“ Le baron de Féroë avait raison, c’est une chose formidable que de franchir vivant les barrières de la vie et de s’aventurer, corps opaque, parmi les ombres, sans avoir à la main le rameau d’or qui commande aux fantômes. ”
Citations sur “Féroë”
Various, Le Tour du Monde; L'Archipel des Feroé
“ Les vieux se souviennent comme d'un affreux cauchemar de leurs misères passées, et de l'existence lamentable que supportèrent leurs grands-parents. Les Feroïens furent opprimés pendant une partie de leur histoire; les vainqueurs les tyrannisaient et les exploitaient: interdiction, sous peine d'emprisonnement et d'amendes disproportionnées, de vendre, d'acheter ou d'échanger quoi que ce soit, hors des magasins royaux. LES PONEYS FEROÏENS ET LEURS CAISSES À TRANSPORTER LA TOURBE (page 519) .—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.La misère était grande. ”
Various, Le Tour du Monde; L'Archipel des Feroé
“ Mais les Feroïens, généralement doux et serviables, ne s'aperçoivent pas de la détresse de leurs camarades. L'appel de ceux qui vont se noyer et dont un coup de nageoire peut briser les reins, est dominé par l'assourdissante clameur des: «Stick! Stick!» indéfiniment répétés. Ce cri, qui se mêle aux clameurs suprêmes des pauvres monstres moribonds, restera l'obsédant souvenir de ces journées tragiques et passionnantes.Alors, on pousse vers la plage les cadavres, qui ont environ 6 mètres de long. ”
Albert Jacquemart, Le Moyen-âge et la Renaissance… (1851)
“ ÊTRES MERVEILLEUX SE RATTACHANT A LA FÉERIE. — L'empire de la féerie n'était pas peuplé seulement de fées, de bonnes dames, de filandières, de dames vertes; le Moyen Age l'avait animé de mille créatures qu'on a fort bien caractérisées en disant que le peuple les considérait alors comme des êtres intermédiaires entre la matière et l'esprit. L'Europe du Nord, les régions du Midi, ont vu se mêler à la fin ces légions de démons, de génies, de pygmées, qui presque toujours, avec des attributs semblables, ont pris les noms les plus différents. ”
Comte Foelix, Histoire des femmes mythologiques… (1861)
“ Madame, répondit le baron, l'histoire n'est guère récréative de sa nature ; ce n'est guère autre chose que le long procès-verbal des passions, des vices, des crimes, des folies des hommes ; et puis les historiens sont en général de si grands menteurs ! — Eh bien, cher baron, faites-nous un conte de fées., — De tout mon cœur, Madame; mais vous ne croyez peutêtre pas aux fées ? — Prenez garde, Madame, dit en riant le comte; je connais Kerkariau ; si vous le poussez, il va nous faire, des contes de Perrault, paroles d'Évangile et articles de foi. ”
“ Le jeune homme s’est encore arrêté. Il est hagard, livide, éperdu, tremblant, indécis. Il ferme les yeux, les rouvre tour à tour. Les traits de son visage se crispent. Le chevalier, près de qui il s’est arrêté, lui murmure à l’oreille : — Revenez à vous, mon ami ! Voyez donc cette malheureuse enfant qui vous tend les bras ! Cette voix, ce murmure semble un choc. Hindelang court à la jeune fille, la saisit dans ses bras, la soulève, l’embrasse et se met à pleurer. ”
“ Mais le chevalier fit un geste sévère, et posant un doigt sur ses lèvres et jetant un rapide coup d’œil vers la grille du couloir à deux pas de là, murmura : — Mon ami, permettez-moi de vous donner un conseil : ne prononcez pas, ne prononcez jamais ici ce mot « Anglais »... c’est dangereux ! — Dangereux pour nous ? demanda Hindelang avec un léger étonnement. — Pour vous et pour moi, non, répliqua le chevalier avec un sourire mélancolique. Mais pour ces camarades ! — Eux ! fit avec plus d’étonnement Hindelang. Quoi ! ne sommes-nous donc pas ici tous des condamnés à mort ? ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
“ Ce royaume des cieux leur appartient, en effet, dans le double sens du mot, le profane et le sacré. L’Évangile le promet à leur foi candide ; la féerie l’ouvre à leur imagination ingénue Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que l’origine des contes de fées soit aussi populaire qu’antique, et que ce caractère démocratique, rustique, patriarcal, soit comme le sceau naïf de ces traditions et de ces légendes sorties du peuple, faites pour le peuple, qui est toujours enfant, pour l’enfant, qui est toujours peuple. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal/6e éd., 1863
