Résumé

Auguste Blanc Histoire des exécutions politiques en France… (1846)

Assuré de mon pardon, je disais en moi-même : le roi connaît trop le fond de mon cœur pour soupçonner ma fidélité ; que s'il ne m'a donné la vie que pour me faire mourir, un tel procédé n'est pas digne de sa grande âme, et ne peut lui être inspiré que par les ennemis de sa gloire et les miens ; j'ai voulu mal faire, mais ma volonté n'a point passé les bornes d'une première pensée enveloppée dans les nuages de la colère et du dépit; et ce serait chose bien dure que ce fût par moi qu'on commençât à punir les pensées; serais-je le seul en France qui n'éprouvât point la clémence du roi?
Source : Gallica

Auguste Blanc Histoire des exécutions politiques en France… (1846)

Monsieur de Thou ! monsieur de Thou ! s'écria le cardinal.
Monsieur le chancelier m'a délivré là d'un grand fardeau! »
Puis après avoir réfléchi un instant, il ajouta : « Mais, Picaud, ils n'ont point de bourreau ! »
Cinq-'Mars et de Thou apprirent leur condamnation avec beaucoup de fermeté. De Thou, après la lecture de l'arrêt, se tourna vers son ami et lui dit: «Humainement je pourrais me plaindre de vous; vous m'avez accusé, vous me faites mourir; mais Dieu sait combien je vous aime : mourons , monsieur, mourons courageusement et gagnons le ciel. »
Source : Gallica

Auguste Blanc Histoire des exécutions politiques en France… (1846)

Or, sire, si jamais votre majesté , de qui la clémence a toujours signalé la victoire de votre épée, désire de rendre mémorable sa bonté par une seule grâce, c'est maintenant qu'elle peut paraître, en donnant la vie et la liberté à son serviteur, à qui la naissance et la fortune avaient promis une plus honorable mort que celle qui le menace. Cette promesse de mon destin , sire , qui voulait que mes jours fussent sacrifiés à votre service, s'en va être honteusement violée , si votre miséricorde ne s'y oppose.
Source : Gallica

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