“ À droite et à gauche, des piliers de basalte, pressés les uns contre les autres, cachaient, comme dans certaines cathédrales de la dernière période gothique, la masse des murs de soutènement. Sur le chapiteau de ces piliers s’appuyaient les retombées d’une énorme voûte ogivale, qui, sous clef, s’élevait de cinquante pieds au-dessus des eaux moyennes. ”
Voûte ogivale
Définition et enjeux
Citations sur “voûte ogivale”
Charles-Victor Langlois,
Histoire du Moyen Âge
“ En d’autres termes, étant reconnu que ogive signifie la membrure transversale des anciennes voûtes, pourrait-on établir sur la présence de ce détail de construction la distinction des deux genres dont il s’agit, et par conséquent regarder comme synonyme de gothique l’architecture ogivale qui serait celle, non plus des monuments où règne l’arc brisé, mais de ceux dont la voûte est montée sur croisée d’ogives ? Hélas ! non ; et quelque tempérament que proposent les défenseurs d’ogival pour maintenir la science sur ce porte à faux, ils n’aboutiront à rien d’efficace. ”
Alexandre Grigny,
Réponse de M. Grigny, architecte…
(1862)
“ Je pourrais citer encore, comme se trouvant dans la même condition, beaucoup d'édifices et notamment l'église dite des Jésuites, de Saint-Omer, dont la hauteur est prodigieuse, qui n'a ni arcs-boutants, ni contreforts, et dont pourtant les voûtes sont semblables à celles de mon projet. Mais je ne pourrais être du même avis pour la voûte ogivale qui, par sa forme aiguë et presque pyramidale, pousse évidemment à sa base ; poussée que vient encore augmenter l'énorme enveloppe des nervures d'arêtes ou diagonales. ”
C A Moët de La Forte Maison, Châlons-sur-Marne : coup d'oeil sur son histoire ancienne… (1850)
“ Le centre des transepts est voûté en ogive fort basse, comme celle de cette époque , et les nervures de la voûte sont tout simplement deux tores détachés au moyen d'un filet. L'abside, pau profonde, est voûtée, à plein-cintre, en forme de niche qui prend sa naissance aussitôt après une arcade ogivale supportée par deux colonnes jumelles de chaque côté, et que nous pensons avoir été ajoutée pour l'approfondir et la relier avec les transepts. ”
Ernest Doudart de Lagrée,
Voyage d’exploration en Indo-Chine
“ Plafond et traverses étaient ordinairement en bois sculpté et doré, et l’on en retrouve des débris qui attestent une grande habileté dans ce genre de travail. Quand, au contraire, la voûte devait, rester en vue, les extrémités intérieures des pierres étaient rabattues de manière à obtenir depuis la naissance jusqu’au sommet de la voûte, une courbe ogivale, composée de segments d’une coupe élégante, dont les surfaces étaient polies avec soin et quelquefois peintes ou dorées. ”
François Bournand,
Histoire de l'art chrétien des origines à nos jours…
(1891)
“ L'organe fondamental de la structure gothique, le principe générateur absolu du système ogival, c'est la voûte d'arêtes appareillée sur une membrure indépendante, ou pour parler plus clairement, la voûte sur nervures entrecroisées, celle que le moyen âge appelait voûte sur croisées d'ogives. ”
Marie Lebert, L'art roman dans le Sud-Manche
“ A l'intérieur de l'église, les deux travées du choeur sont séparées par un doubleau sans ornement et légèrement brisé. Chaque travée est surmontée d'une voûte en croisée d'ogives romane. Les ogives, très larges, sont ornées de deux épais tores d'angle entourant une petite moulure triangulaire saillante. Doubleau et ogives reposent sur des culots en forme de pyramide renversée. Les clefs de voûte sont sculptées de motifs géométriques en faible relief compris dans un cercle. ”
Louis Régnier, La Renaissance dans le Vexin et dans une partie du Parisis… (1886)
“ Si l'ornementation des clefs de voûte se ressent des nouvelles idées artistiques (2) , les grandes lignes restent encore pour ainsi dire toutes gothiques et, à l'exception des épais formerets des bas-côtés, tous les arcs dessinent des ogives. C'est donc une surprise que de voir des entablements complets se dégager au-dessus des piliers cylindriques qui soutiennent les six travées de la nef, aussi bien que sur les colonnes à demi-saillantes qui reçoivent les retombées des voûtes latérales. ”
Alfred Bonnardot,
Iconographie du vieux Paris
(1856-1861)
