“ Madame Gérard était incapable de faire le mal et ne savait pas faire le bien. Elle était parfaitement médiocre, pour le plus grand bonheur de M. Charles Gérard, son mari. Une femme qui est vraiment une « personne » oblige son mari à s’occuper d’elle, pour le blâme ou pour l’éloge. Il arrive même qu’elle empiète sur la part de vie que ce mari a réservée aux lettres, à la politique, aux affaires ou au plaisir. ”
Madame Gérard
Définition et enjeux
Citations sur “madame Gérard”
François Janet, La Poupée parlante... par François Janet (1862)
“ Gérard, lui dit son maître, ma fille a été un peu vive avec la bonne madame Gérard ; cependant elle a pu se fâcher pour une maladresse ; mais comme elle est très-bonne, elle veut bien lui pardonner. Quant à vous, elle assure que vous lui avez manqué de respect ”
Auguste Rousse, La mère du tueur de lions (1869)
“ Madame Gérard était seule dans sa chambre ; ma femme pleurait dans un coin et les enfants jouaient auprès de moi. Comme je suis d'une nature a ne jamais revenir sur mes décisions, trois jours après j'étais en pleine mer. ”
Mrs. Leprohon, Antoinette de Mirecourt, ou, Mariage secret et Chagrins cachés
“ Madame Gérard s'aperçut bien que son élève était revenue désillusionnée et lassée, mais elle ne fit aucun effort direct pour obtenir des confidences et se contenta de l'environner de marques d'affection qu'Antoinette, loin d'éviter et de refuser, comme elle avait fait quelque temps auparavant, acceptait avec empressement et semblait presque rechercher.La jeune fille faisait, en effet, tout ce que son excellente gouvernante souhaitait: elle lisait, étudiait, travaillait et se promenait. Plus de rêveries solitaires, plus d'après-midi consacrés à de mystérieuses correspondances ”
André Gérard, Christiane (1879)
“ Trois minutes après, Christiane rentra, satisfaite et riante, venant de chez Zaccharie; Assaï l'accompagnait; Ali était absent. Frappés de stupeur, les domestiques laissèrent passer les deux femmes sans oser avertir madame des Aubrais, qui monta directement chez elle. Le capitaine Renaud l'arrêta au passage, lui saisit le bras et, l'entraînant dans la chambre du moribond, lajeta rudement sur ses genoux. Puis il sortit. Christiane se releva, et, se précipitant sur le corps de son mari : — Mort ! cria-t-elle avec désespoir. ”
F. C. Gérard, Maria l'orpheline ou Les Bohémiens… (1853)
“ Oh ! madame, vous connaissez peu notre coeur. Nous autres, pauvres gens, nous ne nous séparons pas de nos enfants. J'aime ma petite Maria comme la prunelle de mes yeux. N'est-ce pas, Maria, que tu m'aimes bien, et que tu ne voudrais pas me quitter? Elle répéta le, même manége que la première fois, et la pauvre Maria, qui mourait d'envie de révéler à la dame étrangère que cette vilaine et sale bohémienne l'avait enlevée, fut obligée de dire qu'elle voulait rester avec sa bonne maman. ”
André Gérard, Trop jolie (3e édition) (1881)
“ Madame Nerskine ne voulut pas engager sa « conscience ». Voilà, ma chère, comment je suis revenue de Russie. Mon aimable tante m'a reçue avec force sermons; après quoi elle m'a offert en rechignant cent cinquante francs que je me suis hâtée de refuser. Je bats, depuis, le pavé de Paris avec les quelques roubles qui me restent. Après comme après. Denise eut un geste d'effroi. — Oh! soyez calme. je n'ai pas l'intention de me mettre en vente, mais on peut toujours mourir. — Quelle folie! vous ne trouvez donc rien? — Le même obstacle qu'avant mon départ, cette musique ! ”
Eugène Sue,
Oeuvres. Miss Mary, ou l'Institutrice…
(1858)
“ Puis elle reprit avec une sorte d'hésitation impatiente et fébrile : — Renvoie la voiture, je m'en irai à pied. — Gérard se dirigeait vers la porte, mais sa soeur lui dit : — Non, non, j'aime mieux que la voiture reste... je me sens trop faible pour marcher. Les trois témoins de ces caprices maladifs restaient silencieux. Au bout d'un instant Alphonsine reprit : — Je voudrais être seule. Gérard s'éloigna tristement, madame Pivolet le suivit après avoir jeté un regard attendri sur Alphonsine et un regard de colère triomphante sur miss Mary. ”
Sophie d' Arbouville, Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)
