Anna de Noailles,
L’Ombre des jours
“ Le verbe qui s’émeut l’imite et lui ressemble. Repoussant hardiment le peureux embarras La parole serrée étreint comme des bras ; Et, bondissant ainsi que des sources farouches, Les mots vont, appuyant, criant comme des bouches, Armés de l’éperon, des ailes et du dard Les mots baissés ou vifs clignent comme un regard. Alors, nouant ses fleurs au plus haut de la hampe, L’exaltation fume et bat comme les tempes, Et voici que riant de se voir épiés Les désirs en tous lieux mènent leurs divins pieds. ”
