“ Il lui brise l’écu, et lui démaille son haubert. Il lui met dans le corps les pans de son gonfanon, Et, à pleine lance, l’abat mort des arçons. Il regarde à terre et voit le misérable étendu ; Il lui dit ces très fières paroles : « Je n’ai souci, lâche, de vos menaces. Frappez, Français, frappez, nous les vaincrons. » Puis il crie : « Montjoie ! » c’est le cri de l’Empereur. ”
Gonfanon
Définition et enjeux
Citations sur “gonfanon”
Léon Gautier, La Chanson de Roland/Léon Gautier…
“ Et telle est l’enseigne blanche de Roland. = Quand les lances sont droites et au repos, les gonfanons tombent aisément jusqu’aux heaumes : Cil gonfanum sur les helmes lur pendent. (3003.) — Le gonfanon, de forme rectangulaire, est presque toujours à trois pans, c’est-à-dire à trois langues.- (Voir les fig. 5, 6, 7. Cf. le vers 1228, etc. etc.) = Quand on enfonce la lance dans le corps d’un ennemi, on y enfonce en même temps les pans du gonfanon (1228) : El cors li met tute l’enseigne (3427) ; Tute l’enseigne li ad enz el cors mise. ”
Guillaume de Tudèle,
La croisade contre les Albigeois…
(1868)
“ Des gonfanons vermeils resplendit le sendal (2) . Tout le camp retentit de sonnails de métal. Ils avancent rangés en ordre martial. Devant eux nos barons attendent le signal Sous les croix de carmin du gonfanon comtal. Les plus forts sont en haut sur Téchafaud mural, Armés de pieux aigus, de gros blocs et du pal ; A côté, les archers postés au fénestral; En bas, avec la lance est l'host municipal. De pierres et de dards on voit un arsenal. Le bas peuple s'y presse avec masse et tinal (3~ ; Femmes et dames même y portent le gréai (4) . ”
Alfred Maury,
Une Nouvelle science auxiliaire de l’histoire - La sigillographie ou science des sceaux
“ Le chevalier, ainsi qu’en témoignent les sceaux, le présentait non plus de face, mais de trois quarts, comme cela s’observe à la fin du XIVe siècle. Chaque progrès dans la solidité de l’armure amène l’invention d’une épée plus forte et plus capable de l’entamer. La lance, que l’homme libre avait seul le droit de porter et qu’orne souvent la bannière triangulaire, quadrangulaire, le gonfanon [11] , offre pareillement, suivant les époques, des variantes de forme. Après l’invention du grand haubert, le chevalier armé était devenu presque invulnérable. On ne pouvait le tuer que s’il était à terre ”
Jean Nicot,
Thresor de la langue françoise
(1606)
“ Est celuy qui porte le gonfanon. L'Italien l'appelle aussi Gonfaloniere. Qui luy est nom d'office signalé en vne ville, & estat pour la guerre. Car comme dit Ricordano Malespini en son hist. chap. 141. Les gonfanons & gonfaloniers ont esté mis en auant, à ce qu'au besoing chacun estant en armes, sceust où se rendre en particulier, pour apres se ioindre en corps d'armée entiere. ”
Louis Fournier, Commentaires héraldiques et artistiques avec blasons dessinés par l'auteur (1923)
“ Quant aux armoiries d'une famille inconnue, qui sont également sculptées sur une clef de voûte (fin du xiV siècle) et dans lesquelles Dom Dijon veut voir une potence endanchée (sic) , chargée de 10 étoiles, elles représentent probablement, selon nous, un gonfanon d'un dessin très simplifié, comme Radwan en Pologne: seulement, à saint Antoine, le gonfanon n'est pas surmonté d'une croisette' et ile pendant du milieu est plus long que les deux autres (i) . ”
Georges-Frédéric Burguy, Grammaire de la langue d'oïl, ou Grammaire des dialectes français aux XIIe et XIIIe siècles… (1853-1856)
“ Gonfanon, gunfanun, gunfanon, confanon, confenon, cunfanun II, 344. 351, étendard, bannière à trois ou quatre pendants ; banderolle ou flamme, qui se mettait au-dessous du fer de la lance, différente du pennon; de là gonfanoier, gunfanuner, gonfanonier, confenoier, celui qui porte le gonfanon. De l'ahal. ”
Romain Rolland,
Le Théâtre de la Révolution
