“ Elles ont d’abondants pendants d’oreilles et de nez, leur teint est clair, leurs traits nobles. La nonchalance d’une distinction séculaire les alanguit. Elles n’ont qu’un geste trivial, celui du houka, qu’elles fument comme les hommes, leurs fines bouches à même la noire noix de coco. ”
Houka
Définition et enjeux
Citations sur “houka”
“ Faut-il remettre du tabac dans le houka ? dit l’homme agenouillé en se tournant vers Djalma et montrant les traits accentués et sinistres de Faringhea l’Étrangleur. Le jeune prince resta muet, soit que, dans son mépris oriental pour certaines races, il dédaignât de répondre au métis, soit qu’absorbé dans ses rêveries il ne l’eût pas entendu. ”
Lewis Carroll,
Alice au pays des merveilles
(1865)
“ Cette fois Alice attendit patiemment qu’elle se décidât à parler. Au bout de deux ou trois minutes la Chenille sortit le houka de sa bouche, bâilla une ou deux fois et se secoua ; puis elle descendit de dessus le champignon, glissa dans le gazon, et dit tout simplement en s’en allant : « Un côté vous fera grandir, et l’autre vous fera rapetisser. » ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Avec la fumée du houka, vous aspirez des rêves éveillés, des rêves enchanteurs ! J'ai parlé quelque part du fourmillement de la vie dans l'Inde. Cette force de la nature créatrice éclate à Madras avec une exubérance inouie ; - elle pénètre de vive force la civilisation : l'animal se mêle à l'homme ; les oiseaux entrent familièrement par les - fenêtres ; on trouve des reptiles dans tous les coins de l'appartement ; les lézards, de toutes formes et de toutes couleurs, courent le long des murs ou se suspendent à tous les plafonds ”
Victor Fournel,
Aux pays du soleil. Un été en Espagne…
(1883)
“ Et, au milieu de ce tohu-bohu infernal, les. indigènes fument tranquillement le houka et le narguilé, accroupis sur les bancs des cafés en plein air, et les clients assis sur les chaises devant les boutiques palpent les étoffes et examinent les bijoux. ”
Lettres sur l'Inde (1848)
“ Le vêtement des bayadères, en gaze de différentes couleurs, est fort curieux. Une des danseuses avait l'air de se donner plus d'importance ; et pendant le repos elle fumait un houka d'argent, dans une attitude assez fière, sur le plancher. Son pantalon de gaze rose, collant d'en haut, et s'élargissant beaucoup vers le bas jusqu'à former comme une jupe, avait des coutures garnies de minces galons par derrière, trois sur chaque jambe, aboutissant en pointe vers le haut, à droite et à gauche. ”
Alfred de Bréhat, L'hôtel du dragon (1876)
“ Deux Hindous, accroupis sur leurs talons, et n'ayant d'autres vêtements que le langouti et le turban, fument le gargouli, le houka du bas peuple, qui se compose d'une noix de coco sur laquelle est planté un tuyau que je ne puis mieux comparer qu'à une clarinette. Le bec s'enfonce dans la noix à l'endroit par lequel celle-ci était jadis suspendue à l'arbre. Le pavillon sert de fourneau et reçoit le tabac auquel les Bengalis mêlent souvent des feuilles de chanvre. ”
Melchior-Honoré Yvan, De France en Chine, par le Dr M. Yvan (1855)
“ Il est faux, tout à fait faux qu'on soit jamais parvenu à faire fumer des orangs-outangs; Tuan, et tous ceux que j'ai vus, n'ont jamais pu exécuter cette aspiration. Les gravures représentant ces quadrumanes fumant le houka avec leurs maîtres sont des mensonges stéréotypés. Lorsque j'arrivai à Manille, nous allâmes nous installer, Tuan et moi, dans une maison tagale, et nous vécûmes en commun avec la famille qui l'habitait, laquelle était composée du père, de la mère, de deux jeunes filles de quatorze à seize ans et de quelques petits enfants. Tuan fut ravi de notre installation. ”
Louis Deville, Excursions dans l'Inde, par Louis Deville (1860)
“ Nous y rencontrons de longues files de mulets, de bœufs et de chevaux. Les petits bazars indigènes sont trèsrapprochés sur une route aussi fréquentée. On descend dans un profond ravin, puis il faut faire une nouvelle ascension très-fatigante. La chaleur devient si forte que les coulis me demandent une demi-heure de repos. Ils s'étendent à l'ombre d'un arbre et fument le houka ; puis ils se remettent en marche et atteignent le sommet de la montagne. Elle est couverte de sapins, d'une espèce de chêne vert et d'énormes rhododendrons en fleurs. ”
