“ Comme l’agrément et l’élégance des ouvrages de Callimaque laissaient peu de prise à la censure, il l’attaqua du côté de l’invention et du génie. Callimaque, en homme de goût, était persuadé qu’il est difficile d’intéresser longtemps des lecteurs ; il pensait, comme l’a si heureusement exprimé quelque part le plus grand poëte de nos jours, que Le secret d’ennuyer est celui de tout dire ”
Callimache
Définition et enjeux
Citations sur “Callimache”
Histoire de la littérature grecque…
“ Mais combien cette religion est différente de celle d’un Eschyle ou même d’un Pindare ! Callimaque est un poète officiel, une sorte d’ambassadeur très solennel, qu’un roi politiquement dévot envoie auprès des dieux pour être son interprète. Il a conscience de son rôle et s’applique à y faire honneur. S’il chante la puissance des dieux, il le fait en termes nobles, et se ressouvient avec à-propos des formules ou des images consacrées par la tradition. Il s’efforce même de paraître ému. La rhétorique du lyrisme lui est familière. ”
Fénelon,
Aventures de Télémaque suivies du recueil des fables
“ Callimaque résolut de surprendre tous les Lydiens par le moyen de son anneau. Plusieurs jeunes hommes de la plus haute naissance avaient couru devant le roi, qui était descendu de son char dans la prairie, pour les voir courir. Dans le moment où tous les prétendants eurent achevé leur course, et que Crésus examinait à qui le prix devait appartenir, Callimaque se met dans le char du roi. Il demeure invisible : il pousse les lions, le char vole. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Il n’y a ni sentiment ni chaleur ; il y a de l’esprit sans doute, mais qui n’est que de l’esprit. Callimaque affecte les noms extraordinaires ; et l’on en trouve, dans la pièce traduite, d’aussi étranges que ceux qui remplissent l’Alexandra. ”
Anatole France,
La Vie littéraire
“ Mais parfois Hrotswitha donne au désir un visage plus tragique. Son drame de Callimaque est plein, dans sa sécheresse gothique, des troubles d'un amour plus puissant que la mort. Le héros de la tragédie, Callimaque, aime avec violence Drusiana, la plus belle et la plus vertueuse des dames d'Éphèse. Drusiana est chrétienne: prête à succomber, elle demande au Christ qu'il la sauve. Et Dieu l'exauce en la faisant mourir. Callimaque n'apprend la mort de celle qu'il aime qu'après qu'on l'a ensevelie. Il va la nuit, dans le cimetière; il ouvre le cercueil, il écarte le linceul. ”
Hrotsvitha,
Théâtre de Hrotsvitha
“ ANDRONIQUE.→ Aussi n’avons-nous pas pour les jugements de Dieu assez d’admiration: nous voyons les événements; mais la science nous manque pour en discerner les causes. JEAN.→ Ce n’est d’ordinaire qu’après les faits accomplis que l’événement nous révèle le secret des choses. ANDRONIQUE.→ Mais, faites donc, bienheureux Jean, ce que vous avez reçu la mission de faire: ressuscitez Callimaque, pour que nous arrivions au dénoûment de cette mystérieuse aventure. JEAN.→ Je pense devoir invoquer d’abord le nom du Christ [191] pour chasser le serpent; ensuite je ressusciterai Callimaque. ”
Guillaume-Emmanuel-Joseph Guilhem de Clermont-Lodève, Recherches historiques et critiques sur les mystères du paganisme… (1817)
“ Telle est la prière qui termine l'hymne de Callimaque en l'honneur de Cérès. En effet, la paix doit être l'objet des voeux les plus ardens de l'agriculteur ; et c'est elle, comme le dit très-bien Tibulle, qui a d'abord conduit sous le joug les boeufs destinés au labour : Interea pax arva colat. Pax candida primum Duxit araturos sub juga curva boves (2) . Ovide ne personnifie point la Paix ; il se sert d'une autre métaphore, pour exprimer le même voeu que Callimaque : Pace Ceres loeta est : at vos optate, coloni, Perpetuam pacem, perpetuumque ducem (3) . ”
George Perrot, L’Éloquence politique et judiciaire à Athènes…
“ Nous savons qu’Aristophane de Byzance, un des maîtres de la science alexandrine, avait écrit un livre où il discutait et réfutait beaucoup des assertions de Callimaque. Ce qui paraît probable, c’est que toutes les parties de ce vaste ensemble étaient bien loin d’avoir la même valeur ; un seul homme n’aurait pu suffire à cette immense tâche. Poète lui-même, Callimaque avait étudié avec le plus grand soin les épiques, les hymnographes, les élégiaques, les lyriques, qu’il imitait avec un art ingénieux ; il était moins compétent pour ce qui regardait l’éloquence attique. ”
