“ Mercurius, éloquent petit-fils d’Atlas, qui, par l’habileté de la parole et l’usage de la palæstre, formas les mœurs farouches des premiers hommes. Je te chanterai, messager du grand Jupiter et des Dieux, père rusé de la lyre recourbée, habile à dérober par un joyeux larcin tout ce qui te plaît. ”
Mercurius
Définition et enjeux
Citations sur “Mercurius”
“ Tout le monde sait que Mercure est le héraut, et celui qui porte la parole des Dieux : les Latins en conséquence l’ont appellé Mercurius, comme qui diroit Medius currens, c’est-à-dire, courant au milieu, d’autant que la parole trotte parmi les personnes. ”
“ Mais l’agile Mercurius m’emporta tremblant, du milieu des ennemis, dans une épaisse nuée, et toi, la mer te prit sur ses flots écumeux pour te rendre à la guerre. Offre donc à Jupiter le sacrifice qui lui est dû ; fatigué d’une longue campagne, repose-toi sous mon laurier, et n’épargne pas les tonneaux que je te destinais. ”
Georges Dottin , La Religion des Celtes
“ Mais comme les noms divins ont été de bonne heure employés pour désigner des hommes, on peut se demander souvent si au lieu d’un dieu ce n’est pas plutôt d’un homme à nom divin que tel ou tel lieu tire son nom. On se tromperait beaucoup si l’on croyait que tous les anciens Mercuriacus de France, devenus aujourd’hui Mercuray, Mercurey, Mercoirey, Mercury sont dérivés du nom de dieu Mercurius. ”
Jean-Baptiste Louis de Romé de L'Isle, Description méthodique d'une collection de minéraux du cabinet de M. D. R. D. L.… (1773)
“ Syst. nat. XII. 119. nO. r. Mercurius nudus fluidus. Carth. min. 62. '———— nativus vitgineus. Cronft. min. 317. - purus nativus. Bom. min. 2. p. 81. V A. I. Mercure coulant dégagé de sa gangue, & tel qu'on le trouve dans les cavités des mines àïldria dans le Frioul. Il ne differe en rien du mercure tiré du cinabre par le moyen du feu. Mercurius solitarius purus. Carth. min. Hydrargyrum nativum purum. Wall. min. 219. 1. .!? A. 2. Mercure vierge en petits globules épars dans une gangue terreuse, mêlée de cinabre ”
Émile Montégut, Impressions de voyage et d’art…
“ Y aura-t-il jamais assez de foudres pour Jupiter, de tridens pour Neptune, de flèches pour Apollon, de coulevrines, de cuirasses, d’arquebuses, de glaives et d’éperons pour Mars et ses soldats? Au centre, le jeune Mercure, complètement nu, un mignon sans rien d’efféminé, semble en proie à une colère bouillante, car il fait avec la main le geste de jeter quelque chose contre terre pour l’écraser et le briser. ”
Svante August Arrhenius,
Le Destin des étoiles
“ Au voisinage du soleil ces poussières sont, sans nul doute, plus abondantes, par suite de l’attraction de la masse solaire. Mercure est 2,6 fois plus rapproché du soleil que nous, et 4 fois plus près que Mars. Il semble probable qu’il y a, à la surface de Mercure, comme aussi sur celle de la lune, de grandes montagnes qui ne seraient pas sujettes à l’érosion de l’eau et des sables errants. ”
Hippolyte Bazin, Vienne et Lyon gallo-romains : villes antiques (1891)
“ Il représente Mercure assis sur un rocher, dans la pose ordinaire d'un Mercure assis, la jambe droite légèrement repliée. Il tient le caducée de la main droite, de la main gauche il s'appuie sur le rocher; il porte les talonnières; un coq est au pied du rocher. Le pied gauche du dieu repose sur un tabouret; une chlamyde rejetée en arrière laisse tout son corps à découvert. Devant lui un autel sur lequel un homme drapé vient offrir un sacrifice. Au pied de l'autel, un bélier. A l'arrière-plan, un joueur de flûte. Mercure semble barbu. ”
Wilhelm Gottlieb Becker,
Augusteum, ou Description des monumens antiques qui se trouvent à Dresde…
(1804-1811)
“ Mercure ne démentiroit pas dans un si bel ouvrage ce caractère de célérité et de souplesse qui lui est propre, même considéré comme présidant à la lutte, et cependant notre statue n'a point ce caractère là. Le corps malgré son extrême beauté a trop peu de légèreté pour un Mercure, et ce repos d'indolence auquel il s'abandonne, ne sauroit convenir en aucune manière à ce Dieu. Envain allégueroit - on ces cheveux si élégamment bouclés et cette figure divinisée ”