“ A la naissance de l'arc ogival est sculpté de côté et d'autre un haut-relief de pierre; à droite, on distingue un aigle qui soumet et menace un lion couché ; à gauche, un lion debout qui déchire je ne sais quel quadrupède étendu sous ses griffes. Dans le plein ou tympan de l'ogive est creusée une petite niche, d'une ouverture également ogivale, et ornée de deux minces colonnettes. En 1839 un tableau (l'enseigne d'un maître d'armes ou d'un estaminet) masquait cette niche aujourd'hui libre, mais vide de la statuette de la Vierge ou d'un saint quelconque qui la décorait autrefois. ”
Toussaint-Bernard Émeric-David,
Vies des artistes anciens,... par T.-B. Émeric-David…
(1872)
“ On voit l'artifice de cette disposition. Une voûte centrale, croisée et en ogive, avec ses pénétrations, ses arêtes et ses nervures, couvrit la nef et l'abside, et elle réposa tout entière sur les colonnes isolées; mais, en même temps, dans les bas-côtés, sur ces mêmes colonnes et sur les colonnes engagées contre les piliers, fut établie une autre voûte croisée en ogive, avec ses pénétrations et ses nervures, qui, n'ayant que trois pieds et demi d'ouverture en ligne droite, n'opéra qu'une très-faible poussée, suffisamment contenue par les éperons élevés pour servir de contre-forts. ”
Jean-Auguste Brutails,
Mélanges
(1913)
“ En Aquitaine (Périgord et Angoumois inclus) , on a eu, au XIIe siècle, pour le voûtement des églises, des traditions qui sont restées vivaces bien postérieurement à l'invention de la croisée d'ogives. En Anjou, au contraire, de même que dans l'Ile-de-France et en Normandie, aucune tradition de ce genre n'existait, et c'est ce qui a permis le développement si considérable et si rapide, dans le deuxième et le troisième quarts du XIIe siècle, d'une part, de la croisée d'ogives pure, d'autre part, de la voûte Plantagenet. ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Avant donc de clore ce chapitre sur les voûtes, voyons comment les Anglo-Normands transformèrent la coupole de l’Ouest en une voûte d’une forme très-éloignée en apparence de la voûte hémisphérique. Nous avons dit tout à l’heure comment les constructeurs de l’Aquitaine, de l’Anjou, du Maine et de l’Angleterre, avaient été entraînés à ajouter un nerf de plus à la voûte en arcs d’ogive pour cacher le croisement des moellons de remplissage sous la ligne des clefs ; c’est-à-dire, comment ils divisèrent une voûte carrée ou barlongue en huit triangles au lieu de quatre. ”
Auguste Choisy,
Histoire de l'architecture. Tome 1
(1899)
“ Comme exemples de voûtes à profil surhaussé et tranches inclinées commençant à mi-hauteur (type C) , nous citerons les berceaux des magasins du Ramesseum (18° dynastie) ; comme exemples de voûtes à profil en ogive, plusieurs tombeaux de la plaine de Memphis; c'est le type du berceau ogival que nous retrouverons en Assyrie dans les galeries souterraines de Khorsabad : tant en Égypte qu'en Assyrie, l'arceau isolé est la seule voûte qui s'exécute par claveaux sur un cintre, le berceau s'élève directement dans le vide. ”
Giorgio Vasari, Vies des peintres, sculpteurs et architectes
“ Un architecte doit songer à rendre éternels les édifices qu’il élève. C’est pourquoi j’ai résolu de construire une voûte octogone et en ogive. La lanterne, on le sait, ne fait qu’ajouter à la solidité des voûtes en ogive dont la clef, par suite des pressions des parties inférieures, tend à remonter par glissement. La voûte aura, par le bas, trois brasses trois quarts d’épaisseur, et prendra une forme pyramidale jusqu’à l’endroit oû se trouvera la lanterne. ”
Guide du congrès de Reims en 1911… (1911)
“ La voûte de cette tour comporte huit branches qui rayonnent autour d'une clef centrale. Aux angles, les ogives et les formerets retombent sur des colonnettes partant du sol et engagées dans les grosses piles en losange, tandis que les deux doubleaux cruciformes reposent sur des culs-de-lampe qui reçoivent en même temps l'autre retombée des formerets. Des figures humaines, des monstres, un ange aux mains jointes et aux ailes déployées, un buste d'homme, dont deux oiseaux tirent les cheveux avec leur bec, décorent ces encorbellements. ”
Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 2 -…
