“ Mais, en ce moment, on vit dans la plaine un chevalier accourant de toute la vitesse de son cheval et s’avançant vers le champ clos. L’air retentit des cris « un champion ! un champion ! » et, en dépit des préventions et des préjugés de la multitude, il fut accueilli par les acclamations unanimes quand il entra dans la lice. ”
Champ clos
Définition et enjeux
Citations sur “champ clos”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Ce mot signifie en général celui qui combat en champ clos pour sa propre cause, ou pour la cause d’un autre ; & plus particulièrement celui qui se bat pour un autre. Pugnator. Les injures faites à l’honneur des Dames se vengeoient autrefois par le combat de deux champions. ”
Amable Nicolle, Geneviève et le roi Payen ou Essai sur l'établissement du christianisme dans les Gaules… (1841)
“ Il n'a fallu que ce sursis pour que tous ceux de Clovis se reconnaissent; et au même moment marchant de front sur l'ennemi qui ne s'attend à rien moins qu'à une attaque dans les défilés où il s'engage, un combat des plus acharnés recommence. L'ennemi a bientôt perdu l'avantage qu'un instant lui a donné; aussi, il s'étonne de l'impétuosité avec laquelle l'armée de Clovis le combat; il en est frappé de stupeur, car il n'y a qu'un seul bras qui le frappe, qui l'abat, qui l'extermine", et qui le couche comme une herbe fauchée sur le champ de bataille: le bras divin ! ”
Louis-François-Hilarion Audibert, Histoire et roman
“ Clovis s’est élancé sur un champ de bataille, car c’est là qu’il règne. Mais, ô désastre ! tout ploie, tout s’ébranle : les Francs, vaincus, dispersés, connaissent enfin la terreur. Un cri change tout : « Dieu de Clotilde, couvre-moi de ton bouclier ; vainqueur aujourd’hui, demain je suis chrétien. » L’Éternel répond à ce cri. Aux yeux du monarque, ce n’est plus sur un autel que brille la croix, mais c’est en lames de feu, dans les nues entr’ouvertes. Clovis est entré dans la route où se signalèrent les Josué, les Saül et les David : le Dieu fort l’échauffe de sa puissance. ”
Ferdinand Chenu, En Tarentaise, chants et poèmes… (1910)
“ Clovis voit ses guerriers les plus braves tués ; Et les autres, toujours à vaincre habitués, Reculent, fous de peur, tournant contre eux leurs armes. A ce spectacle, ses yeux s'emplissent de larmes. Il a beau commander, il n'est plus obéi. Il a prié ses dieux, et ses dieux l'ont trahi. La bataille est perdue, et sa gloire est flétrie. Alors, levant au ciel ses regards, il s'écrie : - Jésus-Christ, que Clotilde appelle Fils du Dieu Vivant, s'il est vrai qu'à tout instant, en tout lieu, Tu protèges celui qui te sert et t'adore, Et donnes la victoire à quiconque t'implore. ”
Félicien Champsaur,
Lulu, roman clownesque
(1900)
“ La clownesse bondit par-dessus Paillard, en un saut périlleux, retomba de l'autre côté. Oh! fit M. Loyal, et il rattrapa le cheval vous lui tournez la tête, miss clownesse. - J'avais eu peur. Est-ce qu'il est méchant? - Mais non. Faites un tour de piste sur lui. Après toute une défense de Paillard, Lulu voltigeait du sol au cheval, et du cheval dans les fauteuils, culbutant par-dessus les rires, les effrois, et déjà des envies masculines et féminines - de sa joliesse friponne et incitatrice. Puis, du gradin où elle était juchée, avec une mimique peureuse : Tenez votre bête, mossieu Loyal. ”
Godefroid Kurth,
Clovis, Tome 1 (of 2)
(1901)
“ Car à peine Clovis eut-il prononcé ces paroles, continue le chroniqueur, que la fortune du combat fut brusquement intervertie. Comme s'ils s'apercevaient de l'entrée en scène de quelque allié tout-puissant, les soldats de Clovis reprennent courage. La bataille se rétablit, l'armée franque revient à la charge, les Alamans plient à leur tour, leur roi succombe dans la mêlée, les vainqueurs de tantôt se voient transformés en vaincus. La mort de leur chef a eu raison de leur ardeur; ils jettent les armes et, sur le champ de bataille même, ils demandent grâce au roi des Francs [466] . ”
Le drame de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or… (1903)
