Adrien Linden, Petites histoires de mon grand-père
“ Le petit bossu souriait toujours. La moribonde murmura ces paroles : — Ma vie ne vaut pas un pareil sacrifice : ma fille, laissez-moi mourir. Désirée, n'écoutant que son amour filial, tendit la main à l'affreux avorton et lui dit : — Sauvez ma mère : voici ma main. A peine la main de la princesse eut-elle touché celle du monstre, qu'une double métamorphose s'accomplit. Désirée redevint la belle créature d'autrefois et le vieillard se transforma en un jeune et beau prince. Celui-ci, pliant le genou, dit à sa fiancée : — Il n'est point de difformité que la bonté n'efface. ”
