Jules Barbey d’Aurevilly,
Une vieille maîtresse
(1851)
“ Le bon sens de la marquise, qui n’avait rien de bourgeois, lui disait qu’après tout, dans cette loterie du mariage, les qualités de M. de Marigny étaient encore la meilleure mise. « Les passions — pensait-elle — font moins de mal que l’ennui, car les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l’ennui tend toujours à s’accroître. » Enfin, elle se connaissait à l’amour, et celui de Marigny était sincère et loyal. Il avait des dettes, « mais Hermangarde — disait-elle avec une élévation très spirituelle — a quatre-vingt mille raisons pour se passer de la fortune d’un mari. » ”
