Jean-Baptiste Robin

Définition et enjeux

Jean-Baptiste Robin Muse qui papillonne (1912)

ENFANTS DE GUEUX
Mais, petits va-nu-pieds, vous trépignez de joie Dans l'habit d'un rustaud.
Vous ne regardez pas s'il est elbeuf ou soie Pourvu qu'il tienne chaud.
L'hiver, le nez au vent, vous courez dans la rue En souillant dans vos doigts.
Il neige à gros flocons et la bande se rue Sur ces duvets si froids.
J'aime ces affamés qui, sans grimace, avalent, Qui n'ont jamais assez ;
Qui chez un pâtissier pour un sou se régalent De vieux gâteaux cassés.
Le bonheur est au gosse abandonné qui rôde Au grand soleil d'été,
Vagabondant toujours, vivant de sa maraude, Fier de sa liberté.
Source : Gallica

Jean-Baptiste Robin Muse qui papillonne (1912)

Mais déjà le soleil s'engouffre à l'horizon : On n'aperçoit bientôt qu'une lueur rougeâtre Comme celle que laisse un tison dans son âtre.
L'homme alors se réveille et frissonne de froid. Chancelant, à grand'peine, il regagne son toit.
Pour tous ces grelotteux elle est dure la route,
Car le poids sous lequel leur maigre dos se voûte Doit être lourd, très lourd : c'est le poids de leur mal C'est ce sacré poumon qui sèche et marche mal, Qui leur fait résonner le râle dans la gorge, Qui s'affaisse sans air comme un soufflet de forge.
Source : Gallica

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