“ Mais il y a aux bords de la Saale, de l’Isar et du Neckar, même un peu partout, « dans la patrie allemande, » des gens assez téméraires pour croire qu’un habit d’une seule couleur est plus de mode aujourd’hui que l’habit d’arlequin. Enfin nous partons pour aller prendre à Appenweier la voie ferrée qui mène d’Heidelberg à Bâle. Nous laissons à droite la Kinzig, qui à ses sources au plus haut de la Forêt-Noire, non loin des lieux où naissent, sur le versant opposé, le Neckar et le Danube. La Kinzig se jette à Kehl dans le Rhin. ”
Kinzig
Définition et enjeux
Citations sur “Kinzig”
Louis Bougier, Précis de géographie physique, politique et militaire… (1882)
“ Son université est une des plus pauvres d'Allemagne. 2° La Kinzig ouvre une des vallées les plus importantes de la Forêt-Noire. Sa source jaillit sur le plateau du Württemberg; sa haute vallée, dirigée de l'E. à l'O., ouvre une profonde découpure au cœur même du Schwarzwald. Entre les deux branches du N. et du S. les gros bourgs et les petites villes se succèdent pittoresquement à chacun des coudes importants de la rivière ; l'industrie y est très active. A partir de Haslach, la Kinzig prend la direction du N. 0., débouche en plaine un peu au-dessus d'Offenburg et finit à Kehl. ”
Congrès national des sociétés savantes, Section d'histoire moderne et contemporaine (1964)
“ Il existait une Schifferschaft sur la Kinzig et une autre sur la Murg. Elles groupaient des paysans propriétaires, à la fois, de forêts et de scieries; elles pratiquaient en même temps : l'exploitation des arbres, le sciage — la Murgschifferschaft préparait des planches, la Kinzigschifferschaft, des poutres — et le flottage jusqu'aux rivages du Rhin (2) . L'association des flotteurs de la Kinzig s'était développée autour des forêts de Wolfach et Schiltach ”
Victor Duruy,
Causeries de voyage. De Paris à Bucharest…
(1864)
“ La Kinzig se jette à Kehl dans le Rhin. On voit pourquoi cette petite ville a joué un si grand rôle dans toutes nos guerres en Allemagne. Elle ouvre ou ferme une des deux grandes routes qui conduisent à travers le Schwarzwald dans le bassin du Danube. L'autre est celle de Fribourg à Donaueschingen, par le val d'Enfer, une charmante vallée, malgré son nom terrible. Le pays de Bade est une répétition de l'Alsace : plaine parfaitement unie et courant du Rhin jusqu'aux collines de la Forêt-Noire, comme de l'autre côté elle court jusqu'au pied des Vosges. ”
Duc d’Aumale,
Revue des Deux Mondes
“ L’ennemi ne se montra pas d’abord, mais il se fit voir au passage de la Rench et s’engagea avec assez de vivacité lorsque les Français abandonnèrent Willstett pour traverser la Kinzig. A l’entrain de ceux-ci, on put juger ce qui se passait dans leur cœur: ils ne rêvaient que vengeance. L’ennemi sembla étonné et disparut. L’armée ne rencontra dans sa marche d’autres difficultés que celles qui entravaient les opérations depuis le commencement de la campagne : marais, cours d’eau tortueux, bois touffus. ”
La Chasse et la Pêche, souvenirs d'Alsace par Maurice Engelhard… (1888)
“ La Kinzig, étant plus large que la Mourg, permet de laisser aux troncs d'arbres toute leur longueur. Ses eaux amènent des poutres qui mesurent jusqu'à 80 et 100 pieds, et ce sont des pièces de cette dimension qui ont servi aux pilotis du pont de service établi pour la construction du pont du chemin de fer qui, à Kehl, relie l'Allemagne à l'Alsace. ”
Lucien-Léopold Jottrand, D'Anvers à Gênes, par les pays rhénans… (1854)
“ La Kinzig est , dans ces cantons , un collecteur fort occupé des eaux abondantes qui descendent de toutes parts des coteaux voisins , et qu' il transporte au Rhin en passant par Kehl . Cette rivière est une de celles qui vont former , au temps des pluies , autour de Strasbourg ce lac périodique dont nous avons parlé . Offenbourg , ancienne ville libre impériale aussi , n' a d' ailleurs aujourd'hui plus guère aucune autre importance que celle qu' elle tire de sa situation dans une contrée agricole très-fertile et très-peuplée . ”
Louis Bougier, Précis de géographie physique, politique et militaire… (1882)