“ Frey remarque qu’il y avait entre les fées, comme parmi les hommes, inégalité de moyens et de puissance. Dans les romans de chevalerie et dans les contes on voit souvent une bonne fée vaincue par une méchante qui a plus de pouvoir. ”
Jean Féron,
L’étrange musicien
“ Un homme se présente, se jette sur moi et me lance par une fenêtre... Ah ! je me le rappelle bien à présent... — Et cet homme, c’était Monsieur le Comte ?... — Non ! non ! rugit la jeune femme avec fureur. C’était lui... oui, lui et comme toujours déguisé et sous un nom d’emprunt... Cette fois il s’était fait duc... Ah ! oui, c’était bien cette canaille encore une fois... Oui, c’était celui dont je porte le nom maudit... C’était le père de mon enfant ! Oh ! le coquin ! oh ! le damné ! ne pourrai-je donc jamais me débarrasser de ce serpent ! ”
Jean Féron,
L’échafaud sanglant
“ Le vieillard allait se retirer, quand l’autre l’interpella derrière son œil-de-bœuf : — Vous savez, Maître Jean, sans rancune ! — Non, non, pas de rancune... tu me connais ! — Vous serez là, n’est-ce pas ? quand je hisserai le malfaiteur ? — Ô mon Dieu ! voilà bien un spectacle qui n’a guère d’attrait pour moi. — Oui, mais ça ne manque pas d’intérêt. Savez-vous comment on met la corde au col de l’homme ? ”
“ Bien heureux si le lutin mignon ne l'a pas attiré dans quelque trou !C'était un ignorant que ce petit Jeannin.Prendre une fée à la course ; prendre la lune avec ses dents ! On surprend les fées, on ne les prend pas. Voilà ce que tout le monde sait bien.Si le père Le Priol avait entendu le petit coquetier répéter en courant : Elle est à moi ! elle est à moi ! il aurait ri comme un bossu.Pourquoi le chevalier breton de la légende avait-il réussi ? C'est qu'il avait saisi la fée au moment où elle se baissait pour ramasser les friandises achetées chez le marchand d'épices de la ville de Dol... ”
Lucie Félix-Faure-Goyau,
La vie et la mort des fées
“ Et George Sand qui souffrit, qui fut prompte à s’illusionner ou à se désillusionner sur les hommes, aima les arbres, les bêtes. Entrez une minute dans la vie des arbres, des bêtes et des choses : vous serez en pleine féerie. Elle est fée, cette quenouille dont votre âme subit l’influence. Traduisez en langage humain, imagé, les rapports des choses avec votre âme, les mille jeux sur elle d’un rayon, d’une couleur d’une ligne ou d’un son, et vous évoquerez un monde plus riche infiniment, et plus varié, que tous les royaumes féeriques. ”
“ Tiens, Férou !... Vous êtes donc à Maillebois ? Férou était instituteur au Moreux, à quatre kilomètres de Jonville, petite commune isolée qui n’avait pas même de curé à elle, et qui était desservie par l’abbé Cognasse, le curé de Jonville. Aussi Férou y menait-il une vie de misère noire, avec sa femme et ses trois enfants, trois filles. C’était un grand diable de trente ans, dégingandé, dont les vêtements semblaient toujours trop courts. Des épis hérissaient ses cheveux bruns, sur sa tête longue et osseuse, au nez bossué, à la bouche large, au menton saillant. ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
(1883)
“ Dès que la Fée des champs fut seule, elle ne put résister à l'envie de consulter les livres de la souveraine. Tous les mystères de la féerie y sont dévoilés, et l'on y découvre, jour par jour, tout ce qui se passe dans l'univers ; mais il n'appartient qu'à la reine de suspendre ou d'empêcher les événements ; elle a sur les fées la même puissance que celles-ci ont sur les hommes. ”
Laure Hovine, Conte sous-marin ; Annette et Doric …
“ Farisel vit un amoncellement prodigieux de pierres précieuses entassées les unes sur les autres et confondant leurs couleurs. « N’est-ce pas qu’il vaut la peine d’être admiré, notre trésor ? » dit une fée orgueilleusement. La fée se tourna vers ses compagnes, chuchotant quelques mots qu’elles approuvèrent. « Puisque tu vas tenter de sauver les filles du Roi, nous te faisons cadeau de l’ « Épée Invincible » pour t’aider dans ta généreuse entreprise. Si tu réussis à la plonger dans la gueule du monstre, tu seras le vainqueur. Mais agis avec prudence et tâche d’éviter ses ongles destructeurs. ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
