“ La courtisane, en voyant ce beau jeune homme paré de toutes les grâces de la jeunesse, dit à sa servante : — Est-ce là le marchand Sounanda ? — C’est lui-même, répondit la servante. Zangmo, remplie de joie, récita cette stance : Charmant jeune homme, en vérité, Que tu sois noble ou non, riche ou bien sans richesses, En te voyant riche de ta beauté, Les femmes de leur cœur ne seront plus maîtresses ! ”
Citations sur “Sagunto”
Les Correspondants du duc de Noailles… (1905)
“ On dit, et je crois le bien savoir, que M. Amelot et Mme des Ursins reviennent en France 2. Les Espagnols sont plus résolus que jamais à souffrir tous les malheurs de la guerre. La duchesse d'Albe 3 a appris par cœur l'histoire de Sagunte dans Tite-Live, et ne parle pas moins que de se brusler avec son mari et son fils. Le pain est toujours fort cher, et le peuple ému sur les conjonctures. Vale jucundissime Domine. 21 juin 1709. Je ne doute pas, Monseigneur, que vous ne soyez instruit mieux que moi de tous les mouvements des armées de Flandres. ”
Judith Gautier,
La Sœur du Soleil
“ Tu as chassé tes ennemis aujourd’hui, continua Sado, et mon rôle de jeune fou est terminé ; mais songe, seigneur, combien je puis te servir dans la guerre qui commence. Grâce à des fards habilement préparés, j’arrive à faire de mon visage une image assez exacte du tien, je me suis accoutumé à imiter ta voix, ta démarche, beaucoup de tes amis ne connaissent que moi, et pour eux je suis le véritable prince de Nagato. Quel avantage dans une bataille d’être double ! J’attirerai l’ennemi d’un côté, tandis que tu agiras de l’autre. ”
“ On lui envoya donc un messager qui lui fit connaître le désir des marchands. Sounanda se disposait à partir quand Zangmo, le retenant par le bord de son vêtement, lui dit : — Seigneur, il y a deux raisons pour satisfaire ses désirs, ce sont la beauté et la jeunesse. Vous êtes jeune, vous êtes beau, restez encore quelque temps dans l’asile de la jeunesse à jouir de ses plaisirs. C’est dans la maison du vieillard qu’il conviendra d’amasser des trésors ! ”
Mémoires de l'Athénée oriental fondé en 1864 (1871)
“ Sounanda lui répondit : - Mais, malheureuse, quand tu as," en ma présence, reçu trop gracieusement un autre homme, comment ne serais-je pas entré en religion? Zangmo dit :—Le caractère des femmes est toujours sujet à faillir; pardonnez-moi cette faute ; à partir de ce moment, ma personne et mes biens sont à vous ; revenez donc jouir de la vie auprès de moi ! — Après m'avoir dépouillé de tout ce que j'avais autrefois, pourquoi veux-tu maintenant me détourner de la bonne voie? ”
Lucy Saunders, Les voies de la Providence (1844)
“ En entrant dans sa tente , ils le trouvèrent pleurant avec amertume sur Mona , qu'il supposait avoir été égorgée par les Zouries. Au seul nom de sa victime , la malheureuse Breeza versa un torrent de larmes , que le roi prit pour des larmes de regret. Quant à Benjamin , il tremblait au seul aspect de Toucou. « Ah ! ma fille , s'écria le roi ; quand vous arriverez dans nos villes , quand vous direz à Zango que l'idole de son cœur n'est plus, quel sera son désespoir ? » ”
Jacinto Maria Delgado, Suite de la vie de Sancho Pança… (1851)
“ Fais bien, tu auras des envieux; fais mieux, tu les confondras. — Don Aniceto, en partant, n'a fait que son devoir, et son bon souvenir dans le moment pressant de ses adieux, me confirme en la confiance de sa générosité à notre égard. — N'ayez jamais confiance qu'en Dieu, ami Sancho, lui seul ne peut nous manquer en ce qu'il nous a promis, reprit le curé, mais comme la diligence est mère de la bonne fortune, il ne faut pas tarder à commencer l'exécution de votre devoir, qui est avant tout d'obéir au duc, et sa seigneurie comme vous le savez, attend votre arrivée avec impatience. ”
Lodoïx Enduran, Les saints martyrs japonais
“ Qu’il vous suffise de savoir que le christianisme pénétra partout, à la cour, à l’armée, chez les seigneurs et parmi le peuple. Le Saogun, ou chef du pouvoir temporel, sembla le favoriser un instant ; oh ! ce n’était pas, comme nous verrons plus loin, que son âme se fût ouverte aux lumières de noire sainte religion ; mais il était heureux d’humilier, d’amoindrir aux yeux de la multitude le chef spirituel, le Daïri, dont l’autorité balançait la sienne. Aussi, plusieurs bonzes ayant abandonné les idoles, les protégea-t-il lui-même contre la fureur de leur chef. ”