Alfred Croiset,
Histoire de la littérature grecque
“ Callimaque se souciait plus de sa grande querelle que du dieu de Cyrène, et il a trouvé l’occasion bonne pour en dire un mot. L’art de l’écrivain traduit fidèlement son inspiration. — Dans la composition de ses hymnes, il cherche surtout le moyen de dérouler en bon ordre des morceaux où paraîtront son enthousiasme de commande, sa merveilleuse érudition, son habileté à raconter ; et il s’en tire avec beaucoup d’adresse. Il commence d’ordinaire par l’enthousiasme. ”
Hrotsvitha,
Théâtre de Hrotsvitha
“ ANDRONIQUE.→ Amen.—Tenez! voici Callimaque qui respire l’air vital! Seulement la stupeur le retient encore immobile. JEAN.→ Callimaque, au nom du Christ, levez-vous! et quoi que vous ayez fait, confessez-le; à quelques tentations coupables que vous ayez succombé, proclamez-les, pour que la vérité ne nous reste en rien cachée. CALLIMAQUE.→ Je ne puis nier que je ne sois venu ici dans une intention criminelle. ”
Saint-Marc Girardin,
Tableau de la littérature française au XVIe siècle…
(1862)
“ Ce sont des hymnes faits à l'imitation de ceux d'Homère et de Callimaque. Seulement Callimaque recherchait avec une sorte de curiosité d'antiquaire les légendes mythologiques. Vida, au contraire, fuit avec soin les légendes chrétiennes. Il est d'une piété trop éclairée pour les admettre comme chrétien, et d'un goût trop sévère pour les chanter comme poëte. Dans ses hymnes, il est un peu théologien, mais du côté où la théologie touche à la philosophie 1, et surtout il tâche d'exprimer en beau style les mystères de la Trinité et de l'Incarnation. ”
Gustave Planche,
L’Art grec et la Sculpture réaliste
“ Callimaque respecte la beauté en négligeant la grandeur Il imite avec finesse, avec persévérance, tout ce qu’il aperçoit dans une figure gracieuse. En même temps qu’il flatte les sens, comme Polyclète, il excite la curiosité en abordant des problèmes que de daignait le ciseau de ses illustres devanciers. Démétrius, moins scrupuleux ou doué de facultés moins élevées, se fraie une autre voie dans le champ de l’imitation. ”
Amédée Thalamas,
La géographie d'Ératosthène
(1921)
“ En effet Zénodote et Eratosthène seuls sont désignés comme bibliothécaires par Suidas et Tzet-zès. Sans doute la scholie latine de Plaute appelle Callimaque « aulicus regius bibliothecarius ». Mais ces mots, qui ne sont pas d'une précision absolument décisive (1) , ne figurent pas dans le texte grec correspondant dû à Tzetzès et cet auteur a spécifié que la fonction a été confiée à Eratosthène et non à Callimaque. D'autre part la mort de Callimaque oscille, comme celle de Zénodote, entre 245 et 235 environ : il n'y a donc de ce chef aucune indication ferme en faveur de Callimaque. ”
Anatole France,
La Vie littéraire
“ Callimaque devient ensuite un grand saint et n'aime plus que Dieu. Il n'en avait pas moins donné aux vierges de Gandersheim un effroyable exemple du délire des sens et des troubles de l'âme. Les religieuses du temps d'Othon le Grand ne mettaient pas assurément leur pureté sous la garde de l'ignorance: deux des pieuses comédies de leur soeur Hrotswitha les transportaient en imagination dans les cloîtres du vice. Je veux parler de Panuphtius et de cet Abraham dont les marionnettes de la rue Vivienne nous ont donné deux représentations. ”
Alfred Croiset,
Histoire de la littérature grecque
“ « Je déteste ces oiseaux des Muses dont le vain babillage s’épuise à lutter contre le chantre de Chios [160] . » Son idéal est donc aisé à déterminer : il veut des poèmes courts, franchement modernes, ciselés avec art, où un goût difficile et une curiosité savante trouvent une complète satisfaction. Comment l’a-t-il réalisé ? Avec beaucoup d’art en effet, mais un art qui exclut trop souvent, sinon toujours, la sincérité et la grandeur de l’inspiration. Les six Hymnes qui nous restent de Callimaque ont été composés à des époques et dans des circonstances différentes [161] . ”
Hrotsvitha,
Théâtre de Hrotsvitha
