“ Cet homme accostera don Mariano en prononçant deux noms : celui de sa femme et celui de sa fille ; alors il lui apprendra tout ce qu’il ignore, et peut-être pourra-t-il lui rendre un peu de ce bonheur qu’il a perdu. ”
Don Mariano
Définition et enjeux
Citations sur “Don Mariano”
“ Mais Bon-Affût s’était trompé : pas un reproche, pas une parole ayant trait au jugement ne sortirent des lèvres de don Mariano ; aucune allusion, même détournée, ne vint faire soupçonner au chasseur que le gentilhomme avait l’intention d’attaquer ce sujet délicat. Le Canadien respira, seulement à la dérobée pendant les quelques instants qu’ils marchèrent côté à côte pour rentrer au camp ; il examina à plusieurs reprises le visage de don Mariano : le gentilhomme était pâle, triste, mais sa physionomie était calme et ses traits impassibles. ”
“ Un ami de la famille de Real del Monte, dit-il d’une voix vibrante, avertit don Mariano qu’il a été indignement trompé par l’homme dans lequel il avait mis toute sa confiance et qui lui devait tout. Cet homme a empoisonné Doña Sérafina de Real del Monte : la fille de don Mariano a été enterrée toute vive dans un des in pace du couvent des Bernardines. ”
“ Don Mariano, dont les scrupules étaient éteints désormais et qui avait hâte de connaître, dans tous leurs détours, les ténébreuses machinations de son frère, afin de baser sur de solides arguments l’accusation qu’il voulait porter contre lui devant le tribunal suprême qu’il avait si inopinément installé, se retira avec ses domestiques dans un épais taillis, et là, loin des regards, il ouvrit le portefeuille avec une impatience fébrile, et commença la lecture des papiers qu’il contenait avec une horreur qui croissait à chaque lettre nouvelle qu’il dépliait. ”
“ Une chose bien simple: nous allons, don Miguel et moi, nous mêler au milieu des Indiens que nous espérons à peine parvenir à tromper, nous qui les connaissons; si vous nous accompagnez, il arrivera inévitablement ceci: que du premier coup les peaux-rouges verront que vous êtes un blanc, et alors, vous comprenez, rien ne pourra vous sauver, ni nous non plus. Maintenant, si vous le voulez absolument, partez, je suis prêt à vous suivre; on ne meurt qu'une fois, autant aujourd'hui que demain.Don Mariano poussa un soupir. ”
“ Il s’arrêta. Bon-Affût, qui s’était penché le plus près possible de lui, afin d’entendre les paroles qu’il prononçait d’une voix de plus en plus faible, le regarda. Il était mort. Le digne chasseur avait rendu son âme à Dieu, sans éprouver les cruelles angoisses de la mort. Son ami lui ferma pieusement les yeux, s’agenouilla près de lui, et, inclinant son front pâle, Il pria avec ferveur pour son vieux compagnon. Cependant don Mariano était toujours dans le même état d’insensibilité apparente. Les deux gens lui tenaient chacun une main et interrogeaient son pouls avec inquiétude. ”
“ Les jours se passèrent minute à minute, les années s’écoulèrent, l’enfant devint homme ; mon père en mourant m’avait donné toute sa fortune au préjudice de son autre fils qu’il avait maudit ; je déchirai le testament, j’appelai cet homme auprès de moi, et je lui restituai, à lui mendiant et misérable, cette part de richesse et de bien-être dont, à mon avis, mon père n’avait peut-être pas eu le droit de le priver. Don Mariano se tut et se tourna vers ses domestiques. ”
“ Cependant don Mariano, grâce aux soins de ses domestiques, commençait à donner quelques signes de vie, précurseurs de son retour à la connaissance. Balle-Franche se pencha à l’oreille de Bon-Affût. — Est-il convenable, lui dit-il à voix basse, que don Mariano assiste à la condamnation de son frère ? — Non certes, répondit vivement le vieux chasseur ; d’autant plus que maintenant que le premier moment de colère est passé, il est probable qu’il intercéderait en sa faveur ; mais comment faire pour l’éloigner ? — Je m’en charge, je vais le conduire au camp des gambucinos. ”