Léon Pamphile LeMay, Contes vrais
“ Il le vit mourir, mais il ne comprit rien à ses paroles pieuses, rien à sa foi touchante. Une pensée l’obsédait : s’emparer du Manitou des visages-pâles ; une passion l’aveuglait : la possession de la belle Onaïda, la fille du Jongleur. IV Le Sagamo avait allumé, sous sa tente d’écorce, un feu de branches sèches, et au-dessus de la flamme, se doraient, par la cuisson, des pièces succulentes du chevreuil des bois, et des truites rouges du lac. ”
“ « Mon oncle, dit Amélie qui comprenait l’embarras du vieux comte, je crois que nous ferions bien de recevoir ici la signora. Il y fait plus chaud que dans le grand salon, et elle doit être transie par ce vent d’orage si froid dans nos montagnes. Je vois avec chagrin qu’elle tombe de fatigue, et je suis sûre qu’elle a plus besoin d’un bon souper et d’un bon sommeil que de toutes nos cérémonies. N’est-il pas vrai, ma chère signora ? » ajouta-t-elle en s’enhardissant jusqu’à presser doucement de sa jolie main potelée le bras languissant de Consuelo. ”
Lucy Saunders, Les voies de la Providence (1844)
“ Je le crus mort pendant quelques minutes, mais, passant la main sur son cœur, je sentis qu'il battait encore. J'appelle mon nègre pour rallumer notre feu éteint, tandis que je cherche à réchauffer le malheureux jeune homme en lui frottant les bras, les mains et les jambes. Sur ces entrefaites, arrive sa mère. Qui pourrait peindre sa douleur à la vue de son fils expirant! elle tombe, à son tour, évanouie à mes pieds. Quel secours pouvais-je donner à la fois à ces deux infortunés ? je confie le jeune homme à mon nègre qui le soutient, le réchauffe par dégrés, et moi je m'attache à la mère ”
Lope de Vega,
Étude sur la vie et les oeuvres de Lope de Vega
(1857)
“ DON SANCHO. Oui, après l'avoir appelé en duel, car je ne suis pas un assassin. LE ROI. Pourvu qu'il meure, peu m'importe comment. A quelle récompense prétends-tu? DON SANCHO. Épouser celle que j'aime est toute mon ambition. LE ROI. J'y pourvoirai. Le roi donne à don Sancho deux lettres fermées et scellées; dans l'une est sa propre déclaration que c'est par ses ordres que don Sancho a donné la mort à un homme jugé coupable de lèse-majesté par le roi lui-même; l'autre contient le nom de la victime désignée. ”
Lucy Saunders, Les voies de la Providence (1844)
“ Quoiqu'il se plût beaucoup dans la société de Breeza, il pensait néanmoins toujours à son père , à sa mère, à madame Sakville , à New-Forest, et il se trouvait souvent bien malheureux. Un jour qu'il était seul avec Breeza dans les bois , il se mit à soupirer , à verser des larmes (il parlait alors avec facilité la langue des Amazones) . Breeza, tout émue, lui demanda ce qui le chagrinait; s'il ne couchait pas sur les meilleures fourrures de leur habitation ; si Toucou ne partageait pas avec lui ses daims , son blé, avec autant de largesse qu'il le faisait pour son fils Husco ? ”
Narcisse-Eutrope Dionne,
Le Parler populaire des Canadiens français
“ Un enfant qui sagane ses hardes. Ce mot semble venir de sagon, 588 LE PARLER POPULAIRE dénomination primitive du sagouin, petit singe à longue queue. Sagant, e, adj. et n. m. Malpropre, peu soucieux de ses vêtements. En Normandie, on dit sagot. Sage, sedje, (m. a.) — Sauge. Sagoter, v. a. Faire de mauvais ouvrage. D’après Cotgrave, sagoter se disait dans le sens de heurter, secouer rudement. En France, sagoter veut dire mal travailler. En Normandie, un sagot est un homme malpropre. Sagoteux, euse, n. et adj. — Qui sagote, travaille mal. ”
Don Rodrigo de Vivero y Velasco, Revue des Deux Mondes
“ Au bout de cinq jours de voyage, pendant lequel, en vertu des ordres du prince, je fus reçu et traité à merveille partout où je passai, et si bien, que, si je pouvais renoncer à mon Dieu méconnu par ces barbares, et à mon souverain, je préférerais leur pays au mien, j’arrivai à Zurunga, et je vais raconter tout ce qui m’y arriva. La ville de Zurunga contient de cinq à six cent mille habitans : elle est moins belle que Jedo ; mais son climat est infiniment plus agréable. C’est pour cela qu’elle a été choisie par l’Empereur pour en faire sa résidence. ”
