“ Le Donegal, avec sa population de deux cent mille âmes, est peut-être le plus indigent des comtés de la province d’Ulster, et même de toute l’Irlande. Il y a quelques années, on y trouvait à peine deux matelas et huit paillasses par quatre mille habitants. Sur ces ces arides territoires du Nord, ce ne sont pas les bras qui manquent à la culture, c’est le sol cultivable. ”
Donegal
Définition et enjeux
Citations sur “Donegal”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle de Malte-Brun…
(1855-1857)
“ Le comté de Donegal, le plus septentrional de l'Irlande et qui occupe la côte du nord-ouest, a une superficie de 442,000 hectares, dont la moitié est en montagnes et marais. La côte est découpée profondément par de nombreuses baies, parmi lesquelles on peut nommer le golfe de Donegal, où se jette l'Erne, les baies Rosmore, Travenagh, ïnnishfrea, Mulroy, les loughs Swilly, Foyle, etc. Le pays est peu fertile, et récolte des pommes de terre et de l'orge. On y élève de nombreux bestiaux. ”
Patrice Buet, Le couteau jaune : roman (1950)
“ Pour le moment, John Donegal, seul au logis, soliloquait en bourrant le poêle de bûches. C'est, dans les grands espaces, vides de sons, un moyen d'échapper au silence souvent insupportable. Il se faisait à soi-même les questions et les réponses pour se donner l'illusion d'une présence : — Qu'est-ce que tu en penses, toi, de l'Aigle-Bleu ? — Oh ! moi, je me demande ce qu'ils ont tous après Monsieur le sauvage. — Il est sale, il ne se lave jamais, il est plein de poux. — Jamais un Indien ne se lave, chacun sait ça. Il a des poux, oui, mais il ne les mange pas ”
Patrice Buet, Le couteau jaune : roman (1950)
“ Le jeune O'Carrick et le brave Donegal faisaient partie de la maison. Donegal, modelé par quarante ans de servage, ne se départissait jamais de sa réserve et de sa dignité. Pour lui, il continuait à donner du « Monsieur » à chacun des trappeurs. Patrick, lui, eut tôt fait de les traiter en camarades, de les appeler par leur prénom, de les tutoyer suivant la coutume du Grand Nord. Il y avait deux choses pourtant qu'il s'était bien gardé de leur dire, car, enfin, il ne faut pas tenter le diable : c'est que son père était mort et qu'il revenait à David une coquette part d'héritage. ”
Henri Blerzy, Revue des Deux Mondes
“ Le district de Glenveih, dans le comté montagneux de Donegal, au nord-ouest de l’île, est l’un des plus pittoresques de l’Irlande. La population, pauvre, frugale, endurcie par le travail et par le climat, subsistait, tant bien que mal, un peu par les produits de l’agriculture, mais surtout par l’élevage du bétail, sans presque se ressentir des agitations auxquelles étaient enclins les habitans des comtés plus civilisés. Les paysans vivaient en bonne intelligence avec les propriétaires du sol ”
“ Un hameau ?... Non. Neuf à dix huttes éparses aux abords d’une étroite gorge, ravinée par un cours d’eau, simple filet l’été, gros torrent l’hiver. De Donegal à Rindok, nul chemin tracé. Quelques sentes seulement à peine praticables aux charrettes du pays, attelées de ces chevaux irlandais, prudents d’allure, sûrs de pied, et parfois à des « jaunting-cars ». Si divers railways desservent déjà l’Irlande, le jour semble assez éloigné où leurs trains parcourront régulièrement les comtés de l’Ulster. À quoi bon, d’ailleurs ? Les bourgades et les villages sont rares. ”
“ Il est vrai, l'air n'est pas empesté entre ces gorges du Donegal; on y respire la vivifiante atmosphère exhalée des montagnes; les poumons ne s'y empoisonnent pas de miasmes délétères, sueur morbide des grandes cités.Il va sans dire que, dans ce bouge, le grabat était réservé à la Hard, et la litière aux enfants,—les verges aussi. ”
Albert de Lapparent,
Leçons de géographie physique…
(1907)
“ Le massif ancien lui-même avait pour noyau fondamental un territoire archéen, dont les Hébrides, les Ilighlands du nord de l'Ecosse et une partie du comté de Donegal en Irlande représentent les derniers lambeaux, et qui aujourd'hui encore forme la région la plus accidentée des Iles Britanniques. Contre ce noyau sont venues se coller des bandes successives de terrains primaires, chaque fois relevées en bourrelets montagneux et injectées de diverses roches éruptives, puis rabotées par l'impitoyable érosion. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle, ou Description de toutes les parties du monde…
