“ « Un vieux manoir, répondit Wildrake, et, autant que j’en puis juger par une seule nuit que j’y ai passée, abondamment pourvu d’escaliers dérobés, de passages souterrains, et de toutes ces communications secrètes qui existent dans ces vieux nids de corbeaux. — Cachette à receler des prêtres, sans doute ; il est rare que les vieux châteaux n’aient pas de secrètes étables pour héberger les veaux de Béthel. — Votre Honneur peut en jurer. — Je ne jure jamais, » répliqua le général sèchement. ”
Citations sur “Wildrake”
“ Mais les diables sont tous de votre opinion en politique, Wildrake, tous vrais Cavaliers bleus ; et je suis convaincu que sir Henri et Alice Lee, quoique n’étant pas leurs confédérés, n’ont pas le plus léger motif de craindre leurs diaboliques machinations. D’ailleurs, sir Henri et Jocelin doivent connaître tous les coins de ce château, et il sera bien plus difficile de faire jouer contre eux toutes ces machinations que contre des étrangers. Mais mettons-nous à notre toilette, nous chercherons ensuite ce qu’il y a de mieux à faire. ”
“ Alice, assisté de Wildrake (magnifiquement vêtu alors, et le regard animé par un seul verre de vin des Canaries) , détournait de temps en temps l’attention des enfants, afin qu’ils n’importunassent pas trop leur grand’père. Nous ne devons pas oublier un autre personnage remarquable qui figurait dans ce groupe... un chien d’une taille gigantesque, qui paraissait au dernier terme de l’existence canine, étant âgé peut-être de quinze ou seize ans. ”
“ Je n’ai rien fait pour vous, mon cher Wildrake, que ce que vous eussiez fait à ma place en pareille circonstance si la fortune vous eût été favorable. Mais, comme je vous le disais, c’est précisément ce dont je voulais vous parler. Pourquoi rendre plus difficile qu’elle devrait jamais l’être la tâche de vous protéger ? Pourquoi vous jeter dans la compagnie de soldats ou coquins parmi lesquels vous êtes sûr de vous échauffer au point de vous trahir ? Pourquoi crier à tue-tête vos chansons de Cavaliers, comme un soldat ivre du prince Robert ou un rodomont des gardes-du-corps de Wilmot ? ”
Théodore Hersart de La Villemarqué,
Barzaz Breiz/1846
“ Le vieil ermite du bois, debout sur le seuil de sa cabane, parlait ainsi amicalement à l’écuyer de Lez-Breiz : — Vous courez bien vite à travers le bois ! votre armure est souillée de fange et de sang. Venez, mon enfant, dans mon ermitage ; venez vous reposer et vous laver. — Ce n’est pas le moment de se reposer et de se laver, mais, certes, de trouver une fontaine ; De trouver de l’eau par ici pour mon jeune maître, tombé au combat, épuisé de fatigue ; Treize guerriers tués sous lui ; le chevalier Lorgnez tué tout le premier ! ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Quand je vois une bête, je cours dessus... Si j’avais ma tête au bout du bras, je crois bien qu’elle partirait comme une pierre. Cet air de résolution et cette franchise ne déplurent pas à M. de Villerglé. La mine éveillée de ce braconnier imberbe lui revenait aussi. — Écoute, dit-il à Dominique, si tu me promets de te bien conduire et de ne plus tendre de collets, je te donnerai un fusil. Tu te promèneras çà et là dans mes terres; si tu rencontres des lapins, je ne te défends pas de les tuer, et à vingt ans tu seras garde. Les yeux de Dominique brillèrent. — Un fusil à deux coups? dit-il. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Le pauvre garçon arrivait de France; une balle l’a jeté par terre ce matin. Quant à moi, commère, je me porte comme un chêne; n’ayez donc pas peur. « Adieu, chère Louise, votre vieux compère vous embrasse et envoie une poignée de main à Roger. Je retiens votre premier enfant; je veux être son parrain. Tâchez que ce soit un garçon, nous l’appellerons Pierre, et j’en ferai un capitaine. » La lettre finie, Louise s’essuya les yeux et posa sa tête sur l’épaule de Roger. — Que Dieu le protège ! c’est lui qui nous a faits ce que nous sommes, dit-elle. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Le soir même, M. de Villerglé causa avec le père Morand. M. de Villerglé avait contre lui sa noblesse, ce qui choquait les principes du vieux professeur. Il avait un titre, des parchemins, et les anciens ne connaissaient pas ces choses-là. Cependant, comme la philosophie voulait qu’on s’accommodât des imperfections humaines, le bonhomme donna son consentement. Pierre embrassa Louise sur les deux joues : — Pardieu! ma commère, il n’y a plus moyen de s’en dédire, vous voilà ma femme ! dit-il avec ravissement. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Le pauvre homme, à cheval sur le faîte, travaillait de bon cœur et chantait à tue-tête. — Est-il heureux! dit Pierre; il n’ira pas au Bois, ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais! Il se retourna et donna un coup de poing sur un meuble qui était près de là. Ce coup de poing fit tomber un paquet de lettres que son domestique avait posées sur ce meuble. Pierre en ramassa une au hasard et l’ouvrit. La lettre était de son régisseur, et lui apprenait qu’une maison qu’il avait du côté de Dives, en Normandie, menaçait ruine. Les murailles étaient crevassées, et il pleuvait au travers du toit. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Si Roger voulait rester pour la signature du contrat, c’était bien; s’il voulait s’en aller, on lui souhaiterait bon voyage, après quoi le curé chanterait la messe. Quant aux craintes que Pierre laissait entrevoir, un homme habitué à vivre en compagnie des Grecs et des Romains pouvait-il se laisser attendrir par les larmes? Si Louise était assez folle pour aimer encore Roger, c’était un détail, et elle épouserait M. de Villerglé. — Épouser une fille contre son gré! dit Pierre, quel diable de cœur me croit-on ! Quand il quitta le Buisson, Louise avait les yeux rouges. — Bon! ”
Eugène Chapus,
Les haltes de chasse
(1860)
“ Wilderman se souvint de lui, mais il croyait peu au pouvoir que cet homme s'attribuait, et se mit à rire d'ironie. O'Kelly insista sur la réalité de ce pouvoir surprenant, et, 248 LES HALTES DE CHASSE comme son opinion avait un grand poids en pareille matière, Wilderman, à quelques jours de là, se rendit auprès de Sullivan. Il vint dans cette disposition d'esprit railleuse et gaie de l'homme qui consulte sans foi, de l'homme que la curiosité pousse plutôt que la conviction. — Je vous rendrai votre cheval doux comme un mouton, maître Wilderman, dit Sullivan ; j'ai ce pouvoir. ”
James Fenimore Cooper,
Le Corsaire rouge
“ Un seul regard suffit pour convaincre Wilder que cet individu était Fid, qui était assez bien remis de son accès d’ivresse pour marcher le long de cette vergue d’un pas aussi sûr, sinon plus ferme, qu’il l’aurait fait sur un grand chemin, si son devoir l’eût appelé sur la terre. ”
Lectures de famille choisies dans la collection du Magasin pittoresque (1872)
“ A trois ans, Éclipse était, tout à fait ingouvernable. Il faisait le désespoir des gens d'écurie. Wilderman commençait à se repentir de son marché. A quoi bon les qualités les. plus brillantes d'un cheval, si l'on ne peut le diriger à volonté sur le turf ? Vers ce temps, un amateur bien connu, le capitaine O'Kelly, avait à son service un Irlandais nommé Sullivan, qui passait pour posséder le secret de dompter à la minute les chevaux les plus fougueux et les plus rebelles. M. Wilderman obtint du capitaine que Sullivan essayerait son pouvoir sur Éclipse. ”
Théodore Hersart de La Villemarqué,
Barzaz Breiz/1846
“ Mais voyant son épée ensanglantée, il la jeta bien loin de lui. — Moi, porter une épée souillée dans le sang du Maure du roi ! — Puis il monta sur son cheval rapide, et il sortit, son jeune écuyer à sa suite ; Et quand il arriva chez lui, il détacha la tête du Maure ; Et il l’attacha à sa porte, afin que les Bretons la vissent. Hideux spectacle ! Avec sa peau noire et ses dents blanches, elle effrayait ceux qui passaient, Ceux qui passaient et qui regardaient sa bouche ouverte qui bâillait. Or, les guerriers disaient : — Le seigneur Lez-Breiz, voilà un homme ! ”
Hendrik Conscience,
Histoire de deux enfants d'ouvrier
“ Tous les Wildenslag, grands et petits, sont des gens grossiers.—Que voulez-vous dire, ô ciel?—Figurez-vous, je viens dans la ruelle où demeurent les Wildenslag, pas pour eux, mais pour un ami, car je ne voulais pas avoir affaire à ces brutes. Savez-vous ce que je vois? Un tas de femmes, au milieu desquelles se trouvait la mère Wildenslag, en train de se disputer avec fureur. Tout à coup Godelive, le sabot à la main, s'élance hors de la maison et se met à frapper à droite et à gauche avec tant de violence, qu'il fallut la saisir à quatre pour s'en rendre maître. ”
