M. de Marigny

Définition et enjeux

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Une vieille maîtresse (1851)

Le bon sens de la marquise, qui n’avait rien de bourgeois, lui disait qu’après tout, dans cette loterie du mariage, les qualités de M. de Marigny étaient encore la meilleure mise. « Les passions — pensait-elle — font moins de mal que l’ennui, car les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l’ennui tend toujours à s’accroître. » Enfin, elle se connaissait à l’amour, et celui de Marigny était sincère et loyal. Il avait des dettes, « mais Hermangarde — disait-elle avec une élévation très spirituelle — a quatre-vingt mille raisons pour se passer de la fortune d’un mari. »
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Une vieille maîtresse (1851)

Malepeste ! il faut que cette femme soit bien belle ou terriblement habile, pour ramener des bras de toutes les autres femmes un homme comme M. de Marigny.
— Eh bien, pas du tout ! — fit Mme d’Artelles, qui tenait à verser sa goutte d’acide prussique dans toutes les pensées de son amie. — Le vicomte la dit assez laide, d’un caractère fort extravagant, et plus âgée que M. de Marigny, qui a trente ans.
— Hein ! ce ne sont pas là des séductions bien omnipotentes, — dit la marquise.
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Une vieille maîtresse (1851)

Une femme comme la marquise, à l’analyse microscopique et foudroyante, voit bien des choses où les hommes ne voient rien du tout. Elle tenait à les voir. De plus, elle observerait Marigny auprès d’Hermangarde dans le hasard de ce vis-à-vis et de cette rencontre avec une ancienne maîtresse. Enfin, dans tous les cas, après l’Opéra, elle ramènerait M. de Marigny à l’hôtel de Flers, et quand mademoiselle de Polastron serait rentrée chez elle, une explication commencerait.
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