel. — Nous ne pourrons jamais passer lui dit-il. — Vous croyez ? dit le cacique qui parla ensuite à ses hommes. Peu-après la pirogue se dirigeait vers la rive. Comme le bateau était arrêté, Lucien se trouvait sur le pont. Dès que les indiens du bateau accostèrent, une multitude d’autres surgirent des fourrés, armés de leur arc. ”
Henry Gaillard, Mes chasses dans les deux mondes (1864)
“ « Eh bien, reprit-il, en poussant du pied la loutre déposée sur le sable, il fallait, voyez-vous, que cette bête eût la vue courte, sans cela ni vous ni moi ne l'aurions tuée. - Pourquoi? - Parce que par une nuit claire comme celle-ci, les canons de votre fusil brillaient comme deux chandelles : c'est propre, joli au soleil ; mais croyezmoi, si vous voulez aller à l'affût avec cela, faites-lui attraper une averse et ne l'essuyez pas, ou vous courrez la chance d'être vu ; et parfois ce n'est pas sain, surtout dans ce pays. » ”