“ C’est Mercure qui vient de tomber des nuages, à côté d’un bon gros dieu terme à la face plate et carrée ; légèrement posé sur une jambe, l’autre jambe croisée devant la première, il se penche à l’oreille de la divinité rustique et lui murmure, un doigt sur les lèvres, une confidence qui semble beaucoup la réjouir. Rien de plus élégant et de plus dégagé que l’attitude du céleste messager ; on sent qu’il s’appuie à peine sur le sol et qu’il est tout prêt à reprendre son vol vers l’olympe. ”
“ Le fils de Jupiter et de Maïa, apercevant Apollon irrité du vol de ses génisses, s'enfonce aussitôt dans ses langes parfumés et reste enveloppé comme un tison enfoui sous des cendres amoncelées. A la vue du dieu qui lance au loin ses traits, Mercure, qui redoute sa présence, ramasse en un peloton sa tête, ses mains et ses pieds, comme un homme qui, sortant du bain, veut s'abandonner aux charmes du sommeil. Le dieu portait sous son bras la lyre divine. Il reconnaît aussitôt la belle nymphe des montagnes et son fils chéri, faible enfant s'enveloppant dans des langes trompeurs. ”
Hippolyte Bazin, Vienne et Lyon gallo-romains : villes antiques (1891)
“ A. Statuette de Mercure (2) trouvée en 1813 à la Croix-Rousse, sur l'emplacement du monastère des religieuses du Bleu céleste, au quartier du Jardin-des-PIantes. Les yeux et l'extrémité des seins sont incrustés d'argent. Mercure est presque nu; une chlamyde part de son épaule pour retomber par côté après s'être enroulée autour du bras; la main droite portée en avant tient une bourse, les doigts de la gauche serraient le caducée; le corps s'appuie de tout son poids sur une jambe, l'autre étant légèrement repliée; les traits du visage sont nobles, et toute la figurine est délicatement ciselée. ”
Jean-François Marmontel,
La neuvaine de Cythère
(1879)
“ Mercure, celui des dieux qui, selon la fable, est le plus occupé; on le peignait avec la moitié du visage claire et l'autre noire et sombre, parce qu'on croyait qu'il conduisait les âmes aux enfers, et qu'ainsi il était tantôt au ciel ou sur la terre et tantôt dans le royaume des ombres. ”
“ Relativement à nous, c’est lui qui est le centre de tout le système auquel nous appartenons ; relativement au reste de l’univers, il n’est lui-même qu’une partie. d’un système plus vaste, dont on ne connaîtra peut-être jamais les bornes. Après le soleil, la planète la plus rapprochée de cet astre, c’est Mercure, qui se meut autour de lui dans une orbite très allongée, tantôt à 32 degrés, et tantôt à 18. A la distance moyenne de 15 millions de lieues où Mercure est placé, il reçoit une lumière sept fois plus vive que la nôtre, et une chaleur sept fois plus intense. ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ Ce qui leur donne un intérêt particulier, c’est leur rôle dans la mécanique céleste. D’après les calculs de M. Le Verrier, il existe dans le mouvement de Mercure une petite irrégularité que les forces connues ne suffisent point à expliquer. Mercure, paraît-il, avance comme une montre mal réglée ; son orbite est sujette à un déplacement progressif dont Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et les autres planètes connues ne nous offrent nul exemple. ”
Antoine Monnier, L'art sacerdotal antique : explication du sens allégorique des principaux monuments grecs et romains du musée du Louvre… (1897)
“ Toujours Mercure plaide la cause de Vénus. Il ne devient le dieu des voleurs que lorsque l'éloquence est devenue jactance ne servant plus qu'au vol. Mercure est le cube de Jupiter, ou le Verbe assis sur le Verbe, comme le dit saint Jean. La tête de Mercure, sur un cube, est un terme (Hermès) ou borne de l'esprit humain et du dieu créateur. ”
“ Tandis que Vulcain excite le feu, Mercure entraîne hors de l’étable deux génisses mugissantes et les conduit près du foyer : sa force est invincible. Il les renverse haletantes sous lui, et se précipitant il leur arrache la vie. ”
Diogène Laërce,
Vies et doctrines des philosophes de l’Antiquité
“ Une fois séparée du corps, elle ne quitte point la terre, mais continue à errer dans l’espace sous la forme du corps qu’elle habitait. Mercure est le gardien des âmes, et on lui donne les noms de conducteur, de marchand, de terrestre, parce qu’il tire les âmes des corps, sur la terre et dans les mers. ”
S. Jacquemont, Le Musée Thorvaldsen et l’église Notre-Dame de Copenhage