(1851-1853)
“ A l'exception d'un petit nombre de vallées fertiles, on n'y rencontre que des montagnes, des landes et des marais. Malgré ses désavantages naturels, le Donegal est bien cultivé et renferme une assez nombreuse population ; mais la distillation illicite des spiritueux y a pris un très-grand développement. Lifford, capitale du comté, est une toute petite ville située sur la Foyle, sur la frontière du Derry. Ballyshannon, à l'extrémité opposée du comté, est une ville assez commerçante, bâtie dans une charmante position sur le caaal par lequel le lac Erne verse ses eaux dans l'Océan atlantique. ”
Adolphe Perraud,
Études sur l'Irlande contemporaine…
(1862)
“ Les grands propriétaires du comté de Donegal ont depuis quelques années modifié d'une manière notable le régime de leurs domaines, et une sorte de révolution violente dans l'exploitation du sol s'est opérée dans ces âpres montagnes 3. 1 « The tenantry are made to pay for the roads, bridges, jails, asylums ; while the landlords, the wealthier classe, who could bear taxation far better than the tenant class, are almost wholly exempted from contributing towards their maintenance. » ”
Edmond Dubail, Cours classique de géographie, par M. Dubail… (1882)
“ Les côtes dentelées de l'Irlande forment les baies de Donégal, de Galway, de Dingle, voisine de la petite île ralentia, d'où part le câble transatlantique qui met en communication les îles Britanniques avec l'Amérique ; la baie de Dundalk, etc. L'Ecosse est généralement fertile et riche en mines de fer, de cuivre et d'étain. (I) On rencontre en Irlande une grande quantité de marais ou fondrières, appelés bogs, qui atteignent une profondeur énorme et sont d'autant plus dangereux qu'ils se présentent sous l'apparence de prairies couvertes de feuilles amoncelées par le vent. ”
Thomas de Quincey,
Souvenirs autobiographiques du Mangeur d’opium
“ Quelques compagnies de milice du Donegal, formant un total de moins de 200 hommes, marchèrent aussitôt vers une position qui se trouvait entre le camp des rebelles et Wexford, tandis que d’autres, du nord de Cork, entreprenaient avec le même empressement, de mettre la ville en état de défense. Pendant ce temps-là, le général Fawcet, ne consultant que ses aises, avait fait une halte d’une nuit, bien qu’il sût à quoi s’en tenir sur les dangers de la situation, à un point qui se trouvait à seize milles de Wexford. ”
Adolphe Perraud,
Études sur l'Irlande contemporaine…
(1862)
“ La sévère leçon infligée aux éleveurs écossais du Donegal par l'un des plus hauts fonctionnaires de la justice en Irlande, et le blâme indigné des feuilles presbytériennes de l'Ulster qu'on ne peut soupçonner de partialité en faveur des paysans catholiques 1 préviendront-ils dorénavant le retour de semblables malversations? C'est sans doute une des conquêtes que les progrès de l'opinion publique sont destinés à opérer; mais, encore une fois, tant que le système des grands jurys ne sera pas modifié ; tant qu'on y verra des attributions exorbitantes contrastant avec le défaut de mandat populaire ”
“ La vie se retirait d’elle comme l’eau d’un vase fêlé. Il lui eût fallu des remèdes, et les remèdes sont coûteux. Il lui eût fallu un médecin, et un médecin viendrait-il de Donegal pour une pauvre marmotte, née on ne sait où dans ce lamentable pays des enfants abandonnés ? Aussi la Hard ne pensait-elle pas qu’il y eût lieu de se déranger. Cette petite, une fois morte, la maison de charité lui en fournirait une autre, et elle ne perdrait rien des quelques shillings qu’elle s’essayait à gagner sur ces enfants. ”
Louis Grégoire, Dictionnaire encyclopédique d'histoire… (1871)
“ Arran (Iles) . On nomme ainsi deux groupes d'îles sur la côte occidentale de l'Irlande: les îles Arran du Nord, qui appartiennent au comté de Donegal, et sont habitées par des pêcheurs; les îles Arran du Sud, qui appartiennent au comté de Galway, ont 11,500 hect. de superficie et 5,000 hab. Arran (JACQUES HAMILTON, comte D') , parent de Jacques V, roi d'Ecosse, fut régent pendant la minorité de Marie Stuart, 1542-1551, gouverna avec faiblesse, fut battu par les Anglais qui voulaient marier la jeune reine à Edouard VI, et céda le pouvoir à la reine douairière, Marie de Lorraine. ”
