“ Le maréchal d’Olonne se méprit à la joie si vive que je montrai en le revoyant : il m’en sut gré, et je reçus ses éloges avec embarras. S’il eût pu lire au fond de mon cœur, combien je lui aurais paru coupable ! Lorsque j’y réfléchis, je ne comprends pas que M. le maréchal d’Olonne n’eût point encore deviné mes sentiments secrets ; mais la vieillesse et la jeunesse manquent également de pénétration, l’une ne voit que ses espérances, et l’autre que ses souvenirs. Faverange était ce vieux château où madame de Nevers avait été élevée, et dont elle m’avait parlé une fois. ”
Madame d'Olonne
Définition et enjeux
Citations sur “Madame d'Olonne”
“ Un attachement si long de la part de cet abbé avait tellement lié sa vie à l’existence de la maison d’Olonne, qu’il n’avait d’intérêt, de gloire, de succès et de plaisirs que les siens ; mais c’était dans la mesure d’un esprit fort calme, et d’une imagination tempérée par cinquante ans de dépendance. Il avait un caractère fort facile : il était toujours prêt à jouer aux échecs ou au trictrac, ou à dévider les écheveaux de soie de madame de Nevers ; et, pourvu qu’il eût bien dîné, il ne cherchait querelle à personne. ”
Mathieu Marais, Journal et mémoires de Mathieu Marais… (1863-1868)
“ Il s'échappe, passe en Espagne, où il est encore. La duchesse, désespérée trouve une personne qui en prend pitié (madame de Vauvray ) , qui l'amène à Paris , la met dans un couvent où elle en prend soin , et au bout de quelque temps, la jeune duchesse d'Olonne la reconnoit pour sa parente, et la met dans le monde. Elle joue à trois ou quatre amants à la fois, ne manqué pas de beauté, ni de certain esprit propre à séduire. L'intrigue de la Cour s'en mêle, on veut faire tomber la Parabère, qui fait semblant de ne s'en pas soucier, et voilà la duchesse de Fallari déclarée maîtresse du Régent. ”
duchesse de Claire de Durfort Duras, Edouard
“ Je le fis placer au pied du cercueil de Mme de Nevers, et alors seulement je sentis le premier soulagement à ma douleur.M. le maréchal d'Olonne avait quitté le monde et la cour. Il habita Faverange jusqu'à la fin de sa vie, qu'il consacra à la bienfaisance la plus active et la plus éclairée; mais, quoique sa carrière ait été longue et en apparence paisible, il conserva toujours une profonde tristesse. Il disait souvent qu'il s'était trompé en croyant qu'il y avait dans la vie deux manières d'être heureux. ”
Armand Durantin, Le Carnet d'un libertin (1879)
“ Quand Dieu élève une de ses créatures au-dessus des autres, il lui fait payer cher cette faveur passagère, et souvent la chute est proportionnée à la hauteur où sa bonté nous avait placés. Prie donc pour moi, sœur pieuse ; prie, afin que je sois épargnée. Est-ce pour mon châtiment que le ciel vient d'amener pour la seconde fois sur mon chemin le vicomte Robert d'Olonne? Voici ce qui s'est passé : Un matin, ma femme de chambre m'a remis une lettre accompagnée d'un écrin; le tout de la part de M. d'Olonne. Les diamants étaient superbes; le billet, moitié flatteur et moitié impertinent. ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Je ne saurais assez exprimer la profonde vénération et le tendre dévouement que j’éprouve pour madame la duchesse d’Orléans. Adorée par son mari, par ses enfants, par tout ce qui l’entoure, le degré d’affection, de vénération qu’elle inspire est en proportion des occasions qu’on a de l’approcher. La tendre délicatesse de son cœur n’altère ni l’élévation de ses sentiments, ni la force de son caractère. Elle sait merveilleusement allier la mère de famille à la princesse ”
duchesse de Claire de Durfort Duras, Edouard
“ Cette simplicité, cette égalité d'âme, n'étaient point un effort dans M. le maréchal d'Olonne: il était si naturellement au-dessus de toutes les prospérités et de tous les revers de la fortune qu'il ne lui en coûtait rien de les dédaigner, et si la faiblesse humaine, se glissant à son insu dans son coeur, y eût fait entrer un regret de la vanité, il l'aurait raconté naïvement et s'en serait moqué le premier. Cette grande bonne foi d'un caractère élevé est un des spectacles les plus satisfaisants que l'homme puisse rencontrer; il console et honore ceux mêmes qui ne sauraient y atteindre. ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : L'Olonnais
