“ John Mason était bien mort, reprit-il brusquement. Une drôle d’histoire ! J’en sais des tas ! Ah ! ah ! Paris et Londres n’entendaient plus parler de l’Habit-Noir. Je crois bien ! On ne peut être partout. L’Habit-Noir voyageait. Et le petit secrétaire du colonel, Toulonnais-l’Amitié, avait grandi depuis le temps ; c’était presque un jeune homme. John Mason était bien mort. Pendant un an, son notaire de Londres lui avait fait passer en Corse des sommes folles, car il était en Corse et datait ses lettres de Sartène. ”
Mason
Définition et enjeux
Citations sur “Mason”
Gustave Vapereau,
Dictionnaire universel des contemporains…
(1863)
“ MASON (N.) , homme politique américain, né en 1798 dans la Virginie, d'une famille anglaise , prit ses grades à l'université de Pensylvanie en 1818, puis étudia le droit et fut admis comme avocat. au barreau de Richmond en 1820. En 1823, il essaya, dans une convention des États du Sud, de faire adopter un des plans de Washington, la construction d'un canal de l'Ohio à la Chesapeake. En 1826, il fut nommé député de la chambre de Virginie, puis représentant de ce pays au congrès. ”
“ Elle partit de Londres un matin, et vint en Corse pour veiller à son douaire. Quand un malheureux est prisonnier, on peut lui faire écrire et signer ce qu’on veut, n’est-ce pas ? on connaît cela au boulevard. Je crois bien que John Mason ne jouait plus au backgammon depuis longtemps. Quand sa femme vint le rejoindre, que se passa-t-il ? elle annonça par lettre, la mort de son mari au notaire de Londres et demanda de l’argent à son tour, encore de l’argent. L’Habit-Noir a manié, en sa vie, plus d’or qu’il n’en faudrait pour acheter Paris. ”
Paul Milliet,
Une famille de républicains fouriéristes…
(1915-1916)
“ Le père Mazon est un drôle d'homme, au physique comme au moral. Imaginez un corps long et d'une maigreur qui effraye, une figure osseuse, de petits yeux gris presque imperceptibles, qui brillent comme du phosphore ”
baron de Jean-Baptiste-Antoine-Marcelin Marbot, Mémoires du général baron de Marbot…
“ Napoléon se rendit de Wels à Ebersberg par la rive droite, ce qui prouva que la route était parfaitement libre. Arrivé sur le champ de bataille, la vue de ce grand nombre d'hommes, si inutilement tués, le navra de douleur; il s'éloigna et ne vit personne de la soirée!... Si tout autre que Masséna se fût permis de faire sans ordre une attaque aussi imprudente, il eût probablement été renvoyé sur les derrières; mais c'était Masséna, l'enfant chéri de la victoire, et l'Empereur crut devoir se borner à quelques sévères observations. L'armée, moins indulgente, critiqua hautement Masséna. ”
duc de Raguse Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont, Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse…
“ On y joignit les anciens ducs et pairs, un certain nombre d'individus appartenant à de grandes familles anciennes, et presque tous les maréchaux et les illustrations nouvelles. Une chose fâcheuse, maladroite et injuste, fut de n'y pas comprendre Masséna, dont le nom glorieux marque d'une manière si éclatante dans notre époque. On en vint jusqu'à disputer à cet homme illustre la qualité de Français, comme si tant de services rendus, tant de batailles gagnées pour la France, ne l'avaient pas naturalisé de fait! Le traiter avec faveur était une démarche habile et politique. ”
Henri Faure, Dieu et patrie, épisodes militaires… (1897)
“ Incline-toi, mon fils, car c'est Masséna, prince d'Essling, vainqueur de Zurich et défenseur de Gênes ; Masséna, l'intrépide Masséna, vingt fois blessé, mais toujours debout pour soutenir les siens. — Éperonne ton coursier, toi que la faim n'a pu vaincre, pas plus que la mitraille ; hâte ta course vers la patrie : la joie d'un peuple t'y attend, et ton nom n'y périra jamais ! ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ Massillon nous a donné une partie du secret de cette claire vue des âmes, en nous confiant qu'il se regardait pour voir autrui. Il fait le même aveu publiquement dans ce sermon sur la confession, sermon que Louis XIV trouva si beau. « Que craignez-vous, en nous racontant l'histoire de vos malheurs et de vos chutes?. Vous n'en direz jamais assez pour nous surprendre. Ah! nous ne savons que trop de quoi toute la corruption du cœur humain est capable : nous portons en nous la source et les penchants des mêmes faiblesses dont vous rougissez. » ”
