“ Tout le monde se met à espérer ; on ne parle que d’une revanche certaine et définitive, de l’écrasement inévitable des Allemands devant Metz ; et l’on prépare d’avance les drapeaux et les lampions qui ont servi à pavoiser et à illuminer lorsque arrivèrent la nouvelle du succès français à Saarbrück et la nouvelle — fausse, hélas ! — de la grande victoire remportée à Wörth par Mac-Mahon. ”
Battle of Wörth
Définition et enjeux
Citations sur “Battle of Wörth”
Roger Allou, La Campagne de 1870. Récit des événements militaires depuis la déclaration de guerre jusqu'à la capitulation de Paris… (1871)
“ Mais, à l'exception de Wœrth, les Français semblent être restés toujours sur la défensive, ce qui peut se justifier, mais ce qui est contraire à toutes leurs traditions, tandis que les Allemands ont invariablement pris l'offensive avec une hardiesse étonnante. Les généraux allemands semblent avoir une prédilection toute particulière pour l'attaque des ailes au lieu du centre de l'ennemi, et quoique le grand mouvement tournant du 18 août, en tenant compte de la supériorité des forces et du caractère particulier du champ de bataille, ait complètement réussi, il n'était peutêtre pas sans danger. ”
Émile Ollivier, Revue des Deux Mondes
“ Mais personne n’avait pu ébranler son idée fixe qu’il n’y avait derrière Wœrth qu’un corps relativement faible, rideau jeté en avant pour faciliter la manœuvre du gros de l’armée allemande. Persuadé qu’il n’avait devant lui que 30 ou 40 000 hommes, qu’aucune attaque n’était à redouter le 6 août, et qu’il pouvait se préparer sans crainte, en attendant Failly, à attaquer l’ennemi le 7, le maréchal fait communiquer aux troupes l’ordre donné la veille au soir pour la journée : « Repos, double distribution de pain, viande, sucre et café, nettoyage des armes. » ”
La Guerre franco-allemande de 1870-1871 sous le roi Guillaume… (1871-1872)
“ Une esquisse à grands traits que nous donnerons du champ de bataille de Woerth, démontrera que sous le rapport tactique, cette position offrait à peu près toutes les garanties désirables. (V. carte IV.) Le 5 août, le maréchal Mac-Mahon avait établi son quartier général au château impérial de Froschweiler, entouré d'un parc magnifique. Le village même, clef de la position ennemie, fut le théâtre de combats extrêmement meurtriers, après que les Allemands, passant sur des monceaux de cadavres, eussent escaladé les hauteurs à l'ouest de Woerth. ”
Sylvain Blot, Napoléon III. 1808-1873 (1898)
“ Il se passe alors dans Woerth une scène effroyable. Au milieu des balles et des obus, les renforts allemands remplissent les rues étroites du bourg ; les pièces de canon, les caissons d'artillerie, que le prince royal envoie au secours de ses troupes exténuées, renversent, au milieu d'un pêle-mêle sanglant, les habitants affolés et les soldats prussiens eux-mêmes ; les ponts LES PREMIÈRES HOSTILITÉS 235 s'écroulent ; les maisons s'enflamment ; les morts et les blessés encombrent les rues ; les roues des lourds canons creusent, dans cette boue humaine, d'affreuses ornières de pourpre. ”
Marc Debrit, La guerre de 1870 : notes au jour le jour par un neutre (1871)
“ La position de Wœrth a déjà acquis une grande célébrité militaire par la victoire que le général français Hoche y remporta en 1793 sur l'armée autrichienne commandée par Wurmser. Wœrth est une petite ville de 1,150 habitants, située au débouché d'une vallée assez profonde et au point de croisement des routes de Haguenau et de Bitche avec prolongement jusqu'à Selz, c'est-à-dire jusqu'aux bords du Rhin. Cette situation donne à ce point une importance stratégique incontestable, et il n'est pas étonnant qu'à plusieurs reprises il ait été le centre d'opérations de guerre. ”
Émile Ollivier, Revue des Deux Mondes
“ Il est vrai qu’à Wœrth et à Forbach cette offensive de nos troupes et de leurs chefs a toujours été courte et ne s’est pas lancée au delà du point où l’ennemi avait été refoulé ; Ducrot à Wœrth, Vergé à Stiring, Laveaucoupet à Spicheren n’ont pas poursuivi l’épée dans les reins les assaillans qu’ils avaient battus. Cela tient à une raison profonde : c’est qu’une troupe ne peut pousser à bout une offensive tactique victorieuse que lorsqu’elle se sent entraînée par une offensive stratégique générale. ”
Eduard Rüffer,
La guerre du second empire contre l'Allemagne…
(1873)
