“ Que la faisane... ah ! mes amis. CHANTECLER, qui piétine. Mais quoi donc ? BRIFFAUT. Mais quoi donc ? ... Trouve un jour le faisan trop bien mis. Quand le mâle au printemps met ses habits de fête, Elle voit qu’il est plus beau qu’elle... LE MERLE. Elle voit qu’il est plus beau qu’elle... Ça l’embête ! BRIFFAUT. Elle cesse de pondre et de couver. Alors, La Nature lui rend les pourpres et les ors, Et la faisane, libre et superbe amazone, Fuit, préférant avoir du bleu, du vert, du jaune, Et toutes les couleurs du prisme sur son dos, Que, sous une aile grise, avoir des faisandeaux. ”
Faisane
Définition et enjeux
Citations sur “faisane”
Edmond Rostand,
Chantecler
(1910)
“ LA FAISANE, apparaissant sur le seuil de la niche. Eh bien ! Révoltée, affranchie, oui... comme a dit ce chien ! Mais de très grande race, et fière autant que franche, Et faisane des bois ! Elle sort, d'un bond. LE MERLE. Fichtre ! elle a de la branche ! LA FAISANE, qui va et vient, avec une fébrilité sauvage. J'habite la forêt où braconne... CHANTECLER. Ce fou Qui voulait enchâsser du plomb dans un bijou ! LA FAISANE. Sous le feuillage épais que le soleil transperce, Je vis ! Mais c'est d'ailleurs que je viens. D'où ? De Perse ? De Chine ? On ne sait pas ! ”
Edmond Rostand,
Chantecler
(1910)
“ LA FAISANE. Il est tellement beau qu'il semble avoir raison ! CHANTECLER, parlant vers l'horizon. Ah ! Soleil ! je te sens là derrière, qui bouges ! Je ris déjà d'orgueil dans mes barbillons rouges ! Et, dressé sur ses ergots, tout à coup, d'une voix éclatante ; Cocorico ! LA FAISANE. Quel souffle a gonflé son camail ? CHANTECLER, vers l'Orient. Obéis-moi ! Je suis la Terre et le Travail ! Ma crête a le dessin couché d'un feu de forge, Et je sens le sillon qui me monte à la gorge ! ”
“ CHANTECLER, dans un dernier cri sec et désespéré. Cocorico ! Ils chancellent tous deux, inondés brusquement de lumière. Cocorico ! Enfin ! c’est fait ! Il dit avec satisfaction : Cocorico ! Enfin ! c’est fait ! Il est énorme ! Et vient tomber épuisé contre un talus.LA FAISANE, courant à lui, tandis que tout achève de s’illuminer. Un chant pour saluer le beau soleil levant ! CHANTECLER, tout bas. Non ! je n’ai plus de voix. Je l’ai donnée avant. Et comme tous les coqs chantent dans la plaine, il ajoute doucement : Ça ne fait rien. Il a les fanfares des autres. LA FAISANE, surprise. ”
Aglaé de Bouconville, Histoire naturelle racontée à la jeunesse… (1853)
“ Le naturel du faisan est farouche; non-seulement il évite l'homme, mais il fuit même les oiseaux de son espèce. La poule faisane fait son nid à elle seule, soigne ses petits toute seule, et évite toute distraction durant sa couvée. On sait que le faisan est un mets très recherché, et cependant Héliogahale en nourrissait les lions de sa ménagerie. On connaît plusieurs variétés de faisans, entre autres le faisan blanc et le faisan doré, le coquard ou faisan bâtard, etc., tous oiseaux de mêmes mœurs, de mêmes habitudes, dont les variétés sont dans la taille et le plumage. ”
Gérard, Nouveau manuel du faisandier : instruction pratique pour la multiplication et l'éducation des faisans de l'Inde… (1858)
“ La femelle est plus petite et plus svelte • que le mâle. Elle diffère de la poule faisane ordinaire par son pelage, qui est d'un gris plus cendré, par sa queue, qui tire davantage sur le violet et qui est plus mouchetée que celle du mâle. Le blanc qui entoure ses yeux est aussi plus apparent. Mœurs. Le faisan de l'Inde se distingue aussi par ses mœurs du faisan commun. ”
Saint-Germain-Leduc, Serviteurs et commensaux de l'homme… (1886)