“ Le style ogival n'est là qu'une concession faite au goût du temps, l'application d'une forme étrangère, nullement une nécessité. La voûte de la cathédrale d'Alby pourrait être un grand berceau plein-cintre, pénétré par les petits berceaux transversaux fermant les travées entre les contreforts; la stabilité de l'édifice n'eût rien perdu à l'adoption de ce dernier système roman ou romain; et nous dirons même que les voûtes en arcs d'ogives qui couvrent les travées entre les contreforts, à la hauteur de la grande voûte, sont un non-sens ”
“ Les maisons et leurs charpentes plus pointues agissaient ici comme des modèles, et la voûte devait naturellement imiter cette forme ; l’ogive est la seule construction de pierre qui s’en rapproche. Mais la voûte de plein cintre différait des voûtes de pont et d’aqueduc encore en ceci que la poussée latérale ne trouvait pas un appui suffisant dans les murs, surtout quand l’art des vitraux, seule peinture possible dans ces édifices assombris par la voûte et par le toit, conduisit à ces larges fenêtres, qui causèrent, à ce qu’on raconte, plus d’un écroulement. ”
Jean-Auguste Brutails,
Mélanges
(1913)
“ Pour voûter les nefs, ces provinces imaginèrent une formule nouvelle, incomparablement plus légère et plus pratique, laquelle consistait à poser une voûte d'arêtes, aussi mince que possible, sur une ossature formée de deux nervures entre-croisées, sur une croisée d'ogives. La croisée d'ogives, l'arc-boutant ou tout au moins un contrefort très saillant, enfin une rénovation de la décoration et principalement de la sculpture, devenue plus rationnelle et plus vivante, tels sont les éléments de l'architecture gothique. L'art gothique descendit du Nord, gagna le Midi et se répandit à l'étranger. ”
Guide chartrain. Chartres, sa cathédrale…
“ Elles sont formées de voûtes partielles en ogive, dont les arêtes se reposent sur des arcs-doubleaux et des nervures croisées, lesquels sont appuyés au dedans sur les piliers et au dehors sur les contreforts. Plus on les étudie, plus on demeure émerveillé de l'habileté qu'elles révèlent : elles sont les premières de ce genre. Les voûtes des bas-côtés ont environ 14 mètres de hauteur. — Les clefs de voûte sont en forme de couronne et décorées d'une guirlande de feuillage en relief, admirablement agencée : elles sont polychromées. Remarquez celles du transept et du rond-point du choeur. ”
Jean-Jacques Bourassé,
Archéologie chrétienne, ou Précis de l'histoire des monuments religieux du moyen-âge…
(1862)
“ La forme ogivale n'est certes pas moins noble que le plein, cintre, et, quoique d'une origine moins ancienne peut-être, elle est grande, majestueuse, et, par-dessus tout, éminemment chrétienne. Nous envisagerons la question présente sous un point de vue plus élevé; et d'abord nous voulons établir nettement la différence qui existe entre l'origine de l'ogive et celle du style ogival. La forme de l'arcade en tiers-point est un caractère d'une grande valeur, sans aucun doute, mais elle n'est que la partie d'un tout immense. ”
Hippolyte-Louis Durand, La Cathédrale de Bourges, description historique et archéologique… (1849)
“ La voûte est composée d'un berceau d'arête avec nervures à boudins , dont les deux retombées au sud sont supportées par des anges portant l'écusson à la clef en quatre feuilles trilobées, renfermant les armes du Berry. L'arc d'entrée est ouvert de toute la largeur de l'ogive extérieure ”
Jules-Louis-Marie Noguès, Dampierre-sur-Boutonne : monographie historique & archéologique (1883)
“ Une chose tout à fait digne de remarque, c'est la manière dont il est orienté. La voûte, construite en gros moëllons, a la forme d'un cintre surmonté, sorte d'ogive obtuse, qui se trouye établie en travers du chœur, c'est-à-dire, dans le sens contraire des voûtes de l'église. L'issue qui répond aux escaliers n'est point au milieu, mais sur le côté sud-ouest du caveau. ”
Édouard Corroyer,
L'Architecture Gothique
“ Les architectes du Midi, ainsi que nous l’avons déjà dit, soit par réaction, résistance ou défiance, avaient conservé les traditions antiques, ce qui s’explique simplement dans un pays où tout ce qui touchait à la construction était resté gallo-romain. Les constructeurs des XIIIe et XIVe siècles avaient bien accepté, sans déroger à leurs principes conservateurs, la voûte sur croisée d’ogives inventée par les Angevins et d’un emploi si facile dans son admirable simplicité ”
