“ Évidemment Sa Seigneurie admirait la beauté de sa pupille, mais je ne pouvais me défendre d’une émotion pénible en voyant le foyer paternel d’une si charmante créature représenté par ce lieu banal et ces formes judiciaires ; le grand chancelier lui-même envisagé sous son meilleur aspect, suppléait bien pauvrement à l’orgueil et à l’amour d’un père. ”
Grand-chancelier
Définition et enjeux
Citations sur “grand-chancelier”
Victor Hugo,
Oeuvres illustrées, de Victor Hugo…
“ Fiat quod vis, repartit le lieutenant avec une salutation ironique; le roi, le vice-roi et le grand-chancelier ont, il est vrai, tout disposé pour cette union; ils la désirent, ils la veulent; mais puisqu’elle déplaît au seigneur étranger, qu’importe le grand-chancelier, le vice-roi et le roi! ”
Jean Marie, Essai sur la vie et les ouvrages du chancelier Michel de L'Hospital… (1868)
“ Il ne manque jamais de se rendre à de bonnes raisons. La douceur de ses mœurs, non moins que l'austérité de son caractère, forcent à l'admirer. Ses ennemis, (1) Portalis, Discours préliminaire du Code civil. les Parlements, auxquels il rappelle si énergiquement leurs fautes et leurs devoirs, subissent l'ascendant de sa vertu. Malgré la haine et l'envie, son siècle le proclame « le plus grand chancelier, le plus savant, le plus digne, le plus universel qui fût jamais en France (4) . » Oui, en effet, il fut un grand chancelier ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Soudain, le maréchal entre tout en joie, annonçant que tout va le mieux du monde ; le général vient dire aussi que les troupes ont été payées ; le trésorier s’écrie que ses coffres regorgent de richesses. Tout l’or qui roulait et ruisselait dans l’intermède semble être allé se condenser et se refroidir dans les caisses publiques. — C’est donc un prodige ? dit l’empereur. — Nullement, dit le trésorier. Pendant que, cette nuit, vous présidiez à la fête sous le costume du grand Pan, votre chancelier nous a dit : ”
Noël-Laurent Pissot, Cérémonial, coutumes et usages de la cour de France… (1821)
“ C'est une maxime en France, que le chancelier ne peut être privé de sou. office que par mort, par démission volontaire, ou par un arrêt qui, pour for faiture, l'en juge indigne après une procédure légale. Le chancelier fut, du temps du roi* Dagobert, appelé grand référendaire, comme le cite Aimoin. Sous Hugues Capet il apposoit seulement son seing aux lettres-patentes après la signature du grand-maître, du grand-chambellan, du grand-échanson, et du connétable. On ne peut pas douter que Pharamond. ”
Eugénie Foa,
Les Petits guerriers, contes historiques pour la jeunesse…
(1857)
“ M. Chal'les, le père, un grand bel homme; l'oncle le chanoine, l'archidiacre d'Ajaccio, un bon gros vieillard, petit de taille, la tête nue comme un genou, de petits yeux. mais un regard, un regard d'aigle, quoi! comme celui qu'avait l'Empereur le jour d'une bataille. Et les enfants donc, ai-je joué souvent avec eux! avec M. Joseph, l'aîné, a qui l'oncle le chanoine dit un jour : Il est inutile de songer à la fortune de Napoléon, il se la fera lui-même. Tu es l'aîné de ta fmnille, Joseph, mais ton frère en sera le chef, aie soin de t'en souvenir ”
Les deux cousins, ou réponse d'un petit duc à un petit roi… (1832)
“ La fortune te tend la main : Ta naissance l'a fait sourire. On a joliment souri ! dites donc , est-ce par hasard que vous auriez oublié certaine protestation de certain mien cousin , gros , gras , grand , joufflu , rebondi, réjoui, épanoui, aimant, adorant, idolatrant, encoffrant les revenus attachés à la coiffure que vous savez ? — Je vous assure bien, parole d'honneur, que celui-là n'a pas plus souri à ma naissance qu'à la vôtre. Mon premier jour fut aussi beau : Point de Français qui n'en convienne. Les Rois m'adoraient au berceau, Et cependant je suis à Vienne ! ”
Alphonse Karr,
Les Soirées de Sainte-Adresse, par Alphonse Karr
(1853)
“ Nous savons tout cela, nous; mais il y a dans nos relations, dans notre famille même, des gens fort entichés de notre noblesse, une des plus anciennes de France, il est vrai ; des gens qui n'ont pas marché avec le siècle, qui ont gardé certains préjugés. On ne peut se brouiller avec sa famille; et comme, d'autre part, je ne souffrirais pas que quiconque... fût-ce mon cousin le prince-évêque, ou mon oncle le duc... manquassent d'égards envers vous et envers madame Legros... ”
Ernest de Cornulier-Lucinière,
Des Généalogies, leur utilité domestique et sociale…