“ Vous le voyez, je n’ai même pas de nom. — Peut-être parce vous en avez trop ? fit Vent-en-Panne d’une voix sourde. Mais reprenant aussitôt un accent enjoué : Il ne s’agit pas de tout cela, dit-il. Nous sommes pays. — Vous êtes des Sables d’Olonne, capitaine ! s’écria l’Olonnais avec surprise. — À peu près ; à quelques lieues à peine ; donc nous sommes pays. Je vous ai vu à l’œuvre, je sais que vous êtes un homme. Je ne me lie pas facilement, et pourtant je me sens entraîné vers vous. — Sur Dieu ! c’est comme moi, capitaine ; j’éprouve pour vous une sympathie dont je ne saurais me défendre. ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Elle navrait le cœur de tous ceux qui l’entouraient par ses paroles. Ils ne firent aucune objection à son départ précipité qui se trouva accompli presque instantanément. Tant de célérité et les figures consternées, impossibles à dissimuler auraient peut-être dû l’éclairer ; mais il est des douleurs si grandes que le cœur se refuse à les deviner. Il faut en assommer les personnes destinées à les subir. Madame la duchesse d’Orléans, quoique suffisamment tourmentée pour partir, ne l’était point assez pour négliger son métier de princesse royale. ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Exclusivement occupée de ses enfants qu’elle ne supporte pas un instant éloignés, elle trouve en eux sa seule consolation, et peut-être y prévoit par instinct son importance à venir. Sa douleur est intense, mais fière et courageuse ; elle perd tout, le sait et l’apprécie. Monsieur le duc d’Orléans était le plus tendre des époux. L’amour, l’estime, les convenances réciproques unissaient ce ménage qui s’entendait de tous points. Je crois, de plus, et je suis loin de lui en faire un tort, que madame la duchesse d’Orléans prisait fort le haut rang où elle était appelée. ”
Jacques-Henri Meister, De la morale naturelle
“ Combien d’hommes ressemblent à ce duc d’Olonne, qui avait parié qu’il traverserait le grand bassin des Tuileries, et qui arrivé au milieu, aima mieux convenir qu’il avait perdu, et revenir sur ses pas, que de passer à l’autre bord ! ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Jamais sentiment n’a été plus passionné que celui de madame la duchesse d’Orléans pour son mari. La ferme persuasion où elle est que tout ce qu’il décide est toujours : « Wisest, discreetest, best », a été pour elle un motif de grande consolation dans la mer orageuse où les circonstances l’ont poussée. Elle y est entrée dans une extrême répugnance. Elle a prié, bien sincèrement, que ce calice s’éloignât d’elle, mais, une fois ce parti pris, elle l’a accepté complètement. ”
Madame d' Aulnoy,
Contes, Tome I
“ Dès que le jour parut, le roi réveilla sa femme:«Allons, allons, madame, lui dit-il, apprêtez-vous pour le voyage.»Aussitôt elle se leva, prit ses gros souliers, une jupe courte, une camisole blanche et un bâton. Elle fit venir l'aînée de ses filles qui s'appelait Fleur-d'Amour, la seconde Belle-de-Nuit et la troisième Fine-Oreille: c'est pourquoi on la nommait ordinairement Finette.«J'ai rêvé cette nuit, dit la reine, qu'il faut que nous allions voir ma sœur, elle nous régalera bien; nous mangerons et nous rirons tant que nous voudrons.» ”
“ C’étaient, dit-elle « des gens bien à la hauteur » c’est-à-dire considérés et fortunés ; Monsieur, un fonctionnaire correct, glacé, important ; Madame « une femme chic » partageant ses loisirs entre les conférences littéraires, les expositions de blanc, les garçonnières de quelques amis distingués. Admirative, la jeune Lucette célébrait le faste de Madame, son goût sûr de Parisienne, déplorait, discrète, sa frivolité. ”
Théophraste,
Oeuvres complètes de J. de La Bruyère…
(1876)
“ Les clefs appliquent cet alinéa à Mme d'Olonne. 2. « Le plus dangereux ridicule des vieilles personnes qui ont été aimables, c'est d'oublier qu'elles ne le sont plus. » (LA ROCHEFOUCAULD, Maxime n° CCCCVII.) 3. Selon quelques clefs, Lise est encore Mme d'Olonne ; selon d'autres, c'est la présidente d'Ons-en-Bray. [9] Les femmes se préparent pour leurs amants, si elles les attendent; mais si elles en sont surprises, elles oublient à leur arrivée l'état où elles se trouvent; elles ne se voient plus. Elles ont plus de loisir avec les indifférents ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Ils ne peuvent cesser de l’être, car toute leur force factice est puisée dans leurs déclamations. Quoi qu’il en soit, l’apparition de madame la duchesse d’Orléans à la chapelle fit sensation et causa beaucoup de satisfaction. ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : L'Olonnais
