“ Cet arrêt était juste. Elle avait ravi à un père l’espoir de son nom et le soutien de sa race ; à une famille, son héritier ; à la république, un citoyen qui lui était promis. Combien Oppianicus, coupable d’un crime pareil, n’a-t-il pas mérité un supplice plus grand ? Cette femme du moins, en attentant sur elle-même, fut son propre bourreau ; mais Oppianicus fut l’assassin et le bourreau d’autrui. Les scélérats vulgaires ne peuvent, à ce qu’il semble, commettre sur un seul homme plus d’un parricide : Oppianicus est le premier qui, dans la même victime, en ait immolé plusieurs. ”
Oppianicus
Définition et enjeux
Citations sur “Oppianicus”
“ Le peuple, qui ne savait rien de ce qui s’était passé, qui n’avait jamais vu Oppianicus, qui le prenait pour un homme plein d’honneur et de vertu, immolé par des juges corrompus, conçoit de violents soupçons, parle de faire justice, et demande hautement que l’affaire soit portée à son tribunal. Ce fut à cette époque-là même que Stalénus, appelé par Oppianicus, se rendit secrètement et de nuit dans la maison de Titus Annius, homme distingué par ses vertus, mon intime ami. Tout le reste est bien connu : on sait comment Oppianicus redemanda l’argent ”
“ Montrez enfin quelque trace d’argent sorti des mains de Cluentius. Prononcez ensuite qu’Oppianicus fut un homme d’honneur et de probité ; que jamais l’opinion publique ne lui reprocha rien ; qu’aucun arrêt n’avait préjugé sa condamnation. Alors faites valoir l’autorité des censeurs ; alors soutenez que leurs décisions ont quelque rapport à ce procès. Mais tant qu’il sera constant qu’Oppianicus a altéré les registres publics de la ville qu’il habitait ; qu’il a falsifié un testament ; qu’à l’aide d’une supposition de personne, il en a fait sceller un autre entièrement faux ”
“ Cependant, sans autre motif que la vieille haine dont elle est dévorée, Sassia redemande encore le malheureux Nicostrate pour le mettre à la torture. Oppianicus commence par refuser ; mais sa belle-mère l’ayant menacé de reprendre sa fille et de changer son testament, il cède enfin ; et livrant à la plus cruelle des femmes le plus fidèle des serviteurs, il l’envoie bien moins à la question qu’au plus affreux supplice. ”
“ Aussitôt, épouvanté par le remords d’un crime qu’aucun témoin ne dénonçait encore, Avilius expose les faits comme je viens de les rapporter, et avoue qu’il a tué Asinius à l’instigation d’Oppianicus. Oppianicus se cachait ; il est arraché de son asile par Manilius. On le met en présence de l’assassin, qui révèle tout. ”
Abel Quinton, Le gladiateur et les communeux de Rome ancienne (1876)
“ Ce fut aussi celle des jouissances inouïes et des débordements monstrueux. Tout y contribuait. La condamnation d'Oppianicus montrait ce qu'avaient valu à ses partisans les proscriptions de Sylla; la poursuite contre Verrès, ce que pouvait produire la déprédation d'une province; le luxe insolent de Crassus, ce que l'avidité de la richesse jointe à la concussion, aux calculs de l'usure, aux achats à bon marché de terrains dans une ville telle que Rome, doit procurer d'opulence. Celle de Lucullus, bien que moins odieusement acquise, était pour tous une excitation permanente. ”
“ Oppianicus, à peine sorti de l’enfance, entendait dire que cette information avait pour but de venger la mort de son père : tout persuadé qu’il était de l’attachement de Nicostrate et à son père et à lui-même, il ne put rien refuser. On convoque les hôtes et les amis d’Oppianicus et ceux de Sassia : ils viennent en grand nombre, tous hommes distingués et tenant dans la société un rang honorable. Les plus cruelles tortures sont mises en œuvre. Quoiqu’on eût employé tour à tour et promesses et menaces pour disposer ces esclaves à répondre au gré des bourreaux ”
“ Personne ne voulait plus avoir avec lui aucun rapport d’intérêt ni d’affaires ; de tant de parents et d’alliés, pas un ne le donna jamais pour tuteur à ses enfants. Personne ne voulait l’aborder, le saluer, s’entretenir avec lui, l’inviter à sa table ; tous le repoussaient, tous l’abhorraient, tous le redoutaient comme une peste effroyable, et le fuyaient comme une bête féroce. Cependant cet homme si audacieux, si pervers, si coupable, jamais Cluentius ne l’aurait accusé, s’il avait pu se taire sans exposer sa vie. Oppianicus était son ennemi ”