“ Gérard me prit doucement la main, et la posant sur son cœur que je sentis battre à travers son uniforme : « Jeanne, me dit-il bien bas, vous appellerez aussi Hélène votre sœur, et. je reviendrai! » Je ne répondis pas un mot : il n'ajouta plus une seule parole. Quelques minutes après, nous étions dans la grande cour; Gérard montait à cheval, je lui disais: « Adieu! » Héléne disait : « Au revoir! » ma tante se taisait. et toutes les trois nous pleurions! Mes enfants, je n'ai jamais revu Gérard. - Ce n'est pas son amour qui m'a donné ce château, mais sa mort et celle de tous les siens. ”
F. C. Gérard, Maria l'orpheline ou Les Bohémiens… (1853)
“ Dites donc, bonne femme, vous êtes la mère de, cette enfant ? — Nenni, madame, je suis sa grand'mère. Ma fille est morte il y a deux ans et m'a laissée aveugle et me traînant à peine, pour l'unique soutien de cette jeune enfant. N'est-ce pas ; Maria ? dit-elle à l'enfant en lui serrant le bras de manière à lui dicter sa réponse. — Oui, mad.... — Gringla lui serra lé bras plus fort pour l'avertir qu'elle se trompait. — Oui, maman, répondit Maria. — J'ai bien du mal ; ma bonne dame. On ne fait plus aujourd'hui l'aumône d'aussi bon coeur qu'autrefois. ”
André Gérard, Christiane (1879)
“ Il l'absolvait de ses fautes en l'excusant sur ce qu'elle n'avait pas rencontré l'homme qui devait la comprendre ; il lui refaisait une virginité d'amour; enfin sa passion était à son comble. L'étonnement fut grand, à Alger, lorsqu'on sut que le comte de Brives n'allait plus chez madame des Aubrais, et l'on en tira les conséquences. Pour lui, enfermé dans sa maison, il se remémorait pour la centième fois son entrevue avec Christiane, et, y trouvant des contradictions inexplicables, il passait de la fureur à un profond découragement. ”
Horace de Viel-Castel,
Le faubourg St Germain. Tome 2
(1837)
“ Gérard était venu chercher la retraite et le repos de la campagne , il trouvait le bruit et la ville 3 il arrivait en face de cette société dont il avait subi les calomnies , et qu'il s'était promis de ne plus revoir. Un mouvement de vive amertume souleva toutes les irascibilités de son âme; son regard, rencontrant celui de madame de Lucheux , dut exprimer une peine profonde , car la jeune femme en pâlit un instant; mais, comprimant aussitôt son mouvement passager de colère et d'indignation , Gérard se résolut à la résignation. ”
André Gérard, Trop jolie (3e édition) (1881)
“ Cependant M. de Trécœur n'avait guère que trente-neuf ans, et la charmante femme qui lui faisait face pouvait au plus en compter vingt-huit. j A ce moment elle souriait à Martine qui donnait un massepain à son griffon écossais; en entendant son mari, ce sourire s'effaça dans une légère contraction des lèvres, et brusquement elle se baissa pour caresser le chien. VII M. et madame de Trécœur ne vivaient pas mal ensemble; ils ne vivaient pas du tout. ”
André Gérard, Trop jolie (3e édition) (1881)
“ On allait donc partir, et pendant cette absence, dont il serait impossible de déterminer la durée, Bénédicte et Paule seraient mises au couvent du Roule, où elles finiraient sans doute leur éducation. De fait, un voyage de six mois fut résolu ; au retour on reprendrait les fillettes si elles ne pouvaient s'habituer au couvent. A cette condition que personne ne remplacerait mademoiselle Resve, à moins que les enfants ne se trouvassent malheureuses au Roule, ce qui était peu probable, madame de Pienne consentit à se charger d'avertir la jeune fille. ”
André Gérard, Trop jolie (3e édition) (1881)
“ Je ne veux pas vous retenir davantage aujourd'hui, mademoiselle; vous devez être fatiguée. J'ai, du reste, causé avec madame de Trécœur à propos de cette soirée. quand vous nous ferez le plaisir de descendre, vous serez la très-bien venue, mais considérez-vous à cet égard comme dégagée de toute obligation. A votre âge, lorsqu'on se lève de grand matin et qu'on travaille tout le jour, on a besoin de ses nuits. - Oh! je vous remercie, monsieur, fit Denise avec élan, je ne suis pas une dormeuse; mais j'aime mieux rester dans ma chambre que de venir au salon lorsqu'il y a du monde. ”
Sophie d' Arbouville, Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)
