être sensible

Définition et enjeux

Portrait de Denis Diderot Denis Diderot Paradoxe sur le comédien (1830)

La sensibilité étant, en effet, compagne de la douleur et de la faiblesse, dites-moi si une créature douce, faible et sensible est bien propre à concevoir et à rendre le sang-froid de Léontine, les transports jaloux d’Hermione, les fureurs de Camille, la tendresse maternelle de Mérope, le délire et les remords de Phèdre, l’orgueil tyrannique d’Agrippine, la violence de Clytemnestre ? Abandonnez votre éternelle pleureuse à quelques-uns de nos rôles élégiaques, et ne l’en tirez pas.
C’est qu’être sensible est une chose, et sentir est une autre.
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Chefs-d’œuvres des pères de l'église

VI. Il vaut mieux aussi que vous soyez sensible, tout-puissant, miséricordieux, impassible, que privé de ces attributs. Mais comment pouvez-vous être sensible, si vous n’êtes point un corps ? Tout-puissant, si vous ne pouvez pas toutes choses ? Miséricordieux, si vous êtes impassible ? Si les êtres revêtus d’un corps sont seuls doués de sensibilité, parce que les sens appartiennent au corps, comment, je le répète, pouvez-vous posséder la sensibilité, puisque vous êtes un esprit pur, et que la supériorité de l’esprit sur la matière ne permet point de vous considérer comme un être matériel ?
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