Jean-Baptiste Robin, Muse qui papillonne (1912)
“ ENFANTS DE GUEUX Mais, petits va-nu-pieds, vous trépignez de joie Dans l'habit d'un rustaud. Vous ne regardez pas s'il est elbeuf ou soie Pourvu qu'il tienne chaud. L'hiver, le nez au vent, vous courez dans la rue En souillant dans vos doigts. Il neige à gros flocons et la bande se rue Sur ces duvets si froids. J'aime ces affamés qui, sans grimace, avalent, Qui n'ont jamais assez ; Qui chez un pâtissier pour un sou se régalent De vieux gâteaux cassés. Le bonheur est au gosse abandonné qui rôde Au grand soleil d'été, Vagabondant toujours, vivant de sa maraude, Fier de sa liberté. ”