“ Quand vous aurez fait votre devoir d'arrêter Champion, vous saurez la vérité. M. LE PRÉSIDENT : Ne comprenez-vous pas que ce sont des aveux entiers qui peuvent satisfaire les jurés, Champion n'est pas sorti de chez lui. JOANNON (avec ironie) : C'est un brave homme que Champion*. Il a eu le temps depuis huit mois d'arranger son affairé, moi, j'ai vu Champion commettant le crime, et plongeant le couteau dans le coeur de la petite, Chrétien tuant la veuve, et Deschamp après la veuve Desfarges, j'étais sur la terre des Mûriers, et j'ai tout vu par la petite fenêtre. ”
Paul Lutel, La légende de Champagne (1891)
“ Il revoit les débris du vase fracassé. L'insolente francisque objet de sa colère. Il s'en saisit, l'arrache et la lançant à terre, Suit des yeux le soldat qui pour la ressaisir S'est courbé. — Trahison ! le roi sans l'avertir, Qu'après un an d'attente il lui faut sa vengeance, Qu'il va punir de mort son ancienne arrogance, Et sans révéler rien du redoutable arrêt, Clovis, le roi bourreau, fléchissant le jarret, Fait jaillir de son cœur la haine qui s'y cache, Et, soulevant dans l'air sa formidable hache, L'abat en partageant son homme en deux tronçons. ”
Alfred Driou, Les Fleurs du moyen-âge, légendes nationales… (1851)
“ Le roi Clovis, au noble visage, à la haute stature, au regard fier, aux yeux scintillants, marchait alors sur un cheval de bataille à robe noire, dont la crinière était tressée avec des torsades pourpres et la housse rouge chargée d'or et de pierreries. Devant le prince un leude portait l'oriflamme, immense étendard en forme de flamme d'un rouge cramoisi, écartelé d'une large croix d'argent et dont la hampe était d'or. ”
Anonyme, Zoloé et ses deux acolythes
“ Un cavalier descend avec précipitation, le heurte et le renverse. — Chevalier, s’écrie-t-il en fureur, vous m’insultez. À demain huit heures du matin au bois de Boulogne, ou je vous tiens pour lâche. — À demain, Milord. Le combat avait commencé ; l’épée n’ayant pu le terminer : le pistolet, s’écrie l’un des champions. Le sort décide qui tirera le premier, il favorise Milord, il manque son coup ; son adversaire l’ajuste et lui perce la corne de son chapeau. — C’est assez, dit l’inconnu. Tu chancèles ; lâche, reconnais Volsange. Et aussitôt, elle se jète sur son cheval et part rejoindre Zoloé. ”
Benjamin Franklin,
Vie de Benjamin Franklin, écrite par lui-même - Tome 2
“ Faute d'un clou, le fer d'un cheval se perd; faute d'un fer, on perd le cheval; et faute d'un cheval, le cavalier est lui-même perdu, parce que son ennemi l'atteint et le tue. Tout cela ne vient que d'avoir négligé un clou de fer à cheval. ”
Félicien Champsaur,
Lulu, roman clownesque
(1900)
“ Une pirouefte catapultueuse ramenait la clownesse sur le dos de Paillard. Tous d'applaudir. Footit, debout, à la porte de la piste, cria « Bravo ! » Paillard piquait des deux, sur un remuement de la chambrière. Et Lulu de voltiger en jockey consommé, avec des pitreries, quand même gracieuse, - clownesse certes, mais toujours femme. Les jambes ballantes sur le flanc du cheval, soudain, la voilà debout, une jambe en l'air qui tournoyait vertigineusement. Dans le cirque, de tous les gradins, les applaudissements éclatèrent. Un étonnement, comme une stupéfaction ravie s'emparait des esprits. ”
Ferdinand Chenu, En Tarentaise, chants et poèmes… (1910)
“ Les Francs Ont l'audace, n'ayant pas le nombre. Leurs rangs Solides et compacts, alignés à distance, D'un mur d'airain vivant offrent la résistance. Ils ont pour chef Clovis, d'une commune voix, A quinze ans, élevé par eux sur le pavois. Fils des rois chevelus, Clodion, Mérovée, Clovis est digne d'eux : sa valeur éprouvée En vingt combats, sa force et ses coups meurtriers L'ont fait le vaillant chef de ces vaillants guerriers. Son peuple est jeune et beau comme une aube naissante. ”
Various, L'Illustration, No. 0016, 17 Juin 1843