“ Plus elles sont belles et sages en apparence, plus elles sont dangereuses ! Oh ! les femelles ! Voyez-vous, l’Olonnais mon garçon, moi Vent-en-Panne, le terrible flibustier, comme on me nomme, eh bien ! sur mon honneur, je préfère attaquer seul une cinquantaine d’Espagnols que d’avoir affaire à une femme ! — Allons donc ! vous plaisantez, capitaine ! ”
Ernest Legouvé,
Madame la duchesse d'Orléans..…
(1859)
“ Quelle profonde intelligence du livre ! Quelle charmante égalité dans l'affection ! quel sentiment exquis de la maternité ! Hé bien ! voilà ce qu'on retrouve à toutes les pages, dans ce volume sur la duchesse d'Orléans. Partout on y sent vivre, agir, penser, lutter, souffrir, un véritable coeur de mère ! ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : Vent-en-panne
“ L’Olonnais raconta alors, sans rien omettre, tout ce qui s’était passé depuis le moment où dans l’après-dîner, il avait quitté l’hôtel. Au fur et à mesure que le flibustier avançait dans son récit, le visage du duc se rembrunissait ; le sourire s’effaçait de ses lèvres, l’expression de sa physionomie devenait de plus en plus soucieuse ; il écouta le jeune homme sans l’interrompre une seule fois, puis quand celui-ci eut terminé, il laissa tomber sa tête sur sa poitrine et demeura un instant pensif. ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : L'Olonnais
“ Rien de plus simple, comme dit ton ami le capitaine Vent-en-Panne ; vois-tu ici, à notre droite, le fort qui commande l’entrée de la rade ? — Pardieu ! — Très-bien. À cent cinquante pas environ des glacis du fort, tu aperçois cette charmante maison dont le toit est plat ? — Oui, je la vois. — Eh bien ! cher ami, c’est là que demeure provisoirement le duc de la Torre. Je l’y ai vu entrer moi-même, avec ses bagages. — Merci, Pitrians ! s’écria vivement l’Olonnais, et je vais... ajouta-t-il en faisant un mouvement pour se lever. ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Mais les affections du cœur sont trop réelles dans la famille royale pour ne pas faire oublier les lois de l’étiquette et Roi, Reine, princesses, tout le monde se précipita sur le perron pour voir plus tôt la fille et la sœur qui leur arrivait. Monsieur le duc d’Orléans avait fait ouvrir sa portière, tandis que les voitures marchaient encore, et se trouva à celle de la princesse Hélène pour lui donner la main ; mais elle franchit les marches d’un pas si rapide, si empressé, qu’à peine s’il put la suivre ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : Vent-en-panne
“ Pourquoi pleures-tu ainsi ? cette séparation était prévue ; elle était inévitable, ne t’abandonne pas à ta douleur ; sois homme ; l’adversité grandit le cœur. L’Olonnais releva la tête ; il vit devant lui, comme un blanc fantôme, Fleur-de-Mai dont un sourire triste éclairait le gracieux visage. ”
Relation du voyage de S. A. R. Madame…
“ Depuis Jeanne d'Albret, jamais la ville d'Oloron n'avait eu l'honneur de recevoir dans ses murs une princesse du sang. MADAME y entra le 26 juillet : comme partout sur son passage.,, elle y trouva les fenêtres ornées de drapeaux blancs et d'inscriptions, les rues jonchées de fleurs , et les coeurs remplis d'enthousiasme et d'amour. La voiture était entourée d'une gaide d'honneur à. cheval commandée par M. Laborde-Auras, de la garde nationale et des chevaliers d'Henri IV, que la princesse avait déjà (23) vus dans la vallée d'Ossau. ”
Julie Lavergne,
Les neiges d'antan : légendes et chroniques…
(1877-1878)
“ « Allons, » dit la comtesse, « je finirai par être votre élève, Mademoiselle, et vous ma gouvernante. Quelle princesse fantasque vous êtes ! si vous épousez un Roi, cette majesté-là n'aura qu'à se bien tenir. » — Et, moitié riant, moitié grondant, elle fit asseoir mademoiselle d'Orléans devant sa toilette, la couvrit d'un peignoir de toile fine garni de point coupé, et se mit en devoir de tresser ses longs cheveux. Pendant ce temps, Marie-Louise d'Orléans regardait son papillon et en admirait les brillantes couleurs. ”