“ Les porteurs de Gonchon le font sauter sur leurs épaules. Gonchon, tremblant, excité, et ahuri, agite son sabre gauchement, et salue avec sa couronne. La foule danse autour de lui, en chantant sur un air, populaire et burlesque : « Tu seras pendu, Gonchon, tu seras pendu, pendu !... »DESMOULINS. Le drôle se prend au sérieux. Étrillez-le ! MARAT, apaisé, et souriant de la joie de la foule. Laisse-les rire. On ne hait plus, quand on est vainqueur. Le spectacle du vice n’est plus que ridicule. Que ce monstre grotesque leur dilate la rate ! ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ Chez lui n'y a pas de formes ou si peu que rien ; mais quand il travaille, c'est par principe, comme tout bon regrolleur doit faire, nom d'un rat ! Y a des imbécilles d'aristos qui ont donné à Gnafron le nom de « citoillien Peuple ». Taisez-vous voir, bugnasses ! Gnafron, c'est tout simplement et naturablement Gnafron, ouvrier savetier, propriétaire d'une alêne, d'un tire-pied, d'un marteau et autres instruments dont il saura se servir à bon besoin. Amenez-vous, pratiques ! La rue des Grolles n'est pas bien élégante, et la boutique de Gnafron est au bout de l'allée. ”
Joanny Gonindard, Au gré du vent : souvenirs, pour dire entre hommes… (1901)
“ LES LAMENTATIONS DE GNAFRON Ecoute, ami Guignol, je suis dans la panade, Je viens te dire adieu, je veux quitter Lyon ; Car si ça doit durer je vas tomber malade, J'aimais cependant bien notre vieux Gourguillon ! L'empeigne ne va plus, chaque jour la pratique Me quittant à cha peu, je fais plus de grollons ; Me voilà donc forcé de fermer ma boutique. Je sens, en t'en parlant, trembler mes fumerons. Je ne gagne plus rien, pas même ma chopine, Y a de quoi pleurer, moi qu'aime tant le vin ! Je me mange les sangs, et la fièvre me mine... ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ « Il y a un nommé Gnafron, à qui l'on donne le sobriquet de « Peuple », et qui, je t'en avertis, a les gniaques longues comme celles d'un éléphant, et l'appétit en conséquence. Le sieur Gnafron, en te reluquant fureter autour de sa boutique, pourrait bien prendre des envies de te mettre au pot-au-feu ou à la broche, car tu sauras que cet avanglé de Gnafron se dégoûte de manger trop souvent des bugnes, et que, pas plus tard qu'aujourd'hui, il est venu chercher mon picarlat à seule fin de s'en faire des brandons pour chauffer la poële. ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ GNAFRON. — Dubitablement oui, puisque ton nom y est tout du long dessous en imprimaison. GUIGNOL. — Accoute, Gnafron : Le nom est rien, le gone est tout ! Et s'il'y a des mamis qui veulent m'affubler de frusques de l'ancien temps des nobles, et me faire jouer un rôle de hautecour, de basse-cour ou simplement de cour tout court, qu'ils prennent garde à eux, car je suis qu'un canut, et, par conséquent, du peuple. Et, qu'on s'y fourre bien profondément dans la caboche : Je reste du côté du peuple ! ”
Ponson du Terrail, Les cavaliers de la nuit, 1er partie…
“ Viens avec moi, je retourne auprès du roi mon maître; ma vie sera la tienne, et si je suis heureux tu le seras.—Soit, dit Hector, je te suivrai!—Frères, dit à son tour Gontran, je ne suis, moi, ni amoureux, ni ambitieux, mais ma vie a un but, un but unique;—je veux retrouver l’enfant!—Je vais continuer à marcher vers mon but.Gontran salua ses frères, mit l’éperon aux flancs de son cheval et partit.—Moi, fit enfin Gaëtano avec son railleur sourire, j’ai laissé à Naples une contessina que les gens du roi disent aussi belle que la madone; elle a de l’esprit comme le majordome de Satan ”
Le Petit théâtre de Guignol, contenant trois pochades en un acte…
“ Gonnivet Comment ? Gnaffron Il est marié... Gonnivet Quoi ?... Gnaffron Avec une chipie, une traquoire, un rhinocéros de femme qui mène mon pauvre Guignol par l’endroit qui reniffle, lui fait balier la chambre, vider les équevilles, écumer la soupe, torcher le môme... et qui le bat... comme plâtre. Gonnivet Elle le bat ? Ah ! ah ! ah ! je voudrais bien voir ça... Tiens, va me le chercher, dis-lui que je l’attends à mon hôtel, rue Ecorche-Bœuf, 9. Gnaffron Oh ! pour ça, non, merci ; allez-y vous-même, sa tigresse de Madelon me tirerait les yeux... ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ « Voyez-vous, les gones, pour être bien chaussé, y a rien de tel que de s'adresser à un bon regrolleur, qui connaît son métier sur le bout du doigt, et qui a assez d'aime pour pas voler les gens. « Moi, Gnafron, je suis cet homme-là, et vous n'avez qu'à venir me trouver à ma boutique de la rue Grôlée ; après avoir pris mesure, je vous bâtirai une paire de grollons à faire crever de rage les plus fortes empeignes des ignorantins. » ”