“ Une fois le pauvre faisan égorgé, le coq chante sa victoire, et un second faisan se présente dans la lice; il succombe à son tour. Quelquefois huit ou neuf faisans périssent ainsi dans un seul jour, sous l'atteinte du duelliste provocateur. — C'est un trait qui fait peu d'honneur aux mœurs anglaises. — Le faisan peut s'élever dans une faisanderie, divisée en petits parcs où l'on retient la faisane et sa couvée jusqu'au moment où les petits passent à l'état de demi - sauvages, et puis enfin franchissent le mur d'enceinte pour se répandre dans les bois. ”
Stanislas Martin, Physiologie des substances alimentaires… (1853)
“ Pétrarque blâmait l'usage de cet oiseau comme aliment ; il le considérait comme excès de gourmandise. Charles VII aimait beaucoup le faisan ; il allait souvent en manger avec la belle Agnès Sorel dans le petit château du conseiller Bonneau. On appelle poule faisane la femelle du faisan ; les œufs de cet oiseau sont très-recherchés. FAON (pron. fan) . All., hirschkalb; angl., fawn ; esp., cervatillo; ital cerviatto. Le faon est le petit de la biche et du cerf. Il est joli, gracieux, léger, timide et craintif. ”
“ LA FAISANE. Cocor... Oh ! dans les pins, du jaune ! CHANTECLER. Cocor... Oh ! dans les pins, du jaune ! Il faut de l’or ! LA FAISANE. Du gris ! CHANTECLER. Du gris ! Il faut du blanc ! Ça n’y est pas encor ! — Cocorico ! — C’est très mauvais ! mais je m’obstine ! LA FAISANE. Chaque trou dans chaque arbre a l’air d’une églantine ! CHANTECLER, avec un enthousiasme croissant. Je veux, puisqu’à ma foi vient s’ajouter l’amour, Que le jour, aujourd’hui, soit plus beau que le jour ! Tiens ! vois-tu qu’à ma voix l’Orient se pommelle ? LA FAISANE, entraînée par la folie du Coq. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Pour peupler la faisanderie, il faut prendre de jeunes faisans de l’année ; ils s’apprivoisent bien mieux que les vieux ; les choisir gros & bien emplumés, bien éveillés ; un mâle suffit pour deux femelles & en tel nombre qu’on voudra les mettre dans la volière ; ne les y point laisser manquer de nourriture, & les visiter souvent afin de les accoutumer à être moins farouches. La faisane ne fait qu’une ponte par an, environ de vingt œufs. ”
Jules Breteuil, Le cuisinier européen : ouvrage contenant les meilleures recettes des cuisines française et étrangères… (1863)
“ Figure 35. âgé de plus d'un an, est préféré avec raison à la poule faisane ; il faut le choisir bien en chair, sans excès de graisse; les plus gras ne sont pas les meilleurs. On doit se garder de laisser, surtout quand la température est douce, le faisan se mortifier trop longtemps avant de l'accommoder. Quelques amateurs ne le trouvent bon que quand il commence à se gâter ; c'est un goût dépravé. Le faisan trop faisandé perd la saveur agréable qui lui est naturelle, en même temps qu'il devient malsain et indigeste. ”
Philippe Guéneau de Montbeillard, Histoire naturelle des oiseaux… (1770-1786)
“ La faisane fait son nid à elle feule ; elle choisit pour cela le recoin le plus obscur de son habitation ; elle y emploie la paille, les feuilles & autres choses semblables ; & quoiqu'elle le fasse fort grossièrement en apparence, elle le préfère, ainsi fait, à tout autre mieux construit, mais qui ne le seroit point par elle-même ; cela est au point que si on lui en prépare un tout fait & bien fait, elle commence par le détruire & en éparpiller tous les matériaux qu'elle arrange ensuite à fa manière. Elle ne fait qu'une ponte chaque année, du moins dans nos climats ”
Édouard Decaudin- Labesse, Promenades en forêt...