Adolphe Perraud,
Études sur l'Irlande contemporaine…
(1862)
“ La formidable insurrection de 1641 n'arrêta qu'un instant la marche irrésistible du système anglais; et en provoquant de la part du Parlement des représailles plus terribles, elle accéléra le moment où, des côtes rocheuses du Donegal au cap Mizen, et de la baie de Galway jusqu'à celle de Dundalk, le peuple irlandais tout entier deviendrait étranger à la possession du sol natal. Pour cette nouvelle guerre d'extermination, il fallait de l'argent. On s'en procura en assurant d'avance à des prêteurs les biens des catholiques d'Irlande. 2,500,000 acres de terres furent ainsi engagés 1. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle de Malte-Brun…
(1855-1857)
“ Les baies les plus considérables sont celles de Donegal, de Black-Sod, de Clew, de Galway, de Ballyheigh, de Dingle, de Cove ou de Cork, de Kenmare et de Bantry. Aucune des îles qui bordent l'Irlande ne mérite notre attention, si ce n'est celle d'Achill, entre la baie de Black-Sod et celle de Clew: elle a environ 25 kilomètres de longueur sur 8 de largeur. L'Irlande est généralement basse et marécageuse dans le centre, montueuse au nord et au sud ; le sol est bon et fertile, les marais et les lacs sont très-nombreux. ”
“ La fureur de nationalité est si forte chez M. l’abbé Perraud, qu’il en veut aux moutons du Donegal d’être de race écossaise. Il paraît que les mêmes sentimens existent dans ce comté. On s’y livre à la destruction des bestiaux. Les autorités ont institué la responsabilité pécuniaire des paroisses, mesure sévère assurément et qui rappelle la loi de vendémiaire en vigueur chez nous. Des bestiaux sont perdus, les habitans d’une paroisse sont requis d’aller à leur recherche ; un homme meurt le lendemain peut-être de fatigue. ”
“ Cette année-là, en juin, à Westport, les gens, ameutés par la faim, venaient de s’écrier : « Accrochez-vous d’une poigne solide à vos fermes ! » et le mot d’ordre qui courait à travers les campagnes, c’était : « la terre aux paysans ! » Quelques scènes de désordre éclatèrent sur les territoires du Donegal, du Sligo, du Galway. Le Kerry n’en fut point exempt. Très effrayées, Grand’mère, Martine et Kitty virent trop souvent Murdock quitter la ferme, à la nuit close, et n’y reparaître que le lendemain, fatigué par de longues étapes, et plus sombre, plus ulcéré que jamais. ”
“ « Que voulez-vous... et qui êtes-vous ? demanda brusquement la Hard, en barrant l’entrée. — Je suis un agent, bonne dame », répondit l’homme. Un agent ?... Ce mot la fit reculer. Cet agent appartenait-il au baby-farming, bien que les visites fussent si rares que jamais un inspecteur ne s’était encore montré au hameau de Rindok ? Venait-il de la maison de charité de Donegal pour un rapport sur les enfants envoyés à la campagne ? Quoi qu’il en soit, dès qu’il eut pénétré dans le taudis, la Hard se mit à l’étourdir de sa volubilité. ”
Humphry Davy,
L'art de préparer les terres et d'appliquer les engrais…
(1825)
“ L'Irlande compte cinq grandes chaînes de nontagnes primitives : celles du Morne , dans le omté de Down ; celles de Donegal, celles de layo et Galway, celles de Wicklow, et celles e Kerry. Les roches qui forment les quatre pre- nières sont principalament du granit, du gneis, le la siénite, du schiste micacé et du porphyre. La cinquième est en grande partie composée de quartz granulaire et de chlorite schistoïde. On trouve du marbre coloré près de K iHarney, et du marbre blanc sur la côte occidentale de Donegal. ”
Jacques de Latocnaye, Promenade d’un Français dans l’Irlande
“ Le comté de Donegall dont j’évitai de faire le tour, en passant par la coupure des montagnes et en me rendant sur le champ à Raphoe, est un pays presque aussi peu fréquenté que le Conomara : il est cependant, au dire de personnes qui le connaissent, beaucoup meilleur. L’Irlande est tres peuplée dans les bons pays, mais si l’on pouvait parvenir à disperser la population dans ces parties recullées, elle pourrait contenir et nourrir plus du double de ses habitans : cela vaudrait certainement mieux, que de les laisser émigrer en foule pour l’Amérique, ainsi qu’ils l’ont fait longtemps. ”
