“ Tout le monde nous regarde. Et des chuchotements : « C’est lady Helena ! C’est lady Helena ! mais avec qui donc est-elle ? » Ce n’est pas moi qui vous le dirai, braves gens ! Lady Helena me présentera toujours trop ! Enfin, elle est avec quelqu’un qui a huit mille francs dans sa poche et une femme de vingt millions à son bras ! Après, on verra bien !... Je me sens prêt à crever d’orgueil. On m’envie. Ah ! si mes confrères pouvaient me voir passer !... « Renvoi après vacations ! » Faites, Seigneur ! qu’elles durent les vacations ! Je n’ai plus aucun goût pour mon métier, moi !... ”
Lady Helena
Définition et enjeux
Citations sur “Lady Helena”
“ Merril fumait sa pipe, jovial, racontant que sa femme voulait lui tatouer sur les poignets des versets de la Bible. Pendant ce récit, j’imaginai que lady Helena regardait avec une singulière insistance l’ex-petite danseuse annamite qui était assise en face de moi et qui avait tourné vers l’amphitryonne sa petite tête précieuse et énigmatique. Mais on ne sait jamais avec Helena, cette magicienne. Elle est le centre rayonnant d’une volupté latente. Ses yeux immenses fixent n’importe quoi et n’importe qui avec la même inquiétante tranquillité dans le bonheur, dans le bonheur de tout. ”
Jules Verne,
Les Enfants du capitaine Grant
“ Or, précisément, lady Helena et Mary Grant donnaient tort à cette dernière partie de la proposition du grand penseur. Ces deux charitables femmes avaient quitté le chariot; elles tendaient une main caressante à ces misérables créatures; elles leur offraient des aliments que ces sauvages avalaient avec une répugnante gloutonnerie. Les indigènes devaient d’autant mieux prendre lady Helena pour une divinité, que, suivant leur religion, les blancs sont d’anciens noirs, blanchis après leur mort. ”
E.-D. Forgues,
Lady Tattersall, mécomptes et tourmens d’un chaperon
“ La volonté des morts est sacrée. La défunte comtesse et lady M... avaient été fort liées dans leur jeune âge. Le comte, devenu veuf, s’était montré fort empressé de chercher des consolations auprès de l’amie de sa femme, — ce qui par parenthèse avait prêté matière aux gloses de certaines langues perverses. Que de raisons pour lady Helena de ne pas se refuser à ce qu’on attendait d’elle et de son inépuisable bon vouloir ! ”
Jules Verne,
Les Enfants du capitaine Grant
“ Cette idée de voler au secours du capitaine Grant s’était déjà emparée de lui, quand, à Londres, il vit sa demande repoussée ; s’il n’avait pas devancé lady Helena, c’est qu’il ne pouvait se faire à la pensée de se séparer d’elle. Mais, puisque lady Helena demandait à partir elle-même, toute hésitation cessait. Les serviteurs du château avaient salué de leurs cris cette proposition ; il s’agissait de sauver des frères, des Écossais comme eux, et lord Glenarvan s’unit cordialement aux hurrahs qui acclamaient la dame de Luss. ”
Jules Verne,
Les Enfants du capitaine Grant
“ —Rassurez-vous, madame, répondit le savant, qui comprit la pensée de lady Helena, ces indigènes sont sauvages, abrutis, au dernier échelon de l’intelligence humaine, mais de mœurs douces, et non sanguinaires comme leurs voisins de la Nouvelle Zélande. ”
Jules Verne,
Les Enfants du capitaine Grant
(1884)
“ Miss Helena n'appartenait pas à une famille noble, mais elle était Écossaise, ce qui valait toutes les noblesses aux yeux de lord Glenarvan; de cette jeune personne charmante, courageuse, dévouée, le seigneur de Luss avait fait la compagne de sa vie. Un jour, il la rencontra vivant seule, orpheline, à peu près sans fortune, dans la maison de son père, à Kilpatrick. Il comprit que la pauvre fille ferait une vaillante femme; il l'épousa. Miss Helena avait vingtdeux ans; c'était une jeune personne blonde, aux yeux bleus comme l'eau des lacs écossais par un beau matin du printemps. ”
“ Est-ce que son corps mutilé, déchiré, repris par les remous, n’aurait pas été déjà rejeté au dehors ? Est-ce que le courant de la marée montante ne l’eût pas alors entraîné le long de la chaussée et des récifs jusqu’à Clam-Shell ? « Helena ! Helena ! » ”