“ JEAN.→ Retirons-nous et laissons le démon reprendre son fils. Nous, cependant, pour célébrer dignement la conversion merveilleuse de Callimaque et cette double résurrection, passons ce jour dans la joie (43) , rendant grâces à Dieu, ce juge équitable, ce pénétrant [213] scrutateur de toutes les consciences, qui seul voit tout, et, disposant toutes choses comme il convient, distribuera à chacun, selon qu’il l’en aura reconnu digne, les récompenses ou les châtiments. A lui seul l’honneur, la vertu, la force, la victoire! à lui seul la gloire et le triomphe pendant la durée infinie des siècles! ”
Hrotsvitha,
Théâtre de Hrotsvitha
“ Ce qui mérite d’être vraiment et sérieusement remarqué, c’est le ton de mysticité sophistique, qui donne aux plaintes amoureuses de Callimaque un air de si proche parenté avec celles de Roméo. Chose étrange! la langue de l’amour au Xe siècle est aussi raffinée, aussi quintessenciée, aussi précieuse qu’aux XVI et XVIIes siècles! Ouvrez les deux pièces: elles commencent l’une et l’autre par un entretien de l’amant mélancolique avec ses amis. ”
Pierre-Jean De Smet,
Voyages aux Montagnes Rocheuses
“ Fumer le calumet ensemble, c’est prendre l’engagement solennel de se traiter en amis ; celui qui y manque perd toute estime et toute confiance, est considéré comme infâme, et s’expose à la vengeance divine. Lorsqu’on déclare la guerre, le calumet et tous ses ornements sont rouges. Quelquefois il n’est rouge que d’un côté. Cette marque, et les différentes manières d’orner le calumet, font connaître au premier coup d’œil à quiconque est versé dans les usages de ces Indiens, les désirs de la nation qui le présente, ou ce qu’elle a résolu de faire. ”
Jean-Pierre Calloc’h,
À genoux
“ « Lorsque je bondis hors de la tranchée, une hache à la main, mes gars disent peut-être : « En avant ! celui-la est un homme ». Et ils me suivent dans la boue, le feu, les glaces ; mais vous, vous savez bien que je ne suis qu’un pécheur. Aussi, quand la nuit répand ses épouvantes sur la vallée, lorsque mes frères dorment dans les grottes des tranchées, ayez pitié de moi, écoutez ma demande, et la nuit sera pour moi pleine de clartés ». Ce serait assez de cette poésie pour placer Calloc’h au premier rang parmi nos bardes. ”
Suzanne de Callias, La Malle au camphre
“ Si tout dans la vie pouvait se conserver dans le camphre, comme ces morceaux d’étoffe et ces chiffons de dentelles... Je ne rouvrirai plus cette malle, qui va s’empoussiérer tranquillement dans mon grenier campagnard. J’en ai retiré une seule chose, pour la garder avec moi : ma photo des Tuileries, avec les cheveux de Barral, dans le cadre de maroquin vert... Barral... non, je ne veux plus penser à lui. On disserte à perte de vue sur le mystère du cœur féminin. Oui ; et le cœur masculin, alors ?... ”
Hrotsvitha,
Théâtre de Hrotsvitha
“ JEAN.→ Parce que, renonçant à cette mauvaise pensée, il s’est transformé en un vrai disciple du Christ. FORTUNATUS.→ Non; cela n’est pas. JEAN.→ Il en est ainsi. FORTUNATUS.→ Eh bien! si, comme vous l’assurez, Drusiana m’a ressuscité, et si Callimaque croit au Christ, je rejette la vie, et fais volontairement choix de la mort; car j’aime mieux ne pas exister que de sentir continuellement en eux une telle abondance de grâce et de vertus. ”
Charles Rollin,
Histoire ancienne. Tome 8
(1846-1849)
“ Callimaque ayant vu, en passant près d'un tombeau, un panier que l'on avait mis sur une plante d'acanthe, fut frappé de l'arrangement fortuit et du bel effet que produisaient les feuilles naissantes de cet acanthe qui environnaient le panier; et quoique le panier avec l'acanthe n'eussent aucun rapport naturel avec le chapiteau d'une colonne et avec un bâtiment massif, il en imita la matière dans les colonnes qu'il fit depuis à Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et les ornements de l'ordre corinthien. ”
Plutarque,
Vies des hommes illustres
