Saisie féodale

Définition et enjeux

François Frédéric Poncelet Précis de l'histoire du droit civil en France… (1838)

Selon plusieurs coutumes, la saisie féodale, pour défaute d'homme et de devoirs (défaut de foi et d'hommage et de payement des droits) , était irrévocable, et réunissait à jamais le fief servant au fief dominant. Tels étaient les fiefs dits de dangier, à cause de cette chance d'extinction , ou de commise , désignation propre à cette saisie féodale, ainsi irrévocable. Une règle coutumière exprime fortement l'exercice de cette commise : « Un seigneur de paille, de beurre où de feurre ( foin ) vainc et mange un vassal d'acier. »
Source : Gallica

Édouard Guétat Histoire élémentaire du droit français… (1884)

PÉRIODE FÉODALE ET MONARCHIQUE 435
respective de la commise et de la saisie, dans le courant de la période féodale et la première partie de la période coutumière.
A. Saisie féodale. — La saisie féodale était possible dans deux cas : — a. lorsque, le fief étant vacant, personne ne venait à l'hommage pendant l'an et les jours de souffrance ; — b. lorsque le vassal ne payait pas les services pécuniaires et les droits de mutation, à la suite de l'hommage.
Dans le premier cas, la saisie était dite profitable, parce qu'elle attribuait au suzerain tous les fruits du fief.
Source : Gallica

Édouard Guétat Histoire élémentaire du droit français… (1884)

Mais si le suzerain avait accepté l'hommage et investi son vassal, sans se faire préalablement payer ces droits, la saisie féodale n'entraînait pas attribution des fruits au seigneur, à moins de réserve expresse dans l'acte d'hommage. Elle lui donnait seulement alors la qualité de possesseur du fief, et par conséquent le rôle de défendeur dans ses difficultés avec le vassal. C'est ce qu'on exprimait par ce brocard: « Le seigneur du fief ne plaide jamais dessaisi, excepté en cas de désaveu et de combat de fief. »
Source : Gallica

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