René de Pont-Jest,
Le Fire-Fly
“ Quant aux femmes et aux indiens qui nous entouraient, ils semblaient découvrir des jouissances inouïes dans les glou-glous des houkas ; glou-glous qu’il est de bon ton de prolonger le plus longtemps possible, mais exercice qui fait faire, suivant moi, la plus vilaine des grimaces. ”
Urbainie Faydit de Terssac, À travers l’Inde en automobile
“ Le pied de ce « hooka » en métal précieux, a la forme d’une cloche renversée, l’intérieur est rempli d’eau de roses, et une sorte de tube en cristal de roche le surmonte comme une cheminée dont le bout, un godet en pierres précieuses, contient le feu, et le « chillum », mélange de sucre brut et de tabac. Un long tuyau d’aspiration en mailles de soie très serrées, adapté à un orifice de la cloche, se déroule comme un serpent et passe de main en main. On présente le narghilé à la bégum qui me l’envoie aussitôt avec ses salutations et l’assurance de son inaltérable amitié. ”
“ En tête de la table des matières, est représenté, ainsi que c’est l’habitude dans les romans quasi historiques de Bakin, le paysage sur la rive de la Soumida, où se trouvait le tombeau des deux frères. Et dans une planche d’Hokousaï, l’on voit cette mère, en la recherche de ses enfants, sous la robe d’une mendiante, jouant la folie, entourée d’une troupe d’enfants se moquant de la princesse Hanako, devenue méconnaissable, et portant une branche d’arbuste où est pendu un éventail, sur lequel est écrite une phrase, qui doit seulement la faire reconnaître par ses enfants. ”
Charles Malato,
De la Commune à l’anarchie
“ Mon premier mouvement fut de décliner la proposition de Hook : à quoi bon revoir sans cesse le même spectacle ? On se lasse de tout, même d’entendre des démons hurler en agitant frénétiquement leurs armes. — « Vous avez tort de refuser, me dit mon ami, il ne s’agit pas d’un pilou vulgaire. Vous savez que celui-ci est donné par les Oébias, ces farouches rois de la montagne, pour célébrer le retour de leur chef, de Koïma, après un traitement de deux mois à l’hôpital de Nouméa ; dans leur enthousiasme, ils sont capables de manger l’un d’entre eux : c’est chose à voir. » ”
Mór Jókai,
Les fils de l'homme au coeur de pierre
(1880)
“ Il s'arrêta, ôta son chapeau, enleva de sa ceinture sa pipe et sa belle blague hongroise brodée de soie et d'or ; il regarda attentivement ces trois objets, et murmura un : « C'est bon ! » peu rassurant. Puis il remit son chapeau sur sa tête, sa pipe et sa blague à leur place, et repartit au trot. Il se dirigea tout droit vers le camp ennemi. Tout était couvert de neige, la plaine était entièrement déserte. Quand Boksa arriva aux marécages où Richard était venu au secours de son frère, il monta sur une petite éminence et regarda autour de lui. Il vit au loin des feux de bivouac. ”
“ Ce ne fut pas la seule grandissime peinture que peignit Hokousaï. Plus tard, il peignit à Honjô un cheval colossal, et plus tard encore à Riôgokou un Hôteï géant, Hoteï qu’il signa Kintaïsha Hokousaï, ce qui veut dire « Hokousaï de la maison au sac de brocart » par allusion au sac de toile qui est toujours l’accessoire de ce dieu. Le jour, où il peignit le cheval de la grandeur d’un éléphant, on raconte qu’il posa son pinceau sur un grain de riz, et quand on examina ce grain de riz à la loupe, on eut l’illusion de voir dans la tache microscopique du pinceau, l’envolée de deux moineaux. ”
Robert Louis Stevenson,
Dans les mers du sud.... Les Marquises et les Paumotus
“ Hoka, le meilleur danseur et chanteur, le dandy d’Anaho, était l’un des plus beaux jeunes gens du monde ; grave, imposant, majestueux, léger comme une plume et fort comme un bœuf. Mais on l’eût à peine reconnu, dans cette occasion, lorsqu’il s’assit, affaissé et silencieux, le visage morne et fermé. ”
