Victor Bérard, La mort de Stamboul : considérations sur le gouvernement des Jeunes-Turcs (1913)
“ Avant l'ère des réformes, le Sultan gouvernait l'empire pour le bonheur de sa famille turque : groupés autour du Sultan, qui, pour eux, était comme un père ou, suivant le mot des janissaires, le « donneur de soupe », le tchorbadgi, les Turcs étaient animés d'une allégresse joyeuse qui les rendait invincibles à la guerre, habiles aux œuvres de la paix. Les réformes ont donné le Sultan pour chef à tous les Ottomans; elles ont enlevé aux Turcs leur guide et leur tuteur; le peuple turc a vécu à la débandade, et la débandade, toujours, amène le découragement. ”