“ C’est une femme qui ne doit pas avoir peur de la mort, surtout quand elle s’accompagne de la plus violente caresse. Ô ! Helena ! jusqu’au fond de quel abîme sommes-nous descendus tous les deux, accrochés l’un à l’autre, et déchirés l’un par l’autre ? Celui qui voit dans la nuit éternelle ne saurait dire si nous voulons nous séparer ou nous réunir. ”
Michel Croizet, Héléna : légende (1868)
“ Tout comme dans l'azur naît et brille l'étoile, Quant la rêveuse nuit sur nous étend son voile, Ou, pareille au bleuet qui s'ouvre le matin Et dont l'aube, de pleurs, humecte le satin, Helena, sous l'abri d'un chaume solitaire, Naquit en souriant d'un rêve de la terre. ”
Michel Croizet, Héléna : légende (1868)
“ Le fier Arménien recule à ces accents, Son front blêmit de rage, et cruels et sanglants, Ses yeux lancent d'ardeur une effroyable flamme, Qui brûle et fait trembler la malheureuse femme ; Elle fuit. Il s'approche. Un effort surhumain Entraîne le bandit qui déjà tend la main, Il tombe en rugissant. — Helena s'est enfuie Au bord du gouffre noir, son corps presque sans vie Se balance un moment ”
“ Cependant, le mari et la femme ont le même droit, celle-ci outragée par son mari, et l’homme ayant dans sa demeure une femme impudique. La force de l’homme réside dans ses bras, et celle de la femme est dans l’appui de ses parents et de ses amis. N’est-il donc pas juste que je vienne en aide aux miens ? Tu es vieux, vieux, et, en parlant ainsi de moi comme stratège, tu me loues plus que si tu te taisais. Pour Héléna, elle a subi ces calamités, non volontairement, mais par l’ordre des Dieux, et ceci a grandement servi à la Hellas. ”
“ Enfin, l’aventure que je vis depuis trois jours m’a ouvert de singuliers horizons. Helena, ne m’en veuillez pas si je vous dis des choses. Mais votre salut l’exige... ne croyez pas une seconde que je me permets de vous juger !... De tous temps, les reines de beauté ont vécu au-dessus de la commune humanité et le rang de l’esclave qu’elles ont eu la passagère fantaisie de lever jusqu’à elles peut déterminer l’étonnement des imbéciles. Rien ne saurait entamer votre majesté à mes yeux ! — Pas tant d’histoares ! Durin vous a dit... ”
Augusta Holmès,
La Montagne noire
“ Trahison ! Tous cherchent d’où vient la voix. Aux lueurs des torches, Héléna apparaît toute blanche. Les femmes l’entourent et la soutiennent. Aslar est resté adroite, avec les chefs. LES FEMMES. Voyez ! Pâle et glacée, C’est Héléna, la fiancée ! TOUS. Parle... Qu’as-tu ? HÉLÉNA. Mon amour... mon bonheur... ma foi... j’ai tout perdu ! TOUS. Parle ! HÉLÉNA. Pour l’esclave infidèle, Pour Yamina, Mirko m’abandonna ! TOUS, à voix basse, entre eux. Que dit-elle ? Dara est sortie de la chaumière, Aslar écoute. HÉLENA, se soulevant péniblement, appuyée sur les femmes. ”
Alphonse de Lamartine,
Souvenirs et portraits. Tome 1
(1871-1872)
“ La beauté de la comtesse Héléna, ou, comme on l'appelait parmi ses amies, par abréviation familière, Lêna, ne pouvait se peindre : les mots et les couleurs, quelque nuancés qu'ils soient, ont des limites que le talent même de l'Arioste ou du Corrége ne peut dépasser ; la beauté féminine n'en a pas, de limites. ”
L. Guérin de Ladvèze, En cheveux blonds et en cheveux noirs (1857)
“ Pauvre Hélène ! partie au ciel avec les roses Pour la dernière fois la comtesse Hélèna ! Où nous vîmes passer, par la foule dansante, Un jeune homme, entre tous, étrangement vêtu, A qui nous disions : vous ! et qui nous disait : tu ! Comme si nous eussions été sa folle amante , Nous qui marchions alors où marchait la vertu ! Ninon, comme sa danse était originale, Et comme elle plaisait aux convives du bal, Qui tous suivaient des yeux ce jeune homme au teint pâle, Costumé comme un masque au temps du carnaval! ”
Oliveira Lima,
Machado de Assis, Son Oeuvre Littéraire
“ Dans ses personnages féminins, la volonté, généralement, abonde. Depuis Helena jusqu'à Fidelia, en passant par Estella,—la victime de la fierté, de la pudeur et du dévouement,—ce sont des femmes à la raison claire et forte, qui ne dénoncent moralement leur sexe que parce qu'elles savent bien pratiquer l'art de la dissimulation, qui d'ailleurs peut bien, dans beaucoup de cas, passer pour une vertu. «La dissimulation est un devoir,—lit-on dans son roman Helena, daté de 1876,—quand la sincérité est un danger». ”
