Henri VIII de l'Angleterre

Définition et enjeux

L. de Carné Revue des Deux Mondes

La réforme, qui déjà agitait l’Écosse, avait eu jusqu’alors peu d’action en Angleterre, et loin de céder, en se séparant de Rome, au mouvement de l’opinion populaire, il fallut, au fondateur de l’anglicanisme et à sa fille, cinquante années de tyrannie avant de le faire accepter par la nation. D’un autre côté, l’intérêt politique de Henri VIII était parfaitement étranger à sa résolution, si même la nécessité de ménager l’empire, et le soin de conserver la bonne attitude prise au commencement de son règne dans les affaires générales de l’Europe, ne lui faisaient un devoir de rester catholique.
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Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Henri VIII

CRANMER.--Elle arrivera pour le bonheur de l'Angleterre à un âge avancé; une multitude de jours la verront régner; et il ne s'en écoulera pas un seul qui ne soit couronné par quelque action mémorable. Hélas! plût à Dieu que je ne visse pas plus loin, mais elle doit mourir, il le faut: il faut que les anges la possèdent à leur tour. Toujours vierge elle rentrera dans la terre comme un lis sans tache, et l'univers sera dans le deuil.
LE ROI HENRI.--O lord archevêque!
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Théodore Wyzewa Revue des Deux Mondes

Pour moi, Henri VIII n’a pas été, le moins du monde, le souverain avisé et prévoyant que l’on nous a souvent décrit, fermement résolu, dès le premier jour, à délivrer son pays du joug de Rome ; mais bien plutôt un être faible, frivole, vaniteux, constamment prêt à devenir le jouet de ses passions, que des partis rivaux ont exploitées avec art au profit de certaines fins politiques et Religieuses, dans la lutte gigantesque qui a précédé la conversion définitive de l’Angleterre au protestantisme.
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