“ Il n’en est pas question et on ne la rencontre pas dans les poèmes romanesques, chevaleresques, d’inspiration toute aristocratique, du moyen âge, où les fées et la féerie jouent un si grand rôle, et où le merveilleux païen survit à la conquête et au triomphe du christianisme. ”
Pierre Louis Ginguené, Histoire littéraire d'Italie (4…
“ L'histoire, la fable, la féerie sont trois sources fécondes où il puise tour à tour, sans apprêt, sans effort et comme sans projet. Il ne cherche rien, tout vient à lui, tout est sous sa main. Tous les genres de merveilleux sont bons pour lui, sont à ses ordres; on le voit employer tour à tour, non-seulement la féerie moderne et l'ancienne mythologie, mais les personnages allégoriques, mais nos saints, nos anges et même De la foi des chrétiens les mystères terribles. ”
W. C. Elphinstone Hope, L’Étoile des fées
“ Comment faire pour inviter au sommeil ces êtres tout éveillés, dont la conscience était évidemment trop mauvaise pour leur permettre de goûter le repos des justes ? Tous, plus ou moins agités, même ceux qui dormaient, se livraient à une foule de bruits, comme possédés tous d’esprits discordants, N’ayant donc aucune idée de ce qu’elle devait faire, la pauvre enfant s’adressa à la Fée Amour, afin d’avoir son aide. À sa surprise, elle vit la Fée prendre la forme de plusieurs jeunes filles à la fois et danser, sous chacun de ces masques, devant le regard appesanti des Géants. ”
Lucie Félix-Faure-Goyau,
La vie et la mort des fées
“ Il y a des scènes de féerie charmantes, mais en féerie, si ce n’est en autre chose, George Sand est toujours un peu timide, et quand le fantastique paraît triompher, elle nous laisse deviner que le héros ou l’héroïne ont peut-être rêvé. ”
Lucie Félix-Faure-Goyau,
La vie et la mort des fées
“ À travers les innombrables épisodes de la féerie, il est possible de rencontrer d’énormes immoralités, mais de la féerie vue de haut et dans ses grandes lignes, ne se dégage-t-il pas une sorte de moralité ? ”
“ Je vous crois de toute âme, messire prêtre, avait répondu Hindelang avec un bel accent de vérité. Mais croyez bien que la mort, même cette mort ignoble, affreuse qu’on fait subir aux mécréants, ne me fait plus peur. J’ai revendiqué, il est vrai, la mort du soldat, on me l’a refusée, soit ! Et bien ! je mourrai en patriote comme mon excellent ami, le chevalier, et je mourrai aussi en chrétien ! Car je suis chrétien, messire abbé, quoique je ne sois pas attaché à la religion que vous prêchez ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
“ Il importe de le constater dès le début : c’est une vérité absolue, confirmée par l’histoire de la critique, que la littérature féerique est d’origine, d’essence populaire. Les contes de fées sont des fleurs des champs, de frustes chefs-d’œuvre de l’imagination rustique. ”
Lucie Félix-Faure-Goyau,
La vie et la mort des fées
“ Ils nous apparaissent hantés par la vision imaginaire du royaume de féerie, d’une terre ombragée de bois profonds, où l’on chante, où l’on danse, où l’on sourit, comme dans l’Avalon de Morgane, sans vieillir ni mourir. ”
Lucie Félix-Faure-Goyau,
La vie et la mort des fées
“ Sa féerie porte la marque de sa philosophie et de ses illusions... Assise au seuil de sa maison berrichonne, elle laissait monter ses rêves dans le silence de la campagne, toujours prompte à recueillir les enseignements de la terre, des bêtes et des fleurs. ”
Jean Féron,
L’échafaud sanglant
“ Là, la silhouette d’une jeune et belle femme se dessinait avec grâce dans la lumière éclatante que projetait un lustre à dix bougies. À la vue du visiteur nocturne, la jeune femme sourit et s’effaça vivement, murmurant : — Vite... entre ! L’homme entra, repoussa la porte, jeta au loin son feutre et sa cape et, sans mot dire, mais en souriant, tendit ses bras à la jeune femme. ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
“ Ainsi que nous avons en déjà l’occasion de le remarquer, la féerie a sa zoologie, son ornithologie, sa botanique particulières, c’est-à-dire qu’il est un certain, nombre d’animaux, d’oiseaux, de plantes, plus spécialement consacrés à servir d’intermédiaires et d’instruments aux rapports du fantastique avec le réel, de là fée avec l’homme. ”
François-Timoléon Bègue Clavel, Histoire pittoresque des religions… (1844-1845)