Théobald Walsh, Voyage en Suisse, en Lombardie et en Piémont… (1835)
“ L'existence du Wildmann ou homme sauvage est encore, pour les paysans, un fait hors de doute. Comment cet être fantastique est-il parvenu à se glisser dans la charge officielle qu'il occupe aujourd'hui ? c'est là ce qu'on n'a pu m'apprendre. Tout ce que j'en sais , c'est qu'il a usurpé la place de l'aigle de l'empire qui, lui-même, avait pris celle du moine encapuchonné , dernier indice de la domination des abbés de Murbach. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Après une heure de conversation, la victoire lui resta. — A la bonne heure, et voilà qui est parlé, reprit M. de Villerglé après qu’il eut arraché le consentement du père Morand, votre fille restera près de vous, et vous serez choyé par vos deux enfans. Je me charge de la dot, et, grâce à Roger, il y aura toujours du vin vieux dans le cellier. — A la bonne heure, dit le philosophe, il faut bien qu’un père fasse quelque chose pour ses enfans. Pierre entendit marcher sous les fenêtres et reconnut le pas léger de Louise; quelqu’un l’accompagnait. Le cœur lui battit un peu. ”
Élie Berthet,
Le Nid de cigognes
“ Wilhelmine, vous ne pouvez plus rester ici ; je sais quels dangers vous courez auprès de votre frère... — Mais ce danger vous menacerait de même si l’on vous rencontrait ici, répliqua, Wilhelmine en tressaillant ; Par lez bas, Frantz, mon frère est dans la tour, s’il vous voyait, s’il vous entendait, nous serions perdus — Moi, qu’importe !... c’est de vous Wilhelmine, qu’il faut s’occuper. Écoutez : ce passage aboutit au bord du Rhin : une barque est préparée ; en peu d’heures nous pouvons être hors de toute atteinte... Wilhelmine, au nom de ce qu’il y a de plus sacré, partons !. ”
Amédée Achard,
Madame Rose; Pierre de Villerglé
“ Sa tête est comme une broussaille.—Précisément. Oh! le travail ne le maigrit pas!—Eh bien! mon garde l'a arrêté ce matin au moment où il ramassait un lièvre pris au collet. Ah! le petit drôle est mon filleul?—Ce qui m'étonne, c'est qu'il y ait encore un lièvre chez vous. Quand je lui fais des observations: «C'est bon, marraine, me dit-il; M. de Villerglé et moi nous sommes de vieux amis.» Et le lendemain il recommence.»Pierre se mit à rire. «Bon! dit-il, je donnerai ordre qu'on m'amène Dominique.»Vers le soir, M. de Villerglé pensa à retourner à la Capucine et demanda son cheval. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Pierre alluma un cigare et prit un sentier qui menait sur les dunes. Il aspirait violemment la fumée et donnait de grands coups de talon dans le sable. — Çà, reprit-il, quoique je sois votre rival, ne voyez pas en moi un ennemi... Parlez-moi donc comme si nous étions encore au collège de Caen. Pourquoi n’avez-vous pas écrit à Louise depuis plus de six mois ? — Eh ! le pouvais-je? Rien ne me réussit. Il suffit que je mette le pied sur un navire pour qu’il périsse. ”
Théodore Hersart de La Villemarqué,
Barzaz Breiz
“ Toujours il dort, il dort le roi. Mais un cri s’élève dans la plaine : — L’eau est lâchée ! la ville est submergée ! — Seigneur roi, lève-toi! et à cheval! et loin d’ici! La mer débordée rompt ses digues ! — Maudite soit la blanche jeune fille qui ouvrit, après le festin, la porte du puits de la ville dis, cette barrière de la mer! V — Forestier, forestier, dis-moi, le cheval sauvage de Gradlon, l’as-tu vu passer dans cette vallée? ”
X.-B. Saintine,
Le chemin des écoliers : promenade de Paris à Marly-le-Roy en suivant les bords du Rhin
(1862)
“ Devant les uns et les autres, je tentai de me justifier, et même de justifier Brascassin; je ne l'avais point quitté depuis trois jours, et venais de le laisser à Wildbad. « C'est cela! bien joué! crie une voix. La porte de Dourlach est justement sur la route de Wildbad. A Wildbad, il aura d'abord laissé Thérèse s'établir seule, pour sauver les apparences, et sera venu l'y rejoindre ensuite. Nous connaissons donc enfin le lieu de leur cachette ! Ils sont à Wildbad! — Ils sont à Wildbad! quelle immoralité! » répètent en chœur tous les habitués de la maison, Lebel. ”
