Thalès Bernard, Mélodies pastorales
“ Où donc est ta retraite, ô mon cœur, parle-moi, Fidèle compagnon qui, depuis ma naissance, Et dans les jours d’extase et dans les jours d’effroi, Me consolas toujours mieux qu’un ami d’enfance. Dis-moi si la retraite, asile de bonheur, Est sur la verte plaine où le ruisseau soupire ; Ou dans le bois touffu, qu’agite le zéphire ? — Oh non, ce n’est pas là, me répondit le cœur. Où donc est ta retraite ? Est-ce le fier rocher, Que baigne le torrent de son onde écumante, Dont le hardi chasseur ose seul approcher Quand la tempête au loin a semé l’épouvante ? ”