Gaston Leroux,
Rouletabille chez Krupp (1917)
“ Ce n’est pas la première fois que je la vois avec Helena Hans... Helena vient voir Richter tous les jours... C’est une amie qui doit habiter avec elle dans l’usine, sans quoi on ne les verrait pas si souvent ensemble !... ”
Jules Verne,
Le rayon-vert
(1882)
“ Les frères Melvill et Partridge l'avaient suivi de près. Dame Bess était restée à Clam - Shell, attendant avec une inexprimable anxiété, préparant tout afin de recevoir Helena à son retour. La mer se soulevait assez déjà pour couvrir le palier supérieur, elle déferlait par-dessus le garde-fou, et rendait impossible tout passage par la banquette. De l'impossibilité de pénétrer dans la grotte, résultait l'impossibilité d'en sortir. Si miss Campbell s'y trouvait, elle y était prisonnière! Mais comment le savoir, comment arriver jusqu'à elle? « Helena! Helena! » ”
Samuel-Henry Berthoud, Contes du Dr Sam, par S.-Henry Berthoud (1866)
“ Et puis, il y a dans l'auberge un homme d'une trentaine d'années, qui va, qui vient, qui reste, qui s'éloigne sur un ordre, sur un mot, sur un coup d'oeil de mistress Helena. Jamais fée ne posséda un génie aussi obéissant. Si John se sent fatigué, un sourire de mistress Helena le délasse ; si quelque contrariété lui survient, une parole de mistress Helena le console et lui rend sa belle humeur; cette belle humeur qui ne le quitte guère, d'ailleurs, et qui sied tant à sa physionomie empreinte de bonhomie et de force. ”
Charles Dickens,
Le Mystère d’Edwin Drood
“ J’éprouve un bien heureux soulagement, ma chère, dit Helena ; j’ai redouté toute la journée l’instant de mon entrée dans cette maison. — Nous y sommes peu nombreuses, répondit Rosa, et nous sommes toutes de bonnes filles ; du moins les autres sont de bonnes filles ; je puis me porter garante pour elles. — Moi, je réponds de vous ! s’écria Helena en riant, pendant que ses yeux noirs se fixaient sur le joli petit visage de sa jeune amie et promenaient un regard de tendresse caressante sur toute sa mignonne personne. Vous serez une amie pour moi, voulez-vous ? ”
Gaston Leroux,
Rouletabille chez Krupp (1917)
“ Mademoiselle, lui dit Richter, vous savez combien Helena vous aime. Elle vous traite comme une sœur. Si vous n’êtes ni plus souriante, ni mieux portante, ce n’est point de sa faute. Helena vous a annoncé que vous alliez vous trouver en face de Serge Kaniewsky. ”
Édouard Rod,
Revue des Deux Mondes
“ HELENE. — Si je vous priais, cependant... si je vous priais, de tout mon cœur, de rester encore ? LOTH. — Vous ne partagez donc pas l’opinion de votre beau-frère ? HELENE. — Non ! Et je voulais vous le dire, vous le dire encore avant... avant que vous ne partiez. LOTH saisit sa main. — Cela me fait vraiment du bien. HELENE, luttant contre elle-même. Dans une excitation qui monte presque à l’inconscience, elle balbutie péniblement : — Je voulais vous dire — encore quelque chose — c’est... c’est que... je vous estime beaucoup et vous vénère, comme je n’ai encore estimé aucun homme... ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
“ Seigneur chevalier, écrivez tout à l’heure à dona Helena en amant désespéré. Peignez-lui vivement vos souffrances, et surtout plaignez-vous de la défense qu’elle vous fait de paraître à vos fenêtres. Promettez d’obéir ; mais assurez qu’il vous en coûtera la vie. Tournez-moi cela comme vous le savez si bien faire, vous autres cavaliers, et je me charge du reste. J’espère que l’événement fera plus d’honneur que vous n’en faites à ma pénétration. J’aurais donc été le premier amant qui, trouvant une si belle occasion d’écrire à sa maîtresse, n’en eût pas profité. ”
Comtesse de Bassanville,
La Corbeille de fleurs... par Mme la Ctesse de Bassanville…
(1847)