Hendrik Conscience,
Histoire de deux enfants d'ouvrier
“ Cela est bien possible, répondit Wildenslag en secouant la tête avec impatience. Qui te dit que je ne resterais pas à la maison, du moins pendant la semaine, si tout ici n'était pas dégoûtant comme dans une écurie, et si je pouvais seulement y trouver une figure amicale; mais, toi, avec ta brutalité et ton manque de soin, tu chasserais un ange d'ici.La femme, offensée, mit les poings sur les hanches et se disposait à faire une sortie furieuse; mais la porte s'ouvrit avec fracas et un garçon de quatorze ans, dont les vêtements étaient remplis de flocons de coton, entra en dansant ”
Amédée Achard,
Madame Rose; Pierre de Villerglé
“ On aurait dit qu'il en voulait emporter l'image dans son cœur. Le postillon fit claquer son fouet, et les chevaux battirent du pied. Ce bruit arracha Pierre à sa muette et longue contemplation. Il sauta dans la voiture. «En route!» dit-il brusquement. Les chevaux partirent, et, un moment après, un coude du chemin lui cacha la maison et la mer.A quelque temps de là, un soir, à la Capucine, où elle s'était établie avec Roger, Louise reçut une lettre timbrée de Constantine.«Une lettre de Pierre!» dit-elle en battant des mains. ”
Paul Duplessis,
Le Tigre de Tanger
“ Sir John Wildman, lui dit Murray, de quelle cave ou de quel grenier sortez-vous ? Quelles nouvelles avez-vous donc à m’apprendre, pour vous être décidé enfin à braver l’œil des officiers de justice ? Parlez : que font-ils en Hollande ? Tout est prêt, je m’imagine ? Ne vont-ils donc pas s’embarquer et mettre à la voile ? Le vieillard leva les yeux de dessus le livre et les arrêta sur Murray, mais il ne répondit à aucune des questions qui lui étaient adressées. ”
Eugène Chapus,
Les haltes de chasse
(1860)
“ Il savait que la surveillance la plus vigilante ne suffit pas toujours contre la malveillance qui veut. Le capitaine O'Kelly, envers qui la fortune n'était pas au bout de ses libéralités, profita de l'exagération des terreurs de Wilderman, et lui proposa sur-le-champ, moyennant quatorze cents livres sterling (35,000 fr.) de lui céder la propriété exclusive du cheval. Wilderman qui venait de recueillir d'assez grosses valeurs par Éclipse, fut ébloui de l'énormité du capital dont ses bénéfices, et les propositions d'O'Kelly le mettaient en possession. ”
Amédée Achard,
Pierre de Villerglé
“ Dame! parrain, ne plus braconner, c’est dur; c’est un fameux plaisir, allez, que d’attendre le passage d’un lièvre quand il sort du bois, de tendre un piège dans la coulée et de voir au petit jour si la bête est prise. Le cœur vous bat drôlement...... On a un œil sur le collet et un œil dans la plaine pour voir si le garde ne vient pas... Mais puisque vous y tenez et que vous êtes mon parrain, eh bien ! soit, j’y consens. Pierre vit bien, à la quantité extraordinaire de lapins qu’on apportait à la Capucine, que Dominique se promenait consciencieusement sur ses terres. ”
Théodore Hersart de La Villemarqué,
Barzaz Breiz
“ As-tu entendu, as-tu entendu ce qu’a dit l’homme de Dieu au roi Gradlon qui est à Is ? « Ne vous livrez point à l’amour ; ne vous livrez point aux folies. Après le plaisir, la douleur! « Qui mord dans la chair des poissons, sera mordu par les poissons ; et qui avale sera avalé. « Et qui boit et mêle le vin, boira de l’eau comme un poisson ; et qui ne sait pas, apprendra. » II Le roi Gradlon parla : — Joyeux convives, je veux aller dormir un peu. ”
Jules Verne,
L’École des Robinsons
(1882)
“ Impossible de douter que la troupe hurlante ne se rapprochât de Will-Tree. Oui! ce n'était que trop certain! Et, cependant, ces animaux féroces, d'où venaient-ils ? Ils ne pouvaient avoir récemment débarqué sur l'île Phina ! Il fallait donc qu'ils y fussent antérieurement à l'arrivée de Godfrey! Mais, alors, comment toute cette bande avait-elle pu si bien se cacher, que, pendant ses excursions et ses chasses, aussi bien à travers les bois du centre que dans les parties les plus reculées du sud de l'île, Godfrey n'en eût jamais trouvé aucune trace ! ”
