Résumé

Portrait de Paul Bourde Paul Bourde Revue des Deux Mondes

L’Oued-Guir se réunit à l’Oued-Sousfana pour former l’Oued-Saoura, appelé aussi Messaoura et Messaoud, qui se perd dans les sables après avoir longé le Touat. L’eau, c’est la vie dans le désert ; elle fait jaillir la verdure comme par enchantement ; aussi le Sahara marocain n’a-t-il point l’aspect désolé du Sahara algérien, les oasis s’y pressent en lignes serrées le long des rivières, nourrissant une population nombreuse. On estime à cent cinquante mille le nombre des habitans de l’Oued-Guir et à deux cent mille celui des habitans du Tafilalet.
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Les Bambarras du Niger et les Malinkés du Haut-Sénégal se soulevèrent et la guerre s’éternisa dans ces malheureux pays, ensauvagée par une double haine de races et de religions entre conquérans et autochtones, croyans et païens. Aucun des deux partis ne s’est trouvé assez fort jusqu’à présent pour établir la paix par l’écrasement de l’autre ; la dévastation se poursuit, et la solitude s’étend tous les jours davantage.
Quand il voulait s’assurer d’une province conquise, El Hadji-Omar y bâtissait une place forte, ce qu’on appelle un tata dans cette partie du Soudan.
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Le total de la population ne doit pas être inférieur à quatre cent mille âmes. Des nappes souterraines d’une extraordinaire abondance et aménagées avec une admirable industrie par les indigènes, entretiennent la fraîcheur de ce pays au milieu des plaines arides qui l’entourent. Les oasis étant placées dans des vallées inclinées vers le sud, les Touatiens creusent un puits à 1 ou 2 kilomètres au nord de l’endroit où ils veulent amener l’eau, puis un autre à 30 mètres plus bas, puis un troisième à la même distance du second, et ainsi de suite jusqu’au point d’arrivée.
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