“ Vis-à-vis de ce groupe se dresse, isolé sur les bords du Rhin, le massif basaltique du Kaiserstuhl, qui couvre 100 kq. de ses 40 ou 50 coupoles. Au nord de la Kinzig s'étendent les plateaux de la Basse Forêt Noire. Ils sont dominés par la masse imposante de la Ilornisgrinde (1164 m.) , à côté de laquelle se voit le Katzenkopf (1151) ou Tête de Chat ; le pittoresque Kniebis, que l'on voit de si loin, n'a pourtant que 972 mètres; sur son voisin, le Seekopf, dort le lac Mummel « le membre lac », que fuient les poissons et dont les eaux sont troublées par des grondements. ”
Jacques Martin, La bataille et la retraite de Leipzig… (1870)
“ En un instant, tout ce qui était devant eux est culbuté, percé, précipité dans la Kinzig, où s'entassent sept à huit cents cadavres. Spectacle affreux pour un homme,. superbe pour un soldat I Le comte de Wrède perdit dans cette journée dix mille des siens, tués, blessés ou prisonniers, et nous couchâmes sur le champ de bataille. Le lendemain soir, 31 octobre, nous bivouaquions autour de Francfort, et deux jours après, nous défilions sur le pont de bateaux de Mayence. ”
Louis-Philippe Alphée Pichat, Géographie militaire du bassin du Rhin… (1876)
“ C'est ainsi qu'en 1870, les Allemands avaient envoyé à Oberkirch une compagnie de pionniers dont la mission était de faire sauter la route du Kniebis et celle de la Kinzig, dans le cas où les Français franchiraient le Rhin. De même, en 1859, une section du génie français fut envoyée en Valtelinc pour couper la route du Stelvio, si les Autrichiens débouchaient de ce côté, alors que l'armée franco-sarde s'avançait vers le Mincio. ”
Félix de Bona, Vie du général Drouot (1887)
“ La forêt de Lamboy s'étendait de gauche à droite; au delà, le terrain était découvert; mais on y trouvait l'obstacle de la Kinzig, petite rivière allant tomber dans le Main et enveloppant, avant d'y tomber, la place de Hanau. La route, après avoir traversé la forêt dans sa profondeur, débouchait en plaine, atteignait la Kinzig près du point où cette rivière se réunit au Main, passait ensuite à droite sous les canons de Hanau, enfin continuait jusqu'à Francfort et Mayence. (Thiers. Tome XVI, livre L.) ce terrain, qu'il croit propice, et retourne chercher l'ordre de faire avancer ses canons. ”
J.-B. Barrès, Revue des Deux Mondes
“ Plus loin, des officiers d’état-major, envoyés sur les derrières pour accélérer la marche des troupes et faire arrêter tout ce qui pouvait ralentir, nous apprirent que c’était l’armée bavaroise qui était arrivée en poste et nous disputait le passage à la hauteur de Hanau. La route étant moins encombrée, on put aller plus vite ; on ne marchait plus, on courait. Avant d’arriver sur le terrain où se livrait la bataille, nous fûmes canonnés par des pièces qui se trouvaient sur la rive gauche de la Kinzig. Je fus envoyé avec mes voltigeurs pour les obliger à s’éloigner de cette rive. ”
Jean Hardÿ, Mémoires militaires du général Jean Hardy… (1883)
“ Aux premières étincelles de guerre, les Français peuvent entrer, sans coup férir, dans cette contrée, à l'appui de la place de Strasbourg et du pont du Kehl ; ils n'ont rien à craindre de l'ancien fort de Kehl qui couvre la tète de pont, car ce fort est détruit. Ils trouveront dans la vallée de la Kinzig l'un des passages les plus commodes pour entrer en Bavière ; ou bien le passage d 'Ober- kirch, par la vallée de Noppersawer, les conduira en Bavière et dans le Tyrol. ”
Denis-Charles Parquin,
Souvenirs de gloire et d'amour
(1911)
“ J'envoyai de suite chercher mon domestique, et au bout de quelques minutes je faisais sortir mon ami de la position critique où il se trouvait, car l'ambulance dut être abandonnée au passage de la Fulda. Je fis panser Servatius par le chirurgien-major du régiment, et j'eus le bonheur de le ramener quatre jours après à Mayence, où il entra à l'hôpital. Les Bavarois nous attendaient à Hanau sur la Kinzig ; ils croyaient avoir bon marché de l'armée. Mais c'était la Garde, au nombre de 17.000 hommes, infanterie, cavalerie, artillerie, qu'ils allaient combattre : et l'Empereur était là !... ”
Jacques Martin, La bataille et la retraite de Leipzig… (1870)
“ Après quelques moments d'une violente canonnade et quelques charges irrésistibles de la grosse cavalerie de la garde, le désordre se mit dans les rangs ennemis, et le général de Wrède, acculé sur. la Kinzig, ne vit d'autre ressource que de ramener son armée sur sa droite, afin de lui faire repasser la rivière au pont de Lamboy. Pour favoriser ce mouvement et se procurer l'espace dont il avait besoin, il essaya une attaque sur notre gauche ; c'est là que se trouvaient les débris des 3e, 5e et 6e corps, que cnoduisait Marmont. ”