baron de Jean-Baptiste-Antoine-Marcelin Marbot, Mémoires du général baron de Marbot…
“ Je crus un moment que j'allais être attaqué; mais à la vue des flammes qui surmontaient les lances des cavaliers de notre escorte, les guérilleros, dont cette arme était la terreur, s'enfuirent à toutes jambes, et j'arrivai sans encombre auprès du généralissime. Masséna, bien que très satisfait du résultat de ma mission, ne m'adressa aucune parole bienveillante sur le zèle dont j'avais fait preuve. Il faut avouer que les grandes contrariétés dont il était entouré contribuaient infiniment à aigrir son caractère déjà vindicatif. Il en éprouva une nouvelle, qui mit le comble à sa perplexité. ”
Les perles du salon : peintres… (1845)
“ «J'ai à te parler, Masséna, répondit celui-ci. — «Dans un moment, reprit Masséna. Mais, citoyen Junot, ajouta-t-il en se tournant vers le jeune aide de camp, je ne vois pas le général en chef que vous m'avez annoncé. Je serais fâché qu'à notre première entrevue il pût avoir le droit de m'accuser de mon peu d'empressement à me rendre à ses ordres. — «Il n'en sera rien, général Masséna,» dit avec dignité le jeune homme au front pâle, en s'avançant au milieu du cercle formé par les officiers républicains. ”
“ Se confier à la vie et renaître à l’aurore ! Elle marchait ainsi dans les derniers rayons, Lorsque soudain surgit une apparition : Pierre était devant elle. Elle n’eut qu’un cri : Pierre ! Et sa voix s’éteignit, et ses bras supplièrent Vibrants, tendus vers lui en un geste infini De détresse lassée où se trouvaient unis L’abandon et l’amour ouvrant larges leurs ailes Pour monter, comme l’oiseau, vers le nid fidèle. — Pierre ! Pierre ! dit-elle. — Pierre ! Pierre ! dit-elle. Et Pierre recula. — Arrière ! cria-t-il : c’est donc toi, te voilà ! ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Ce mercredi, 8 avril 1699. J'ai ouï aujourd'hui le père Massillon, pour la première fois de ma vie. Je reprends ma lettre où je l'ai interrompue le matin, pour vous dire que ce prédicateur est charmant par sa solidité, son onction, son ordre, sa netteté et sa vivacité d'élocution, et au milieu de tout cela, par son incomparable modestie. Il prêcha sur l'évangile de demain, qui est la femme à qui il fut beaucoup pardonné, parce qu'elle avait aimé beaucoup. ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ Massillon naquit à Hyères, le 24 juin 1663, sous ce beau ciel du Midi, aux bords des flots d'azur de la Méditerranée, dont ses œuvres semblent garder encore l'harmonieux murmure et le doux reflet. Le lieu de la naissance n'est pas chose indifférente à la formation du génie : le génie est impressionnable. ”
Frédéric Ozanam,
Œuvres complètes de Frédéric Ozanam…
“ Saint François, voyant que les morceaux de pain de frère Masséo étaient plus nombreux et plus gros que les siens, fit une très-grande exclamation de joie, et dit ainsi : « Ô frère Masséo, nous ne sommes pas dignes d’un si grand trésor ! » Et comme il répétait ces paroles plusieurs fois, frère Masséo lui répondit : « Père, comment peux- tu parler de trésor là où il y a tant de pauvreté, et où manquent toutes les choses nécessaires ? Je ne vois ici ni nappe, ni couteau, ni écuelle, ni maison, ni table, ni serviteur, ni servante. » ”
Bonne de Maussion, Contes aux enfants du château de Vaux… (1846)
“ Ton père aussi a été à la grande ville quand il était petit comme toi ; le bon Dieu met toujours quelques bonnes âmes sur le chemin du petit Savoyard. Adieu, Paul ; va-t-en, va-t-en. Et elle le poussait comme si elle eût été impatiente de le voir partir, et l'enfant partit, et la mère resta plus de 4 74 deux heures immobile sur le banc de pierre. Pendant ce temps, deux voitures en poste sortirent de la cour de l'auberge : dans l'une étaient le comte et la comtesse d'Artigues, leurs gens sur les sièges, dans l'autre Antoine et Subine et miss Attfield leur gouvernante ”
Léon Sahler, La Fin d'un régime. Montbéliard… (1911)
