Loi des otages

Définition et enjeux

Portrait de Maxime Vuillaume Maxime Vuillaume Mes cahiers rouges au temps de la Commune (1900)

C’est la déroute, l’annonce des représailles toutes proches, des fusillades en masse, des cours martiales et de leurs horreurs.
—Il nous faut les otages! crie quelqu’un dans un groupe.
Et l’on répète partout:
—Il nous faut les otages! Qu’on exécute le décret!
La loi des otages, votée le 5 avril à l’Hôtel de Ville, n’a jamais été appliquée. Les prétextes n’auraient certes pas manqué. Mais les pourparlers entamés avec Versailles, pour l’échange de l’archevêque contre Blanqui, avaient fait que malgré les massacres répétés de prisonniers, le décret n’avait pas été mis à exécution.
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Portrait de Pierre Vésinier Pierre Vésinier Histoire de la Commune de Paris

D’après la loi sur les otages, lorsqu’un prévenu de complicité avec l’ennemi était reconnu coupable par le jury d’accusation, il n’était condamné ni à mort, ni aux travaux forcés, ni même à l’emprisonnement, ni à aucune peine. Il était seulement retenu en prison jusqu’à la paix, comme prisonnier de guerre, et il n’était soumis aux dangers de la loi des otages que dans le cas où ses alliés, ses partisans, les défenseurs du gouvernement de Versailles, commettaient contre les prisonniers de la Commune de nouvelles cruautés contraires aux lois de la guerre.
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Portrait de Pierre Vésinier Pierre Vésinier Histoire de la Commune de Paris

La seule raison ayant une valeur réelle, que l’on puisse invoquer contre la loi des otages, est la suivante : On peut dire que nul n’est responsable que de ses actes, que les délits et les crimes sont personnels. Il est donc injuste de faire expier à des otages des crimes auxquels ils sont étrangers, et auxquels ils n’ont pu contribuer en rien parce qu’ils étaient prisonniers lorsqu’ils ont été commis.
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