“ Cette fois, si la victoire remportée par le prince royal a coûté cher à celui-ci, elle a du moins été complète, car elle a eu pour résultat la retraite des Français, retraite qui devint bientôt une fuite déréglée, abandonnant tout ordre tactique. Des deux parts, les pertes occasionnées par la bataille de Woerth ont été considérables. L'armée allemande et l'armée française ont perdu chacune -5000 hommes. Abstraction faite de quelques combats d'avant-postes peu importants, la bataille a duré de 7 heures du matin à 4 heures 4e l'après-midi. ”
Henri Welschinger,
La guerre de 1870
(1911)
“ Retranché sur ces hauteurs rapides, dans un terrain coupé par des vergers et des houblonnières, le duc de Magenta n'avait pas occupé sur la rive droite de la Sauer, au pied même de Frœschwiller, le gros bourg de Wœrth. C'est par là qu'allait se faire une des principales attaques des Allemands. Pour eux, la bataille du 6 août s'appelle la bataille de Wœrth ; pour nous, c'est plutût la bataille de Frœschwiller. ”
Eugène de Monzie, La journée de Reichshoffen : avec carte et pièces officielles (1876)
“ Wœrth,qui se trouvait déjà occupé par les Allemands, est situé au pied d'une chaîne de collines, qui s'étend en demi-cercle devant la route venant de Soultz. Beaucoup de fermes, de petits hameaux, un bois, coupent le terrain, et donnaient autant de points d'appui assez forts à l'armée française. En face d'elle l'armée allemande avait pris les positions suivantes : Le deuxième corps bavarois et le cinquième prussien étaient à Lembach et Preuschdorf, à droite de la route de Soultz à Wœrth. ”
Roger Allou, La Campagne de 1870. Récit des événements militaires depuis la déclaration de guerre jusqu'à la capitulation de Paris… (1871)
“ L'aile droite sous Mac-Mahon était rejetée derrière les Vosges, masse confuse et désorganisée. Le corps de de Failly qui restait entre les armées mise en déroute à Woerth et à Forbach, était exposé à être coupé en deux et détruit ; et la gauche et le centre des Français, espacés à de longs intervalles, avec le corps de Frossard presque détruit, n'était pas en position de résister au flot tout-puissant de l'invasion allemande, dont les vagues allaient lesunes après les autres, déborder maintenant au delà de la Saar, et à travers les défilés des Vosges. ”
Georges Mall, Le siège de Paris : 1870-1871 (1871)
“ Le chargement de ces pièces est beaucoup plus rapide que celui des canons, mais elles portent bien moins loin, en sorte que l'artillerie les détruit facilement. C'est ce qui eut lieu. Nos mitrailleuses et nos canons furent démontés; le grand nombre l'emporta; nous perdîmes la bataille. Une dizaine d'habitants de Wœrth, pour avoir soutenu la France, sont impitoyablement fusillés; le maire de Reichshoffen (1) est fait prisonnier de guerre et le chef de gare de cette commune, en donnant à un train de munitions le signal de rebrousser chemin, tombe aussitôt sous une grêle de balles et d'obus. ”
Paul Bondois, Histoire de la révolution de 1870-71 et des origines de la troisième République… (1888)
“ La bataille de Woerth coûtait à la France les généraux Colson et Raoult, sept mille tués, neuf mille prisonniers, trente-cinq pièces d'artillerie, dont huit mitrailleuses ; les Allemands avouent la perte de onze mille hommes, mais ils gagnaient l'occupation de l'Alsace presque entière. ”
Sylvain Blot, Napoléon III. 1808-1873 (1898)
“ Cependant le 6, au matin, des engagements partiels se produisent ; c'est d'abord un détachement ennemi qui, du côté de Woerth, centre de notre position, s'avance à portée du tir de nos soldats, puis à notre droite, devant le village de Gunstett, où les Prussiens essuient le tir de notre artillerie. Mais ni de part ni d'autre, on n'est disposé à engager sérieusement l'action ; on attaque et on se défend mollement. Sur notre gauche, le commandant du 2e corps bavarois, mis en éveil par le canon qui tonne sur Woerth, donne l'ordre d'attaquer Froeschwiller. ”
Maurice-Henri Weil,
La cavalerie des armées alliées…
(1886)
“ Wrède devait donc essayer d'arrêter l'armée française pour donner aux alliés la possibilité de la rejoindre. Mais la véritable faute, la faute réellement grave qu'il commit, résulte du temps qu'il perdit à Würzburg, de l'impossibilité où il se trouva d'arriver à prendre Position à Gellnhausen, de l'obligation où il fut par suite d'accepter la bataille à Hanau, en ayant derrière lui la Kinzig et le Mein. ”
Roger Allou, La Campagne de 1870. Récit des événements militaires depuis la déclaration de guerre jusqu'à la capitulation de Paris… (1871)