“ L'étranger comprit ce regard et y répondit aussitôt : Cette demande doit vous sembler si étrange et si bizarre, miss, que je me vois obligé de vous expliquer la raison qui rend la prière de ma pauvre Héléna non moins indiscrète certainement, mais au moins intéressante : elle est née dans la même contrée que les suaves fleurs qu'elle a été si heureuse de revoir comme un doux souvenir de la patrie absente. Nous sommes orphelins tous deux. Aussi est-elle mille fois plus que ma soeur, c'est ma fille, mon enfant chéri ; et vous le voyez, comme tous les enfants gâtés, elle abuse de son pouvoir. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Au souffle des hivers se sont toutes fanées ; J’ai vécu longuement. Je sais le lendemain Des ivresses d’une heure et du désir humain ! Femme de Ménélas, je te prie et t’adjure : Souviens-toi d’Athéné qui venge le parjure. LE CHŒUR DE FEMMES. Ô fille de Léda, noble Hélène aux pieds blancs Nous pressons tes genoux avec nos bras tremblants. HÈLÈNE. C’est assez. J’obéis à tes flammes divines, Éros. Emporte-moi sur les ondes marines, Ô Pâris ! — Hélios luit dans l’Olympe en feu. Adieu, vierges de Sparte ! ô Démodoce, adieu ! LE CHŒUR DE FEMMES. Arrête, Hélène ! ”
Théodore Henry, La duchesse Hélène (1879)
“ Blanche serrait la main d'Hélène avec force, comme si elle eût essayé de la retenir sur cette terre, d'empêcher ce corps de périr, cette âme de s'envoler. Sur ces entrefaites, Jean de la Lande entra — Voilà ton époux. Je suis heureux de le remercier encore une fois d'avoir cru à mon innocence, d'avoir fait des efforts surhumains pour me sauver. A cause de moi, il a eu à lutter contre des assassins et il a failli succomber. Dieu ne l'a pas permis. Il a récompensé votre affection si touchante et si élevée. ”
Théodore Henry, La duchesse Hélène (1879)
“ Quoiqu'on n'eût trouvé personne qui pût donner quelques renseignements sur l'assassinat, l'avocat du roi n'avait pas manqué de faire citer une foule de gens dont la plupart ne savaient rien de l'affaire. Hélène dut entendre poser les questions les plus indiscrètes à ses serviteurs. N'avait-elle pas d'amant? C'était ce que l'on cherchait à savoir, car la présence d'un amant eût expliqué la haine pour l'époux. Les domestiques ne pouvaient dire que du bien de leur maîtresse. Ils ne pouvaient que parler de la régularité de sa conduite, de sa fidélité au comte de Monsoreau. ”
J.-M. Le Condamné, Les deux Hélène (épisode de 1870… (1872)
“ De l'univers entier et jusqu'au fond des grottes, Elle étendrait mon nom, j'ai des douceurs plus hautes : Je préfère cette heure où je puis vous aimer. L'ennemi serait là, que mon bras pour s'armer Ne se lèverait pas, car, ce bras nous attache. Dieu saint! je porterais ma tête sous la hâche Pour un baiser de vous ! Hélène, sur mon cœur Mettez la main; il bat, il verse de bonheur; Demain, quand le soleil aura fermé ses portes, Ma pauvre chair n'aura de bruits d'aucunes sortes; Mes yeux ne verront plus. ”
Eugène Forgues, Revue des Deux Mondes
“ Une inondation du grand fleuve est presque aussi désastreuse qu’un incendie général. Le navire s’arrêtait deux heures à Helena pour décharger du fret. C’était un dimanche, et la population de couleur, de beaucoup la plus nombreuse, remplissait les rues d’étoffes voyantes, et la gaîté contrastait singulièrement avec la boue pestilente et les mares mal desséchées qu’on rencontrait à chaque pas. Helena est la seconde ville de l’Arkansas ; elle compte 5,000 habitans. Tout le pays environnant est exceptionnellement productif. Le commerce y est florissant ”
Gustave Toudouze,
La baronne : moeurs parisiennes
(1883)
“ Allons ! allons ! Ne faiblis pas ! – La femme que tu as aimée n'existe plus : Hélène n'est plus Hélène ! Ce joli monsieur, son amant, son souteneur, pour lui donner le nom qu'il mérite, vient de te l'apprendre. C'est Lénore d'Ancre, la grande courtisane, la femme à la mode, la princesse des cabinets particuliers ! – Plus elle a monté de cette façon, plus elle est descendue bas du côté de l'estime et de l'honneur. – Germain, tu me fais du mal ! ”
marquis de Astolphe Custine, La Russie en 1839, Volume II
“ A chaque fête que donne la grande-duchesse Hélène, elle imagine, m'a-t-on dit, quelque chose d'inconnu ailleurs; une telle réputation doit lui peser, car elle est difficile à soutenir. Aussi cette princesse, si belle, si spirituelle et qui est célèbre en Europe pour la grâce de ses manières et l'intérêt de sa conversation, m'a-t-elle paru moins naturelle et plus contrainte que les autres femmes de la famille Impériale. C'est un lourd fardeau à porter dans une cour que le renom d'une femme bel esprit. ”