“ Un frère de Tigrane, Gouras, y avait le titre de commandant ; mais l’expérience militaire, l’habileté pour l’invention des machines mettaient réellement l’autorité aux mains de Callimachus, celui qui, au siège d’Amisus, avait donné tant de peine à Lucullus. Le général romain vint camper devant Nisibe, et employa contre la ville tout ce que l’art fournissait de moyens : en peu de jours il l’eut emportée d’assaut. Il traita avec de grands égards Gouras, qui était venu se rendre à lui. Callimachus promettait de découvrir des cachettes qui recelaient des trésors considérables ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Wetaskiwin est une ville de l’Alberta. C’est là que les Cris et les Pieds Noirs firent autrefois la paix. Wétaskiwin est un grand centre agricole au sud d’Edmonton, avec minoterie, élévateurs à grain, marchés de bestiaux, établissements avicoles, industrie laitière, etc. Tout le monde connaît le rôle du fameux calumet chez les tribus indiennes d’Amérique. Lorsqu’il est question de paix ou de guerre, les chefs le font circuler. Or cet important symbole ne serait pas exclusif à l’Indien, car le calumet aurait une signification identique chez les Tondras de la Sibérie Orientale. ”
E. H. Gaullieur, Revue des Deux Mondes
“ Je vous dois bien plus, puisque cette vie qui est une si triste chose la plupart du temps, quoi qu’en dise M. Chaillet [36] , vous l’avez rendue douce, et que vous m’avez consolé pendant deux mois du malheur d’être, d’être en société, et d’être en société avec les Marin, Guenille et compagnie ; je recompte ainsi dans ma chaise ce que je vous dois, parce que ce m’est un grand plaisir de vous devoir tant de toutes manières. Tant que vous vivrez, tant que je vivrai, je me dirai toujours, dans quelque situation que je me trouve : Il y a un Colombier dans le monde. ”
Alexandre Dumas,
Les mohicans de Paris. Tome 4
(1854-1855)
“ Camille, interrompit Colomban, j'aime Carmélite, je l'aime de toute la force de mon âme, mais si tu me disais : « Colomban, mes possessions d'Amérique ont été incendiées, je suis ruiné, ma fortune est à refaire! vois mes bras : ils sont faibles ! Eh bien ! il me faut le secours de tes deux robustes bras, fils de la vielle Bretagne ! » Camille, je partirais à l'instant même, sans regrets, sans douleur, sans jeter un regard en arrière, sans même soupirer sur cette moitié de ma vie que je laisserais ici. ”
Honoré de Balzac,
Scènes de la vie privée
“ Camille avait grondé Calyste sur son manque d’obéissance, en lui expliquant l’état dans lequel étaient ses affaires de cœur. Calyste, en proie à un désespoir morne, jetait sur Béatrix des regards où l’amour et la haine se combattaient. Il ne fut pas dit une parole pendant le court trajet de la jetée de Guérande à l’extrémité du port du Croisic, endroit où se charge le sel que des femmes apportent dans de grandes terrines placées sur leurs têtes, et qu’elles tiennent de façon à ressembler à des cariatides. Ces femmes vont pieds nus et n’ont qu’une jupe assez courte. ”
Pierre-Jean De Smet,
Lettres choisies du révérend père De Smet
“ Aussitôt on apporta le calumet, et après l’avoir offert d’abord au Maître de la vie, en implorant ses bienfaits, les sauvages, dans leur naïve simplicité, le présentèrent à son chef visible, me priant de lui faire connaître l’estime et l’amour qu’ils lui portent et le désir ardent qu’ils ont d’écouter les Robes noires envoyées en son nom. Dans une distribution de médailles aux sauvages, des explications deviennent nécessaires ; car étant naturellement superstitieux, ils attachent souvent plus que du respect à ces sortes d’objets. Un chef sioux m’en donna une preuve bien étrange. ”
Claude-Ignace Brugière de Barante, Arlequin misantrope Comédie
“ SCARAMOUCHE . Oh Diable, Monsieur, une fille amoureuse a bon nez, et un Amant aimé est un gibier dont il n'est pas malaisé de suivre la piste. Je vous dis encore un coup, que si Colombine n'est pas ici, elle y sera bientôt.OCTAVE . Mais dis-moi, Scaramouche, lorsque Colombine apprit mon départ, que fit-elle ? Que dit-elle de mon absence ?SCARAMOUCHE, pleurant. Ah, Monsieur, c'est une chose déplorable. La pauvre fille ! Je ne saurais m'empêcher de pleurer, car je suis sensible aussi. ”
Charles Hugo, Le Cochon de saint Antoine, par Charles Hugo… (1858)
“ Le colimaçon avait lu dans les astres, non-seulement le sort des protégés de Perline, mais aussi la destinée de la fée. Il savait tout ce qui s'était passé depuis sa disgrâce. Il connaissait les diverses péripéties qu'elle avait traversées, son emprisonnement dans le galet, sa noyade dans l'océan, et enfin son incorporation avec la statue. Il savait qu'elle était captive dans le sein d'albâtre dé Vénus, sous la forme d'une goutte de lait. ”