“ Après qu’on l’eut attendu vainement deux jours entiers, comme on ne le trouvait point dans les lieux qu’il avait coutume de fréquenter, et qu’Oppianicus disait publiquement, sur la place de Larinum, avoir scellé depuis peu avec ses amis le testament d’Asinius, les affranchis du jeune homme et quelques amis fidèles, instruits que le jour où il avait disparu, beaucoup de personnes l’avaient vu en la compagnie d’Avilius, se jettent sur ce traître, et l’amènent aux pieds de Q. Manilius, alors triumvir. ”
“ Seulement elle témoigne quelque répugnance à prendre pour époux un homme qui a déjà trois fils. Oppianicus, qui convoitait l’argent de Sassia, crut devoir chercher dans sa maison le moyen de lever cet obstacle. Il avait de Novia un fils au berceau. Un autre, qu’il avait eu de Papia, vivait auprès de sa mère, à Théanum d’Apulie, à dix-huit milles de Larinum. Tout à coup, sans aucun motif, il fait venir cet enfant de Téanum, ce qu’il ne faisait ordinairement que les jours de fête et de jeux publics. ”
“ Il institua héritier le fils de sa sœur, le jeune Oppianicus, que vous voyez ici, et voulut qu’il partageât avec sa mère Dinéa. Sur ces entrefaites, arrive chez Dinéa une personne qui lui annonce, de manière à ne laisser ni équivoque ni incertitude, que son fils Marcus Aurius est vivant, et qu’il est retenu en servitude dans la Gaule. ”
“ Comme il lui avait amené son médecin de confiance, déjà connu par de nombreux exploits, et qui avait prêté son ministère à bien d’autres assassinats, la malade s’écrie qu’elle ne veut pas être traitée par un homme à l’aide duquel Oppianicus a fait périr tous les siens. Tout à coup il s’adresse à un charlatan d’Ancône, nommé L. Clodius, que le hasard venait d’amener à Larinum, et fait marché avec lui pour quatre cents sesterces, comme l’ont prouvé ses propres registres. ”
Théodore Grellet-Dumazeau, Le barreau romain : recherches et études sur le barreau de Rome… (1851)
“ Il est sur le bord de l'abîme, le plus prudent est de l'y pousser. Stalénus s'arrête à cette idée, qu'il promettra une cer- (1) Pro Cluent,. 14. taine somme à quelques juges peu scrupuleux, mais qu'il se gardera bien de la donner : de cette façon, se disait-il, les juges de bonne foi seront naturellement pour la condamnation; et les autres, se croyant trompés par Oppianicus, ne voudront plus entendre parler de lui. Cela dit, il s'en va chez Bulbus (1) , qu'il trouve morose et ennuyé de n'avoir rien touché de longtemps. ”
Martial,
Œuvres complètes de M. V. Martial
“ XXV. CONTRE OPPIANUS Tu ne m'as vu qu'une fois malade, Oppianus : moi, je te verrai bien souvent dans cet état. == XXVI. A CÉSAR DOMITIEN == Le chasseur des rives du Gange, qui fuit pâle et tremblant sur un cheval d'Hyrcanie, ne vit jamais dans les champs de l'Aurore un nombre de tigres égal à celui que ta capitale a vu depuis quelque temps, ô Germanique. Rome ne suffisait plus à compter ses plaisirs. L'arène qu'elle te doit a fait oublier les triomphes que vit l’Érythrée, la pompe et les richesses du dieu conquérant. ”
Martial,
Œuvres complètes de M. V. Martial
“ XLII.- A OPPIANUS, SUR LES THERMES D'ETRUSCUS Si tu ne te baignes dans les thermes élégants d'Etruscus, tu mourras dans ta crasse, Oppianus. Jamais ondes ne te flatteront davantage : ni les sources d’Apone, interdites aux jeunes filles, ni la voluptueuse Sinuessa, ni les flots bouillants du Passer, ni ceux d'Anxur le superbe, ni les bains d'Apollon de Cumes, ni ceux de Baïes, cette reine des eaux thermales. Nulle part le ciel ne brille plus pur et plus serein ; nulle part les jours ne sont plus longs, et la lumière n'est plus lente à quitter l'horizon. ”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ « C’est, » lui répond cette demoiselle, « que Gaius, le neveu de l’empereur, est en ce moment mort ou peu s’en faut. L’empereur n’a pas d’autre héritier, et Rome fait à sa mort la plus grande perte du monde, car c’était un très-bon et très-beau jeune homme, bien enseigné, large aumônier envers les pauvres gens, humble et doux envers tout le monde. — Où est le corps ? » demanda Ipocras. — « Dans la salle de l’empereur. » Si l’âme, pensa Ipocras, n’est pas encore partie, je saurai bien la faire demeurer. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Oppien, comme on le voit même ici, ne peut guère s’empêcher de dépasser de temps en temps la juste mesure. C’est le Lucain des Grecs ; je veux dire un poëte plein de talent et d’imagination, mais trop jeune pour être complétement maître de lui-même et dompter sa fougue. D’ailleurs il n’y a pas de comparaison possible entre les humbles sujets traités par Oppien et l’immense tableau ébauché par le neveu de Sénèque. ”
Martial,
Œuvres complètes de M. V. Martial
“ IV. SUR OPPIANUS Castricus, c'est lorsqu'il avait les pâles couleurs, qu'Oppianus se mit à faire des vers. V. A CÉSAR DOMITIEN César, si tu es sensible aux regrets du peuple et du sénat, aux vœux sincères de tout le Latium, Tends-nous le dieu que réclament nos souhaits empressés : Rome est jalouse de ses ennemis, malgré les nombreux bulletins ornés de laurier qui nous annoncent tes succès. Le barbare voit de plus près le maître du monde, et ton visage l'épouvante et le charme tout à la fois. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Je n’ai pas cité ce passage comme un de ceux qui peuvent le mieux donner une idée des mérites et des défauts poétiques d’Oppien. Il y en a, dans l’un et dans l’autre poëme, qui rempliraient plus complétement cet objet : ainsi, dans les Halieutiques, la description de l’échénéis ou rémore et celle de la torpille ; ainsi celle de la chasse au lion, dans les Cynégétiques. C’est là qu’Oppien est tout à la fois et exact naturaliste et peintre brillant ”
de Voragine Jacobus, La légende dorée (1902)
“ Et maintenant que peux-tu pour elle ? » Mais Apollinaire : « Sois sans crainte ; et jure-moi seulement que, si ta fille revient à la vie, tu la laisseras librement se consacrer au service de son Créateur ! » Rufus l’ayant juré, le saint fit une prière, et aussitôt la jeune femme se leva ; après quoi, confessant le Christ, elle reçut le baptême avec sa mère et toute sa maison ; et elle resta vierge durant toute sa vie.La nouvelle en étant parvenue à l’empereur, celui-ci écrivit au préfet du prétoire que, si Apollinaire refusait de sacrifier aux idoles, il eût à être envoyé en exil. ”
Amédée Thierry,
Derniers Temps de l’Empire d’Occident…
“ Ici encore Sidoine Apollinaire vint à son secours. Soit mécontentement de l’indocilité de son ami, soit plutôt vergogne de jouer devant le sénat le rôle de patron d’un tel homme dans une telle cause, l’ancien préfet de Rome n’avait point voulu assister au jugement, et sous un prétexte quelconque il avait quitté la ville; mais après la condamnation il écrivit à l’empereur pour obtenir en faveur du coupable, sinon une grâce entière, du moins celle du dernier supplice, et à son retour à Rome il fit près d’Anthémius les plus pressantes démarches : il réussit. ”
Ammien Marcellin, Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce…
“ Apollinaire, gendre de Domitien, et naguère intendant du palais de César, parcourait alors, avec des instructions de son beau-père, les cantonnements de Mésopotamie. Sa mission, dont il s’acquittait peu discrètement, était de s’informer sous main si Gallus, dans quelque correspondance intime, n’aurait pas laissé percer des pensées de haute ambition. A la nouvelle des événements d’Antioche, Apollinaire s’enfuit à travers l’Arménie inférieure, cherchant à gagner Constantinople. Mais, atteint dans sa fuite par un détachement de protecteurs, il fut ramené à Antioche et emprisonné très étroitement. ”
Ovide,
Ovide - Œuvres complètes
“ Dès que le sénat a connu cette réponse, il s’informe du lieu qu’habite le fils d’Apollon, et des ambassadeurs font voile vers Épidaure. À peine leur vaisseau a-t-il touché le rivage, qu’ils se présentent devant le peuple et le sénat des Grecs ; ils les supplient de leur céder le dieu dont la présence peut seule, car tel est l’arrêt du destin, apaiser le fléau qui ravage le Latium. Les avis se partagent : les uns veulent accorder aux Romains le secours qu’ils demandent ; le plus grand nombre s’y refuse, et soutient qu’il ne faut pas affaiblir Épidaure, en livrant le dieu qui le protège. ”