“ Son exécution ressemble tellement à son maître, qu’il est de toute nécessité d’étudier la signature, si l’on ne veut pas se tromper. C’est ainsi que parmi ses estampes, on a pris pour des Hokousaï, les pièces suivantes : 1o La carpe dans l’eau ; 2o Deux cigognes et deux pins ; 3o Femme en promenade, dans le format en hauteur, et dans les autres formats des fleurs et oiseaux, des paysages, des personnages, et un paysage de nuit, où il y a un pont éclairé par la lune. Hokousén, qui signe Toyénrô, et qui collabora à la Mangwa. ”
“ Voici dans un album, des études de femmes ressemblant à nos griffonnis à la plume, et à côté d’une petite femme à peine formulée, sa reprise au carreau en grand, avec des parties lavées à l’encre de Chine. Quelques croquis, au contour légèrement vermillonné, prennent l’aspect de dessins aux dessous de sanguine. Ici un repentir, montrant sur le haut d’un temple de Yédo, un petit morceau de papier, sur lequel le peintre a ajouté des grues. Comme Watteau, comme Gavarni, Hokousaï fait de nombreuses études de mains, de mains en toute l’énergie de leurs mouvements. ”
Émile Souvestre,
Contes et légendes de Basse-Bretagne
“ Par malheur pour nous, Hok, dans sa joie, oublia de boucher le Trou du Diable. On ne le sait que trop en ce monde, hélas ! — Hok s’en retourna chez son père qui, le voyant déjà grandi de trois pieds depuis le jour de son baptême, pensa qu’un tel garçon serait fort coûteux à nourrir à ne rien faire... Oui, Hok ne voulait rien faire, si ce n’est courir les aventures, se battre et se marier le plus tôt possible. Se marier à cet âge ! Y pensez-vous ?... En effet, en quittant Huelgoat, notre jeune géant avait d’abord eu l’idée d’emporter sa petite tante sous son bras ”
“ C’est la tête d’un aigle tenant dans ses serres un petit ourson, dont les ailes étendues remplissent, de la manière la plus heureuse, l’hémicycle de l’éventail. Enfin, en l’année 1823, l’année où Hokousaï va publier ses plus belles feuilles séparées, va faire paraître ses premières planches des Trente-six Vues de Fougakou (Fouzi-yama) , il met au jour une curieuse impression. C’est une très grande planche, du format de nos plans de ville : un paysage imaginaire, contenant cent ponts dans une seule vue, un paysage d’un pittoresque indescriptible. ”
“ La même année, paraît Shunkiô-jô, Distractions du printemps, un volume de poésies, dont Hayashi n’a jamais rencontré qu’un seul exemplaire, un volume aux nuances douces, amorties des planches, annonçant une publication faite par une société d’amateurs. Une impression charmante, est la planche en couleur, où Hokousaï a représenté une collation dans la campagne, et où des femmes s’amusent à faire flotter sur un cours d’eau des coupes à saké, et l’homme auquel le courant l’apporte est obligé d’improviser une phrase poétique, sous peine, s’il ne peut l’improviser, de boire trois coupes. ”
“ « Le Bouddha exploita la loi religieuse. Le premier prêtre exploita le Bouddha, les prêtres de la postérité continuent à exploiter leur ancien maître, et toi tu exploites ton corps. Ton commerce consiste à calmer la fièvre des passions. Au fond la réalité c’est le néant, et le néant c’est la réalité. Le feuillage offre sa verdure et la fleur sa couleur. La lune se baigne dans le lac, mais ce n’est là que son image. » Kakémono signé : Gwakiôjin Hokousaï (1801-1805) . ”
“ Et, dans ces grands sourimonos de femmes de cette année et des années qui vont suivre, Hokousaï échappe à la grâce mignarde, poupine, conventionnelle de ses premières années; il arrive dans des créatures plus amples, plus en vraie chair, à la véritable grâce féminine donnée par l'étude d'après la nature. ”
Jules Garnier, La Nouvelle-Calédonie, côte orientale… (1901)
“ Dans l'après-midi, nous jetions l'ancre devant notre établissement de Houagap, après avoir passé auprès de l'Ile d'un seul arbre, sur laquelle est un pin isolé, d'une grande hauteur : on le voit de très-loin en mer, et il sert pour l'atterrissage. Cet arbre avait été signalé par Cook il y a près d'un siècle. La situation de Houagap est favorable à des établissements d'agriculture. Il y a au bord de la mer une large plage plantée de cocotiers et arrosée par une belle rivière, la Tiwaka, qui parcourt une vallée très-fertile, habitée par les indigènes jusqu'à six ou sept lieues dans l'intérieur. ”
