Molécule organique

Définition et enjeux

Portrait de Émile Meyerson Émile Meyerson Identité et réalité

À mesure que nous passons à des corps plus complexes, comme ceux qui forment l’objet de la chimie organique, nous voyons la nature de l’atome composant, influer de moins en moins sur les qualités du composé. Quand, dans une molécule organique un peu compliquée, nous remplaçons un atome d’hydrogène par un atome de chlore, ses propriétés se modifient à peine, alors que le chlore et l’hydrogène sont des éléments doués de qualités extrêmement différentes.
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Portrait de Albert Dastre Albert Dastre Revue des Deux Mondes

Pour parler le langage des chimistes, cette faculté d’accommodation ou d’adaptation repose sur l’aptitude de la molécule organique fondamentale à s’agréger successivement les groupes atomiques les plus répandus autour d’elle et qui correspondent le mieux à sa fonction. En termes plus simples, la circulation de la matière entre l’ordre vivant et l’ordre inanimé et l’accommodation nécessaire de ces deux ordres entre eux exigent que les animaux et les plantes soient formés de la même argile que la terre qui les supporte.
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Portrait de Félix Le Dantec Félix Le Dantec Lamarckiens et Darwiniens

Toute molécule qui, substituée à une molécule du corps donné, dans une réaction donnée, change cette réaction, est une molécule d’un corps différent, une espèce chimique différente. Voilà la notion rigoureuse du déterminisme chimique. Cela est vrai pour tous les corps de la nature ; chaque fois que l’on s’est entouré de précautions expérimentales suffisantes, on a constaté qu’aucune exception n’entache la rigueur de ce déterminisme absolu, quelle que soit la provenance, organique ou inorganique, des substances étudiées. La théorie biochimique résulte naturellement de cette constatation.
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