“ Don Mariano le maintint d'un bras ferme pour l'empêcher de rouler sur le sol, et approchant presqu'à le toucher son visage du sien:—C'est moi qui t'accuse, Estevan, dit-il. Maudit qu'as-tu fait de ma fille?L'autre ne répondit pas: don Mariano le considéra un instant avec une expression impossible à rendre et le repoussa dédaigneusement par un geste de souverain mépris. Le misérable trébucha, étendit les bras, cherchant instinctivement à se retenir; mais les forces lui manquèrent ”
“ Je vous recommande cet homme, fit encore don Mariano en s'adressant à Ruperto; ayez pour lui tous les soins que réclame son état et que l'humanité exige.Le chasseur s'inclina sans répondre. Le gentilhomme mexicain fit quelques pas pour se rapprocher de son cheval, qui, avec ceux de ses compagnons, était attaché à un jeune ébénier. Ce n'était qu'à regret que don Mariano s'éloignait; une voix secrète semblait l'avertir d'attendre.Au moment où il mettait le pied à l'étrier, une main se posa sur son épaule; il se retourna.Un homme était devant lui; cet homme était l'Aigle-Volant. ”
Gabriel Ferry,
Costal l’Indien
“ Pendant près de trois mois que don Mariano avait passés à Mexico, dans le courant de l’année précédente, le jeune officier avait ébauché avec doña Gertrudis (Marianita était restée à Oajaca, chez une de ses proches parentes) un de ces romans d’amour auxquels la conformité d’âge, la parité des positions sociales et des fortunes, les convenances, en un mot, ne tardent pas à faire succéder la réalité prosaïque du mariage. ”
“ Quelque grands que fussent les torts de don Estevan envers don Mariano, si criminelle que fût sa conduite, ce n’était pas à son frère à l’accuser, et surtout a requérir sa mort de ces hommes implacables chez lesquels tous sentiments de clémence sont éteints, par suite de la rude vie qu’ils sont contraints de mener. ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ Dieu m’aide, seigneur don Clément Diaz, quel véhément désir j’avais de voir s’élancer dans la lice, armé de pied en cap, un vrai paladin, comme Votre Honneur le paraît, contre mon ami le bon bachelier Munguia ! Je le disais aussi, quelque accident doit être arrivé à don Clément Diaz, que ni sa réputation bien connue, ni son esprit chevaleresque, ni son grand fonds de littérature ne lui aient crié et n’aient obtenu de lui de noircir quatre pages à l’adresse de l’impertinent Bachelier. Dieu soit loué, Votre Honneur nous a délivrés d’un si grand doute, d’une si grande angoisse. ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ Il sait, par exemple, faire, lui seulet, des mots composés, comme, merci du mot, satirico-manie ; il sait citer don Manuel Breton de los Herreros, et mettre son épigraphe, et tout, que c’en est une joie. Il sait que le famélique chantre ne doit pas se lamenter de ce dont se sont lamentés d’autres, que chacun doit se lamenter seul et d’une chose distincte, et avant de se lamenter avoir bien soin de vérifier et de s’assurer si quelqu’autre ne s’est pas lamenté du même objet, sinon, ne pas se lamenter. ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ C’est ainsi que tout le talent d’écrire consiste à le faire antérieurement à chacun et aux prédécesseurs de chacun, chose on ne peut plus facile à concevoir. En cela don Clément Diaz suit lui-même sa règle ; pour ne pas répéter les idées des autres, il s’en est fait à lui d’une catégorie telle que non-seulement je n’en ai vu d’égales ni d’approchant chez aucun des auteurs précédents, mais qu’encore je n’espère, que sert d’espérer ! entendre dire à nul homme de talent passé, présent ou futur, les choses que dit don Clément. ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ Peur ! dit-il, quand il sut cela ; pardieu ! jamais je ne lui ai vu le visage à la peur, et je veux aller aux Batuèques seulement pour voir s’ils mangent les Bacheliers, ces messieurs ogres. — Hé ! ne faites pas, seigneur Bachelier, une telle imprudence, lui dîmes-nous tout d’une voix : il n’y a rien de plus terrible qu’un sot. Mais, seigneur don André Niporesas, il se mit à y penser depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, depuis son coucher jusqu’à son lever, passant les jours et les nuits à retourner son projet et à l’affermir dans sa tête, tant qu’à la fin il fallut l’effectuer. ”