Louis-Philippe Alphée Pichat, Géographie militaire du bassin du Rhin… (1876)
“ Les Prussiens y battirent les Bavarois le 10 juillet 1866. La vallée est entourée de montagnes qui la dominent de 150 à 200 mètres. La Saale sort de ce pays tourmenté vers Hamelburg (3,000 hab.) , pont et château, et finit à Gemunden par un cours de 35 mètres de largeur environ. 1 4° La Kinzig prend sa source dans le Rhone-Gebirge, au pied du Kinsberg, sur le versant opposé aux sources de la Fulda (Weser) ; elle passe à Schlûchtern (2,000 hab.) , nœud de routes, où débouchent celle de Fulda et le railway Leipsig — Eisenach — Bebra. C'était la grande ligne d'opérations de Napoléon en 1813. ”
Carl von Plotho, Relation de la bataille de Leipzig… (1840)
“ Soudain, toute l'infanterie y pénètre ; le régiment de hussards Sczekler, se précipitant au galop à travers la ville, la balaye, et les troupes le suivent en colonnes serrées vers le pont de la Kinzig. A l'issue du faubourg, on se battit encore avec un acharnement incroyable. Le pont était resté occupé par l'ennemi, qui s'était formé au-delà, en nombreuses colonnes serrées, et lançait sans cesse des grenades et des bombes sur les alliés. Le général ne Wrede, toujours à la tête des troupes, les conduisit sur le pont ”
Jean Hardÿ, Mémoires militaires du général Jean Hardy… (1883)
“ Strasbourg lui servirait de dépôt et de point d'appui en cas de retraite. Les bords de la Kinzig, offriraient aux Français quelques bonnes positions et des points de concentration, qui leur permettraient de se porter, dès le début de la campagne, sur la rive droite du Rhin afin d'empêcher l'Alsace de devenir le théâtre de la guerre. Ces positions sont d'autant plus faciles à occuper que Strasbourg est à la France et que Fribourg est démantelé. LA REiîcfl ET L'ACHEU Turenne et Montécuculli ont campé alternivement sur les deux rives de la Rench, à Wagshurst et à Rhein-Bischofsheim ”
Edmond de Kellermann, Histoire de la campagne de 1800 (1854)
“ La droite du général Kray, sous les ordres des généraux Starray et Giulay, occupait la vallée de la Kinzig en face de Kehl, et le val d'Enfer vis-à-vis de Neufbrisach. Le centre et le quartier général étaient placés à Donaueschingen, au point d'intersection de toutes les communications delaSouabe avec les pays environnants; en.fin, la gauche s'étendait de Schaffouse jusqu'aux Grisons, et pour ainsi dire jusqu'aux pieds du St-Gothard. Une autre armée, sous les ordres du général Mêlas, occupait le Piémont et le Milanais ”
Victor Du Bled, Le Prince de Ligne
“ Recevant tous les jours les gens du peuple, prenant leurs mémoires, causant avec eux et leur faisant prompte justice ; répondant avec plaisir aux questions les plus saugrenues ; ainsi une maîtresse d’auberge lui ayant demandé, pendant qu’il se faisait la barbe, ce qu’il était chez l’empereur, il lui dit : J’ai quelquefois l’honneur de le raser. Il avait de l’esprit naturel, oubliait son rang dans ce palais du Belvédère où, tous les jeudis, la princesse Kinsky réunissait la société la plus choisie de Vienne : plein d’empressement auprès des dames, et ne s’offensant d’aucune liberté de langage. ”
Henri Lemaire, Vie impartiale du général Moreau… (1814)
“ Il ne tenta même pas de disputer le passage de la Kintzig, comme on aurait dû s'y attendre; et vers les dix heures du matin on le poursuivait déjà sur la route .d'Offembourg. Le reste du jour, le pont volant qu'on avait établi, et les bateaux de transport, furent employés sans relâche à passer de l'infanterie. Il n'arriva rien .d'important sur la rive droite du Rhin : on tirailla seulement de part et d'autre jusqu'à la nuit, et on fit quelques prisonniers. Cinq cents hommes, deux mille fusils, treize, pièces de canon, un obusier et plusieurs caissons avaient été pris dans la journée entière. ”
Guillaume de Rubrouck,
Deux Voyages en Asie au XIIIe siècle