André Mareschal, La Sœur valeureuse, ou l’Aveugle amante tragi-comédie dédié à Monseigneur le Duc de Vandosme
“ Olympe.Ainsi votre discours ne fut qu'une imposture ? Oronte.J'ai dit ce que je crois, mais ce qu'un autre endure. Olympe.Et ne croirez-vous pas ce que j'endure aussi ? Oronte.Que peut cette créance, et votre vain souci, Ma première amitié l'emporte, et me possède. [975] Olympe.Mais l'Amour, comme un Dieu, veut que l'autre lui cède. Oronte.Je le fais, Dieu qu'il est, obéir à ma foi ; Montrant que mon devoir est plus fort que sa loi. Olympe.Quel devoir vous oblige à tuer une Dame, Qui vous offre son coeur, qui vous offre son âme ? [980] Oronte. ”
Joséphine Colomb, Deux mères, par Mme Colomb, ouvrage illustré par A. Marie (1876)
“ La lettre de l'oncle Chaldry n'avait fait que hâter son départ des Sables-d'Olonne. Aussitôt après la mort de son mari, la courageuse femme avait envisagé de sang-froid sa situation, et cherché le meilleur parti à en tirer. Rester aux Sables-d'Olonne, petite ville dépourvue à la fois de toutes ressources pour le travail et de tout établissement d'éducation, était impossible : il fallait choisir une résidence où le fils pût s'instruire et où les talents de la mère pussent trouver de l'emploi. Claire n'avait plus que des parents éloignés ; rien ne l'attirait dans un lieu plutôt que dans un autre ”
Eglantines : récits moraux et amusants… (1871)
“ Parce que, même dans son délire, il appelait Eléonore, n'est-ce pas? Oh! dites-moi la vérité. Ce sera une consolation pour mon cœur brisé, de savoir qu'en souffrant, il ne m'a point oubliée. N'est-ce pas, ma sœur, il appelait Eléonore? La sainte fille du Seigneur essuya d une main deux larmes qui venaient de s'échapper de sa paupière ; de l'autre, elle serra affectueusement celle de notre amie, et lui imposa doucement silence. ”
Mme George d' Harcourt, Madame la duchesse d'Orléans, Hélène de Mecklembourg-Schwerin… (1859)
“ Les années qui suivirent le mariage de Madame la duchesse d'Orléans montrèrent réunies toutes les joies que la terre peut donner. Un bonheur complet dans l'intimité de la famille, l'éclat d'une cour jeune et brillante, les hommages sincères rendus non au rang, mais aux rares qualités que l'on commençait à connaître, toutes les espérances de l'avenir alors sans nuage ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : L'Olonnais
“ Vent-en-Panne regarda un instant le jeune homme avec une stupéfaction profonde. — C’est bien, dit-il enfin d’une voix sourde, si cette femme que tu aimes ainsi, et que je ne connais pas encore, est réellement telle que tu me l’as dépeinte, s’il n’existe entre vous d’autres différences que celles du nom et de la fortune, je te le jure, tu l’épouseras ! L’Olonnais à ces mots fit un bond de panthère, la poitrine haletante, les traits enflammés, il s’élança vers Vent-en-Panne, sombre, immobile au milieu de la pièce. — Prends garde, matelot ! s’écria-t-il ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : L'Olonnais
“ L’Olonnais rit plus fort que les autres, pour cacher sa rougeur. — Vois-tu, garçon, reprit Vent-en-Panne avec bonhomie, tu es jeune ; eh bien ! crois-moi, méfie-toi de l’amour. C’est une maladie terrible que je ne saurais mieux comparer qu’à la rage. Tout homme convaincu d’être amoureux devrait être tué raide. Ce serait lui rendre un immense service, en l’empêchant de devenir idiot et de commettre une foule de sottises, plus graves et plus compromettantes les unes que les autres. — Il me semble, capitaine, que vous tenez les femmes en assez médiocre estime, fit le jeune homme en riant. ”
Gustave Aimard,
Les rois de l'océan : L'Olonnais
“ Il accueillit donc le comte Horace de la façon la plus gracieuse ; bientôt celui-ci dont le plan était dressé à l’avance, sut si bien se rendre indispensable au duc de la Torre, que le noble castillan le prit en grande estime, et qu’il réussit ainsi à s’introduire dans son intimité. L’amour rend clairvoyant. L’Olonnais ne tarda pas à s’apercevoir du manège de son supérieur. Il remarqua avec une douleur secrète que les assiduités du comte, étaient acceptées avec une certaine amabilité par les dames ; mais il reprit bientôt courage ”