“ Frey, fils de Niord et de Skada, avait pour sœur Freya. Frey était le plus doux de tous les dieux; il gouvernait la pluie et le beau temps et toutes les productions de la terre. Freya était la plus favorable des déesses ; elle allait à cheval partout où il y avait des combats ; quand elle sortait de son palais, elle était assise sur un char traîné par deux chats. Hoder était un dieu aveugle, d'une force prodigieuse; il était l'époux de Freya, qu'il avait quittée pour voyager dans des contrées lointaines. Depuis ce temps, Freya ne cessait de pleurer, et ses larmes étaient d'or pur. ”
Amélie Bosquet,
La Normandie romanesque et merveilleuse
“ Origine de la Féerie ; diverses espèces de Fées ; fée d’Argouges et de Rânes ; les Oies du château de Pirou ; danses et cercles des Fées ; les Dames blanches, la dame d’Aprigny, la dame du Pont-Angot, la dame à la Chaise ; Blanches-Mains et Milloraines ; Justice distributive des Fées ; les Fées de la cité de Limes.Le temps des fées est passé ; comme puissances surnaturelles, ces gracieuses déités n’ont plus d’ascendant, ni de ressort comme merveilleux poétique. ”
Jean Féron,
La fin d’un traître
“ J’aurais palais, moi aussi, château, beaux équipages, femmes, gardes, valets, laquais... oui, j’aurais tout ce qui semble faire le bonheur des grands, quitte ensuite à me voir malheureux avec tout ça... Le mendiant venait d’atteindre le perron. Un sourire ironique plissa ses lèvres minces et blanches et il poursuivit : — Allons ! en attendant que je puisse vendre du bonheur à ceux qui en désirent, il faut voir comment on se porte là-dedans. Ah ! Seigneur ! pourvu au moins qu’un autre malheur ne soit pas venu fondre sur la fille de feu Maître Jean ! Maître Jean... ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
(1883)
“ C'est cette moralité irréprochable des contes de fées qui explique leur attrait non seulement pour les esprits avides de merveilleux, mais encore pour les coeurs généreux, affamés de justice, comme l'enfance en fournit partout, sous la bure comme sous la soie, sous le chaume comme sous les lambris dorés. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Vous voyez que c’est une qualité assez précieuse de pouvoir devenir plus grand que les autres ; et je suis sûr que s’il se trouvait encore une fée comme celle-là sur la terre, elle aurait beaucoup de pratiques. ”
Gustave Flaubert,
Œuvres complètes de Gustave Flaubert…
(1885)
“ LES FÉES.Eh! tant pis, les gnomes ne peuvent rien contre nous.161LA REINE.Mais à mesure qu’ils étendent leur pouvoir, le vôtre se rétrécit. On se moque de nos espoirs, on repousse vos consolations, on nie même notre existence, et quand ils auront conquis toute la terre, ils convoiteront des régions plus pures; ils se jetteront sur vous avec mille forces accrues, et vos cœurs, comme ceux des autres, seront dévorés! (Les Fées poussent un cri d’épouvante.) ”
Fêtes jubilaires de saint Vincent Ferrier… (1919)
“ Que les grands, parmi nous, soient les plus sacrifiés, à l'exemple de Jésus, le Dieu de la paix. Et puis, unissez-vous finalement autour de vos ârêques ; ils garderont vos pensées et votre amour dans l'unité et la paix de votre foi. - Ecoutez Vincent Ferrier qui, pour vous remercier de ces admirables fêtes, vous regarde comme faisait l'ange gardien de Barcelone, et vous prêche avec tout son cœur. Vivite felices, semper concordes. Soyez heureux, si vous n'êtes qu'un seul cœur. ”
Henri Méhier de Mathuisieulx, Explorateurs et terres lointaines (1912)
“ Pour garder la netteté de ma vue et la probité de ma pensée, j'ai parcouru le monde en homme libre, j'ai contemplé la nature d'un regard à la fois candide et fier, me souvenant que l'antique Freya était en même temps la déesse de la terre et celle de la Liberté. ”
Benjamin Nicolas, Étude sur les Lettres de Servat-Loup… (1861)
“ J'ai été atterré, lui écrit aussitôt l'abbé de Ferrières, par la nouvelle de la mort de votre vénérable épouse. Plus que jamais, je voudrais être maintenant auprès de vous : la part que je prendrais à votre douleur vous aiderait à en supporter le poids ; ou bien mon langage, s'inspirant de la parole divine, ne cesserait de vous consoler. En attendant que Dieu nous rapproche, ayez présente à l'esprit la condition que le péché a faite aux hommes, et acceptez avec sagesse et fermeté l'épreuve qui vous arrive. ”
