Joseph Poisle Desgranges

Résumé

Joseph Poisle Desgranges Roman d'une mouche (1872)

Ah ! si vous la connaissiez cette femme, vous feriez pour elle bien d'autre sacrifice que celui d'accepter un de ses cheveux dans votre verre ou dans votre assiette. Que dis-je? Pour le posséder, ce cheveu fin comme celui de la Vierge, vous donneriez tous les vôtres, au risque d'être chauve ou de porter perruque et de déplaire ensuite à votre amante :
Voilà pourtant le jugement des hommes. Ils attachent du prix aux choses, ou bien ils ont de la répugnance pour elles, suivant le caprice ou la fantaisie qui les gouverne.
La mouche n'est rien à leurs yeux, parce qu'ils la jugent légèrement.
Source : Gallica

Joseph Poisle Desgranges Roman d'une mouche (1872)

Un livre qui vise à la page se lit du pouce ou ne se lit pas. Le peu de morale qu'il contient se trouve ordinairement noyé comme une mouche dans du lait. Car on n'amuse pas le lecteur avec de longues dissertations. On ne prêche pas deux heures en chaire sans ennuyer son auditoire. Et l'ennui, c'est un mal accablant ! C'est une gêne qui serre petit à petit nos membres dans un étau et qui finit par les broyer. L'ennui c'est aussi une longue page de chiffres posés fort près les uns des autres et qu'on ne peut parvenir à additionner sans se tromper au total.
Source : Gallica

Joseph Poisle Desgranges Roman d'une mouche (1872)

J'ai horreur de la guerre! Mon livre ne sera lu, je l'espère, que par des esprits sensés ; ils comprendront que mon intention a été seulement de prouver aux hommes que la valeur d'une mouche est égale à la leur, et que nous aurions aussi nos moyens de destruction si nous songions à leur nuire.
Nous les gênons, disent-ils; mais, eux-mêmes, ne nous gênent-ils pas, lorsqu'ils nous chassent en nous privant de tout ce qui contente leur gourmandise? Pourquoi cherchent-ils à nous faire périr? Notre existence est si courte, en comparaison de la leur !
Source : Gallica

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