“ Le clown se compose exclusivement d'un bras, d'un poignet, d'une poitrine, de deux épaules et d'une tête de fer. Voyez-le, le clown porte sur sa tête un clown, son compère, crâne contre crâne, main contre main, sans que cet énorme poids de chair et d'os meurtrisse ce front de granit et fasse sourciller mon Hercule.--Mais, ô prodige! ce granit et ce fer deviennent ductiles et s'assouplissent tout à coup. Le clown se traîne et se roule à terre, et son corps n'offre plus qu'un incroyable mélange de membres mis hors de leur place et confondus. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ On appelle clou de rue, toute sorte de clou ou de pointe qu’un cheval se fiche dans le pié en marchant. Mon cheval est boiteux d’un clou de rue. Les Marbriers & Sculpteurs appellent clous, certains nœuds qui se trouvent en travaillant le marbre. Nodus. Travailler au clou ; terme de Natier, c’est attacher le cordon de la natte qu’on trace, à un des clous du tretteau qui sert à tenir l’ouvrage. Clou se dit proverbialement en ces phrases. On dit, qu’une chose ne tient ni à fer ni à clou ”
Jean-Baptiste Dubos,
Histoire critique de l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules
“ Ce fut dans ces sentimens que Clovis marcha avec tant de diligence aux ennemis qui se retiroient, qu’il les atteignit sur les neuf heures du matin, & qu’il remporta sur eux par la bencdiction du Dieu des Armées, une victoire plus entiere qu’il ne l’eût osé esperer, une victoire si complette que la colline qui servit de champ de bataille fut jonchée de morts en si grand nombre, que son terrain en parut haussé. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Chram, dont le visage ruisselait de sang, fit deux ou trois pas en chancelant, puis il tomba dans les bras de sa femme, qui, s'élançant vers lui, l'étreignit convulsivement; ses deux petites filles, toujours agenouillées, tendaient leurs bras vers Clotaire, qui venait de descendre de son cheval blanchi d'écume; il tenait à la main sa longue épée; ses guerriers formèrent un cercle autour de Chram et de sa famille; Clotaire alors remit son épée au fourreau, croisa ses bras sur sa poitrine et contempla son fils en silence pendant quelques instants ”
“ Alors se passa une scène étrange : le vieux jeu du clown, dans les cirques forains, lorsque vêtu en campagnard il se hisse sur un cheval, et, se dépouillant peu à peu de toutes ses hardes, paraît, aux yeux émerveillés, dans son maillot éclatant de paillettes. ”
Jean Desmarets,
Clovis ou la France chrétienne
“ Que s’il fait sur Clotilde éclater son audace, Il poursuivra sans cesse et sa vie et sa race. De sa chere princesse il baise le present. Puis pour son grand peril, tout peril mesprisant, Veut que son camp s’avance ; en peu d’heure il arrive Sur les bords opposez à l’effroyable rive, Par tout d’armes bordée, et de grands pavillons, Et d’escadrons brillans, et d’épais bataillons. Clovis et Sigismond, et de joye et de rage, Sentent, en se voyant, tressaillir leur courage. ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ Et doit l’en savoir que quand un champion faisoit gaige de bataille pour aucun autre accusé d’aucun crime, se le champion estoit desconfit, feust par soi rendant en champ, ou autrement, cil pour qui il combattoit estoit pendu, et forfaisoit tous ses biens et meubles héritages, ainsi que la coutume déclaire, aussi bien comme cil propre eut été déconfit en champ ”
Joseph Marmette,
Le tomahahk et L’épée
“ Vous auriez pu voir encore M. de la Touche, fils du seigneur de Champlain et le chevalier de Clermont, qui tombèrent glorieusement tous deux sur le champ de bataille trois jours plus tard. Il y avait enfin les de St. Ours, les Linctôt, les Couillard, les Boucher, les d’Ailleboust, les Chambly, les Dugué, les d’Arpentigny, les Tilly, les Baby, les de Lotbinière, et maints autres nobles gens d’épée qui moururent presque tous dans les fréquents combats de ces temps chevaleresques dont les annales font aujourd’hui notre orgueil et notre gloire. ”
Philippe-Étienne Lafosse,
Guide du maréchal ; ouvrage contenant une connoissance exacte du cheval…
(1768)
“ Si on s'apperçoit sur-le-champ, ou qu'on soupçonne, que le cheval soit encloué, il faut retirer le clou ; &. quoique le sang sorte par la sole de corne & par la muraille, il n'y a pas ordinairement de danger. C'est un mal leger, qui se guérit ordinairement de lui-même. Mais s'il s'est formé du pus par le sejour du clou dans la chair, il faut, après avoir déferré le pied boiteux, faire une ouverture profonde entre la sole de corne & la muraille, & aller jusqu'au vif de la chair cannelée, & panser comme la piquure. ”
A. Brizeux, Revue des Deux Mondes