“ Le Mercure est une des merveilles de l’art moderne et suffirait à placer son auteur au premier rang. Le dieu est assis, nu, sauf le pétase ailé, sur un tronc d’arbre recouvert de sa chlamyde. De la main gauche il écarte de ses lèvres la syrinx dont il vient de jouer, et de la main droite tire doucement son épée du fourreau placé et maintenu sous le talon droit. ”
Charles Lenthéric,
Revue des Deux Mondes
“ On sait que Mercure était un dieu très gaulois et que, si les divinités aimables et aimées, comme les nymphes, pouvaient se contenter d’un modeste autel près d’une gracieuse source, les dieux puissans et redoutés, comme Jupiter et Mercure, étaient adorés dans des temples plus sévères et presque toujours sur un faîte dominateur. ”
Ludovic de Vauzelles, Oeuvres poétiques de Ludovic de Vauzelles… (1888)
“ Mercure maintenant ne peut guère tarder A venir enlever l'ombre de notre morte ; Il n'a pas besoin, lui, de sortir par la porte, Et tous deux aux enfers pourraient me précéder. Hercule n'est pas homme à fort l'intimider, Mais s'il offrait une escarcelle En échange de la belle, Mercure, quoique dieu, pourrait la lui céder. APOLLON. Connais mieux le divin Alcide ! Tant de ruse n'est pas à l'usage des forts : Tel qu'il est sur la terre, il sera chez les morts, Audacieux, mais non perfide. ”
Essai historique sur la baronnie De Clérieu en Dauphiné et sur les fiefs qui en ont dépendu… (1873)
“ Mercurol, Mercurolium , Mercuriolum , Mercurum (1,274 habitants) . L'ancienne voie romaine, appelée par la tradition vie magne ou via moniha (via munita, route pavée) , traversait le territoire de Mercurol, et l'on en discerne encore des vestiges. Chorier affirme que cette localité tirait son nom du culte de Mercure (2) , peut-être introduit par les marchands qui suivaient la route venant de Rome. ”
Eugène Bernard, Les Origines de l'Eglise de Paris… (1870)
“ Mercure est le premier de leurs dieux, et ils lui élèvent un grand nombre de statues. Ils le regardent comme l'inventeur de tous les arts, comme le guide des voyageurs; c'est encore le protecteur du commerce. ”
Charles Wolf,
Les Hypothèses cosmogoniques
“ Il me semble que Mercure doit la petitesse exceptionnelle de sa masse non seulement à l’attraction de son puissant voisin le Soleil, mais aussi au voisinage de Vénus, qui, d’après le rapport de sa densité probable à son volume, doit être une planète de masse considérable. ”
Amédée Guillemin,
Le ciel : notions d'astronomie à l'usage des gens du monde et de la jeunesse
(1866)
“ Si la Terre était elle-même immobile, l'intervalle de cent six à cent trente jours, que nous avons vu être la durée d'une oscillation entière, serait aussi la durée d'une révolution de Mercure autour du Soleil. Mais, comme il est aisé de le voir sur le dessin qui précède, quand la planète est revenue à la même conjonction, la Terre a marché sur son orbite, et Mercure a accompli plus d'une de ses révolutions. ”
Friedrich Melchior Grimm,
Oeuvres de Fontenelle : études sur sa vie et son esprit
(1852)
“ Il faut que les peuples de ce monde-là ne connaissent pas seulement de réputation la centième partie des autres peuples; au lieu que dans Mercure, qui est fort petit, ils sont tous voisins les uns des- autres; ils vivant familièrement ensemble et ne comptent que pour une promenade de faire le tour de leur monde. Si on ne nous voit point dans Jupiter, vous jugez bien qu'on y voit encore moins Vénus, qui est plus éloignée de lui, et encore moins Mercure, qui est et plus petit et plus éloigné. ”
Leçons d'astronomie professées à l'Observatoire royal par M. Arago… (1845)
“ Constitution physique de Mercure. -Mercure est d'une forme parfaitement sphérique. Comme toutes les planètes , il emprunte sa lumière du soleil. C'est ce que prouvent et ses passages sur le disque de cet astre, passages pendant lesquels il apparaît sous la forme d'une tache obscure, et l'observation des phases qu'il présente et qu'on peut suivre comme celles de la lune, avec le secours du télescope. ”
Antonio Bresciani, Don Giovanni, par A. Bresciani (1859)
“ J'imagine donc que Jupiter, après un sommeil de quinze cents ans, s'éveille et charge Mercure d'une foule de commissions à l'effet de rétablir sur la terre le culte des Dieux. Mercure s'efforce de lui prouver que la chose n'est plus de saison, parce que le monde a connu la VÉRITÉ ; il rit des anciennes superstitions et les traite de fables que les écoliers étudient dans les poëtes anciens pour apprendre le beau style grec et latin, en s'amusant beaucoup de la barbe de Jupiter, de la lance de Minerve, et du trident de Neptune. ”