Antoine-Marie Augoyat, Précis des campagnes et des sièges d'Espagne et de Portugal… (1839)
“ PRISE D'OROPESA ET SIÈGE DE SAGONTE PAR L'ARMEE FRANÇAISE D'ARAGON , nU 5 AU 28 OCTOBRE 18 11. 19 nuits de tranchée. Le fort de Sagonte occupe la sommité étroite d'une montagne isolée, au pied de laquelle est bâtie, au nord et à l'est, la ville de Murviedro. La route de Barcelone à Valence traverse, sous le canon du fort, la partie orientale de la ville. La route de Saragosse s'embranche avec la précédente hors de Murviedro. La sommité sur laquelle est situé le fort de Sagonte a environ 900 mètres de longueur de l'est à l'ouest; sa largeur varie de 5o à 100 mètres. ”
Jacinto Maria Delgado, Suite de la vie de Sancho Pança… (1851)
“ Agir autrement serait faire une très mauvaise action. — Vous parlez comme avec une langue d'or, s'écria Sancho : à chacun son âme et sa palme, et en agissant ainsi, on peut dire : je ne sème pas, mais je moissonne. Aussi, comme je veux suivre vos bons conseils, je refuse les offres du chevalier. — Ainsi soit-il, seigneur, fit don Aniceto. — Maintenant, chevalier, venez à la maison, interrompit le curé, le bachelier aura soin d'y faire rapporter tous vos effets derrière vous. ”
Lucy Saunders, Les voies de la Providence (1844)
“ Breeza fut on ne peut plus sensible à ces marques multipliées de bienveillance • de son côté, Heartlove se félicitait de plus en plus d'avoir "trouvé de pareils amis, et il ne cessait de le répéter à M. Sibbald. En pareil cas, le bon vieillard lui répétait toujours : « Cher ami, pourquoi vous étonner? Vous méritez l'estime de tous les gens de bien. Votre conduite envers cette jeune indienne est honorable, et le pieux souvenir que vous conservez de votre commandant, est digne d'un vrai chrétien. » Enfin on découvrit les côtes d'Angleterre; Heartlove sentit battre violemment son cœur ”
Lucy Saunders, Les voies de la Providence (1844)
“ En vain, j'appelle cette dame et la conjure de ne pas s'éloigner du brasier ; elle ne m'écoute pas et continue à pleurer et à supplier le nègre qui, dans son propre effroi, reste sourd à ses cris. Je ne parviens pas à me faire entendre , et toutefois je n'osais courir après elle pour la ramener : je craignais de m'écarter du feu qui faisait toute ma sûreté. En ce moment, je l'entends crier au secours d'une voix lamentable ; je saisis un tison enflammé et le dirige de son côté ; elle accourut vers moi de toutes ses forces, poursuivie par un ours d'une grandeur démesurée. ”
Théophile Gautier,
Partie carrée
“ À cette proposition, les joues hâlées de Saunders se couvrirent d’un rouge de brique, et le bleu de mer de ses yeux pâles étincela dans son masque devenu plus sombre : cependant il se remit vite et répondit avec calme : — Quoique le métier que je fais ne soit pas des plus délicats, je n’ai pas l’habitude de trahir ceux qui ont mis leur confiance en moi, même pour de mauvaises besognes. ”
Adolphe Pieyre,
Débora la bohémienne
(1878)
“ Mon fils, dit gravement le moine, demandons maintenant à Dieu pardon et miséricorde. Et les deux hommes s'entretinrent à voix basse, l'un pleurant, l'autre exhortant ; les anges seuls savent ce qui se passe au tribunal de la pénitence. Tout à coup Sadock poussa un grand cri et tendit les mains en avant comme pour retenir une apparition longtemps attendue. Sur le seuil de la tente, une jeune fille d'une beauté surhumaine, grave et silencieuse, se présentait; elle était en grand deuil. ”
Paul Lefort, Espagne et Portugal, par Paul Joanne… (1906)
“ Sagonte disparue, on releva les remparts de la vieille forteresse qui ne s'appela plus Sagonte, puisqu'il n'y avait plus de Sagontins, mais Muri veteres, dont on fit par la suite Murviedro. Itinéraire. — De la gare, située au pied du versant E. de la colline, il faut env. 10 min. pour arriver dans la ville, par la calle del Mar (à dr., église de San Salvador, ancienne mosquée) , puis, à g., par la calle Real, qui passe, à dr., devant la Glorieta et aboutit au centre de Sagonte, près de la plaza de San Francisco, sur laquelle se trouve à l'E. l'Ayuntamiento. ”
