Bernard Le Bouyer de Fontenelle,
Œuvres de Fontenelle/Tome III
“ La fermeté de Caton est outrée dans un genre, la vôtre dans un autre, la mienne est naturelle. Il est trop guindé, vous êtes trop badin, je suis raisonnable. ADRIEN. Quoi ! vous me reprochez d’avoir trop peu craint la mort. MARGUERITE D’AUTRICHE. Oui ; il n’y a pas d’apparence que l’on n’ait aucun chagrin en mourant ; et je suis sûre que vous vous fîtes alors autant de violence pour badiner, que Caton pour se déchirer les entrailles. J’attends un naufrage à tous momens, sans m’épouvanter, et je compose de sang-froid mon épitaphe : cela est fort extraordinaire ”