“ Cingis prit une des filles de Vut qu’il donna pour femme à un de ses fils, qui devint ainsi père du grand khan Mangu, qui règne aujourd’hui. Ce Cingis donc envoya de tous côtés ses Tartares pour faire la guerre, ce qui a rendu leur nom si célèbre partout ; mais la plupart enfin y périrent ; de sorte que maintenant ceux de Moal veulent faire perdre la mémoire de ce nom-là et y substituer le leur. Le pays où ils parurent premièrement et où est encore maintenant la principale cour de Cingis-Khan, s’appelle Mancherule ”
Rudyard Kipling,
Capitaines courageux
(1896)
“ Quand il revint avec le message du père, priant Harvey de venir à leur rencontre à Boston à telle heure, il trouva Miss Kinzey riant sur les clefs. Et Milsom se mit à rire aussi, car, à tic tac furieux, Los Angeles disait : « Nous demandons savoir pourquoi — pourquoi — pourquoi ? Malaise général s’est manifesté et se répand. » Dix minutes plus tard Chicago appela Miss Kinzey en ces termes : « Si cataclysme doit survenir prière avertir amis en temps. Nous nous mettons tous ici à couvert. » ”
Lucien Perey, Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1887)
“ L’une d’elles, entre autres, le traitait avec la familiarité affectueuse d’un camarade d’enfance : c’était la comtesse Kinsky, née Dietrichstein, et belle-fille de la princesse qui présidait le Belvédère. On pouvait difficilement rencontrer une femme plus séduisante, et son histoire romanesque ajoutait encore au charme de sa personne. Les parents du comte Kinsky et les siens avaient arrangé entre cux le mariage de leurs enfants, auxquels ils ne demandèrent point leur avis. Le jeune comte était en garnison dans une petite ville de Hongrie, il n’arriva que pour la célébration du mariage. ”
Robert d'Orléans Chartres, Une visite à quelques champs de bataille de la vallée du Rhin (1869)
“ Mais la Kintzig est la principale rivière de ce pays ; car la route qui remonte la vallée , par Offenbourg et Hausach, est la voie la plus directe pour se rendre de Strasbourg au bassin du Danube. Plus loin, la plaine est encore traversée par deux autres rivières, la Rench et l'Acher, qui donnent leurs noms à deux petites villes, jadis fortifiées, mais aujourd'hui offrant à peine l'apparence de gros villages. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes d'Hoffmann
(1881)
“ C'est de là que lui vient le surnom de Cinabre. – La fée prenait un soin particulier de cacher à tous les yeux le talisman de son protégé sous une épaisse chevelure qu'elle peignait elle-même, tous les neuf jours, avec un peigne d'or, chargé de signes cabalistiques, et dont l'usage avait la vertu de rendre Klein-Zach méconnaissable. Aujourd'hui, par suite d'une circonstance qu'il est inutile de te révéler, ce fameux peigne est brisé. Klein-Zach est exposé sans défense aux représailles des hommes humiliés. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
(1843)
“ Mais aujourd'hui le peigne est brisé ; Klein-Zach est livré sans défense à toutes les attaques de ceux auxquels il a nui, et il ne s'agit plus, pour achever de rompre le charme, que d'arracher de la tête du ministre Cinabre les trois cheveux couleur de feu. C'est à toi, cher Balthasar, qu'est réservé l'honneur de cette entreprise. Il ne faut qu'un peu de courage, de force et d'adresse. Prends cette lentille de cristal, va au-devant de Cinabre ”
Charles de Mazade,
Une Vie d’Émigré polonais. — Julien Ursin Niemcewicz
“ Les chefs de l’insurrection de Varsovie étaient des bourgeois, mieux encore, des ouvriers, le boucher Sierawski, le cordonnier Kilinski, — le roi Kilinski, — comme l’appelaient avec ironie les Russes. Kilinski est un des personnages originaux du temps; c’est lui qui donne le signal du combat, il descend dans la rue après avoir communié. C’est un homme naïf, d’un bon sens énergique, d’une imagination colorée de poésie naturelle, ardemment patriote, sans haine d’ailleurs et nullement sanguinaire ”
Victor Hugo,
En voyage, tome I
“ Tous font ce que Dieu leur donne à faire, l’astre comme l’homme. Les villes sont d’un aspect plus compliqué et plus tumultueux. Elles abondent sur le Rhin. C’est Bingen, c’est Oberwesel, c’est Saint-Goar, c’est Neuwied, c’est Andernach. C’est Linz, grosse commune à tours carrées, qui a été assiégée par Charles le Téméraire en 1476, et qui regarde vis-à-vis d’elle, sur l’autre bord du Rhin, Sinzig, bâtie par Sentius pour garder l’embouchure de l’Aar. ”