“ Nés à ltf faisanderie ou dans la basse-cour des gardes, ils devaient être lâchés en forêt à l'automne ; c'est pour cela qu'on apportait tous les jours leurs boîtes dans le taillis. - La faisane n'est pas une mère soigneuse; elle dépose ses œufs dans un buisson, dans un champ de blé ou même dans le premier creux venu qu'elle garnit d'un peu d'herbe sèche; cela explique pourquoi il y a si peu de faisans sauvages dans nos bois. Avec cela, le faisan se promène comme s'il n'avait pas assez d'ennemis en restant en place. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ C’est le plus beau de tous les faisans ; il est huppé, son plumage doré, citron, couleur d’écarlate, d’éméraude, bleu céleste, brun jaune ; toutes ces couleurs qui tranchent les unes sur les autres, font un très-agréable mélange ; il porte une belle & longue queue. La femelle est plus petite que le mâle & son plumage moins richement varié. 3. Le faisan blanc de Chine est plus gros que le faisan commun ; le sommet de la tête est couvert de longues plumes noires, ayant un lustre de pourpre ; elles pendent au-dessus du col & forment une espèce de huppe ”
Ernest Leroy, Chez les oiseaux (1893)
“ La poule naine resta dans le parquet toute la saison et je n'eus pas d'accident à enregistrer. Je vous recommande le moyen. LE FAISAN ARGENTÉ L'un des Faisans d'agrément les plus répandus est le Faisan argenté ou Faisan nycthêmère (nuit et jour) , originaire, lui aussi, du nord de la Chine. — Plumage d'un blanc éclatant moiré, de noir; gorge, thorax et abdomen d'un bleu-indigo très brillant; huppe noire; tarses et pieds rouges. La livrée du mâle Faisan argenté est d'une grande beauté, non d'une beauté éclatante, comme celle du doré, mais d'une beauté sévère, châtiée. ”
Arthème Fayard, L'Art du vétérinaire mis en pratique (1877)
“ Le faisan commun a, de tout temps, servi de type pour l'histoire naturelle du genre faisan ; mais les autres espèces s'en éloignent par certains détails que nous noterons en nous occupant de chacune d'elles. Son naturel sauvage et solitaire le pousse à s'enfuir à la moindre apparence de danger, et à s'envoler avec rapidité. Quand on approche un faisan, il commence par se blottir à terre, puis prend brusquement son vol, et souvent, en s'enfuyant, les mâles poussent des cris aigus et peu mélodieux qui tiennent le milieu entre celui du paon et celui de la pintade. ”
Jehan de Jehay, L'étrange amant (1921)
“ Ce cri du faisan, déchirant le soir, qu'il éclate strident ! Surpris d'avoir osé, inquiet de la réponse, le coq, le coq faisan, écoute... Rien. L'écho, seulement, indistinct, là-bas. Et l'envie le prend de tenter davantage. Une intuition lui vient. Il replie ses pattes sous lui, prend son élan sur le sol élastique, et, s'aidant de ses ailes battantes, et lançant encore une fois son cri, il bondit dans l'air ! ”
Pierre Vavasseur, Guide du promeneur au Jardin zoologique d'acclimatation… (1861)
“ Le faisan habite de préférence les contrées boisées. Il se tient habituellement à terre, mais il perche la nuit sur les arbres les plus élevés. Sauvage, il est craintif, farouche et vit solitaire; domestique, il devient confiant et sociable, et s'accomode très-bien de la vie de la basse-cour. La femelle fait son nid au pied des arbres avec de la mousse et du duvet, et y pond de douze à quinze œufs gris-verdâtre tachetés de brun. Cet oiseau, dont la chair est des plus délicates, est un gibier très-recherche. ”
Auguste Debay, Hygiène alimentaire : histoire simplifiée de la digestion des aliments et des boissons… (1860)
“ Le faisan, quand il est mangé dans les trois jours qui suivent sa mort, n'a rien qui le distingue ; il n'est ni si délicat qu'une poularde, ni si parfumé qu'une caille. Pris à point, c'est une chair délicate, sublime et de haut goût; car elle tient, à la fois, de la volaille et de la venaison. Ce point si désirable est celui où le faisan commence à se décomposer. Alors son arôme se développe, l'huile essentielle qui le produit avait besoin d'un peu de fermentation, comme l'arôme du café que l'on n'obtient que par la torréfaction. ”
César Gardeton, Dictionnaire des alimens , précédé d'une hygiène des tempéramens… (1826)
“ Le faisan est distingué en mâle et en femelle ; le mâle est plus gros, plus beau, et d'un goût plus agréable que la femelle ; il vit dans les bois, de fruits, de semences, de baies, et surtout d'avoine, qui sont de bons alimens, et qui contribuent à rendre sa chair d'un bon suc. Il contient beaucoup d'huile et de sel volatil ; il convient, principalement en automne, où il est plus gras qu'en tout autre temps, à toute sorte d'âge et de tempérament. ”
Chasses et pêches anglaises : variétés de pêches et de chasses (1851)