(1886)
“ C'est alors que, si le culte des ancêtres n'est pas éteint chez elles, elles peuvent, tout en perdant leurs biens, garder intactes leur dignité et les traditions d'honneur qui, dans des circonstances favorables, pourront leur permettre de reprendre leur ancien rang. Parfois, le retour à l'éclat est même le résultat d'un échec de fortune qui éveille des facultés qui auraient sommeillé dans une situation prospère; c'est souvent par des cadets, maigrement partagés et aiguillonnés par le besoin, que le nom d'une famille a été illustré. ”
Alphonse de Lamartine,
Les confidences (Nouvelle édition…
(1853)
“ C'était ce qu'on appelle un chapitre de chanoinesses nobles. Voici ce qu'étaient ces chapitres. Dans une province et dans un site ordinairement bien choisis, non loin de quelque grande ville dont le voisinage animait ces espèces de couvents sans clôture, les familles riches et nobles du royaume envoyaient vivre, après avoir fait ce qu'on appelait des preuves, celles de leurs filles qui ne se sentaient pas de goût pour l'état de religieuses cloîtrées et à qui cependant ces familles ne pouvaient faire des dots suffisantes pour les marier. ”
Marc Sangnier,
Discours. Volume 2 (1906-1909)
(1910-1925)
“ Je vois bien qu'en monarchie le roi administre la chose publique comme un père de famille administre son propre patrimoine — nous sommes le patrimoine royal, ce n'est déjà pas très agréable, mais enfin passons... (rires) ou, pour employer une expression plus digne, nous sommes les enfants, nous sommes la Maison du roi. Savez-vous, camarades, que si le roi est un homme remarquable, ou plus exactement un cœur noble et généreux, il administrera sa maison en bon père de famille ; mais s'il n'a pas ces qualités, il peut administrer sa maison en prodigue, en mauvais père de famille. ”
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné,
Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…
“ Tenez-vous bien, ma belle cousine : telle dame qui n’est pas intéressée, est quelquefois ambitieuse, et qui peut résister aux finances du Rois [3] , ne résiste pas toujours aux cousins de Sa Majesté. De la manière que le prince m’a parlé de son dessein, je vois bien que je suis désigné confident. Je crois que vous ne vous y opposerez pas, sachant, comme vous faites, avec combien de capacité je me suis acquitté de cet emploi en d’autres rencontres [4] . Pour moi, j’en suis ravi, dans l’espérance de la succession, vous m’entendez bien, ma belle cousine. ”
Vingt lieues autour de Paris, ou Panorama vivant des barrières… (1851)
“ Le roi pria le prince, son cousin, de lui céder Chantilly, le laissant maître d'en fixer le prix. « Il est à votre Majesté pour le prix qu'elle déterminera elle-même , dit Condé; je ne lui demande qu'une grâce, c'est de m'en faire le concierge. — Je vous entends, mon cousin, répondit le roi, Chantilly ne sera jamais à moi. » Louis XIV se trompait, il n'avait pas prévu qu'un jour Chantilly serait à tout le monde, et ce jour-là est arrivé. Mais en même temps, de tant de merveilles, à si grands frais entassées, il ne reste plus que des ruines. ”
Louis Ganderax,
Revue des Deux Mondes
“ Tant qu’il est royaliste, il voit son grand-père menuisier, ses aïeux cultivateurs ; quand il devient libéral, il se découvre une illustre lignée d’ancêtres, tous nobles jusque par-delà le seizième siècle : ainsi de tout le reste. ”
Jean Marie, Essai sur la vie et les ouvrages du chancelier Michel de L'Hospital… (1868)
“ Un instant, peut-être, le chancelier rêva de faire partager sa sobriété, ses manières antiques à ses contemporains. Il appliquait, dans sa rigueur, son principe favori : ce qui est trouvé bon en une famille doit être trouvé bon en un royaume. Malgré ses efforts, le mal, loin de diminuer, empira. ”
F. Champol, La Lune rousse... (1903)
“ Voyons, que je me rappelle : D'abord un chanoine, mais un chanoine d'essence supérieure, avec des liserés rouges et une grande croix pastorale, presque un évêque. Ensuite, un vieux général qui avait épousé la fille ou la petitefille de je ne sais quel maréchal, dont on lui parle toujours, bien qu'il soit veuf depuis trente ans. Puis un autre monsieur qui a été candidat royaliste, battu à plusieurs élections, et deux vieilles demoiselles avec de très grands nez, qui ne sont pas bien riches, je crois, mais qui sont les nièces d'un pair de France. ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages…