Jean-François Bareille, Émilia Paula. Tome 1 (1854)
“ Je regrette vivement, Sagana, de ne pouvoir assister à vos opérations savantes. Une rude besogne m'attend; un peu de repos m'est auparavant nécessaire. Après ces mots, Néron sortit, fermant avec soin les portes du laboratoire, sans songer que le secret de les ouvrir pourrait bien être un de ceux que la magie possède. ”
Jane Dieulafoy,
Aragon & Valence : Barcelone, Saragosse…
(1901)
“ Sagonte, Numance, Saragosse! Deux mille ans passent, bouleversant l'univers, déplaçant les rivages, changeant les races et les destinées des peuples, tandis qu'à l'Espagne, immuable comme ses montagnes, les siècles comptent moins que les jours à d'autres peuples. Ce fut dans les mêmes champs de Murviedro que l'armée de Valence, sous les ordres de Blake, fut défaite par le maréchal Suchet qui, après cette victoire, * s'empara du fort de Sagonte. ”
Rodolphe Girard,
Contes de chez Nous
“ Il entraîne le sagamo vers la hutte de ce dernier. Etendus sur le sol, liés à des pieux disposés en croix de saint André, le missionnaire et le soldat français semblaient poursuivre leur conversation, interrompue par l’attaque des Indiens. — Regarde, dit avec fierté le fils adoptif du sagamo. Les visages-pâles pleureront durant nombre d’hivers la perte de leur robe-noire et de leur sagamo. ”
“ Celle-ci répondit : — Votre Seigneurie, en me faisant à moi-même une pareille demande, n’agit pas en homme distingué. La servante dit alors à Sounanda : — Il faut, pour chaque jour, 500 kârchâpanas. Sounanda dit à un homme qui le suivait : — Tu apporteras chaque jour 500 kârchâpanas. Et il resta à se divertir avec Zangmo, auprès de laquelle le temps se passait dans les plaisirs sans qu’il en fût rassasié. Et le serviteur apportait chaque jour 500 kârchâpanas. Cependant les marchands dirent : — Le chef Sounanda ne paraît plus ”
“ Comme il prenait congé du Porpora, et se disposait à courir le long du canal avec Consuelo, le gondolier du comte l'arrêta, et lui dit que, par les ordres de son maître, la gondole attendait la signora Consuelo pour la reconduire. Une sueur froide lui vint au front.«La signora est habituée à cheminer sur ses jambes, répondit-il avec violence. Elle est fort obligée au comte de ses gracieusetés.—De quel droit refusez-vous pour elle?» dit le comte qui était sur ses talons.» ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ SAGUNTIA, (Géog. anc.) ou Seguntia, ancienne ville de l’Espagne tarragonoise, au pays des Arevaques, selon Pline, liv. III. ch. iij. Ptolomée ne la connoît point ; mais Tite-Live la nomme Seguntia Celtiberûm. ”
“ Seigneur, les hommes riches mais qui n’usent pas de leurs richesses seront traités par nous comme l’herbe fraîche est traitée par un bœuf ; ne l’avez-vous pas entendu dire ? Sounanda se disposa à sortir et Zangmo se mit à penser : Sounanda est beau et bien fait ; avant qu’il ne s’en aille au loin, il faut le retenir ici pour charmer mes loisirs jusqu’à ce qu’un autre m’apporte des kârchâpanas. ”
Carl Joseph Hefele,
Le Cardinal Ximenès et l'Église d'Espagne…
(1856)
“ Nous arrivons au fameux sanbenito que tous les suspects devaient porter, ce vêtement d'ignominie qui imprimait une ineffaçable honte, un odieux stigmate. — Pour faire tomber cette emphase , que l'on ouvre l'histoire de l'Eglise et le livre même de Llorente. Sanbenito est une altération de saco-bendito , nom espagnol de l'habit de pénitence que l'on portait autrefois , conformément à l'usage anciennement adopté dans l'Eglise chrétienne de manifester le regret et la contrition du cœur par le deuil extérieur des vêtements. ”
Théophile Gautier,
Partie carrée
“ Deux des nouveaux venus s’approchèrent de la trappe, et Saunders s’approchant de sir Benedict Arundell, lui dit : — Si votre grâce avait la complaisance de nous suivre, je crois que l’heure de partir est arrivée. — De partir ! s’écria Arundell en se reculant par un mouvement instinctif à quelques pas de la trappe. — J’espère, dit Saunders avec une insistance polie, que mylord comprendra qu’il vaut mieux venir avec nous sans résistance. Nous sommes cinq, tous vigoureux, tous bien armés, il n’y a pas de lutte possible. Il faut que nous exécutions les ordres qu’on nous a donnés ”