“ « Chère enfant, dit-elle, une bonne nouvelle! ton frère Gérard, en se rendant à son nouveau poste, passera ici un jour avec nous. » • Hélène poussa un cri de joie : « Mais, mon Dieu! que de bonheur! s'écria-t-elle avec exaltation :. hier, ma mère arrive. demain, ce sera mon frère. et plus tard, ce sera. Oh! la vie est trop belle, mon avenir est trop doux ! tout est trop beau dans ce monde, et je suis trop heureuse ! — Pauvre, pauvre enfant! » murmura ma tante. Mon cœur était mortellement triste; je n'aurais pu dire pourquoi. Je m'approchai de ma tante, je lui pris la main ”
Sophie d' Arbouville, Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)
“ Il rendait le sien triste en le fixant sur moi, pour exprimer sa sympathie pour mes malheurs, et moi, j'ôtais au mien un peu de sa mélancolie, pour remercier Gérard de sa douce commisération. Ainsi, chemin faisant, l'un s'attristant un peu, l'autre se consolant un peu, nous arrivâmes bientôt à un juste niveau qui mettait nos âmes à l'unisson. J'étais plus heureuse, il était moins gai ; nous avions, en quel- .ques heures, franchi la différence de nos destinées, et nous étions tout prêts à nous tendre la main, Ma tante restait sérieuse, immobile dans sa tristesse ”
J. Gerlier, La fortune de Gaspard (5e éd.) (1876)
“ MINA. Il y aura ainsi un avantage pour vous comme pour moi, monsieur le curé ; je profiterai de votre compagnie ; et vous, vous gagnerez dans le cœur de ces pauvres gens, qui sauront que c'est à vous qu'ils devront leur bien-être. LE CURÉ. Mais, mademoiselle, je ne sais pas à qui je dois cette gracieuse invitation et où je dois me rendre pour l'accepter? MINA. Au châtelet, chez mon père et chez mon mari qui sont absents. Je ne suis pas demoiselle ; je suis la femme de M. Gaspard Féréor. LE CURÉ. Vous, madame? Mais vous êtes plus que sa femme, vous me semblez devoir être son bon ange! ”
Jules Claretie,
Histoires cousues de fil blanc
(1866)
“ Le champion de la comtesse ne doit pas tirer le fer pour une autre. Non, vous ne m'aimez pas. « Votre âme passionnée vous fait voir un idéal LES CAPRICES DE GERARD 271 là où il n'y a qu'une réalité. Ces amoureux des nuées m'effraient. Dès que l'ange redeviendrait Foedora, tout s'éteindrait. L'homme de qui je dois porter le nom doit m'aimer toujours. « Déchirez cette lettre & oubliez-moi, Gérard, ou plutôt conservez de moi le souvenir d'un amour interrompu, le seul des amours dont on se souvienne. « Votre amie, « FOEDORA. » XVI Gérard s'élança dans la rue après avoir lu ce billet. ”
André Gérard, Christiane (1879)
“ Au fond, cet amour, c'est un ensorcellement, une possession. Il s'agirait simplement de chasser le diable d'ici. Ah! ma sainte patronne ! si ce bonheur nous arrivait, je vous brûlerais quarante cierges. autant que mon pauvre frère a vécu d'années. Le salon turc était séparé d'un autre par une portière relevée en plis épais. En entendant la demande faite à haute voix par Christiane à mademoiselle des Aubrais, Kamer vint à pas de loup, dans l'obscurité, se blottir derrière cette portière, tordant et dissimulant son corps souple comme un petit serpent. ”
Gérald, La faute de Germaine ; La buissonnière… (1883)
“ Ce soir madame de Lermont a prétexté une migraine, et quand le comte est arrivé, à son heure ordinaire, elle m'a priée d'aller le recevoir pour elle. C'est singulier, elle n'avait pas l'air souffrant du tout. Je l'ai laissée dans sa chambre, prenant une tasse de tilleul, et je suis descendue au salon. Le coeur me battait un peu. Debout, devant la cheminée, où brillait le premier feu de l'automne, se tenait M. de Renzais. – Puis-je rester un moment sans être importun ? dit-il. – Ma tante vous en prie, répondis-je. Ce n'est qu'à cette condition qu'elle ne descend pas. ”
Juste Olivier,
Luze Léonard ou les Deux promesses…
(1856)
“ ERMITE ET PÈLERINE Il est inutile d'ajouter que les assiduités de Gérard avaient été remarquées. Ou plutôt, on était si accoutumé à le voir partout et en toute occasion avec sa cousine ; on était si sûr, lorsqu'elle arrivait quelque part, aux champs, à la danse, à la fontaine ou à la veillée, de voir apparaître Gérard, qu'on n'y donnait presque plus d'attention. Ce qui avait d'abord intéressé au plus haut point les commères du village ; ce qui leur avait fait prononcer maintes fois cette sentence sacramentelle : Il est seulement bien singulier ! ”