“ Masson , comtemporain des événements que nous retraçons , était membre correspondant de l' Institut de France . Il est l' auteur de la charmante bluette La Nouvelle Astrée , dont le cadre est Blamont et qui fit les délices de nos feues grand mères . Mais aujourd'hui , on en juge autrement , le style de Masson est vieillot . On le trouve même grotesque . Le lecteur jugera , par l' échantillon suivant , de sa prose . Il s' agit d' un jeune et beau châtelain et de la bergère ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ « La piété ouvre souvent les oreilles à la malignité de la calomnie. » MASSILLON, Petit carême : Scnnon. Les écueils de la piété. - 2. Massillon n'est pas toujours si indulgent pour cette inadvertance des riches, et sur cette excuse donnée, même sans témérité, à un pauvre artificieux. « Le Seigneur jugera, un jour, entre vous et moi, dit ce dernier, et on verra si « vos profusions » vous étaient plus permises que « l'innocent artifice » dont je me sers pour obtenir un soulagement à mes peines. MASSILLON, Sermon. ”
Jean-Baptiste Massin, Joseph Mahon, élève de l'Ecole des Chartes (1883)
“ Il était sur le point de quitter son cher Petit-Séminaire, car cet établissement ne possède plus le cours de philosophie. Le 16 août, notre ami adressait de Villesur-Terre à l'un de ses condisciples les lignes suivantes: « Hélas! voilà notre séminaire fini, et il me semble que je viens seulement de le commencer; la vie me paraissait avec vous si douce et si agréable. J'aime tant le Séminaire! j'aime tout ce qu'il renferme, tout, jusqu'aux murs. » Joseph avait joui à Langres des avantages matériels de l'externat. ”
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ L’invention ou la veine mélodique de M. Février a peu d’originalité. Élève de MM. Messager et Fauré, dit-on, il le semblerait plutôt de M. Massenet, témoin le duo du second acte, au moins le milieu et la fin de ce duo. Écoutez ou lisez la cantilène langoureuse de Prinzivalle à genoux, tenant, serrant, pétrissant la main de Vanna dans les siennes ; vous retrouverez là du Massenet, beaucoup de Massenet, du meilleur, et de l’autre. ”
“ VERDI.Ce fut lui qui vint m'ouvrir. Je restai tout interdit. Sa franchise, sa bonne grâce, la noblesse accueillante que sa haute stature imprimait à toute sa personne eurent bientôt fait de nous rapprocher.Je passai en sa compagnie quelques instants d'un charme indéfinissable, causant avec la plus délicieuse simplicité dans sa chambre à coucher, puis sur la terrasse de son salon, d'où l'on dominait le port de Gènes, et, par delà, la haute mer dans l'horizon le plus lointain. J'eus cette illusion qu'il était lui-même un Doria me montrant avec orgueil ses flottes victorieuses. ”
Leopold von Sacher-Masoch,
Les Batteuses d’hommes
“ La baronne s’exécuta et tendit le jeu à Maximilien pour qu’il coupât. — Bien, continua le colonel ; nous allons tirer ; rouge signifie la vie, noir la mort. La baronne présenta le jeu d’abord à l’officier, puis à l’artiste. Après un instant de silence, — un siècle d’angoisse, — Étienne de K... jeta tranquillement sa carte sur la table en disant : « rouge ! » — Noir, bégaya le jeune homme ; la carte, s’échappant de sa main, tomba aux pieds de la jeune femme ; celle-ci la ramassa et l’examina avec curiosité. — La dame de trèfle ! reprit froidement Amélie. ”
Honoré de Balzac,
Oeuvres complètes de M. de Balzac…
(1863)
“ Voyons, redites-moi les choses qui là-dedans peuvent être vraies?—Calmez-vous, ma petite...—Valérie, mon cher ange, je vais me calmer, répondit cette fille bizarre en s’asseyant. Une seule chose peut me rendre la raison: donnez-moi une preuve!...—Mais votre cousine Hortense possède le groupe de Samson dont voici la lithographie publiée par une Revue; elle l’a payé de ses économies, et c’est le baron qui, dans l’intérêt de son futur gendre, le lance et obtient tout. ”
“ Son Altesse nous avait invités dans la loge princière, la même loge où j’avais été appelé, à la fin de la première du Jongleur de Notre-Dame, et dans laquelle, en vue du public, le prince de Monaco m’avait placé lui-même, sur la poitrine, le grand cordon de son ordre de Saint-Charles. Aller au théâtre, c’est bien ; autre chose, cependant, est d’assister à la représentation et d’écouter ! Je repris donc, le soir de Thérèse, ma place accoutumée dans le salon du prince. Des tentures et des portes le séparaient de la loge. ”
Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin… (1899)