Tony Johannot,
Le Foyer breton, traditions populaires…
(1845)
“ Genofa fut si étonnée , qu' elle demeura d' abord sans réponse . Alors M. de Gwebriant la prit dans ses bras , il l' assit , devant lui , sur la selle , comme un enfant qu' on mène au Pardon , et le cheval partit en faisant étinceler , de ses quatre pieds , les cailloux du chemin . Le diable , caché derrière le pignon , fit une cabriole de joie et descendit vers le domaine des frères Rannou . Ceux-ci étaient trois frères qui vivaient honnêtement sur le bien reçu de leur père . Chacun y avait sa part qu' il cultivait selon sa fantaisie ; mais rien ne séparait les trois héritages ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ « Que l'étape soit rude, il y songe fort peu. « A cet autre César que faut-il ? — Qu'il arrive, « Qu'il voit et soit vainqueur ! — Mais halte-là ! Qui vive ? « — Ne réponds pas, Gnafron, et fonds avec ardeur « Dans les rangs ennemis où domine la peur. « Puis, dépouillant ta gloire après chaque bataille, « Nouveau Cincinnatus, modestement travaille, « Prends tes clefs de portier, saisis cuir et tranchet, « Et que l'ambition aille au tas de déchet. » Voilà comme je veux que Lyon te renomme, Ceci vaut mieux que d'être un soldat galant homme. GNAFRON Enjôleur de Guignol ! ”
Ponson du Terrail, Les cavaliers de la nuit, 1er partie…
“ Gontran regarda le roi et frémit.—Or, continua le roi d’une voix que la douleur et l’angoisse rendaient sympathique et entraînante, je ne tiens pas à la vie, moi, mais j’aime ma maîtresse d’un ardent amour, et je veux la sauver à tout prix.Gontran chancela.—Vous êtes gentilhomme, monsieur, si je ne l’avais vu à votre costume, je le devinerais bien certainement à votre généreuse intervention, à laquelle je dois mon salut. Je suis huguenot et vous êtes catholique, mais nous sommes gentilshommes tous deux, et je m’adresse à vous loyalement, et je vous dis: Sauvez celle que j’aime! ”
“ « Marie de Gonzague, étant ma femme, ne peut être reine de Pologne qu’après ma mort ; je meurs. « Cinq-Mars. » Et comme s’il n’eût pas voulu se donner un instant de réflexion, la mettant de force dans la main du courrier : — À cheval ! à cheval ! lui dit-il d’un ton furieux : si tu demeures un instant de plus, tu es mort. Il le vit partir et rentra. Seul avec son ami, il resta un instant debout, mais pâle, mais l’œil fixe et regardant la terre comme un insensé. Il se sentit chanceler. — De Thou ! s’écria-t-il. ”
“ Gondrin salua. « Je déteste M. de Guezevern pour mon propre compte, dit Saint-Venant, le plus tranquillement du monde. — Ah ! diable ! Et peut-on savoir pourquoi ? — Le pourquoi est double, triple, quadruple. Il m’a battu quand nous étions enfants tous deux ; il a eu de la barbe avant moi qui suis son aîné... — Diable ! diable ! répéta le baron, c’est grave ! — Il est brave, il est fort, il est beau ! Il court risque d’être riche et d’avoir le titre de comte... et il m’a pris une femme que j’aimais. — Démonios ! Et l’aimes-tu encore, neveu, cette femme-là ? — Peut-être. » ”
“ LA BASTILLE La foule attendait, brûlée par le soleil ardent de juillet, frémissante, enivrée. Les hommes de Gonchon venaient de faire leur jonction aux hommes de Marat. Le faubourg Saint-Antoine reconnaissait et saluait son frère le faubourg Saint-Marceau. Gonchon était à la tête de ses patriotes. Quant à Marat, il avait disparu. L’aspect de la place était terrible. À la vue de Billot les cris redoublèrent. — Eh bien ? dit Gonchon en marchant à lui. — Eh bien ! cet homme est brave, dit Billot. — Que voulez-vous dire par ce mot : « Cet homme est brave ? » demanda Gonchon. ”
Clément-Jules Briois, La Tour Saint-Jacques de Paris… (1864)
“ Avec la transformation de la natte des cheveux de Sabine, en cette délicate et néanmoins très solide cordelette, Orfano se trouvait avoir rempli ce que, dans le langage de notre temps, on appellerait la première partie de son programme. Doué de la dévorante activité d'esprit que nous lui connaissons, notre beau Gonfalonier n'était pas homme à différer d'un seul jour la mise à exécution de la seconde partie de ce programme. ”