“ Mais, comme la multiplication d’une noblesse qui ne veut souffrir aucune concurrence pourrait avilir les autres nobles et devenir préjudiciable à l’état, le nombre de ces nobles est fixé. Il n’est guère plus grand aujourd’hui que celui de nos ducs. ”
Charles Péguy,
Victor-Marie, comte Hugo
“ Mais comme il s’agit d’un lien charnel, d’une descendance, d’une génération charnelle tous ces obscurs ne sont pas moins nécessaires, ne sont pas moins indispensables, ne comptent pas moins que les célèbres, les chaînons obscurs ne comptent pas moins que les chaînons célèbres, que les chaînons illustres, puisqu’il s’agit d’une chaîne charnelle, Une race y montait comme une longue chaîne. ”
Moreliéras, Fraternité générale. Gouvernement paternel ou la volonté de Dieu… (1849)
“ Notre grand-père, possédant tout le fonds, étant héritier de toutes les successions, il doit en échange à ses enfants, jusqu'à ce qu'ils soient majeurs, le logement, le vêtement, la nourriture et éducation et instruction littéraire, administrative et politique. A vingt et un ans, âge de leur majorité, notre grand-père donnera à chacun de ceux qui auront atteint cet âge une dot par égale portion et le nom de fils de France ”
Galoppe d'Onquaire,
Le Diable boiteux au château
(1863)
“ Plût au ciel ! répondit le baron : il y aurait peut être alors chance d'arrangement par voie de conciliation... Non! la chanoinesse a un neveu qu'elle affectionne d'une façon toute particulière ; elle a veillé à son éducation; elle fournit à ses dépenses, le choie, le gâte, et lui transmettra toute la fortune mobilière et immolière des Kergandarec. ”
Benjamin Fillon,
Recherches historiques sur une famille poitevine…
(1857)
“ Le XVIe siècle, ère de réforme et d'éclectisme, passa l'éponge sur ces antécédants problématiques, et les convenances de fortune aidant, on s'occupa d'autant moins des différences de castes, que les descendants de la vieille aristocratie eussent été, la plupart, fort en peine de montrer des titres authentiques de filiation plus anciens que ceux produits par les nouveaux venus. ”
Félix de Salles, Chapitres nobles de Lorraine. Annales… (1888)
“ Les dits statuts et règlements portent entre autres choses que nul Français ne sera reçu chanoine, s'il ne descend d'un père qui soit prince ou duc, et dont le grand-père, le bisayeul et le trisayeul ayent été paraillement princes ou ducs, et d'une mère dont le père, le grand-père et le bisayeul ne soient d'une noblesse très ancienne et illustre de nom et d'armes ”
Heinrich Zschokke, Histoire de la nation suisse (4e édition revue avec soin par le traducteur d'après la cinquième édition originale et renfermant les continuations jusqu'à l'année 1833… (1839)
“ Cependant quelques familles nobles très-anciennes, soit comme héritières d'une grande fortune ou d'un grand nom, soit par leur mérite, soit par l'influence de leur parti, se trouvaient presque toujours en possession des premières charges. ”
Oscar de Poli,
Essai d'Introduction à l'Histoire Généalogique
“ Au cours de cette étude, on verra les cadets de noblesse, les «juveigneurs d'aînés» [4] , et souvent les aînés mêmes, abdiquant leur onéreux privilège, se réfugier dans les villes, s'agréger à la bourgeoisie et chercher dans le trafic les moyens de redorer leur vieux blason. Deux, trois générations se consacraient à cet âpre labeur de restauration familiale, que consacraient des lettres royales de relief de dérogeance. ”
Honoré de Balzac,
Revue des Deux Mondes
“ En d’autres termes, tout bourgeois est cousin d’un bourgeois, tout noble est cousin d’un noble. Comme le dit la sublime page des généalogies bibliques, en mille ans trois familles peuvent couvrir le globe de leurs enfans. ”
Humbert de Gallier, Les Moeurs et la vie privée d'autrefois… (1914)
“ Le roi fixe lui-même le nombre des chanoinesses . – Les chapitres sont de véritables fiefs pour certaines familles . – Avantages attachés au titre de chanoinesse . – Vanité satisfaite . – Médiocres avantages pécuniaires . La condition première pour être reçue dans un chapitre noble de femmes est de pouvoir faire ses preuves de noblesse . Là où l' Église indulgente abaisse les barrières claustrales , et condescend à accueillir comme siennes des jeunes filles qui ne contractent vis - à - vis d ' elle aucun engagement , le monde élève à son tour d' autres barrières orgueilleuses et profanes . ”
Aimée de Coigny,
Mémoires de Aimée de Coigny