Édouard Guillon, La France & l'Irlande pendant la Révolution… (1888)
“ Les habiles manœuvres de Savary permirent d'échapper à l'ennemi. Après quinze jours de traversée, on atteignit les côtes d'Irlande, et on se dirigea vers la baie de Donegal. Les vents empêchèrent d'y débarquer. Alors on s'arrêta dans la baie de Killala (22 août) . Les trois frégates y entrèrent sous le pavillon anglais. Le stratagème réussit, et si bien, que deux des fils de l'évêque protestant de Killala, aècompa- 1. Les Instructions de Savary sont datées de juillet. (Archives de la marine. Campagnes, t. Y.) Voir également sa correspon.dance avec le ministre et son Journal de bord. ”
Jacques de Latocnaye, Promenade d’un Français dans l’Irlande
“ Les volailles aiment fort la maison de sueur, c’est toujours leur asyle des que le tems est mauvais : il est sùr, qu’elles se tiennent à l’entrée, et qu’elles n’ont pas la tête dans la vapeur. Les tuatha da dannan, qui étaient de grands sorciers suivant l’histoire et qui avaient principalement fixé leur domicile dans le nord de l’Irlande et dans le comté de Donegal, " établirent, dit le Général Vallancey, un oracle dans une isle d’un petit lac nommé Lough Gearg, Dearc ou Derg. ”
Louis Énault,
Angleterre, Écosse, Irlande : voyage pittoresque
(1859)
“ Ce rocher s'appelle la prison d'O'Donoghoe. Jadis, assure-t-on, le vieux prince, immortalisé par la chanson et la légende, et que l'on retrouve à chaque page en feuilletant les souvenirs de l'Irlande poétique, le vieux prince enferma dans les flancs de ce rocher, creusé en caverne, son fils, sorte d'Absalon Irlandais, qui s'était révolté contre lui. Parfois, dans les nuits orageuses, on entend les soupirs, les plaintes et les sanglots du rebelle. Mais alors le vieillard paraît, monté sur son destrier à la crinière blanche, dont le sabot d'argent effleure à peine la crète des vagues soulevées. ”
Philarète Chasles,
Le Roman de mœurs irlandais
“ « Quand je visitai Donegah (dit M. Otway, commissaire royal) , je reconnus que, plus la terre était divisée, plus les paysans étaient misérables. A Raphoe spécialement, l’extrême misère avait réduit hommes et femmes à l’état de squelettes, et beaucoup d’entre eux se tenaient au lit, n’ayant pas de vêtemens pour se couvrir. » Qui le croirait ? cette vie affreuse a des charmes pour les sauvages Irlandais ! Ils goûtent dans cette indépendance affamée une espèce de jouissance farouche qu’ils ne veulent échanger contre aucune liberté raisonnable ”
“ La Drome, avec un bruit de marmite râlante, roule ses eaux limoneuses. Crest a un donjon, formidable donjon de 150 pieds. Et puis rien d’autre. Quand on s’est donné la peine de gravir les hautes marches qui y conduisent, on peut, sans remords, se rendre à la gare et y fumer des cigarettes en attendant le passage du premier train. Crest, hors de son donjon, n’intéresse plus que l’industrie, qui en a fait la ville la plus importante de la vallée par ses fabriques de lainages et de draps, ses filatures et ouvraisons de soie. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Tristes et gaies, répondit Patrick. Gaies comme nos malins de printemps, à Killarney lorsque le jour se lève sur les eaux du lac. Tristes comme nos veillées du soir, lorsque le vent d'hiver siffle et que chacun se coule ses misères. L'Irlandais ne peut chanter que ce que chante son pays. Il y avait, dans chaque parole de Patrick Donegan, quelque chose d'amer, d'étrange et de brisé qui répondait profondément à la tristesse de Geneviève, et la jeune fille se sentait comme conquise aussitôt par ce beau jeune homme qui se tenait si droit et si fier sous son costume pauvre. ”
Edmond Gautier, Histoire du donjon de Loches
“ Le Donjon à lui seul nous a paru digne d’être étudié séparément. Nous avons essayé, — sans nous flatter d’y avoir toujours réussi, — de faire une part à chaque chose, et de distinguer autant que possible, sans les séparer d’une manière absolue, l’histoire du château de celle de la ville. Si nos devanciers ont eu sur nous les avantages de la supériorité scientifique ou littéraire, et de l’autorité qui s’acquiert avec le temps, pas plus que nous ils n’ont eu la passion de la recherche, l’amour de nos antiquités nationales, le respect absolu de la vérité historique. ”