“ Puis tout à coup, Hokousaï couvrant la moitié d’une immense bande de papier d’une teinte d’indigo, faisait courir dessus des coqs, aux pattes plongées dans de la couleur pourpre, et le prince étonné avait l’illusion de voir la rivière Tatsouta, avec ses rapides, charriant dans leurs eaux, des feuilles pourpres de momiji. L’intérêt de cette entrevue : c’est que sous les Tokougawa, jusqu’à ce jour, un homme du peuple ne pouvait se présenter devant le shôgoun. ”
“ L'illustration de cette pièce par Hokousaï est intéressante. Dans le dessin de la reine de Biwa, de la femme d'Hidésato, de la fille d'Hidésato, l'amoureuse de Sadamori, le dessinateur a abandonné la mignonnesse un peu petite, un peu miniaturée de ses premières années; et, tout en leur laissant leur première grâce, il arrive à leur donner de l'ampleur, de la grandeur, à les varier et à ne plus toujours faire la même longuette petite femme de ses débuts. Dans l'oeuvre d'Hokousaï, les femmes de ces années ont une parenté avec les femmes de Hokouba. ”
“ XLIX Oui, cette année 1839 où Hokousaï au bout de ces quatre ans d'exil passés à Ouraga revient à Yédo, est une année vraiment malheureuse: une année fatale pour l'artiste. A peine s'est-il logé, établi à nouveau dans le quartier Honjô, le quartier campagnard, affectionné par le peintre, qu'un incendie brûle sa maison, détruit un grand nombre de ses dessins, et les esquisses et les croquis qu'il a pris tous les jours de sa vie,—et de la maison où brûle son oeuvre le peintre n'emporte que son pinceau. ”
“ Ce dessin exécuté au trait d’encre de Chine, à un seul coup de pinceau, sur plusieurs morceaux de papier assemblés, serait la première pensée du « Bain » et l’enfant tenu par sa mère, aurait presque un tiers de sa grandeur naturelle. Wakai cite dans une lettre, comme collectionneurs d’Hokousaï au Japon, MM. Houki, Kaivasaki, Masouda ; mais le Japonais n’aime pas la publicité autour de ce qu’il possède, et le catalogue de l’œuvre d’un peintre est très difficile à établir en ce pays artistique. ”
“ C’est une carte du Jour de l’An, qu’on offrait à un petit nombre d’amis, c’est un programme de concert, c’est la commémoration d’une fête en l’honneur d’un lettré, d’un artiste mort ou vivant. 1793 Le premier sourimono qu’on connaît d’Hokousaï, est à la date de 1793, avec la signature de Mougoura Shunrô. Il représente un jeune marchand d’eau fraîche, assis sur le bâton qui lui sert à porter ses deux barillets, à côté d’un petit dressoir, où sont des pots de sucre, des bols de porcelaine, des bols de métal. ”
Léon de Beylié,
L'Architecture hindoue en Extrême-Orient…
(1907)
“ En tous les cas, la mode des huches à pain n'a pénétré ni au Yunnan, ni au Tonkin, ni en Annam, ni en général dans la Chine proprement dite. On la rencontre a Java, dans les magasins à riz des villages de l'intérieur et jamais dans les habitations. On la voit très souvent à Sumatra dans les magasins à riz et très rarement dans les habitations, spécialement dans le « pays haut de Padang », au centre de l'Ile, sur le territoire de l'ancien royaume de Menang-Kabau, et chez les Bataks. Il en est de même dans tout l'archipel asiatique. ”
“ Le premier livre jaune qu’il illustrait, en 1781, à l’âge de vingt et un ans, était un petit roman en trois volumes, intitulé : Arigataï tsouno itiji, Grâce à un mot galant, tout est permis, roman que ni Hayashi, ni les biographes du peintre japonais n’ont rencontré, et dont le texte, à l’époque de la publication, a été attribué à Kitao Masanobou, plus tard le célèbre romancier Kiôdén, tandis que le texte et les dessins sont d’Hokousaï qui avait publié cette plaquette, sous le pseudonyme de Koréwasaï, sobriquet signifiant : « Est-ce cela ? » le refrain d’une chansonnette du temps. ”