“ Les nouveaux nobles auxquels sont confiées les principales fonctions, passés de l'obscurité de leurs premières années à l'élévation du rang et du pouvoir, étant encore dans la croissance de leur fortune, ne peuvent être séduits par l'image paisible des réunions de famille. ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
“ De la seconde espèce de familles, celles qui commencèrent dans la grandeur et la conservent sans l’augmenter, on trouvera l’exemple chez un grand nombre de princes, qui le sont par hérédité, et se maintiennent au même point, en se contenant pacifiquement dans les limites de leurs états. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Tous Gentilshommes sont cousins, & tous vilains, compères. On appelle du mauvais vin dans un logis, du chasse-cousin. On dit dans le style familier, si telle fortune m’arrivoit, le Roi ne seroit pas mon cousin ; pour dire, je m’estimerois plus heureux que le Roi. ”
Humbert de Gallier, Les Moeurs et la vie privée d'autrefois… (1914)
“ Les chanoinesses nièces succédaient par rang d' ancienneté aux prébendes , et , par privilège , à la maison canoniale , ainsi qu' au mobilier de leur tante et à l' argent monnayé jusqu' à concurrence de 6 0 0 livres 3 ; le surplus faisait retour à la famille . Une chanoinesse ne pouvait se défaire de sa maison ni en acquérir une autre sans le consentement de ses nièces . ”
Hendrik Conscience,
Argent et Noblesse
“ Quand je me trouve dans la compagnie de ces jeunes nobles, avant qu'ils soient échauffés par le vin, je me sens à chaque instant profondément humilié; car, même sans le vouloir, ils montrent assez qu'ils ne me considèrent que comme un intrus d'un sang de qualité inférieure. Je dois reconnaître d'ailleurs que je suis réellement bien au-dessous d'eux: je ne parle pas leur langue, je n'ai pas leurs belles manières, je ne puis point parler de mes ancêtres ni de mon blason, de mon oncle le duc, ni de ma tante la comtesse ”
Gustave le volontaire du Pape… (1867)
“ LE VOLONTAIRE DU PAPE 257 — Je commence à te croire inspiré, mon collègue ; et je me recommande à toi pour quand je voudrai connaître l'avenir. — Je rêvais que mon oncle était véritablement ce gros Américain qui a eu la bonne idée de se laisser mourir, et que j'étais personnellement son neveu. Voici qu'après bien des courses et des recherches inutiles, on vient à le savoir, on découvre ma piste : Ah ! monseigneur Chagnot ici, votre Excellence là, gros comme le bras. Ils ont rempli la maison d'or, et me voilà tout au moins prince d'Amérique. ”
Zénaïde Fleuriot,
Tranquille et Tourbillon
(1898)
“ A tort ou à raison, le vieillard s'imaginait que la manière dont il avait parlé des embarras du chanoine à propos de son collégien, avait pesé d'un certain poids dans la décision si subitement prise par la baronne. ”
Edmond Révérend Du Mesnil,
Armorial historique de Bresse, Bugey…
(1872)
“ La noblesse, par le principe héréditaire, constitue un seul tout, qui sacrifie au besoin sa vie, son argent, son intelligence. Au Moyen-Age, cette noblesse, si remuante et si indépendante, devient le brillant symbole de tout ce qui est gloire et puissance; c'est elle qui arrose de son sang précieux les champs de bataille de nos pères, c'est elle qui soutient les nobles causes en instituant la chevalerie. Les croisades achèvent de lui donner, sous la bannière aux lys d'or du plus saint des rois, ce grand prestige qui laissera dans la nation des traces qui ne s'effaceront jamais ”
Ida Saint-Elme,
Mémoires d'une contemporaine. Tome 4
“ Eh bien! qu'il y obéisse; mais que la fortune change, et vous verrez s'il a bien fait de changer de famille: les peuples sont de meilleurs cousins que les rois; il le sentira au premier revers. Ce qu'il eût dû faire, puisqu'il voulait des héritiers, c'était d'épouser la fille d'un bourgeois de Paris. ”
Ernest de Cornulier-Lucinière,
Des Généalogies, leur utilité domestique et sociale…
(1892)
“ Au moyen âge, le principat moral de l'aîné a été converti en un droit matériel sur le patrimoine commun : c'était une nécessité du régime féodal. Quand une autre organisation civile lui succéda, le droit d'aînesse sur les biens se perpétua pour maintenir le lustre des races, le prestige extérieur du nom : ce fut le bonheur intérieur sacrifié à l'éclat du dehors. Aujourd'hui ce privilège n'est plus qu'un dissolvant de l'union clans la famille, condition première de sa durée. XXII Tout le monde admet que la chronologie et les généalogies sont les deux yeux de l'histoire. ”
