Madame Chanteau

Définition et enjeux

Portrait de Émile Zola Émile Zola La Joie de vivre

Chanteau finissait par rire de ces espiègleries de grande fille caressante. Cependant, sans qu’il osât l’avouer devant sa femme, tout son cœur était pour Pauline, qui le soignait d’une main si légère. Et il se replongeait dans son journal, dès que madame Chanteau, perdue au fond de ses réflexions, en sortait brusquement, comme d’un rêve.
— Vois-tu, il y a une chose que je ne lui pardonne pas, c’est de m’avoir pris mon fils... Il reste à peine un quart d’heure à table. On se parle toujours en courant.
— Cela va cesser, faisait remarquer Louise. Il faut bien que quelqu’un veille près d’elle.
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Une seule fois, depuis le matin, madame Chanteau avait demandé son fils ; et elle s’était contentée de la première réponse venue, sans s’étonner de ne plus le voir. D’ailleurs, elle parlait moins encore de son mari, elle ne s’inquiétait pas de ce qu’il pouvait faire, seul, dans la salle à manger. Tout disparaissait pour elle, le froid de ses jambes semblait monter et lui glacer le cœur, de minute en minute. Et il fallait, à chaque repas, que Pauline descendît, afin de mentir à son oncle. Ce soir-là, elle trompa Lazare lui-même, elle lui assura que l’enflure diminuait.
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C’est ton grand-oncle qui a fait ça, expliqua Chanteau, heureux de trouver un sujet de conversation. Oui, mon père avait commencé par être charpentier... J’ai toujours gardé son chef-d’œuvre.
Il ne rougissait pas de son origine, et madame Chanteau tolérait le pont sur la cheminée, malgré l’humeur que lui causait cette curiosité encombrante, qui lui rappelait son mariage avec un fils d’ouvrier.
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