“ Gonzague, resté seul, s’essuya le front. — Homme ou diable ! grommela-t-il ; ce Lagardère y passera ! Il traversait sa chambre pour gagner le vestibule. — Belle partie pour ce petit aventurier ! dit-il en s’arrêtant devant une glace ; une tête d’enfant trouvé contre la tête d’un prince !... allons tirer cette loterie ! Derrière la porte fermée de l’église Saint-Magloire, madame la princesse de Gonzague soutenait sa fille habillée de blanc, portant le voile d’épousée et la couronne de fleurs d’oranger. ”
“ Parle, s'il s'agit de Gonzague... et ne crains rien... Ne crains rien et parle, quand même il s'agirait de madame de Nevers.—Il ne s'agit que de Gonzague, repartit Aurore;—ce nom de Gonzague est dans mes souvenirs, mêlé à toutes mes terreurs d'enfant, à toutes mes angoisses de jeune fille... La première fois que mon ami Henri joua sa vie pour me sauver, j'entendis prononcer ce nom de Gonzague... Je l'entendis encore cette fois où nous fûmes attaqués dans une ferme des environs de Pampelune... ”
Adélaïde Barthélemy-Hadot, Laura de Médicis, ou L'héroïne de Florence… (1823)
“ Laissez la remplir un devoir que lui 82 LAURA dicterait sa pauvre mère, si le destin cruel ne la lui avait ravie dans un âge où elle en aurait tant besoin. " Le gonfalonier ne pourra me blâmer de la résolution que je prends; il est heureux, au comble des honneurs; regardé comme un dieu protecteur par un peuple reconnaissant, il permettra que sa fille se consacre pendant quelque temps à embellir les jours d'un infortuné que le malheur et la méchanceté des hommes accablent de chagrins. ”
Romain Rolland,
Le Théâtre de la Révolution
“ GONCHON. Contre le tonnerre ne pète ! Il entre dans la boutique à la suite du peuple, et crie comme les autres. Le reste de la foule court de tous côtés ; et en quelques moments, on voit surgir partout des bâtons, des épées, des pistolets, des haches.LE PEUPLE. Du recueillement, camarades ! point de désordre ! — Holà, gamin ! à l’école ! On n’est pas ici pour rire ! — Il faut que ce soit solennel, lugubre ! Il faut apprendre aux tyrans la terreur sacrée de la nation. ”
“ Le roi lui répondit : « Elle ne pourra être remise en son pouvoir, parce qu’elle a un fils qui est roi ; je ne crois pas à la vérité de tous les crimes que vous lui imputez. » Ensuite Gontran-Boson s’approcha du roi comme pour lui rappeler quelque chose ; et, comme il avait répandu que Gondovald venait d’être proclamé roi, Gontran, prévenant ses paroles, lui dit : « Ennemi de notre pays et de notre trône, qui précédemment es allé en Orient exprès pour placer sur notre trône un Ballomerx (le roi appelait ainsi Gondovald) , homme toujours perfide et qui ne tiens rien de ce que tu promets ! » ”
Georges de Cadoudal, Histoires et anecdotes des temps présents (1863)
“ Mais, hélas ! il restait une difficulté. Jamais, dans la disposition d'esprit où il se trouvait, le gonfalonier ne proposerait à l'Éminence de devenir le parrain de son enfant. Il fallait donc que l'évêque prît les devants et fît la demande luimême. La pauvre dame lui soumit son embarras. « Qu'à cela ne tienne, répondit avec bonté Mgr Mastaï. Eh bien, j'irai le demander moimême. » L'occasion s'offrit le lendemain. On devait tenir à l'évêché un conseil pour l'administration de l'hospice de la ville ; nécessairement le gonfalonier devait y assister. ”
Edmond Badon, Montbrun, ou Les Huguenots en Dauphiné… (1838)
“ Gondrin le repoussa ; Lyonnet comprit qu'il préférait la mort à l'humiliation , cependant il voulut persister. — Et que vous importe ma vie ? C'est elle qu'il faut sauver , s'écria Gondrin d'une voix terrible. Par là , par là , dit-il en le précipitant dans un étroit passage. Au même instant la chambre se remplit d'hommes armés. Jocerand entendit leurs blasphèmes ; il rentra, et ce ne fut que pour voir Gondrin , déjà percé de plusieurs coups , appuyer contre le mur une main sanglante dont les traces ont subsisté jusqu'à nos jours comme un souvenir d'assassinat. ”