Jacques de Voragine,
La Légende dorée
(1261-1266)
“ On sait, en tout cas, que la naissance du Christ a eu lieu sous l’empereur Octave, qui s’appelait aussi César, du nom de son oncle Jules César, et Auguste, parce qu’il avait « augmenté » la république romaine. Et au moment où le Fils de Dieu est né dans la chair, une paix universelle régnait dans le monde, réuni tout entier sous l’autorité pacifique de l’empereur romain. ”
“ Plancine, femme de Pison. 21. La loi Oppia fut portée en 541, au plus fort de la seconde guerre punique, par le tribun C. Oppius. Elle défendait aux femmes d’avoir à leur usage plus d’une demi-once d’or, de porter des habits de diverses couleurs, de se faire voiturer à Rome ou à mille pas à la ronde, dans un char attelé de chevaux, si ce n’était pour se rendre aux sacrifices publics. Cette loi fut révoquée en 559, malgré l’opposition énergique du vieux Caton, alors consul. ”
Alfred Croiset,
Histoire de la littérature grecque
“ Son œuvre, extrêmement admirée des Byzantins [135] , a incontestablement des mérites d’élégance et de savoir-faire ; ses descriptions ne manquent pas de grâce ni même d’une certaine force ; au demeurant, il y a en tout cela plus de rhétorique que de véritable poésie. Oppien n’a pas d’impressions personnelles : il met en vers ce qu’il a lu, sans s’élever au-dessus d’une habile médiocrité. — Nous avons sous son nom un autre poème, les Cynégétiques (Κυνηγετικά) , en quatre livres, qui serait, suivant ses biographes, une œuvre de jeunesse. ”
J.-J. Ampère,
Revue des Deux Mondes
“ Le moment où le nom de Sidoine Apollinaire commence à retentir hors du cercle de ses amis, est celui de son début dans la carrière du panégyrique ; et l’occasion de ce début fut l’élévation de son beau-père Avitus à l’empire. Le gendre du nouvel empereur se rendit à Rome, et prononça devant le sénat un panégyrique en vers. Dès les premiers mots, l’auteur monte au plus haut ton d’exagération dans l’éloge ; s’adressant au soleil : « Phœbus, toi qui verras enfin un égal dans l’univers dont tu fais le tour, garde ta lumière pour le ciel, car ce soleil suffit à la terre. » ”
“ Il dit, et s'élance; il enlève l'image de la déesse, qui approuve tant de dévouement; c'est à son pontife qu'elle doit d'être sauvée. [6, 455] Maintenant, flammes saintes, vous brillez sans alarmes sous la protection de César; le feu brûle et brûlera toujours au foyer troyen. Sous ce pontife, aucune prêtresse ne sera accusée d'avoir souillé ses bandelettes, et ne descendra dans les entrailles de la terre. Ainsi périt celle qui a cessé d'être chaste; son tombeau, c'est le sein même de la déesse qu'elle a offensée; [6, 460] car Tellus et Vesta ne sont qu'une même divinité. ”
J.-J. Ampère,
L’histoire romaine à Rome (RDDM)…
“ Un jour, avant qu’il fût empereur, le peuple s’était soulevé contre lui et contre Antoine. Antoine tint bon, mais Octave se jeta à genoux, déchira ses vêtemens et demanda grâce ; le peuple l’épargna. Octave, devenu empereur, n’a pas été un grand général ni peut-être même un très bon soldat : a-t-il été au moins un grand législateur ? Ici je serai très court, parce que les monumens de Rome, objet spécial de mon étude, ne peuvent m’offrir aucun document à cet égard. En législation comme en architecture, Auguste fut le continuateur de César. ”
Amédée Thierry,
Derniers Temps de l’Empire d’Occident…
“ Les conseils, les encouragemens, les leçons qu’il adressait aux Romains sous une enveloppe mythologique, furent accueillis avec faveur. On applaudit aux beaux vers dont le poème brille par intervalle; on applaudit peut-être davantage aux mauvais, qui chatouillaient le faux goût du siècle. Le succès dut être bien grand près de l’empereur et près du sénat, puisque le jour même Anthémius consul signait un rescrit qui nommait Sidoine Apollinaire préfet de Rome. ”