Mariano José de Larra,
Le Pauvre Petit Causeur
“ Seigneur don André Niporesas, au risque de n’être pas cru de vous que je sais de fort bonne source ne croire en aucune chose passée ou future, en quoi vous agissez comme un homme expérimenté et sachant combien ses semblables vivent de mensonge, je ne doute pas un moment que vous ne preniez intérêt au malheur qui, le jour et la nuit, fait de cette maison la sienne, et même d’une grande partie déjà des Batuèques, une mer de larmes. ”
Léon Riotor,
Mariani l'Ange
(1901)
“ Plus d'un regretta le sol ferme de l'Andalousie, et les bonnes vesprées passées le ventre au soleil sur le port, et les joyeuses beuveries à la Taberna de la Apodaca, même le compadre Ayamondo, qui « ne s'en menait pas large » selon l'expression des marins d'alors qu'effrayaient ces grandes traversées. Mariani, soutenu par ses craintes autant que par ses désirs, résista mieux. Le souvenir d'inésille lui redonnait du courage, et il se rappelait la baguette de don Gomez. ”
Mireille Brocey, L'amour d'une archiduchesse (1947)
“ Mariano, intrépide, en culotte de drap brun passablement trouée, les jambes nues, hâlées et zébrées d'écorchures, lui apparaissait comme une sorte de héros. Il n'avait peur de rien, ni des bêtes qui courent dans l'herbe, ni des lézards qui se faufilent dans les fentes des vieilles pierres, ni des plantes méchantes qui piquent et qui vous retiennent, brusquement, par votre jupe, pour vous faire croire que la duègne est revenue. ”
Ida von Hahn-Hahn,
Pérégrin, par la Csse Ida Hahn-Hahn…
(1865)
“ Mais oui, dit Mariano tranquillement; j'ai trouvé en lui un homme qui met la cognée à la racine, pour extirper un vice qui est la mort d'un peuple; et qui consacre à ce grand travail son temps, ses efforts, ses études, sa santé et sa vie. ”
Léon Riotor,
Mariani l'Ange
(1901)
“ Hernando, amiral de la petite flotte des conquistadores, fut chargé de cette mission dont Mariani obtint de faire partie à force de supplications. — « Je vois bien que ton cœur est là-bas, mon Ange, soupira le Grand Marquis en l'envoyant à San Miguel, je te regretterai, malgré ton compadre que je conserve. Défends bien mes intérêts... et les tiens. Voici la relation que mon frère Hernando devra remettre à l'Empereur. Va, et bon vent ! » ”
Marc Monnier,
Un détraqué : roman expérimental
(1883)
“ On voit d'étranges choses dans ce monde ! Mariannine et sa mère, ignorant les lois civiles, acceptèrent cette bénédiction quasi-clandestine dans une chapelle fermée au public, et don Ruf qui avait coupé sa barbe, alla cacher son bonheur à Vico, entre Castellamare et Sorrente : il y a là un château couché dans la verdure au frais de l'ombre et de la mer. Mariannine y fut bien heureuse : elle y trouva des fruits, des huîtres, du poisson plus qu'on n'en pouvait manger, des ânes surtout, oh ! les ânes ! Cela dura trois mois : c'est rare, trois mois de plein bonheur. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
(1843)
“ Quand il revint à lui, son désespoir faisait pitié ; il se tordait les bras et déchirait ses vêtements. – « Ah ! ma pauvre enfant ! s'écriait-il, ma bien aimée Marianna ! je t'ai tuée ! Je suis un malheureux ! un infâme !... » Pour peu que cette crise eût duré, le bonhomme aurait perdu la raison. Salvator fit un signe : Antonio et Marianna, qui s'étaient avancés derrière le fauteuil, se jetèrent aux genoux de Capuzzi. Marianna, couvrant ses mains de baisers et de pleurs, implorait son pardon et celui d'Antonio qui lui appartenait devant Dieu. ”
Ida von Hahn-Hahn,
Pérégrin, par la Csse Ida Hahn-Hahn…
(1865)
“ Vous devez vous entendre sur bien des questions, ce me semble, et pouvoir retirer souvent du profit de sa conversation. 21. 246 PÉRÉGRIN. — Mariano est un excellent jeune homme, répondit-elle avec douceur; — il me cause souvent le plus grand étonnement, car il est entouré de toutes sortes de piéges, et il ne s'y laisse jamais prendre ou du moins, dès qu'il s'aperçoit qu'il est environné de leurs lacs, il les déchire sans hésiter. Il a de la répugnance pour le mal parce que le mal est bas et ignoble ”