“ Je n'ai pas besoin de rappeler que le baron Massy ne voyait dans le surnaturel divin ou diabolique qui se manifestait à Massabieille qu'un assemblage confus de fourberies et de pantomimes. Il était donc naturellement porté à faire la guerre à ce qu'il croyait être une vaine superstition; mais en se mettant en avant, il ne s'aperçut pas qu'il obéissait moins à son propre mouvement qu'aux impulsions d'une volonté supérieure., Se l'appelant l'insuccès de ses premières entreprises, le baron Massy était devenu circonspect. ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ En vérité, le ton de voix d'un étranger ne rappelle que rarement, par son accent, celui du créateur de l'expression, de la pensée, du mouvement. L'unité est rompue. L'auditoire lui-même, et celui de Massillon en particulier, n'est pas chose indifférente pour entendre 1. L'abbé Millet, censeur royal chargé par ordre du Chancelier de lire les sermons de Massillon, lors de leur impression, en 1744, semble avoir reconnu ce don particulier: « ce grand orateur, dit-il, peint la vertu avec ses attraits, sans en dissimuler la difficulté, et le vice avec sa laideur mais sans en cacher les appas ». ”
Évariste de Parny,
La Guerre des dieux, poème en dix chants
(1790)
“ Plus aguerris, ces païens les frottaient, Et la victoire est encore indécise. Mais j’apperçois Samson. Tremblez, faquins ! L’arme fragile, instrument de sa gloire, Vaincra toujours : cette heureuse mâchoire Brisa cent fois celle des Philistins ; Fuyez, vous dis-je, ou c’en est fait des vôtres. Et toi, Samson, prends garde aux sept cheveux Qui font ta force : invincible par eux, Défends-les bien ; laisse arracher les autres. ”
baron de Jean-Baptiste-Antoine-Marcelin Marbot, Mémoires du général baron de Marbot…
“ Au moment de ce brusque départ, la stupéfaction fut générale, car chacun avait pensé, en voyant Masséna revenir auprès de ses troupes campées à une portée de canon de l'ennemi, qu'après avoir employé le peu de jour qui restait à étudier la position qu'il voulait enlever, il demeurerait au milieu de son armée. Le généralissime, en s'éloignant sans avoir rien vu par lui-même, commit une grande faute; mais ses lieutenants, qui l'avaient poussé à l'attaque, en endormant sa vigilance habituelle, devaient-ils blâmer sa conduite, ainsi qu'ils le firent plus tard? ”
Louis Hennequin,
Zürich. Masséna en Suisse, messidor an VII-brumaire an VIII…
(1911)
“ En 1799, il a quarante ans comme Masséna, son activité physique est sans bornes; la sûreté de son jugement, la rapidité de son coup d'oeil, son intrépidité se manifestent avec une rare intensité au cours de son admirable campagne dans les Grisons et les Petits Cantons de la Suisse. Le trait dominant de son caractère est la dignité, sinon la fierté. ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ « Omon Dieu ! vous êtes un juge si patient, si miséricordieux de nos œuvres, et nous sommes les censeurs sévères et éternels des vôtres. Que deviendrait l'homme, si vous preniez à son égard les mêmes dispositions qu'il a pour vous. et si vous examiniez ses fautes avec cet œil de sévérité avec lequel il examine vos merveilles 5 ? » 1. MASSILLON, Sermon. La Soumission à la volonté de Dieu. 2. BOSSUET, Sermon. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ S'adressant à une compagnie de vieux militaires, il a le secret d'enflammer les courages; il a celui de porter à la piété les âmes dévotes. « Ses discours sont simples en apparence; mais quelle élévation dans cette simplicité, quelle action savante dans sa manière de parler! Il ravit ses auditeurs et les laisse dans l'incertitude de savoir ce qu'ils admirent davantage, ou le zèle de l'apôtre, ou la finesse de l'orateur. Le père Maure a la vogue parmi les dames ; le père Massillon est du goût de tout le monde (1) . » ”
Jean-Baptiste Massin, Joseph Mahon, élève de l'Ecole des Chartes (1883)
“ Qu'elle est belle; la génération pure avec l'éclat de sa gloire! Le voilà, le jeune homme, tel que le fait l'éducation chrétienne. Mettez en parallèle celui que nous prépare l'école sans Dieu, et dites lequel honorera davantage sa famille et contribuera le plus au salut de la France! Le 16 décembre 1880, M. Manois, l'ancien supérieur du Séminaire, avait rendu son âme à Dieu. Une des dernières pensées du saint prêtre avait été pour Joseph. Cette perte du plus ancien et du plus vénérable ami de MM. Mahon lui causa une peine profonde. ”
