Résumé

Portrait de François Barbé de Marbois François Barbé de Marbois Journal d'un déporté non jugé ou déportation en violation des lois… (1834)

Le temps, qui met un terme à toutes les choses humaines, finira aussi mon exil, soit en me ramenant sur ma terre natale, soit en me réunissant à mes compagnons dans le cimetière de Sinnamari. Mais une mort prématurée, inutile, ne pourrait être d'aucun avantage à ceux qui l'auraient commandée; tandis que mon rappel, suivi d'un jugement, est un acte d'équité qui honore mon pays, et rend aux lois leur vigueur, à la constitution son éclat. Plein de cet espoir, je cesse de me croire isolé, car la justice est chère aux hommes ! et mes amis joindront leur
voix à la vôtre pour demander qu'on me juge.
Source : Gallica

Portrait de François Barbé de Marbois François Barbé de Marbois Journal d'un déporté non jugé ou déportation en violation des lois… (1834)

L'homme contracte un plus grand attachement pour la vie; il aime davantage sa famille, parce qu'il sait que, même après lui, ses héritages lui seront conservés. C'est à la propriété qu'il faut attribuer les regrets que nous éprouvons en quittant la vie; l'indifférence du sauvage pour la mort vient en partie de ce qu'il ne possède rien : ainsi, en même temps qu'elle augmente les jouissances de l'homme, elle l'attache à sa propre conservation; elle fend à fortifier le corps social, qui n'est puissant que par une population à la fois nombreuse et heureuse.
Source : Gallica

Portrait de François Barbé de Marbois François Barbé de Marbois Journal d'un déporté non jugé ou déportation en violation des lois… (1835)

Je viens de voir passer devant ma case une mère éplorée suivant le cercueil où gît son en-fant. Il est mort à un an, sans avoir pu faire ni bien, ni mal. Je vois aussi mourir et mes compagnons et ces forçats avec lesquels le directoire voudrait nous associer. Quelle différence entre les uns et les autres ! Non, je ne croirai jamais que le néant nous attende tous indistinctement. Il me semble, qu'à moins d'une autre vie, il n'y a rien de complet, et que nous n'avons fait que commencer à exister.
Source : Gallica

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