Léon Riotor,
Mariani l'Ange
(1901)
“ « L'Empéreur ne peut vous recevoir, dit-il sèche- ment. Il est dans un état de santé qui ne lui laisse aucune liberté d'esprit, aucune. Ainsi donc... » Hernando trépigna de colère, Mariani parla : « Souffre-t-il donc bien ?» — « s'il souffre ! à en perdre la raison Et le pire c'est qu'il ignore de quoi. Il demande un ange pour le soulager ! » — « Voilà ton affaire, Mariani, l'ange c'est toi. » Le jeune herboriste sourit mo- destement, mais son cœur bondissait d'espoir. L'amour centupla sa hardiesse. ”
Gustave Le Vavasseur,
Dans les herbages
(1877)
“ Vous êtes bien bon de vous en tourmenter, par exemple. Si M. Placide a tiré une bouteille de vinaigre, qu'il la boive; est-ce que c'est nous qui lui avons enseigné la pignoche? Marion est une âme d'élite et une servante fidèle : elle aime et soigne son maître par respectueux attachement pour l'homme et par sentiment du devoir. Mais Marion est femme, et le grain de jalousie contre Placide, semé dans son cœur, a singulièrement germé. Elle se voit, cette fois encore, gardant la maison, tandis que le sacriste en surplis, les ailes au vent, portera triomphalement la croix de procession. ”
Jules Sandeau,
Marianna. Edition 2,Volume 1
(1839)
“ Marianna se leva, le regard en feu, les lèvres pâles et tremblantes. — Il faut bien se dire, poursuivit-il nonchalamment, qu'en pareille occurrence les hommes sont beaucoup moins scélérats qu'on ne l'imagine généralement. On présume trop de nous-mêmes. Si les complices étaient plus rares, nos victimes seraient moins nombre uses. - George, dit Henry d'un air sombre, vous outragez la plus noble et la plus infortunée de toutes les créatures. — Mais tu es donc infâme! s'écria Marianna en appuyant une main sur l'épaule de Bussy. Coeur ingrat, âme vile! ”
Ida von Hahn-Hahn,
Pérégrin, par la Csse Ida Hahn-Hahn…
(1865)
“ Mariano n'avait jamais songé à éveiller un sentiment de ce genre ; comme il le disait lui-même en plaisantant, il voulait rivaliser avec les Américains dans le désir de gagner de l'argent. Il se faisait entendre sur le violon, il composait, il donnait même à deux jeunes gens d'origine allemande, qui avaient du talent pour la musique, des leçons que leurs parents rétribuaient au poids de l'or. Dans la position où il se trouvait, il n'avait ni l'envie ni le temps de s'occuper des sentiments du coeur ”
Various, L'Illustration, No. 2506, 7 Mars 1891
“ Marianna a tout donné, corps et âme. Dieu et l'honneur, dans sa belle folie, avec joie, sans regret, sans remords. Son amour a d'abord résisté à la séparation, l'absence, l'abandon, l'indifférence, l'oubli, le dédain, le mensonge et la trahison. Enfin, la pauvre âme finit par comprendre que son amant est un officier bellâtre, sot, imbécile, ignorant, vaniteux, vantard et infatué; et tel est le brevet de bêtise en bonne forme que Saint Simon décerne à ce vainqueur qui, dès son retour en France, au mois de Janvier 1669, a fait de ses Lettres comme un trophée de gloire. ”
Charles Monselet,
La Franc-maçonnerie des femmes
“ Où diable se cache dons la Marianna ? que devient donc la Marianna ? Philippe Beyle fit un mouvement ; mais, tranquille en apparence, il continua de jouer, c’est-à-dire de gagner. — Eh bien ! messieurs, la Marianna demeure à Boulainvilliers, où elle est mystérieusement réfugiée dans le pavillon de mon pauvre ami Porqueval. Dès que je l’ai reconnue, je lui ai souhaité le bonjour à travers la porte. Elle est venue me délivrer en me recommandant le plus grand secret... Et voilà pourquoi je n’ai pu me trouver aujourd’hui à Tortoni au rendez-vous de Colombin. Bécheux avait fini. ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques
(1843)
“ La pudeur se mêlant à la joie, Marianna vit alors auprès d'elle son bien-aimé Antonio ; une vive rougeur colora ses joues pâles, et un sourire adorablement malicieux brilla parmi ses larmes. Pasquale Capuzzi fut si ravi du tendre accueil de sa nièce, qu'il oubliait son mal, et rien n'était plus grotesque à imaginer que ses soupirs et ses poses de chevalier amoureux. ”