“ Les pointers sont excellents dans la chasse au faisan, si vous la faites dans les taillis. Vous leur mettez un grelot au cou; le silence du chien annonce qu'il est en arrêt: vous vous apprêtez à faire feu. Le faisan s'échappe à pied bien souvent, ou va se percher sur un arbre voisin. Le faisan une fois perché, ce qu'il fait avec un grand bruit d'ailes et en poussant un cri particulier, si c'est un coq, peut être approché très facilement et tué sur sa branche ; jamais un chasseur qui se respecte ne tue ainsi. ”
Jules Clavé, La Chasse en France
“ Dans quelques grandes propriétés, on ne se contente pas du gibier qui s’y développe spontanément, on a établi des faisanderies destinées à l’élève du faisan et des perdrix. Le faisan a besoin, pour se plaire dans une région, de taillis où il se réfugie pendant le jour, et d’arbres de fortes dimensions où il se branche la nuit dans le voisinage des plaines cultivées ; il est très régulier dans ses habitudes. Chaque matin, en tirant sa tête de dessous son aile, il salue le jour d’un cri rauque, et, prenant son essor, il gagne la plaine ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Le faisan blanc de la Chine ; il a des plumes noires sur la tête ; ses yeux sont placés au milieu d’un cercle de couleur d’or ; le dessous du cou, le ventre, & le dessous de la queue, sont de couleur mêlée de noir & de bleu : il y a des taches blanches sur le cou, sur la partie supérieure du corps, & sur la queue ; le bec est roussâtre ; les piés sont rouges, & les éperons pointus. 5°. Le faisan-paon, phasianus pavoneus ; il a sur les petites plumes des ailes, des taches rouges qui sont figurées comme des yeux ; & sur la queue, des taches de même figure, mais de couleur verte. ”
Émile Hérisse, Manuel pratique du pâtissier-confiseur-décorateur… (1894)
“ La chair du faisan proprement dit est délicate, nourrissante, légèrement stimulante, agréable et de facile digestion ; prise modérément, elle convient aux personnes faibles et aux convalescents qui ont besoin d'être réconfortés. On mange le faisan rôti, cuit à la braise, en mets sautés, en escalopes, en salmis, etc. ; il entre encore dans la composition des pâtés froids de gibier. La chair du mâle est préférée à celle de la femelle ; celle du faisandeau ou jeune faisan est encore plus délicate. ”
Jules Pizzetta, Dictionnaire populaire illustré d'histoire naturelle… (1905)
“ Le genre Faisan, qui est le type de la famille des Phasianidés, dans l'ordre des GALLINACÉS, se distingue par une queue conique étagée disposée en toit, un bec fort, courbé à lapointe, convexe en dessus et nuàsabase; des joues nues, verruqueuses; des tarses robustes, armés d'un puissant ergot. Ces oiseaux sont surtout remarquables par l'éclat varié des couleurs dont brille le plumage des mâles; nous disons des mâles seulement, car, par une loi commune à la plupart des animaux de cette classe, les femelles n'offrent Faisan doré. ”
Charles Dunand, Les Secrets de la nature, de l'industrie et des arts… (1865-1866)
“ Vous n'avez jamais vu de faisans dorés ou argentés, ainsi nommés parce que chacun d'eux a le plumage de la couleur et de l'éclat de ces métaux. Leur chair est des plus succulentes, mais il n'en paraît que sur la table des gens riches. ”
Arthème Fayard, L'Art du vétérinaire mis en pratique (1877)
“ Voisin du faisan commun, mais de moindre taille. Commence à se répandre dans nos parcs, non pas à l'état d'espèce pure, mais mélangée de sang du faisan commun ou du faisan de l'Inde. L'espèce pure est assez rare, parce qu'elle se reproduit mal, la femelle Pondant beaucoup d'œufs clairs. Masque rouge, large, ponctué de noir; tête verte, avec deux oreilles en arrière; cou violet à reflets; dos vert émaillé de brun; dessous d'un noir bleu; queue grise chevronnée de noir, œil jaune, Pieds gris. La femelle est grise maillée de brun. ”
Jacques Dyssord,
Les "Faisans"
(1926)
“ Voilà ce que c’est, dans la vie, que d’être un faisan. Un faisan qui connaît son métier les met tous dans sa poche.— Tu es un type épatant... je l’ai toujours dit... encore l’autre jour...— Combien ?— Quoi ?— Je te demande : combien ?— Mais je t’assure...— Combien ? Eh bien ! moi je vais te le dire.Il fit claquer un ongle sur ses dents.— Pas ça...— Justement, j’aurais voulu te demander... une question de huit jours... huit jours... dix, au plus, cinq louis...Chauvert appela le garçon. Ayant réglé les consommations, il siffla son chien :— Écoute, Grand-Père. ”
Maurice Barr, Visites au Jardin zoologique d'acclimatation (1867)
“ Allons maintenant voir les faisans argentés, et dis-moi, chère Jane, si tu as vu quelque chose de plus distingué que ce velours noir sur ce blanc de neige ! Regarde ces dessins noirs sur ce blanc si pur : ne dirait-on pas qu'ils sont tracés à l'encre de Chine par une main habile ? C'est le plus bel oiseau de nos basses-cours, et sa beauté n'est pas son seul mérite : sa chair est fine, délicate, estimée, surtout quand elle est un peu. attendue. Dans les grands dîners de cérémonie, on sert le faisan avec ses plus belles plumes. ”