“ C’est pour sa femme et ses enfans Qu’il fait tant de clous tous les ans. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Grands clous à tête et petits clous, Oh ! combien de fer pour deux sous ! ”
Poirié Saint-Aurèle, Les veillées françaises ; par M. Poirié Saint-Aurèle… (1826)
“ Souffle au cœur de Clovis une audace nouvelle, Et des Francs étonnés dissipant les terreurs, Rejette l'épouvante au sein de leurs vainqueurs. « Soldats, leur criait-il, par une attaque prompte, Dans le sang des Germains effacez votre honte. Et depuis quand les Francs ont-ils appris à fuir? Sur les pas de Clovis allons vaincre ou mourir. » Tous volent à ces mots, honteux, brûlant de rage; Et le combat n'est plus qu'un horrible carnage. ”
Victor Hugo,
Odes et Ballades
(1828)
“ Qui jamais de Clovis surpassa l'insolence, Peuples? dans son orgueil il plaçait son appui. Ne mettant que le monde et lui dans la balance, Il crut qu'elle penchait sous lui. Il bravait de vingt rois les armes épuisées ; Des nations s'étaient brisées Sur ce Sicambre audacieux ; Sur la terre à ses yeux rien n'était redoutable : Il fallut, pour courber cette tête indomptable, Qu'une colombe vint des cieux! ”
“ «marche! Marche! Meurs en héros sur les cadavres entassés de ton peuple, frappe le monde entier d'une admiration émue, pour que ton fils règne!» il marchait, il poussait son cheval à petits pas. Pendant une centaine de mètres, il marcha encore. Puis, il s'arrêta, attendant la fin qu'il était venu chercher. Les balles sifflaient comme un vent d'équinoxe, un obus avait éclaté, en le couvrant de terre. Il continua d'attendre. ”
J.-B.-J. Champagnac, Chronique du crime et de l'innocence…
“ «A mort, à mort, Clisson, cy vous faut mourir.—Qu'es-tu? dit le connétable.—Je suis Pierre de Craon, ton ennemi.» Clisson avait sous son pourpoint une cotte de mailles; il se défendit long-temps contre ses assassins; mais enfin un grand coup d'épée l'ayant atteint, il tomba de cheval dans la boutique d'un boulanger, dont la porte brisée transversalement, comme c'est encore l'usage dans quelques endroits, était fermée par le bas et ouverte par le haut. Les assassins, n'osant descendre de cheval, portèrent encore un grand nombre de coups au connétable ”
Poirié Saint-Aurèle, Les veillées françaises ; par M. Poirié Saint-Aurèle… (1826)
“ Mais Clodion franchit cette faible barrière. La Gàule ouvre au Sicambre une immense Carrière, Où, guidant aux combats ses vaillantes tribus, Le chef impétueux des héros chevelus De Rome foule aux pieds les aigles tyranniques : Et bientôt Mérovée, issu du sang des rois, Usurpateur heureux des honneurs du pavois, Délivre l'Occident aux champs catalauniques. C'est ainsi que des Francs le glorieux berceau Aux oppresseurs du monde a servi de tombeau. Mais Clovis apparaît. Son belliqueux génie De l'empire éternel augmenta la splendeur. ”
Comtesse de Ruault de La Haye, Les Brigands punis, ou le Valet fidèle… (1819)
“ Tel qu'une fleur , qui trop exposée aux feux d'un soleil dévorant, périt desséchée sur sa tige, Clovis, accablé par une fièvre brûlante , mourut après avoir fait déclarer roi, Clotaire III, et donné la tutelle et la régence à Bathilde. Gomment vous rendre sa douleur! La vue même de ses enfans la redoublait ; la religion seule vint à son secours : son âme sensible n'en était pas moins forte. ”
Jean Desmarets,
Clovis ou la France chrétienne
“ Clovis comblé de vœux, quitte l’heureuse ville, Avec Clotilde, et Berthe, et Valbert, et Lucille : Et le brave Arismond, qui veut, dans le combat, Des sueves et des goths vuider le vieux débat : Et le vaillant Lisois, et son epouse fiere, Qui n’a point dans l’hymen quitté l’humeur guerriere : Qui pretend se monstrer digne de ses ayeux, De l’estat des romains conquerans glorieux ”
Jules Lefèvre, Un Village de la vallée de la Serre… (1904)
“ En 1536, le Clos n'est plus désigné que sous le nom de Vieux Château, ce qui fait supposer qu'il était tombé en ruines (A. A. H, 71) ; c'est alors que la maison de l'Herse, possédée à Crécy par l'abbaye, et que d'anciens titres placent entre « la rue des Telliers et le chemin de l'Eglise » réunit sous sa mouvance tous les fiefs et arrière-fiefs dépendant jadis du Clos. pardevant Poncelet de la Campagne, notaire royal au bailliage de Vermandois, demeurant à Laon, le dernier jour de décembre 1596. ”