“ Après la terrible défaite qu'elle avait éprouvée à Woerth, l'armée du Maréchal Mac-Mahon était dispersée et une grande partie de son aile droite brisée s'était enfuie vers Haguenau et Strasbourg, tandis que le reste de ses troupes s'était éparpillé sur les routes qui courent au sud à travers les Vosges. Le Maréchal semble avoir fait un effort pour atteindre le corps de de Failly et Bitsche, afin de rejoindre le gros de l'armée et il essaya de s'arrêtera Niederbronn ”
Roger Allou, La Campagne de 1870. Récit des événements militaires depuis la déclaration de guerre jusqu'à la capitulation de Paris… (1871)
“ Le 10 août, le sixième corps allemand qui avait été à l'arrière, à la journée de Wœrth, prit la place des assiégeants de Strasbourg, qui fu- rent mis en mouvement le long de la grande route qui conduit par l'ouest dans l'intérieur. Cependant le gros de l'armée du Prince Royal s'était frayé son chemin à travers les Vosges dans la même direction, et avait été fortement retardé par les forteresses sur les collines, qui lui créèrent de grandes difficultés. ”
Girolamo Ulloa, Du Caractère belliqueux des Français et des causes de leurs derniers désastres… (1872)
“ Les fructueux succès obtenus par les troupes confédérées d'Allemagne à Wissembourg, à Sarrebruck, à Woerth, leur ont ouvert la route de Paris. Que les Français ne s'illusionnent donc pas ; militairement parlant ils ne peuvent plus arrêter la marche des armées victorieuses, car, la droite de leur armée ayant été complétement battue en Alsace et le centre enfoncé à Forbach, les restes de leurs troupes sont obligés de se concentrer très-loin de l'échiquier de guerre, afin de pouvoir se réordonner avec calme et sans courir les périls de prochaines attaques. ”
Eugène de Monzie, La journée de Reichshoffen : avec carte et pièces officielles (1876)
“ Wœrth est inoccupé; les éclaireurs prussiens y entrent et le parcourent sans autrement coup férir ; ils considèrent les ponts détruits, peutêtre par l'effet de leur propre artillerie. Ils traversent néanmoins le Sauerbach ; mais dès qu'ils sont sur l'autre rive, ils trouvent à qui parler ; une faible portion de l'infanterie et de l'artillerie françaises se démasque tout à coup, et force l'ennemi à se retirer, en laissant plusieurs morts et blessés sur le terrain. ”
Charles Malo, Champs de bataille de France, descriptions et récits… (1898)
“ Les défenseurs de ce malheureux village, devenu le point de mire de toutes les pièces ennemies, sont écrasés d'obus et de bottes à balles, mais continuent à s'y battre en désespérés. Un bataillon wurtembergeois tourne la position par la droite, du côté de la route de Reichshoffen. Au sud, le général de Bose lance ses troupes en avant et tombe grièvement blessé, ainsi que la plupart des officiers de son état major : en dépit de ces hécatombes,. les soldats du XIe corps pénètrent dans le village ; au même instant, le V° corps et les Bavarois l'abordent par l'est et par le nord. ”
Girolamo Ulloa, Du Caractère belliqueux des Français et des causes de leurs derniers désastres… (1872)
“ Des routes commodes et nombreuses conduisent, des points où se trouvaient primitivement les corps français, à toutes les villes qui sont le long du cours du fleuve et dans lesquelles ils pouvaient venir se réfugier. Mais, après les désastres de Wissembourg, Woerth et Forbach, quand la moitié de l'armée avait été battue et dispersée; quand le soldat avait pu se convaincre que son héroïsme ne Servait de rien parce qu'il était compromis et même annihilé par l'impéritie du commandement suprême; quand on l'avait souvent exposé à lutter un contre deux, trois et même six ”
Gaston Deschamps,
Revue des Deux Mondes
“ De tous les côtés, par toutes les brèches des Vosges, par toutes les coupures de la frontière béante, la Bavière et le Wurtemberg précipitaient sur nous, comme au temps des invasions d’autrefois, leurs fantassins et leurs cavaliers innombrables. On a dit, avec raison, que l’offensive des Allemands par le Nord a échoué sur la Marne et sur l’Yser. Il faut dire aussi que leur offensive par l’Est a échoué sur la Meurthe et sur la Mortagne. ”
L'Epopée nationale. Napoléon .… (1894)
“ Laissant dans la place une vingtaine de mille hommes pour la défendre, le prince de Hohenlohe partit avec un nombre à peu près égal dans la direction de Stettin, où il avait donné rendez-vous à l'ancien corps du duc de Weimar, que commandait alors le général Winning, ainsi qu'à Blücher qui, ayant réuni aux débris de son ancienne avant-garde, les restes du corps de Wurtemberg, commandait environ 20,000 combattants. ”