M. de V., Les bizarreries de l'amour ou Angèle (1863)
“ Mais laissons la duchesse pleurer son fils infortuné ; laissons Gérard combattre en- core sa bonté naturelle par un reste- de passion qui s'affaiblissait chaque jour ; laissons le repentir faire des progrès dans son cœur: de tous les sentimens, c'est celui qui fait le plus vite le plus de chemin dans une belle ame , dès qu'une fois il n pu y trouver accès; et sui vons notre intéressant Gérardet. ”
Jules Claretie,
Histoires cousues de fil blanc
(1866)
“ Gérard sortit transporté. Il courut au boulevard Bonne-Nouvelle, jeta un louis à la location du théâtre, et, le soir, arrivait un des premiers aux fauteuils d'orchestre. Tout était contraste dans cette nature ardente, aimante, complexe. Gérard n'eût pas reculé d'une semelle pour laisser passer le Grand Seigneur, et il se faisait volontairement l'esclave de la comtesse. Expliquez ensuite le coeur humain. Le coeur humain de qui ? le coeur humain de quoi ? Gérard cherchait des yeux, à travers les loges, Foedora, et ne la voyait pas. Il avait déjà peur qu'elle n'eût changé d'avis. ”
André Gérard, Christiane (1879)
“ Mais, ajouta-t-elle avec amertume, de quoi peut n'être pas capable un homme qui aime mademoiselle d'Ormois! La jeune fille lui lança un regard terrible. Puis elle rentra dans sa chambre et s'y enferma. Le capitaine se rapprocha de sa porte. — Christiane, dit-il, je vous supplie de ne pas vous enfermer, vous pouvez être souffrante. Je vous donne ma parole que personne ne touchera à votre clef, si vous la remettez en dehors. Vous n'êtes pas une prisonnière ; seulement mon devoir, je vous le répète, m'obligera désormais à savoir où vous serez à toute heure. ”
André Gérard, Christiane (1879)
“ Cet homme faible et bon, débordé, exalté, exaspéré, pour mieux dire, par un amour insensé, n'était plus qu'aigreur, brusquerie, impatience, emportement en dehors de Christiane. Se sentant coupable, il devint méchant. Ce fut dans la maison mauresque tout un écroulement de bonheur et de paix. L'aimable jeune fille, dont mademoiselle des Aubrais avait espéré faire sa belle-sœur et sa compagne, finit par se marier au milieu de ces orages, à la grande satisfaction du capitaine, qui craignait toujours de voir sa sœur se rattacher à ce projet. ”
Alfred de Musset,
Oeuvres de Alfred de Musset...…
(1840)
“ Ce n'est pas pour une femme-qu'on se tue, c'est parce qu'il est inutile et impossible de vivre quand on souffre à ce point, qu'elle qu'en soit la cause. Gérard connaissait trop bien son ami pour douter de son désespoir, et il l'aimait trop pour l'y abandonner. Il trouva moyen, par des protections puissantes dont il n'avait jamais usé pour lui-même, de faire attacher Frédéric à une ambassade. Il se présenta un matin chez lui avec un ordre de départ du ministre des affaires étrangères. – Les voyages, lui dit-il, sont le meilleur, le seul remède contre le chagrin. ”
André Gérard, Christiane (1879)
“ Il tira de sa poche un petit paquet et cria : — Ali, je t'ai rapporté des graines. Ali arriva. — Merci, mon lieutenant. En s'en allant, il dit à Assaï : — Vois-tu, le lieutenant, c'est cette machine qu'on appelle la pile électrique. Regarde notre maîtresse, la voilà presque rose et gaie. — C'est un grand magicien! Lorsque Assaï vint annoncer le dîner, le comte dit à Christiane : — Pourquoi ne m'invitez-vous pas? — Je vous invite. Seulement, je crains que vous ne mouriez de faim en sortant de table. Je suis servie comme une personne qui fait semblant de manger. ”
André Gérard, Trop jolie (3e édition) (1881)
“ Il parut tout à coup se souvenir que la jeune institutrice était là, et, relevant son front penché, il murmura : « Oh! pardon. » puis, haut, il ajouta : — On ne vous a pas présenté vos élèves, mademoiselle; il faut que je répare cet oubli. Voici miss Bella, le farniente incarné en Écossaise, et miss Ellen, qui sera un estomac célèbre. Ce sont les divisions d'un tout. Intelligences de troisième ordre, mais bonnes créatures quand rien ne les dérange, l'une de ses sommes, l'autre de ses repas. Je suis absolument dépourvu de l'aveuglement paternel. ”
