Résumé

Jean-Louis Fernagus Relation de la déportation et de l'exil à Cayenne d'un jeune Français sous le consulat de Buonaparte… (1816)

La brise de terre vint nous embaumer de l'odeur de mille parfums. Il serait difficile d'exprimer la joie des voyageurs à cette odeur aromatique et balsamique, qui dispose à la langueur, bientôt à la volupté, et enfin berce l'ame et l'invite au repos. Ce pays doit être un paradis, disait l'un. On doit y être bien heureux ! vous n'y voyez pas le Ciel sombre et lugubre de l'Europe; la nature n'y paraît jamais dans sa pâleur et dans sa hideuse léthargie ; et les chagrins domestiques et l'ennui, et les maux que la civilisation a donnés aux hommes, doivent s'oublier ici bientôt.
Source : Gallica

Jean-Louis Fernagus Relation de la déportation et de l'exil à Cayenne d'un jeune Français sous le consulat de Buonaparte… (1816)

Il voltige sans cesse. Ses ailes sont plus fines que la soie, et son petit Corps est un mélange des plus riches couleurs. Il s'approprie le suc des fleurs, et quand il trouve la moindre difficulté , il exerce vivement sa colère. C'est la là miniature du règne animal. Le colibri est toujours de mauvais augure, au dire des Nègres et des Indiens.
Tous les oiseaux ont les plus brillans et les plus fins plumages ; mais leurs chants ne sont point mélodieux. Je n'en ai jamais vu qu'un, dont le ramage m'a rappelé le rossignol d'Europe.
Les singes y sont en grand nombre, et de bien des espèces.
Source : Gallica

Jean-Louis Fernagus Relation de la déportation et de l'exil à Cayenne d'un jeune Français sous le consulat de Buonaparte… (1816)

Avant la révolution, il avait été à Paris, et son amour-propre avait souffert de voir des milliers de nobles effleurer le pavé dans des chars brillans de dorures et de richesses, et emportés par des coursiers fougueux, et fiers de leurs parures ; tandis que le mesquin fils du marchand de fer de Marseille était souvent éclaboussé par les chars et les chevaux de ces aristocrates. Il résolut de se faire riche, pour éclabousser à son tour les piétons : mais la révolution n'était pas encore assez prochaine.
Source : Gallica

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