Résumé

Portrait de Paul Adam Paul Adam Revue des Deux Mondes

L’escorte longe la défense. Les éclaireurs débouchent sur une esplanade. Les escadrons tournent en bel ordre, pour l’admiration figée d’une marmaille attentive, d’une foule aux visages de fer, en ses plis blancs, en ses plis bleus, devant les arcades roses d’un marché populeux. Au premier rang il y a les sourires ironiques des Maures et des Touareg. Ces maîtres dépossédés font obligatoirement le salut militaire. Sous leurs chevelures abondantes, deux par deux, ils posent enlacés. Un bras se place sur l’épaule de l’ami ; l’autre se cramponne à une fine lance de cuivre et d’acier.
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Les caravanes venant de la Tripolitaine constituèrent un quartier. Elles y laissèrent, au départ, des gardiens et des entrepositaires. Les Marocains, les Arabes ajoutèrent leurs villes à la ville. On s’y enrichissait de plus en plus. On s’y alanguissait dans des plaisirs défendus par le Prophète. En vain tout un siècle, les imans déclamèrent dans l’obscurité fraîche de la grande mosquée. Sous les cintres bas, entre les piliers lourds, les auditoires souriaient accroupis dans le moelleux du sable. Tombouctou gardait sa foi en l’excellence des plaisirs.
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Par ailleurs, le climat n’invite point à se créer des abris solides, immuables. Un courant d’air, sous une tente brune que des piquets surélèvent, assure le maximum de l’aise à des Berbères et à des Sémites que le soleil rôtit, éblouit, noircit depuis tant de siècles. Aussi voit-on de nobles figures de Maures et de Touareg, majestueusement appuyés sur leurs fines lances d’acier à volutes de cuivre, et beaux comme des Antinoüs méditerranéens, se glisser sans honte sous les arceaux de bois soutenant les paillassons de leur fragile coupole.
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