La Guerre franco-allemande de 1870-1871 sous le roi Guillaume… (1871-1872)
“ Un combat violent s'engagea dans le bois. L'ennemi, qui venait de faire avancer des troupes fraîches d'infanterie et d'artillerie, occupait à ce moment, sur le front et en face du XIe corps, la ligne Elsashausen- Woerth. A 1 heure, le prince royal, accompagné du général de Blumenthal, parut sur le champ de bataille, prit aussitôt la direction générale des opérations, et se plaça au sommet de la hauteur à l'est de Woerth. Le duc de Cobourg et les autres princes attachés au quartier général de la IIIe armée, arrivèrent bientôt après le prince. ”
Eugène de Monzie, La journée de Reichshoffen : avec carte et pièces officielles (1876)
“ Au point du jour quelques escarmouches d'avant-postes commencèrent de ce côté, et vers huit heures, un feu assez nourri se fit entendre à l'aile droite, où se trouvaient les Bavarois. Comme les Français ouvrirent en même temps leur feu contre Wœrth, on fit avancer sur les hauteurs, à l'est de Wœrth, toute l'artillerie du cinquième corps, pour faire une diversion en faveur des Bavarois. Lorsque le rapport de ce qui se passait arriva au quartier général du Prince royal, il donna l'ordre de suspendre le combat, jusqu'à ce toutes les troupes destinées à l'attaque fussent en ligne ”
Girolamo Ulloa, Du Caractère belliqueux des Français et des causes de leurs derniers désastres… (1872)
“ Mahon dans le choix de sa position tactiquestratégique et dans sa façon de manoeuvrer ses colonnes pour les dispositions d'attaque ou de défense. Les principales causes du désastre de Woerth sont donc les suivantes : l'ignorance dans laquelle l'état-major général laissa Mac-Mahon sur les mouvements de concentration de l'armée allemande ; les grands intervalles laissés entre la division Douay et les 1er, 5e et 7e corps ; l'excessive confiance des généraux français dans la valeur de leurs troupes ; la mauvaise intelligence qui régnait entre les divers chefs de corps (1) . ”
Louis Fleury, Occupation et bataille de Villiers-sur-Marne et de Plessis-Lalande… (1871)
“ A Wœrth, deux brigades de la 3e division, les bataillons de réserve de la première division du 7e corps, les zouaves, les cuirassiers de Septueil, les hussards ont excité l'admiration de nos ennemis eux-mêmes. A midi nous tenions sur toute la ligne, et les Prussiens, bien qu'ils fussent deux fois supérieurs en nombre, voyaient la victoire leur échapper, lorsque l'arrivée sur le champ de bataille de la 22e division allemande et du corps d'armée wurlembergeois, vint tout à coup changer la face des choses. ”
Eugène Véron,
La troisième invasion. De la déclaration de la guerre à la capitulation de Sedan
(1876-1877)
“ L'acharnement de cette défense, improvisée dans les conditions les plus défavorables, puisque la petite garnison du Bourget n'avait reçu ni artillerie, ni renforts, ni direction d'ensemble, avait vivement frappé les Allemands. Le soir même du 3o octobre, le prince de Wurtemberg adressait à la garde un ordre du jour où nous remarquons cette phrase : « Un village occupé par les meilleures troupes de la garnison de Paris, a été enlevé à l'ennemi, qui a défendu chaque ferme avec tant d'opiniâtreté, que souvent les pionniers devaient ouvrir la route à l'infanteri e. » ”
Alfred de La Guéronnière, L'Homme de Sedan devant l'histoire (1872)
“ Woerth suit de près ; ici l'armée était commandée par un Bayard. Failly (1) , en se tenant immobile, occasionne la déroute. L'ennemi sent grandir sa confiance, ce puissant ressort de la victoire : L'observateur même non militaire peut entrevoir les désastres qui sont dans la logique de la situation par l'illogisme de l'empereur, de son état-major, par l'imprévoyance dans toutes les branches qui constituent cet ensemble, où excellait Napoléon Ier. ”
Des Causes qui ont amené les désastres de l'armée française dans la campagne de 1870… (1871)
“ Nos charges de cavalerie ayant été infructueuses pour arrêter la marche de l'ennemi, les Wurlembergeois se portent toujours en obliquant à la gauche du 11e corps, afin d'étendre ainsi sur notre droite une longue ligne enveloppante, tandis que toutes les forces réunies de l'armée prussienne, se précipitant sur Freschwiller, où ne tenaient plus que faiblement nos bataillons entraînés déjà dans le courant de la déroute de notre aile droite, nous obligeaient à abandonner ce village devenu la proie des flammes. ”