Amédée Guillemin,
Le ciel : notions d'astronomie à l'usage des gens du monde et de la jeunesse
(1866)
“ Il résulte de là que la surface de Mercure est à peu près six fois et demie moins considérable que celle de notre sphéroïde, et qu'il faudrait près de dix-sept volumes égaux au sien pour égaler le volume de la Terre. Mercure est-il de forme parfaitement sphérique? Il est difficile de s'en assurer en observant la planète dans ses phases. L'éclat de sa lumière est si vif que les mesures précises sont difficiles alors1. Les astronomes ont préféré utiliser un phénomène qui arrive encore assez fréquemment pour permettre de contrôler les observations. ”
Pierre Louis Moreau de Maupertuis,
Oeuvres de M. de Maupertuis. Tome 3
(1756)
“ On compte six de ces planetes, qui n'ont de lumiere que celle qu'elles reçoivent du Soleil : ce font Mercure , Vénus, la Terre , qu'on ne peut se dispenser de placer parmi elles, Mars, Jupiter , & Saturne. Chacune décrit un grand orbe autour du Soleil , & toutes, placées à des distances différentes, font leurs révolutions autour de lui dans des temps différents. Mercure, qui est le plus proche , fait sa révolution en trois mois. Après l'orbe de Mercure est celui de Vénus, dont la révolution est de huit. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
(1851)
“ Le Mercure le crut mort; il s'éloigna... mais, se ravisant, il revint, plongea sa tige d'airain à travers l'un des deux trous de la visière du casque du gladiateur... Sans doute le fer brûlant et aigu pénétra dans l'oeil, car l'esclave, vaincu cette fois par la douleur, se releva d'un bond, en poussant des hurlements qui n'avaient rien d'humain, fit quelques pas et retomba ; aussitôt deux Plutons accoururent vers lui, et frappant de leurs lourds ”
Émile-Mathieu Campagne, Les terres inconnues (1882)
“ Il est temps de fixer notre course vagabonde et de nous arrêter quelques instants dans nos terres du ciel les plus voisines : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne et Uranus. Mercure est la plus petite des planètes inférieures et la plus proche du soleil, dont elle est pourtant éloignée de 13 millions de lieues. Elle est seize fois plus petite que la terre. Ses jours sont de 24 heures 51 minutes, et son année d'environ 88 jours. Selon Newton, la chaleur et la lumière du soleil sur la surface de Mercure sont sept fois plus grandes que chez nous au fort de l'été ”
Émile-Mathieu Campagne, Les terres inconnues (1882)
“ Un tel degréde chaleur doit rendre Mercure inhabitable pour des êtres de notre constitution. On la voit changer de phases comme la lune, et elle passe tantôt entre la terre et le soleil, tantôt au delà du soleil ; mais jamais on ne voit la terre entre Mercure et le soleil: ce qui devrait arriver, si les cieux de toutes les planètes renfermaient la terre dans leur centre, comme le suppose Ptolémée. ”
Laurence Sterne,
Vie et opinions de Tristram Shandy
“ Hélas ! les hommes de Mercure sont presqu’alors comme les nôtres. — Nos esprits ne brillent certainement pas à travers le corps — Il est enveloppé d’une étoffe épaisse et opaque, qui s’oppose à la perspicacité de l’œil le plus perçant ”
Camille Grollet, Le ciel et ses merveilles (1884)
“ Apollon et Mercure ; deux planètes pour une. — Mercure vu à l'oeil nu. — Phases de Mercure. — Montagnes, atmosphère de Mercure. — Bonheur des habitants de Mercure. — Opinion de Fontenelle sur les habitants de cette planète. — Distance de Mercure au Soleil ; son diamètre ; sa surface ; son volume ; son jour ; son année ses saisons ; sa masse ; sa densité ; intensité de la pesanteur à sa surface ; son excentricité. Quand le ciel est pur, le soir, après le coucher du Soleil, on aperçoit quelquefois à l'occident une petite étoile blanche, un peu nuancée de rouge. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Causeries du lundi
“ Le Mercure nous la montre plus au naturel, « parfaitement bien faite dans sa taille médiocre, avec un maintien noble et assuré, la tête et les épaules bien placées, les yeux pleins de feu, la bouche belle, le nez un peu aquilin, et beaucoup d’agrément dans l’air et les manières ; sans embonpoint, mais les joues assez pleines, avec des traits bien marqués pour exprimer la tristesse, la joie, la tendresse, la terreur et la pitié. » ”