Société française d'archéologie… (1910)
“ Les voûtes sur croisée d'ogives reposant sur des consoles constituent une sorte de berceau, garni à son sommet d'une branche longitudinale et séparé, par un doubleau, de l'abside couverte d'une voûte à deux nervures, dont le voûtain central est également renforcé d'une branche continuant celle du berceau. ”
Guide du congrès de Reims en 1911… (1911)
“ Transept et choeur. — Recouvert de sept croisées d'ogives, le transept se faisait remarquer par sa largeur. La clef de voûte centrale, tombée sur le sol et cerclée d'un boudin, est ajourée pour laisser passer les cloches qui se trouvaient dans la flèche en charpente. Une gorge entre deux tores se profilait sur les ogives, comme dans la nef. Les nervures et les doubleaux de la croisée prenaient leur point d'appui sur des piles en losange cantonnées de quatre colonnes et de douze colonnettes. ”
Guide du congrès de Reims en 1911… (1911)
“ La première travée du choeur conserve sa voûte d'ogives à tore aminci du XIIIe siècle, comme le carré du transept, et des colonnettes dont le tore est très aplati : elle est éclairée par deux fenêtres en tiers-point. Le chevet à cinq pans, reconstruit au XIVe siècle et ajouré par des fenêtres à remplage rayonnant qui s'ouvrent au-dessus de niches assez profondes, se distingue par les six nervures toriques à filet central qui rayonnent autour de sa clef de voûte : elles retombent sur des colonnettes à listel saillant. ”
Ferdinand Donnet, Monographie de l'église primatiale de Saint-André (1851)
“ Le poids immense d'une voûte d'un tel diamètre n'a pas trouvé de résistance derrière les arcs ogives, par le massif de l'évidement qui est d'ordinaire en ligne droite dans les voûtes gothiques : il en est résulté un travail continuel dans les parties les plus faibles, supportant l'effort de toute la masse. ”
Hippolyte Crozes, Monographie de la cathédrale de Sainte-Cécile d'Albi… (1873)
“ A partir de ce point, la voûte est formée par des travées remplies par des croisées d'ogives. Nous allons d'écrire les divers tableaux qui se trouvent dans chacune d'elles : 1. — Entre la première et la deuxième ogive figurent, dans de charmantes arabesques, Abraham, Isaac, Siméon et Ezéchiel. Au-dessous sont représentées, sous la figure de reines couronnées, les quatre vertus cardinales : la prudence, la force, la justice et la tempérance. Ces deux dernières vertus ont leurs attributs ordinaires : quant aux deux autres, la force tient dans ses mains le sceptre et l'écusson royal fleurdelisé ”
Congrès archéologique de France, Guide du Congrès de Caen en 1908 (1908)
“ Les murs de fond sont décorés de trois grandes arcatures de même facture, reposant sur le même cordon et inscrites dans un grand arc, peut-être le formeret de l'ancienne voûte. Au XIVe siècle, on remplaça cette voûte par quatre croisées d'ogives en montant sur les supports anciens des faisceaux de colonnettes destinées aux voûtes nouvelles, remarquables surtout par la grande lierne longitudinale qui court d'un bout à l'autre. ”
René Schneider, L'art français : moyen âge, Renaissance (1928)
“ Il tombe, pour faire place aux verrières qui versent dans la nef le ruissellement de leurs émaux. La voûte, assise sur les ogives, sur les arcs doubleaux qui séparent les travées, puis sur les arcs formerets le long des murs, repose désormais sur une armature indépendante et souple, et devient légère presque comme une pellicule. Quand on longe, au-dessus de la voûte, les poutres maîtresses qui courent comme une passerelle pour soutenir la charpente et qu'on arrive aux trous d'où. ”
L. Vitet, Revue des Deux Mondes
“ Rien n’est plus clair, toutes les fois qu’au lieu d’ogives éparses, égarées, vous voyez apparaître soit des séries d’ogives entremêlées à des séries de pleins cintres, soit l’ogive régnant seule à certains étages ou dans certaines parties spéciales de l’édifice . Il faut pourtant y regarder de près, surtout lorsqu’il s’agit des voûtes. On rencontre des monumens entièrement à plein cintre, dont toutes les voûtes sont à ogive, mais la plupart du temps ces voûtes ont été construites un siècle ou deux après le monument. ”
